Jean-Paul Bertrand-Demanes juste avant « After foot », le 20 septembre 2022. Photo : Bertrand Ferrier.
Le 20 septembre, Jean-Paul Bertrand-Demanes entamait sa tournée des médias pour parler deStade 4. Le match de ma vie, auquel j’ai prêté une main ou deux. La première étape arrivait à RMC, après un détour parCNewset avant de prochains rendez-vous trrrès importants. Le livre, lui, est disponible chez votre libraire ou ici, par exemple – et hop !
Un livre auquel je suis fier d’avoir prêté une main ou deux débaroule en librairie, physique et digitale. L’auteur nous le présente en exclusivité…
Soyons clairs : ce livre, ce n’est pas l’histoire d’un gamin passionné de foot qui a réussi à transformer un loisir passionnel en un passionnant métier. Ce n’est donc surtout pas
l’autobiographie sépia du « joueur qui a disputé plus de matchs qu’Henri Michel sous le maillot du FC Nantes » (même si j’évoque évidemment le club et mon très cher ami Henri), ni
celle du minime de Ludon-Médoc qui, devenu international, entre sur le terrain au côté du capitaine de l’équipe de France, lors de la Coupe du monde 1978, pour affronter l’Argentine et le public de la Céleste dans son arène incroyable, ni
celle de la « petite vedette » qui a eu la chance de côtoyer Jean-Luc Lagardère, Bob Marley, Carlos Monzόn, David Gilmour ou Maradona, ni même
celle du « footeux », forcément sans cervelle, qui a su pourtant s’inventer une nouvelle carrière professionnelle quand il a dû quitter les terrains sur blessure.
L’histoire de ce livre, la vraie, commence le 10 mai 2010, quand j’apprends que j’ai un cancer de la gorge « au stade 4 ». Stade 2, je connaissais l’émission ; « stade 4 », je ne savais pas que c’était l’expression pudique signifiant quasiment : « Prépare ton testament, choisis ton cercueil et dis adieu à tes proches, tu vas mourir. » Alors, j’ai préféré la traduction que m’ont inspirée mon caractère et ma grinta d’ex-sportif de haut niveau : « Prépare-toi à te battre, l’adversaire va être coriace mais, si tu mets tous les atouts de ton côté, tu dois l’écrabouiller en fin de compte parce que la gnaque est avec toi. » Donc je me suis battu. J’ai été soigné. Soutenu. Aimé. J’y ai cru. J’ai pleuré. Je me suis relevé. Je suis retombé. J’ai encaissé les traitements. Ils m’ont abîmé. Dévasté. Presque tué. Ils m’ont sauvé. J’ai eu de la chance. J’ai remporté le match de ma vie. Du coup, ne lisez pas ce qui précède : en réalité, ce livre commence en 2012, quand, exsangue, lessivé, en loques, j’ai fini ma dernière chimiothérapie. Mais il commence aussi en 2014 quand, contre toute probabilité, j’ai réussi à terminer dans les temps impartis l’Ironman de Nice (3 km de natation, 180 km de vélo avec un sacré dénivelé, et un marathon pour finir) : c’était le défi que je m’étais lancé pour me prouver que j’avais tourné la page du cancer. Et, tant qu’à faire, le livre commence aussi en 2017, quand je suis passé du statut de « malade en rémission » à celui de « patient guéri ». Bref, ce livre n’en finit pas de commencer, mais, à présent, il est fini… et sa vie peut commencer, grâce à vous. Stade 4. Le Match de ma vie (Max Milo, 336 p., 21,9 €) a trois objectifs :
raconter, de façon positive et honnête, « le match de ma vie » ;
donner, avec modestie, des pistes d’espoir issues de mon expérience à ceux qui souffrent de la maladie et à leurs proches ; et
rassembler des fonds, puisque je reverserai l’intégralité de mes droits d’auteur au centre anticancéreux de Nantes.
