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Le Seuil page 2

David Dupuis, « L’Épreuve de l’invisible » (Le Seuil) – 2/11

Détail de la première de couverture

Attention, on est parti pour une première séance d’ingestion d’ayahuasca. Ça se passe dans la jungle péruvienne. Le rôle du chaman-prêtre est tenu par un French doctor, Jacques Mabit, évoqué dans le post précédent et qui, dans la cabane destinée à la cérémonie, est surplombé par des icônes du Christ, de la Vierge Marie et de saint Michel. Un prêtre catholique dédié à Takiwasi, comme quoi on ne manque pas tant de prêtres que ça, marmonne. D’autres « officiants » et d’autres « outils rituels » sont présents. Des règles sont édictées, plus ou moins sous forme de conseils, comme

  • vomir dans les seaux prévus à cet effet,
  • ne pas communiquer avec les petits camarades,
  • « formuler une intention » avant de boire la potion magique, et
  • demander l’autorisation si l’on souhaite aller aux toilettes.

(On synthétise, mais il faut bien : on en est à la page 11 et ceci est déjà la deuxième notule sur le sujet.) Pour mettre l’ambiance, il y a

  • de l’encens,
  • du sel,
  • de l’eau bénite et
  • des gestes qui se répètent pour « fermer lentement le cercle rituel ».

Des chants s’élèvent. Le maître

  • s’oint,
  • souffle du tabac et
  • invite les intéressés à siroter « le breuvage »,

lui-même finissant par ingurgiter une bolée à son tour pendant que « son épouse souffle du tabac sur son corps et lui enduit le dos d’huiles parfumées ». Ensuite,

  • noir et silence,
  • chants et tabac,
  • eau de Cologne et mélopées.

Disparition du temps, raconte également l’auteur. Nausée. Hallucinations bigarrées. Fragments. Spécularité de la pensée qui s’observe. Tachycardie. Effondrement. Obligation de se rasseoir. Brouillage de la frontière « entre corps et esprit », surtout pendant les vomissements. Le chaman agite basilic et maraca devant ses patients, puis offre une nouvelle tournée d’ayahuasca. Ne souhaitant pas passer pour le mauvais bougre, l’auteur accepte d’aller chercher la petite sœur. Lui apparaissent

  • des visages familiers,
  • un serpent,
  • des « yeux insondables » et
  • une « fatigue tranquille ».

Puis le langage anthropologique reprend le dessus. Les échanges se traduisent par une expérience « qui s’était tissée d’un langage commun » (page 28, il évoquera des synchronicités « tissées de rencontres », page 103, plus fort, « d’une véritable écologie de l’expérience [« coconstruite »] où se tressent cadres culturels, relations sociales, états affectifs et dynamiques pharmacologiques », etc.), l’idiolecte universitaro-textile oscillant entre la volonté de rendre concret un ressenti invisible et l’orgasme du chercheur quand il chope un joli syntagme qui fait chercheur.
Après ce prologue, le premier  chapitre joue les défriseurs en offrant une analepse donc en nous propulsant « trois jours plus tôt ». On se retrouve avec l’auteur à Tarapoto. On découvre son intérêt pour une « expérience visionnaire » qui serait « travaillée par des circulations globales » (en gros : du chamanisme pratiqué par un scientifique occidental). À Takiwasi,

  • « le médical,
  • le religieux et
  • le rituel

ne sont pas cloisonnés ». C’est aussi ce qui attire des Européens, « majoritairement francophones, issus des classes moyennes et supérieures » et souhaitant « rencontrer la plante ». Celle-ci est personnalisée, formant manière de repère pour un « voyage vers le monde invisible » qui participe à une « économie contemporaine du salut où

  • la guérison,
  • la quête spirituelle,
  • l’engagement écologique et
  • la formation professionnelle

s’entrecroisent ». Parmi les participants venus au Pérou,

  • une psychothérapeute quasi quinqua toujours en vie malgré cinq accidents,
  • un cadre trentenaire lassé de ses « états dépressifs »,
  • une même pas vingtenaire alternant anorexie et boulimie.

Plusieurs expriment leurs désillusions tant médicales que psychothérapeutiques, mais l’espoir d’une « renaissance » porté par « un intérêt croissant pour l’animisme et le chamanisme » perce çà et là.

