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Les livres de moi page 7

Le rganiss est-il une famdeménaj comme une autre ?

A priori, ce n’était pas le sujet que je souhaitais aborder aujourd’hui, même si le livre est disponible ici. Et pourtant, ce le sera. Na. (Et non « sers le serrano », hélas. Bref.)
Tantôt, j’allai sévir comme remplaçant dans une paroisse sympathique, où quelque instance locale finit par médire d’un collègue musicien « toujours pressé de finir », ce qui est très vrai, « alors que 50 € pour 30′, par rapport à une femme de ménage, pardon ». Éclaircissons les choses : aucun musicien d’église ne considère qu’il travaille 30′. La durée moyenne d’une cérémonie est d’une heure, avec un éventail allant de 45′ à 3 h, en général pour le même tarif. À cela, on ajoutera le quart d’heure de « mise au point » avant la cérémonie, la préparation éventuelle de l’instrument ou de la tenue, enfin la fermeture de l’instrument et les saluts finaux auprès des salariés ou des bénévoles locaux. À cela, on ajoutera aussi la durée de déplacement, qui peut dépasser 1 h 45 aller, donc 1 h 30 retour. Comme il est rare que le musicien ait l’occasion de jouer deux cérémonies à la suite, on peut ainsi estimer, à titre indicatif, qu’une cérémonie représente a minima 1 h de transport aller (1 h 30′ quand je vais à Montmorency, par ex.), 1 h de cérémonie et 1 h de trajet retour. Donc non pas 30′ mais 3 h comme socle indicatif de base.
Revenons à l’autre aspect de la critique. Le musicien serait payé cher, alors même qu’il fait un métier moins épuisant physiquement et plus valorisant socialement, suppose-t-on, que la femme de ménage. Il faut s’arrêter sur cet argument répugnant, car il fait de la femme de ménage l’équivalent du cancer en médecine. Si t’es pas capable de soigner un cancer alors que t’es médecin, t’es de la merde ; si tu gagnes plus en tarif horaire effectif qu’une femme de ménage, t’es un salopard. Puisque je ne guéris pas le cancer, je ne suis candidat qu’à la salopardise, aussi dois-je éclaircir les faits afin d’être, ou non, diplômé « privilégié de la République ».
Comme je l’expliquai dans L’Homme qui jouait de l’orgue, le rganiss liturgique de mon acabit doit être disponible à plein temps, mais n’est bien sûr pas garanti d’être occupé à plein temps. Prenons le jour précédant mon accusation de privilège : pas de convoi. Gain organistique : zéro euro. Le jour de la critique : départ 9 h, cérémonie 10 h, fin de cérémonie 11 h 30, retour 12 h 30, gain 50 € ; redépart 14 h, cérémonie 15 h, fin de cérémonie 16 h 15, retour 17 h 15, gain 50 €. Donc, oui, sur un jour, le rganiss a gagné plus que ne gagnera une famdeménaj en une journée. Sur deux, pas sûr. Surtout, pourquoi ne pas comparer ce musicien à la maquilleuse du Pharaon de la Pensée complexe ?
Moi qui suis nul en ménage, à plus d’un titre, je reconnais qu’il y a plus d’un point de comparaison entre les famdeménaj et les rganiss turjik. Des exemples ? Nous intervenons dans des situations où, peut-être, certains rechigneraient à intervenir (à titre d’exemple, je passe l’essentiel de mon temps rémunéré à jouer pour des cadavres) ; certains nous traitent avec le même mépris ; certains d’entre nous sont des gougnafiers, qui sabotent le travail sans respect des donneurs d’ordre, d’autres essayent de faire le job le mieux possible ; nous sommes, quoi que nous essayions de faire croire à nos « conseillers financiers », payés de la roupie de sansonnet, que nous apprécions notre travail ou pas. Mais la prochaine fois que tu constateras que la poussière et les saletés se sont accumulées pendant que t’étais en vacances, ou quand tu chercheras un gugusse pour jouer du Coldplay à ton mariage parce qu’au grand orgue ça jette, peut-être te diras-tu : « Tiens, si j’augmentais la femme de ménage… et le rganiss, par la même occasion ? »

Oui positif


Après, on n’est pas obligé de croire le compositeur et tout autant l’organiste Serge Ollive.


Ni Jean-Alain Ripoche, le zozo qui se bat pour restaurer l’orgue d’Étel.


Ni François Espinasse. C’est pas comme si c’était l’organiste de Saint-Séverin. Nan, en fait, on n’est pas obligé de lire L’Homme qui jouait de l’orgue. Mais ce serait sans doute benêt de ne se point faire son propre avis sur ce livre, ne serait-il point ?

Dans le futur du rétro

Quand un éditeur pour qui tu n’as été qu’un long-time stagiaire t’apprend que tu fais partie de ses auteurs, ce qui est inexact. Quand tu découvres ta biographie version 2008. Quand tu demandes en juin une suppression du truc. Bref, quand tu t’aperçois, en août 2017, que tu es toujours un auteur se préparant à publier un livre en 2009. Un excellent livre, bien sûr, que l’on a toujours grand intérêt à se procurer, soit dit en passant, et cependant.

L’heureux tour

Le Livre de Poche Jeunesse vient de republier le premier tome de « Susannah » (série originellement appelée « Mediator »). Une traduction que j’effectuai en 2007, à l’époque de feue la grande Charlotte Ruffault, et que les recenseurs Amazon jugent « drôle et prenant » grâce à une « écriture fluide » et un « style incisif, limpide et humoristique ». J’dis ça, j’dis pas rien.

Enfin de retour (3/3)


Trois livres. Trois batailles. Trois propositions aux lecteurs. Et une vedette dans le lot, Mr Louis Sachar himself, l’auteur aux millions d’exemplaires vendus, l’auteur adapté au cinéma par Disney, l’auteur recommandé par tous les prescripteurs du monde ; et, accessoirement, l’un des auteurs actuels pour jeunes lecteurs les plus intéressants du marché. Il a écrit une trilogie à l’humour non-sensique 100% anglais. On n’en attendait pas moins d’un Américain foufou et doué. La preuve : on a promis de traduire les trois tomes. Série en cours, parfaite pour tous, sauf si t’aimes pas lire, mais là, bon.

Enfin de retour (2/3)

Trois livres. Trois batailles. Trois propositions aux lecteurs. À continuer par le second tome du Secret du coquillage, écrit par une romancière croato-italo-anglo-néerlando-cosmopolite, complètement foldingo-poético-inventivo-plumitive. (« – Et si on n’a pas lu le premier tome ? / – Tranquille, tout va bien, rendez-vous ici, ça vaut la peine et quatorze euros. »)

Enfin de retour (1/3)

Trois livres. Trois batailles. Trois propositions aux lecteurs. À commencer par Immemoria.

Il les livre, un max


Les trois niveaux Louvre… pardon, les trois nouveaux livres de Label Libertad sont en vente dès ce 22 juin, tout comme Terre d’ombre, ma traduction d’une série de Meg Cabot qui reparaît au Livre de Poche. Avizolecteurs !

Seurfeur des ondes


Parfois, L’Homme qui jouait de l’orgue seurfe sur les ondes. Pas forcément les plus notables, pas forcément les mieux préparées, mais prouvant que, même après sa sortie, le livre n’est pas mort, na.

Du métronome au métro rhum

Quand tu es accueilli à ta répétition par un café bien serré, puis une dégustation impromptue de rhum 44 (ambiance agrume macérée avec 44 grains de café a minima 44 jours) et de rhum bois bandé (très marqué par l’anis étoilé), tu sens que le feeling musical va être bon.