Si, chemin faisant, Stade 4, en conjurant cette funeste expression, peut aussi raviver les souvenirs des fans d’antan à l’occasion de telle ou telle anecdote, s’il peut dévoiler quelques petits secrets d’une époque révolue (et rétablir quelques vérités footballistiques au passage !), s’il peut faire sourire voire rire son lecteur bien qu’il évoque une maladie épouvantable qui touche 4 millions de Français et cause 10 millions de morts par an, alors, je n’aurai ni souffert ni écrit en vain !
Bonne découverte aux curieux. Le livre s’achète (si) en librairie ou dans les entrepôts des gros vendeurs comme la Fnac en cliquant ici.
Télérama et « France-Inter » nous désignent ce que nous devons aimer, et il faut les en remercier. M le magazine du Monde ce dont nous devons parler, et c’est formidable. Le Monde des livres ce qu’il faut écrire donc lire donc penser, grâces lui soient rendues. Pour ceux que lire et penser intéresse, voici donc un florilège du dernier épisode du Monde des livres et nos conseils pour vous améliorer en douze maximes garanties conformes à la pravda.
1. L’homme (blanc) est un salaud.
En une du supplément est évoquée l’histoire (griffonnée par « une écrivaine ») d’un policier moustachu, forcément moustachu, qui traumatise sa fille en prétendant l’éduquer. Ce type pousse le comble de l’horreur à se prendre pour « un homme, un vrai, comme on disait avant #metoo ». Bien sûr, nous espérons tous qu’il est mort. Cette critique vedette est accompagnée de deux autres longues notules évoquant « le thème de la brutalité paternelle ». D’un côté, Gaëlle Josse met en scène un « brutal géniteur » ; de l’autre, Sarah Jollien-Fardel dénonce « un homme violent [qui] fait de la vie de son épouse et de ses filles un enfer ». On notera la tautologie qui choquera tous nos lecteurs conscious : dans « un homme violent fait de la vie de son épouse et de ses filles un enfer », « violent » est pour le moins redondant. Nous nous concentrerons sur le bon message : l’homme blanc est dominateur et mauvais. Parmi eux, réfléchissons spécialement à faire rendre gorge aux papas blancs.
2. Le genre, c’est so 2021.
Page 3, on apprend qu’Emmanuelle Bayamack-Tam met en scène un homme « qui finance une retraite dans le désert en fabriquant des bougies parfumées à la vulve » signe, pose la critique, que « l’écrivaine » est « irrésistible ». D’autres signes le laissent penser, en effet : dans son nouveau roman, « l’autrice » évoque « Farah et sa mère, Hind, une “femme à bite” qui n’est autre que le père biologique ». Faut suivre, d’autant que, dans ce roman, éloge de la GPA, « le petit garçon Farah se change en femme » car « la détermination de son genre est une métamorphose parmi d’autres qu’on aurait tort de fétichiser ». Écrivaine + personnages transgenres + GPA, on touche au strike, évidemment.
3. Le futur est dans le passé, mais pas n’importe lequel.
À côté de la re-rentabilisation des attentats du 13 novembre 2015 par Emmanuel Carrère et de la peinture d’une « femme qui s’est imposée dans un monde masculin », la page 4 nous offre notamment un trio d’« autrices » qui enquêtent sur « les origines que l’on perd de vue ». Parmi elles, Gabriella Zalapi traque un « juif, entrepreneur et surtout collectionneur d’art » qui a « quitté Vienne au moment de l’Anschluss en 1938 » (devoir de mémoire, je t’en supplie, ne nous lâche jamais !), et Polina Panassenko raconte comment son héroïne Polina « va en justice demander » que l’État français, ce salaud, soit condamné pour lui avoir « imposé un prénom francisé ». La vache à lait nazie et la dénonciation de l’État français, raciste s’il en est, mettront en appétit tous les êtres normés donc fréquentables.
4. (Tous) les noirs sont (forcément) des victimes.