  • Éthique (« les peuples premiers ont préservé la forêt amazonienne »),
  • politique (« nous, on a tout détruit, en Europe ») et
  • mystique (« je viens comprendre comment on peut communiquer avec les esprits de la nature »)

se mêlent et rejoignent un « horizon culturel commun » que l’auteur désigne comme celui des « mobilités spirituelles ». Au cœur de cette curiosité attisée avec opiniâtreté par les tenanciers du business, un « imaginaire primitiviste qui érige les sociétés autochtones en contre-modèle d’un Occident perçu comme en perte de sens ».
Dans cette perspective, « les plantes psychotropes sont investies comme médiatrices d’un savoir thérapeutique et spirituel ancestral », la demande du riche Occidental transformant radicalement la nature des us autochtones afin de les faire coïncider avec son désir. Le mythe du bon sauvage connecté à la nature et dont l’Occidental peut se rapprocher grâce à une tisane qui secoue dévoile « un support de projections » typique de chez nous, qui permet de rêver « se guérir » mais aussi « réparer une civilisation jugée dévoyée » grâce à l’Autre.
David Dupuis montre sommairement mais utilement comment « l’essor de centres chamaniques » nourrit et aggrave la marchandisation de la figure de l’indianité, jusque dans le changement des mots : les touristes et clients des centres sont plus volontiers étiquetés « pèlerins ». Dans leur diversité, ils viennent en pèlerinage pour rencontrer un « ailleurs investi d’une puissance de présence, un lieu où quelque chose peut

  • se manifester,
  • répondre ou
  • se dérober ».

De même, l’ayahuasca peine à trouver une épithète, « hallucinogène » ou « psychédélique » étant peu valorisés, euphémisme. En conséquence, on parle plus volontiers de « la plante » tout court, dont on gomme « l’ambivalence dans les pratiques autochtones » où elle est perçue « non seulement comme guérisseuse mais aussi comme potentiellement dangereuse ». À suivre !

David Dupuis, « L’Épreuve de l’invisible » (Le Seuil) – 1/11

Détail de la première de couverture

De quoi l’ayahuasca est-elle le nom, en Europe ? Cette plante hallucinatoire attire en Amazonie de plus en plus d’Européens dans ses rets.

  • Signe d’un malaise social grave et généralisé ?
  • Expression presque extrême d’un vide intérieur que seule peut remplir une expédition expérimentale ?
  • Objet marketing habilement développé par les autochtones et ceux qui exploitent l’imagerie fantasmagorique de hashtags tels que
    • « sagesse ancestrale »,
    • « retour à la vérité naturelle »,
    • « reconnexion avec un monde des esprits oublié fors l’Amazonie » ?
  • Ou manipulation mentale destinée à des esprits faibles, un peu paumés, qu’une « emprise mentale », concept fourre-tout et contesté par David Dupuis, permettrait de manipuler de manière très profitable, économiquement et humainement ?

Avec L’Épreuve de l’invisible. Carnets d’anthropologie psychédélique (Le Seuil), David Dupuis propose

  • une expérience,
  • une enquête et
  • une critique

visant à cerner

  • les enjeux,
  • la réalité et
  • les limites

d’une anthropologie d’un phénomène au croisement entre

  • spiritualité,
  • psychologie et
  • recherche d’ailleurs forcément au pluriel.

Son livre s’ouvre par l’exemple : en anthropologie participante, l’enquêteur doit se (p)lier aux processus qu’il observe. Aussi le prologue est-il consacré à « la plante qui fait voir » et qu’il expérimente, dans ce chapitre, au « centre Takiwasi », Takiwasi signifiant en quechua comme chacun ou presque sait « la maison qui chante ». Ici, sous la direction du « docteur Jacques Mabit, président exécutif », l’on

  • « traite les problèmes de toxicomanie » et de « stress post-traumatique »,
  • promeut des recherches « en médecines traditionnelles » et
  • vend, entre autres, des « retraites avec plantes maîtresses » visant à « guérir des blessures émotionnelles et psychologiques » et à « réaliser un travail d’introspection et de développement personnel ».

