
Les trois niveaux Louvre… pardon, les trois nouveaux livres de Label Libertad sont en vente dès ce 22 juin, tout comme Terre d’ombre, ma traduction d’une série de Meg Cabot qui reparaît au Livre de Poche. Avizolecteurs !
Il est temps pour moi de me préparer à participer à la Biennale de littérature pour la jeunesse organisée par l’université de Cergy-Pontoise.
A priori, j’avais abandonné ces moments bénis où, pendant plusieurs jours, tu es payé (par ta fac, or j’ai plus de fac) essscluzivman pour écouter les collègues, réfléchir, parler, communiquer, débattre sur le cœur de votre expertise commune afin, dans la théorie, de rétrocéder aux étudiants la part stimulante de ces enseignements et confrontations. Je sais plus bien comment ça s’est boutiqué pour que j’accepte de participer à un dernier colloque, mais c’est vrai que, quand on m’invite, en général, je viens. Surtout si le colloque explore « la littérature de jeunesse européenne aujourd’hui » et que j’ai le droit de faire une communication titulée « dans la littérature pour la jeunesse d’aujourd’hui, l’Europe n’existe pas ». Un peu comme quand je viens rappeler que le Klassik de la « littérature jeunesse » est surtout une grosse machine pour vendre très cher des cochonneries.
(Essaye de m’empêcher de ramener ma grande gueule. Vraiment, essaye. Aimerais bien, parfois. Mais peux pas car ce que dis est vrai.)
« Bon, Bertrand, vous avez corrigé les huit cents pages que l’on vient de vous remettre alors qu’on les avait depuis plusieurs jours mais on a oublié de vous le signaler ? Vous avez traduit les trois cents pages pour lesquelles nous vous accordons mille euros (sélection du texte, négociations de droits, traduction pas terrible d’ailleurs, relecture, discussions avec l’auteur, correction orthotypo, vérification d’intégration comprises malgré une compositrice incapable qui part en vacances pile au moment crucial avant l’impression) ? Vous avez obtenu l’accord de l’attachée de presse free-lance pour les conditions que nous avons décidées sans vous contacter ? Vous avez optimisé les couvertures avec la directrice artistique ? Vous avez préparé le lancement de la nouvelle série de livres de… Bertrand, vous m’écoutez ou vous êtes, juste, en train de péter très fort ? »
Oui, j’allai dans un café, c’est vrai, mais pour le travail, voyons ! En l’espèce, préparer le lancement (le 16 mars) du prochain livre de Nataly Adrian, un auteur du Label Libertad. Alors, professionnel ou pas ?
Plus d’essscuse pour ne pas commencer la traduction de l’essstraordinaire trilogie de Louis Sachar : les VO sont arrivées. De l’humour britannique écrit par un Américain : c’est à tomber d’admiration. Premier tome à paraître le 16 mars chez Label Libertad. Y a plus qu’à, mais, quand le loufoque rejoint le talent narratif, quel zizir (ci-dessous, début provisoire de la retraduction du quatrième chapitre du premier tome – pour l’intégrale du tome 1, première version, filez ici, direction Histoires bizarres de l’école Zarbi) !
Mercredi, je passais mon grand oral pour la deuxième livraison de Label Libertad devant les représentants de la Sofédis, chargés d’aller chanter les louanges des nouveaux livres à paraître mi-mars 2017. Ça s’est plutôt bien passé, ouf. On va pouvoir continuer à travailler, argh.

Même si RTL découvre fin 2016 le Prince de Motordu (créé en 1980) et Le Journal d’un dégonflé (offfficiellement vendu à 165 millions d’exemplaires), la radio met aussi un focusss sur le premier tome du Secret du coquillage by Nataly Adrian, chez Label Libertad. Très bon choix, celui-ci, que l’on peut acquisitionner promptement ici car « c’est plein de poésie ». Et surtout, c’est bien, alors ça va, quoi.
Même si, hic et nunc, PKJ m’explique que je ne peux plus traduire de livres pour filles parce que je ne suis pas une fille (sexisme, quasi racisme et découverte un peu tardive – ô scandale ! qu’attend la police pour s’activer ?), je me réjouis d’avoir vécu une époque où j’avais le droit de faire vivre des héroïnes du sexe sans devoir subir d’opération radicale. Bref, la réédition de Heartland continue, et c’est vibrionnant – couac je ne sois pas sûr de l’ézatitude du terme, mais bon.
Mon voisin n’est pas milliardaire, enfin, je crois pas. En revanche, il écrit des livres pour les jeunes et leurs parents conscious. Convaincu que notre environnement pollué est une donnée contre laquelle nul ne peut lutter mais chacun peut s’adapter, il propose un manuel de survie pour parents soucieux de participer à la préservation de la santé de leurs enfants. Son engagement, volontiers bio et sain, se décline en quatre points :
Dans ce cadre, il a lancé une série avec l’illustrateur iamo’i’s, intitulée « Les bons conseils de la fée Sana ». Deux perspectives : lutter contre la pollution et s’ouvrir aux bénéfices de la nature. Un avertissement : « Je ne suis pas médecin. En revanche, je veux 1) compiler des études, 2) partager des retours d’expérience, et 3) témoigner de ce que je vis avec ma famille. » Rien, donc, de sectaire ou d’illuminé, mais un engagement sincère et permanent que le nommé Guillaume tâche de pédagogiser à destination de tous les parents curieux et de leur progéniture.
Aussi ses albums s’articulent-ils autour de deux axes, après une mini-préface d’une autorité (Denis Zmirou-Navier, caïd des risques environnementaux en France ouvre le troisième tome) :
L’initiative est évolutive : l’auteur et l’illustrateur ont fait le choix, après les deux premiers tomes, de mener une consultation ambitieuse associant lecteurs primaires (parents), lecteurs secondaires (enfants), prescripteurs (libraires, médiathécaires) et techniciens (éditeurs). L’objectif n’est pas de repositionner le produit, mais de l’optimiser afin qu’il porte encore mieux le message néo-hygiéniste ici appelé « bonnes pratiques »… lesquelles sont parfois très éloignées de ce que l’on pourrait imaginer être de bonnes pratiques.
Le projet reste ouvert à beaucoup d’évolutions (publication sur un papier recyclé dès que le succès le permettra ? relecture professionnelle pour éviter que les « tâches » de boue ne fassent sursauter le psychorigide traquant la fote d’orthographe ? composition justifiée plutôt qu’en drapeau afin de fluidifier la lecture ? etc.). En l’état, on ne peut que saluer une initiative singulière, personnelle, engagée et joyeuse, une sorte de « Il était une fois la vie » conjuguée au futur sain. Chaque tome réserve son lot de révélations au curieux. Le troisième, sans doute le plus abouti et le plus provocateur (pourquoi c’est bien de se salir dans la nature ? pourquoi – sinon les insectes – du moins certains microbes sont-ils nos amis ?), vient de sortir. Découvrez-le avant que le quatrième, annoncé sur le thème de l’alimentation, ne vous happe !