Jusqu’à la page 5 du Monde des livres, on aurait pu croire que les noirs, ça n’existe pas en soi : il y a des gens noirs parce qu’ils sont noirs, pas des gens qui sont parce qu’ils sont noirs. À l’ère décoloniale, cette tarte à la crème de l’antiracisme, qui tenait lieu de doxa jusqu’ici, est devenue blasphématoire, à la limite de l’incitation à la haine raciale. Nous invitons donc nos lecteurs à l’effacer de leur mémoire. Dans la pravda en vigueur, tout part du premier point, voire du premier poing : l’homme blanc est un salaud.
Partant, si, comme Paul Cerda, vous contez la vie d’un « prodige espagnol des échecs », ne loupez pas de glisser un couplet sur « James Meredith, premier étudiant noir à intégrer l’université du Mississipi » car écrire, c’est essayer « d’altérer l’échiquier des races [donc] du pouvoir et de l’argent ». Vous rejoindrez ainsi la poétique de « l’écrivaine » Priya Hein, qui dénonce « le bidonville sordide d’Africa Town » où grandit Noémie, loin des « Grandbourg, les riches blancs ». Noémie « subit un racisme frontal et décomplexé », dans « un pays où les frontières entre descendants d’esclaves et de colons ne semblent pas avoir bougé ». De façon générale, en littérature, le héros gagne à être « afro-américain » comme le « petit ami de Mike » avec qui il forme une « cellule » de « deux hommes pensant n’avoir de comptes à rendre à personne » tout en s’inscrivant dans un réseau « d’appartenances culturelles dissonantes ».
C’est dit : dans la pravda, il y a une ontologie du noir, si l’on entend par-là une caricature faisant tour à tour de lui la victime ou le « témoin de violences policières, la victime [ou le témoin] de contrôles abusifs et d’un racisme insidieux ». Cette noirophobie ne devient supportable, pour le héros noir de Caleb Azumah Nelson, qu’en profitant de produits créés par des noirs, « des chansons de soul et de hip-hop ainsi que des livres, notamment de Zadie Smith et de James Baldwin », seules portes permettant d’« entrevoir un monde où [être] libre ». Ben oui, pour traduire un livre de noire ou parler aux noirs, il faut être noir, sinon, c’est encore de la colonisation. De même, une soprano « afro-américaine » chantera de préférence des trucs écrits par une « compositrice et flûtiste afro-américaine » relatant « les douleurs et les espoirs de la communauté noire », avec une « vocalité proche du gospel » louant « un amour au nom du Génie Noir » (commentaire de Marie-Aude Roux : « Intense émotion » et « immense exclamation du public » de la Philharmonie de Paris pour Angel Blue et Valerie Coleman, in : Le Monde, 9 septembre 2022, p. 26). Femme + racisation + texte conscious = quasi strike car, enfin, c’est encore un homme blanc qui dirige, en la personne de Yannick Nézet-Séguin. Hormis cette faute de goût, noir, c’est noir, il faut que ce soit noir, alors, prenez des notes, noir sur blanc, j’aimerais ne pas y revenir dans de prochains épisodes.
5. L’Histoire (blanche) oppresse l’Afrique.
L’oppression des noirs par l’Histoire blanche est le sujet du « grand entretien » des pages 7 et 8. On y apprend que « l’Afrique est présente dans tous les passés » et qu’il est « évident que les savoirs ont été colonisés ». Lutter contre l’Histoire des blancs est un devoir pour l’historien blanc, peut-être le devoir, même si cela ne suffira pas pour aboutir un « processus de décolonisation des arts ou de décolonisation des savoirs ». Cela étant posé, notons une nuance, glissée timidement mais courageusement à la toute fin par François-Xauvier Fauvelle, sentant vers quel terrain l’interviouveur tente de les entraîner, Anne Lafont et lui : selon l’africaniste, il ne s’agit pas d’« africaniser » l’Histoire mais de lui donner une dimension « polycentrée » afin d’« engager une grande conversation entre les sociétés ». Les stéréotypes ont parfois leurs limites, hélas.