 

 

Il est connu que tout l’monde s’aime, mais pas pareil. Dès 2005, la Miviludes a alerté au sujet de cette entreprise contre les « pratiques chamaniques à la validité thérapeutique contestable » qui « conjuguent risque d’escroquerie et danger réel pour la santé physique et mentale de ceux qui s’y prêtent » (voir ici, pp. 47 sqq), on y reviendra.
De son côté, Jacques Mabit, qui attendait sans doute un panégyrique monolithique en échange de sa bonne volonté devant les demandes de David Dupuis, s’est senti trahi par l’auteur. En mai 2022, il s’est donc fendu d’un long article, tout à fait intéressant, pour dénoncer le doctorat dont est issu L’Épreuve de l’invisible. Dans ce travail universitaire, il voit un « procès instruit à charge » témoignant d’une « unilatéralité grotesque ». Pour lui, la thèse de David Dupuis se contente d’aligner les preuves d’une « posture de dénigrement

  • systématique,
  • rationaliste,
  • positiviste,
  • progressiste et
  • laïciste »,

fermez le ban. Pour lui, ce texte synthétise ce qui est devenu « l’unique travail de terrain et le fonds de commerce » du néo-docteur. On retrouvera avec profit son plaidoyer virulent ici.
C’est dans ce contexte bouillonnant d’accusations et de sentiment de traîtrise réciproques que pousse la question de l’ayahuasca.

  • Même si – Jacques Mabit le lui reprochera – David Dupuis n’a pas autant ingurgité d’ayahuasca qu’il conviendrait pour compléter une cure,
  • même s’il a testé – Jacques Mabit lui en fera itou grief – le produit dans d’autres usines à touristes férus de « médecine traditionnelle », ce qui l’amènera à interroger l’approche jusque-là très louangée du French doctor,
  • même s’il a assisté – Jacques Mabit le lui a accordé mais semblera se reprocher ce qu’il appelle un « privilège », rien que ça – à des séances de sirotage d’ayahuasca sans lui-même absorber le breuvage,

l’anthropologue commence par raconter comment il a vécu son expérimentation du produit (le « quand » est peu clair, ses enquêtes de terrain ne semblant pas toujours avoir été linéaires et l’auteur est étonnamment discret sur ces cahots). Car, par le mildiou et le diable, comment cela se passe-t-il concrètement ? Voilà ce que nous découvrirons dès la prochaine notule à ce sujet. À suivre ou à découvrir en lisant le livre en question ! Oh, certes, ce cut n’est pas encore le cliffhanger de la saison mais, en ajoutant

  • drogue,
  • soupçon de sectitude, et
  • polémiques étatiques,

l’on fit ce que l’on put, sans faute d’orthographe, pour obtenir un maximum de clics déçus qui ne nous rapporteront rien mais trouveront peut-être satisfaction dans une prochaine publication… (En vrai, ici, tout est gratuit, aucun cookie ne fiche personne, on partage juste

  • des rencontres,
  • des émotions,
  • des curiosités,
  • des brava et
  • des questions.

C’est pas si pire, je crois.)

Isaure, librairie Au bonheur des livres (Paris 17), 20 novembre 2025

Isaure et Thierry Durnerin le 20 novembre 2025 à la librairie Au bonheur des livres (Paris 17). Photo moche : Bertrand Ferrier.

Souvenir plus qu’archive : le 20 novembre 2025, il y a donc près d’un siècle, Isaure fêtait la réédition en poche de ses Mémoires d’une femme de ménage (Le Seuil, « Points »). Le livre

  • est initialement paru chez Grasset, où il a obtenu un succès considérable,
  • est parti ensuite se promener en Allemagne pour un autre joli succès… et
  • a abouti en poche au Seuil avec, désormais, deux couvertures différentes.

En effet, grâce au succès de la série autour de « la femme de ménage », Le Seuil a choisi de relancer cet essai à la fois

  • autobiographique et sociologique,
  • secouant et drôle,
  • dissonant et intimement tourné vers les autres.

 

Isaure, Thierry Durnerin et des lecteurs, le 20 novembre 2025 à la librairie Au bonheur des livres (Paris 17). Photo : Bertrand Ferrier.

 

Dans le cadre chaleureux de la librairie Au bonheur des livres, l’auteur a répondu aux questions de Thierry Durnerin, le patron du bouge qui a réussi en moins de trois ans à transformer son antre en lieu prisé du quartier des Batignolles ; puis le public venu remplir l’espace disponible a pu échanger avec

  • l’écrivain,
  • la femme et
  • l’ex-p’tite bonne tout terrain.

