Si les meilleures choses ont une suite avant d’avoir une fin, la Quatrième suite de Johann Sebastian Bach a une fin avant d’avoir deux suites. C’est en tourbillonnant que Hannah Holman achevait cette saga offerte au festival Komm, Bach! en temps de Grand Confinement. Vous pouvez désormais savourer la gigue et les précédents mouvements de la célèbre BWV 1010 !
Emmanuelle Isenmann voulait raconter une autre histoire. Elle y était obligée, contrainte et forcée par le projet du concert de Grand Confinement auquel elle avait, dans un moment de folie, accepté de participer.
Elle a convaincu son complice Jorris Sauquet de proposer une image idyllique de Jérusalem.
Heureuse.
Épanouie.
En paix.
Côté Komm, Bach!, nous avons accueilli ce tube israélien avec joie. Pour une raison simple : c’est vrai que ce serait a priori chouette si le monde était heureux, en paix et doré – pas comme julien cependant. À la première condition non exclusive et non négociable que, autour, volettent la voix magique d’Emmanuelle et le sens de l’accompagnement si discrètement virtuose – donc si virtuose et pertinent de Jorris.
Retrouver le concert du festival Komm, Bach! en intégralité :https://youtu.be/GUAY5APlCn4. Découvrir la chaîne de Jorris : https://www.youtube.com/channel/UCuyFhUcubx2lOlb75Prafwg.
De l’énergie, des nuances, du contretemps, des contrastes et le sens de la respiration : il n’en faut pas plus à Hannah Holman pour nous inviter à sautiller autour du tube de la Quatrième suite pour violoncelle de Johann Sebastian Bach, interprétée pour le festival Komm, Bach!, pendant le Grand Confinement.
Après avoir faufilé la « Rêverie » de Debussy, Jasmina Kulaglich a déniché celle de Borodine. Un délice de finesse techniquement remarquable, musicalement saisissant et humainement éloigné du m’as-tu-vuisme si prompt à résumer la musique à de la mécanique circassienne plaquée sur du vivant. Une belle façon de raconter une autre histoire.
Retrouver le concert en intégralité : https://youtu.be/GUAY5APlCn4. Site de Jasmina : http://www.jasminakulaglich.com/.
Le groove peut-il avoir du corps ? Pas sans talent. La capacité de Hannah Holman à poser les notes du vénérable JSB sans les alourdir, à respecter le tempo sans se contraindre, à oser la tenue comme le détaché sans se figer laisse penser que la dame en a un p’tit plus qu’un p’tit chouïa.
Avez-vous remarqué comme, en rêve, tout semble couler de source – au point que notre marge de manœuvre est digne d’une version démo de jeu vidéo ? Avec les grands pianistes, c’est un peu pareil : quoi qu’ils jouent, ils donnent cette impression de fluidité qui vous suggère l’idée que c’est facile. Alors que c’est certainement pas facile, c’est juste beau. Jusqu’à transformer en art délicat ce que le compositeur estimait « mauvais », le bougre d’andouille.
Bref, ci-après, le miracle de la rêverie puise quand même pas mal dans le talent de Jasmina Kulaglich !
Retrouver le concert en intégralité : https://youtu.be/GUAY5APlCn4. Site de Jasmina : http://www.jasminakulaglich.com/.
Affiche du quatre-vingt-septième concert du festival Komm, Bach!, qui inaugure la cinquième saison.
Pour lancer la cinquième saison du festival, portée par le design renouvelé de Marie-Aude de la Serve (http://www.studio-m-a.com/), coup double pour les Journées Européennes du patrimoine.
À 18 h, visite commentée du patrimoine – en l’espèce, l’orgue de Saint-André de l’Europe, ouverte à tous les curieux, dans la mesure des places disponibles (30).
Et, à 20 h 30, concert spécialement concocté par Hervé Désarbre – pour la première fois en solo sur l’orgue Delmotte / Béasse – autour de l’Europe.
Les deux propositions sont à entrée et sortie libres mais bien quand même. Entrée et sortie libres, c’est-à-dire que l’on entre gratuitement et que l’on ressort gratuitement. Si l’on est un peu court en pesetas, si l’on est radin, si l’on boude, oui, on peut sortir sans dégainer une pièce et sans fuir par une porte dérobée (sans dérober de porte non plus, faut pas abuser). Néanmoins, il sera toujours possible de lâcher un petit billet de deux cents euros – par exemple – pour soutenir l’association qui chapeaute le rayonnement culturel de l’orgue (visite) et pour remercier de son investissement, de son talent et de sa créativité Hervé D., le foufou que le ministère de la Défense a récemment choisi comme son organiste à lui, et qui règne depuis environ un siècle ou deux sur le Cavaillé-Coll du Val-de-Grâce.
Fort focusss, donc, sur l’événement du soir, retransmis sur écran géant avec cadrage live assuré par Rozenn Douerin, que les habitués du festival connaissent bien.
En effet, un concert d’Hervé D. n’est jamais un récital comme un autre. Déjà, on ne s’y ennuie jamais, on y sourit souvent, on y découvre plein de compositeurs et on y sautille de surprises en surprises. Au-delà d’être original, chaque concert du soliste international présent ce 19 septembre est pensé. Pensé pour que chacun accroche, mélomane ou curieux (variété des morceaux, gouleyance du partage qui rechigne rarement à faire sourire sans être obsédée par l’effet, richesse de la matière sonore, durée globale d’1 h 10′ tout compris) ; et pensé pour que le concert ait du sens.
Cette fois, le sens tourne autour du « match retour en Europe ». À travers des compositeurs éclectiques, allant de Bach à Bret, en passant par – entre autres – Rossini, Lefébure-Wély et Rota, Hervé D. propose un fight réciproque entre France, Italie, Allemagne et Pays-Bas. Le programme détaillé de la bataille sera fourni afin que chacun puisse suivre, en direct et avec précision, ce qui se passe dans les vestiaires de chaque équipe nationale.
Masque obligatoire, hélas, mais émotions, belle humeur, découvertes de jeunes ou très vieux talents et wow garantis.
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Il est rare que la vision d’un pré qui somnole au soleil ou le fredon d’un chat qui ronronne donne envie de se remettre à la zumba ou d’aller défier un cheval sur 200 m de sprint. Bien que la probabilité de telles pulsions soit plutôt faible dans mon petit for intérieur (mais je ne suis pas là pour me hausser du col), voici une musique qui, par la grâce électrique de Hannah Holman, ne risque pas d’inspirer un soudain désir de sieste.
Inviter un Dubois à un festival d’orgue-et-pas-que sans inviter Théodore et sa toccata, c’est une provocation que nous étions fiers de renouveler lors du Grand Confinement. L’un des plus grands chanteurs français avec du texte (et sans sponsor médiatique), de la musique, de la personnalité et du grouve varié, est désormais un habitué de l’événement fomenté par la paroisse Saint-André de l’Europe.
Découvrez-le un peu plus grâce à cette autre histoire de lui qu’il nous raconte avec son talent coutumier mais pas ordinaire.
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