6. La vérité est ailleurs.
Si la destruction du prisme colonialiste reste une priorité, c’est que la vérité n’est pas dans cet endroit que nous considérons, avec un exclusivisme qui ne nous honore pas, « chez nous ». Probablement effrayés par cette évidence, les colons ont essayé d’imposer leur mensonge à tous. Heureusement, page 8, une « écrivaine » signe un livre qui permet de « remonter loin en arrière dans l’histoire personnelle de l’autrice » pour plaider en faveur des « cultures autochtones menacées jadis par la colonisation » et – c’est bien aussi – dénoncer « les dérèglements climatiques ». Le combo antiracisme et écologie est tout à fait seyant, nous le conseillons à nos lecteurs.
7. La civilisation occidentale est délétère.
En Occident, nous vivons dans une odeur d’œufs pourris si commune que nous ne la sentons même plus. Pour preuve, page 9, on découvre que Jim Downs dénonce « comment le colonialisme a transformé la médecine » (en anglais, c’était moins tapageur, ça s’appelait Maladies of Empire). On apprend aussi que le monde se pourrait porter mieux en « pensant avec le punk » car il développe les « pratiques féministes », hop-là. Vincent Berthelier semble galérer un chouïa, d’après la critique, dans son désir de prouver que « les écrivains de droite » développent « une pensée racialiste » en ayant un style suranné et compassé (en clair, Nimier, c’est pas la Despentes, hihihi) ; toutefois, si Céline n’a pas un style suranné et compassé, « le lyrisme de l’argot célinien » est « le véhicule de son fascisme ». Si t’as un vieux style, t’es facho ; si t’as un style pas vieux mais que tu ne professes point la pravda, t’es facho itou – bien vu.
8. Nous sommes tous des violeurs intrafamiliaux (sauf les nouveaux venus).
À ce niveau de finesse technique, on pourrait abandonner, mais il ne faut pas : l’article principal évoque un probable chef-d’œuvre signé par « cinq auteurs et autrices » selon lequel l’inceste n’est pas une déviance mais le résultat d’une « culture de l’inceste qui serait la nôtre ». En effet, comme chacun sait, devrait savoir ou saura dorénavant, « l’inceste structure notre société à l’image des discriminations de genre, de classe et d’âge ». La boucle est bouclée, car le racisme, la LGBTQIA+phobie et l’inceste puisent à la même source : le « fonctionnement général d’une société basée sur le principe de domination » des hommes blancs. Heureusement, ce livre-ci est « sous la direction » (la domination, donc) d’Iris Brey et Juliet Drouar, une femme et une personne qui, « après avoir été assigné.e femme » est devenue « activiste dans le mouvement TransPédéGouine », gage de qualité suprême. Une domination équitable, donc, libérée et active, quoique un peu blanche à mon goût.
9. Ceux qui ne sont pas d’accord d’emblée et systématiquement
avec l’intégralité de la pravda sont des malades.
La page 9, excellente, se termine sur un entrefilet vantant le dernier livre du psychiatre Serge Tisseron qui dénonce le déni, cette pathologie qui frappe les complotistes, entendus comme les fous allant jusqu’à interroger l’efficacité des vaccins. Dois-je préciser que, ne souhaitant pas finir dans une clinique psy, je ne nie pas qu’il a raison ?
10. La culture occidentale, c’est du vent et de la haine.
Page 10, on est alléché par le nouveau roman de Makenzy Orcel, écrivain haïtien narrant en français. En effet, il décrit une famille typique d’une « petite ville du sud de la France » : elle est « sous l’emprise d’un oncle fanfaron, raciste et dominateur » ; en son sein, « on s’exprime par le viol et les coups ». Classique, dans les villages du sud de la France. Résultat : l’héroïne a beau s’échapper, elle se suicide. Pis, cette « jeune Française blanche » meurt en étant « beaucoup plus pauvre en monde (sic) » que la « vieille Haïtienne noire et morte qui remontait le fleuve de sa vie et de son histoire, de l’histoire de son pays ». Les blancs en général et les Français en particulier, disons-le sans barguigner, c’est inculte, c’est vide et ça puduc.