Bien qu’elle se revendique maladivement timide, Isaure a raconté

  • son expérience professionnelle étonnamment variée,
  • sa vision extérieure de l’intérieur – si, si – en tant qu’image (parfois trompeuse) de nous-mêmes, et
  • les conséquences personnelles de ce bout de vie passé à rendre propre et beau chez les autres.

 

Échange avec le public de la librairie Au bonheur des livres (Paris 17), en présence notamment de Guillaume Vatan, réalisateur, Charlotte Grenat, chanteuse, et Guillaume Karr, auteur. Photo : Thierry Durnerin.

 

Le livre est toujours disponible en librairie ou chez les vendeurs digitaux tel le grand méchant Amazon. Au bonheur des livres organise très souvent des rencontres mais, évidemment, nous attirons l’attention de nos lecteurs sur celle qui aura lieu le jeudi 28 mai, à 19 h : Jean-Pierre Colombiès sera dans la place pour La Face obscure de la police, qui paraîtra chez Max Milo le 5 mai.
Ancien des stups à Marseille puis à Paris, investi dans la lutte contre l’atteinte aux personnes et aux biens, ce flic blanchi sous le harnais profite d’avoir quitté la Boutique, son service accompli, pour promener son regard

  • lucide,
  • acéré et
  • volontiers piquant

sur l’évolution parfois inquiétante d’une institution en butte, notamment, à l’impéritie – pour partie calculée – des gouvernements.

 

On en reparlera !

C’est du propre !

Isaure rhabillée pour l’hiver grâce à sa nouvelle couverture

 

Elle est de retour ! Après avoir

  • cartonné en grand format,
  • séduit les lecteurs de livres de poche,
  • fait rire et vibrer les germanophones,

Isaure revient (peut-être grâce au succès de la série « La femme de ménage », et alors ?) avec une réédition au Seuil, dans la collection « Points », ornée d’une couverture tout à fait cosy. De quoi remettre un coup d’éclairage sur un témoignage choc et puissant qui parle presque moins de l’art du ménage (quoique…) que

  • de ce que nos intérieurs disent de nous,
  • de ce que notre relation au petit personnel révèle de notre rapport au monde, et
  • de ce que notre façon de suivre benoîtement ou de tenter de bousculer nos destins dévoile de notre conception de la vie, entre la tentation risquée d’exercer sa liberté et l’abandon confortablement triste à une existence où, comme le chantait le philosophe Jean-Jacques G., tout serait joué d’avance.

Bref, un livre

  • courageux,
  • corrosif et
  • coruscant

qui, treize ans après sa première édition, n’en finit pas de rester vivant et de vivifier ses lecteurs.

Bientôt dans les airs

Le programme

 

Le calendrier prévisionnel du blog pour octobre est disponible ! Sans exclure soubresauts et surprises, on va notamment

  • écouter du Schubert,
  • lire la mort,
  • chanter en duo,
  • enterrer les morts,
  • siroter du Scarlatti,
  • méditer avec Michel Tirabosco,
  • déguster un pigeonnier,
  • faire un peu de ménage,
  • improviser des rires et, pour ce qui nous concerne,
  • découvrir Georges Catoire.

En d’autres termes,

  • l’aventure,
  • le partage et
  • les découvertes

nous attendent. Pour un peu, on se croirait dans un roman de la Bibliothèque verte, non ?

La tactique du tic tac

Le programme

 

Dans quatre semaines exactement, le blog reprend du service. C’est l’occasion d’annoncer le programme prévisionnel du mois de septembre afin d’aiguiser, s’il se peut, curiosités et impatiences. Cliquez sur le tableau pour l’agrandir. Bonnes découvertes estivales d’ici là !

Le rganiss est-il une famdeménaj comme une autre ?

