Petits papiers – 24

Un peu de musique de circonstance en ce mois d’août (capture d’écran).

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. À commencer par le nerf de la guerre – des guerres, en fait : la réclamade de la thune. Là, on ne parle pas d’un euro pour acheter un Coco Boer au kiosque de la presse, entendons-nous bien. On parle de beaucoup, beaucoup de thunasse.

 

 

Encore plus, surtout quand on est une pourriture corrompue qui doit nourrir ses affidés pour éviter de passer par la case « élections », donc « éjection » (sans « d », restons corrects pour le moment, tsss, tsss).

 

 

Face à ces basses exigences matérielles, remettons-nous-en à la détection de talent, au-delà de la fille Debbouze. C’est tellement chouette de découvrir par hasard des gens doués…

 

 

… mais c’est vrai que, pour éprouver une joie pleine et profonde, y a pas grand-chose de mieux que la thune.

 

 

Cela étant, ce plaisir peut avoir des inconvénients. Par exemple, si tu as un goût de crotte sur le bout de ta langue, peut-être as-tu laissé cet organe traîner dans des entre-fesses peu propres. Ça rapporte, mais faut aimer s’adonner à l’anulingus.

 

 

Bon, brassons plus large, voulez-vous ? Pour ceux que l’argent dégoûte, je peux leur proposer l’or.

 

 

Enfin, l’or façon sportif français.

 

 

En effet, le sportif français est un truc assez spécial, du genre qui peut « se rassurer » en étant « frustré et sans solution ». C’est pas facile, mais c’est un métier, faut savoir à quoi l’on aspire.

 

 

Dans le genre métier compliqué, commentateur d’éclipse solaire, c’est bien aussi.

– Alors, là, on voit qu’il fait moins jour qu’avant…
– Tout à fait, Charles-Hubert, tout à fait. Décidément, rien ne vous échappe ! Comme diraient les spécialistes : la luminosité est moindre, c’est-à-dire qu’on voit moins clair qu’avant car l’obscurité est légèrement plus intense. Du reste, c’est pour cela que l’homme a inventé les lampadaires. Oh, vous ai-je narré la folle histoire des becs à gaz ?
– Oui, trois fois en une demi-heure, mais des téléspectateurs viennent peut-être de nous rejoindre, enfin, alors répétez-la. De toute façon, j’ai plus rien à dire.

 

 

Sinon, petit-fils de, sans vergogne ni dignité, ç’a l’air pas mal comme job.

 

 

Flic anti-immigration, c’est attirant, aussi – à condition d’accepter que, par la suite, personne ne veuille te serrer la pogne, évidemment.

 

 

En revanche, j’aimerais pas du tout être une madame. En tout cas, pas la meilleure madame selon Le Figaro. Apparemment, si t’acceptes ce rôle, t’as plus le droit d’avoir un cerveau. C’est couillon, à cause que ça peut servir.

 

 

Si, un cerveau, ça peut servir. Par exemple, ça permet de s’inspirer des autres pour progresser. Corentin Moutet, pratiquant de tennis, m’a ainsi permis de réfléchir à quitter le taf en plein topobriefing juste en lâchant : « Désolé, les gars, je vous aime bien, vraiment, sauf toi et toi, bien sûr, mais, là, faut que que je file écouter mon corps. La musicalité de ma personne me manque trop. »

 

 

Ce nonobstant et toutefois, attention ! Qui dit sportif professionnel français, dit seringue, à en croire cette formulation éclairante.

 

 

Allez, foin de suce-pince ! Je crois que je vais tout faire pour décrocher un poste de grand reporter au Figaro. Ça permet

  • de soulever des questions de fond,
  • d’approfondir des problématiques sociétales et
  • d’éclairer différemment notre vision du monde grâce à des enquêtes
    • fouillées,
    • audacieuses et
    • joliment torchées.

Pour un torchon, ça s’impose.

 

 

Ou alors… Oui, attendez, j’ai mieux. Sous-titreur du français vers le français, ç’a l’air sympa aussi. Argh, tout est à refaire.

 

 

Ou conseiller constitutionnel. C’est ça, complice du lobby FNSEA des empoisonneurs. Pas super ragoûtant, mais faut voir les avantages en contrepartie, hein.

 

 

Ou journaliste sportif, pour écrire n’importe comment n’importe quoi sur n’importe quoi. Quand on aime le nouveau théâtre, c’est sexy.

 

 

Ou directeur de théâtre, un travail où tu interdis des séances aux Blancs puis tu t’offusques du racisme. C’est osé mais fringant.

 

 

Pourtant, sportif français, décidément, je n’en peux mais, ça m’attire. Ça n’a pas l’air super, super fatigant, et t’es quand même payé. Tentant.

 

 

En revanche, je pourrais pas faire juge des enfants. J’aime pas me trimballer en brassière et montrer mon nombril quand je bosse. Aussi incroyable que cela semble, il doit me rester un peu de dignité. Dommage !

 

 

Peut-être astronaute, alors. Mais astronaute français. Du genre qui fait résonner dans l’hyperespace les annonces de la SNCF pour justifier qu’il s’y est pris comme un manche et que, à part coûter une blinde aux contribuables, il ne sert à rien.

 

 

D’ailleurs, quand t’es astronaute français et que tu t’es ridiculisé, tu emploies les mêmes éléments de langage que sportif français. Hasard ou réalité scientifique ?

 

 

Donc astronaute, sportif ou sous-titreur, je retiens. C’est vrai que sous-titreur, ça donne l’occasion de mettre le dois où ça fait mal.

 

 

Bref, difficile de trancher. Mieux vaut fermer le ban avec des questions-clefs qui honorent le grand journalisme français,

 

 

qui osent les enquêtes-publicités les plus saisissantes,

 

 

qui rappellent à leurs lecteurs que l’essentiel, c’est le fric, la thune, la caillasse, la moulaga…

 

 

… ou, à la rigueur, les cheveux d’anus.

 

 

Le monde est beau, le futur est génial et nous, ben, nous, on fait ce que l’on peut. À suivre !

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