A priori, ce n’était pas le sujet que je souhaitais aborder aujourd’hui, même si le livre est disponible ici. Et pourtant, ce le sera. Na. (Et non « sers le serrano », hélas. Bref.)
Tantôt, j’allai sévir comme remplaçant dans une paroisse sympathique, où quelque instance locale finit par médire d’un collègue musicien « toujours pressé de finir », ce qui est très vrai, « alors que 50 € pour 30′, par rapport à une femme de ménage, pardon ». Éclaircissons les choses : aucun musicien d’église ne considère qu’il travaille 30′. La durée moyenne d’une cérémonie est d’une heure, avec un éventail allant de 45′ à 3 h, en général pour le même tarif. À cela, on ajoutera le quart d’heure de « mise au point » avant la cérémonie, la préparation éventuelle de l’instrument ou de la tenue, enfin la fermeture de l’instrument et les saluts finaux auprès des salariés ou des bénévoles locaux. À cela, on ajoutera aussi la durée de déplacement, qui peut dépasser 1 h 45 aller, donc 1 h 30 retour. Comme il est rare que le musicien ait l’occasion de jouer deux cérémonies à la suite, on peut ainsi estimer, à titre indicatif, qu’une cérémonie représente a minima 1 h de transport aller (1 h 30′ quand je vais à Montmorency, par ex.), 1 h de cérémonie et 1 h de trajet retour. Donc non pas 30′ mais 3 h comme socle indicatif de base.
Revenons à l’autre aspect de la critique. Le musicien serait payé cher, alors même qu’il fait un métier moins épuisant physiquement et plus valorisant socialement, suppose-t-on, que la femme de ménage. Il faut s’arrêter sur cet argument répugnant, car il fait de la femme de ménage l’équivalent du cancer en médecine. Si t’es pas capable de soigner un cancer alors que t’es médecin, t’es de la merde ; si tu gagnes plus en tarif horaire effectif qu’une femme de ménage, t’es un salopard. Puisque je ne guéris pas le cancer, je ne suis candidat qu’à la salopardise, aussi dois-je éclaircir les faits afin d’être, ou non, diplômé « privilégié de la République ».
Comme je l’expliquai dans L’Homme qui jouait de l’orgue, le rganiss liturgique de mon acabit doit être disponible à plein temps, mais n’est bien sûr pas garanti d’être occupé à plein temps. Prenons le jour précédant mon accusation de privilège : pas de convoi. Gain organistique : zéro euro. Le jour de la critique : départ 9 h, cérémonie 10 h, fin de cérémonie 11 h 30, retour 12 h 30, gain 50 € ; redépart 14 h, cérémonie 15 h, fin de cérémonie 16 h 15, retour 17 h 15, gain 50 €. Donc, oui, sur un jour, le rganiss a gagné plus que ne gagnera une famdeménaj en une journée. Sur deux, pas sûr. Surtout, pourquoi ne pas comparer ce musicien à la maquilleuse du Pharaon de la Pensée complexe ?
Moi qui suis nul en ménage, à plus d’un titre, je reconnais qu’il y a plus d’un point de comparaison entre les famdeménaj et les rganiss turjik. Des exemples ? Nous intervenons dans des situations où, peut-être, certains rechigneraient à intervenir (à titre d’exemple, je passe l’essentiel de mon temps rémunéré à jouer pour des cadavres) ; certains nous traitent avec le même mépris ; certains d’entre nous sont des gougnafiers, qui sabotent le travail sans respect des donneurs d’ordre, d’autres essayent de faire le job le mieux possible ; nous sommes, quoi que nous essayions de faire croire à nos « conseillers financiers », payés de la roupie de sansonnet, que nous apprécions notre travail ou pas. Mais la prochaine fois que tu constateras que la poussière et les saletés se sont accumulées pendant que t’étais en vacances, ou quand tu chercheras un gugusse pour jouer du Coldplay à ton mariage parce qu’au grand orgue ça jette, peut-être te diras-tu : « Tiens, si j’augmentais la femme de ménage… et le rganiss, par la même occasion ? »

Les Experts Paris

Les experts : Olivia, Isaure, Roland Perez et Bertrand Ferrier (photo Europe 1)
Les experts : Olivia, Isaure, Roland Perez et Bertrand Ferrier (photo Europe 1).

Ce 13 août, de 14 h à 15 h 30, j’étais de passage sur Europe 1 avec Olivia, Roland Perez et Isaure pour une émission spéciale des « Experts » autour des Mémoires d’une femme de ménage.

Jeudi 31, venez fêter à Paris the livres of 2013 !

Grodico arrive !

Faites le ménage dans votre poche !

Le témoignage qui a bouleversé la France (+ de 15 000 ex vendus) enfin en poche !
Le témoignage qui a bouleversé la France (+ de 15 000 ex vendus) enfin en poche !