11. Le présent existe, mais il faut bien le choisir.
Alors que, page 11, Mathieu Belezi dénonce « l’histoire de l’Algérie coloniale », histoire « folle, démesurée, ignoble » s’il en est (voilà plusieurs pages que l’on n’avait presque pas parlé en langage décolonialiste, j’avais peur d’être tombé sur un méchant journal), Le Monde des livres propose un panorama de propositions culturelles valides :
d’abord, un colloque sur « la place des femmes dans la bande dessinée » qui est « organisé par des chercheuses, journalistes et éditrices » ;
ensuite, la promotion des écrivains ukrainiens à Nancy et à Lviv (Russie, non non, Ukraine, oui oui – l’antiracisme culturel n’est pas équitable, c’est là sa moindre qualité) ;
enfin, deux promesses de délices,
« la lecture de Cher connard par Anna Mouglalis » à Manosque et
l’hommage à « la littérature vivante » organisé par le Centre Pompidou, incluant
un « salon de tatouages transféministes avec Paul B. Preciado [anciennement Beatriz Preciado] » et
une « exposition sur l’écriture inclusive et les réformes typographiques ».
C’est ça, la littérature vivante, chers lecteurs.
12. Même en 2022, nous avons besoin d’idoles.
Ça tombe bien, la page 12 portraitise, et pourquoi pas, Leila Mottey, « autrice » qui dénonce le fait que « l’on attend peu des adolescentes afro-américaines [comme elle] en particulier ». Leila « a grandi dans une maison remplie de livres et au sein d’une famille multiethnique ». One point. Elle a créé « The Women of Color Club, qui interroge l’expérience des femmes de couleur dans les quartiers et à l’école ». Two points. Elle vit avec Mo, sa compagne. Three points. On notera que la mère de la narratrice lui apprend « comment flotter et crier dans l’océan », ce qui est bien, à la différence du policier moustachu, croisé au début de ce florilège, qui voulait « apprendre comment survivre en forêt ou près des océans » à sa fille, ce qui était mal.
En conclusion
Ne vous trompez pas : choisissez un livre écrit par un non-homme, si possible non-blanc et tenant un discours décolonial antiraciste validé par des organes engagés et sûrs. Merci pour vous, merci pour la planète, merci pour l’humanité.
En espérant vous avoir aidés, Votre conseiller en pensée autorisée.
Quand il était gardien de la mythique équipe du FC Nantes ou qu’il affrontait l’Argentine lors de la Coupe du monde 1978, on l’appelait le Grand. Quand il s’est reconverti avec brio dans les affaires, il est devenu Monsieur. Quand on lui a découvert un cancer de stade 4, il s’est transformé en patient (presque) comme les autres. Quand, après deux ans de traitements redoutables qui ont vaincu la tumeur et qui l’ont détruit, lui, il a commencé de préparer l’Ironman de Nice, il est devenu le Fou. Il ne devait pas avoir de vie après le foot. Il ne devait pas survivre à son cancer. Il ne devait pas récupérer assez pour avaler 3,8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon en moins de seize heures. À chaque fois, il a renversé la table et fait mentir la tristesse du destin. Conteur hors pair, Jean-Paul Bertrand-Demanes narre avec un art (haha) consommé heures de gloire et moments de souffrance. Comment le sport peut-il aider à lutter contre la maladie ? En quoi son expérience peut-elle, à sa mesure, servir non seulement les malades qui se battent mais aussi tout un chacun ? Modeste et pragmatique, piquant et joyeux, honnête et exceptionnel, le Grand se dévoile pour offrir force, réconfort et confiance à ses lecteurs. Et pas d’ambiguïté : l’ensemble de ses droits d’auteur sera reversé au centre anticancéreux de Nantes.
Je suis fier d’avoir prêté une main ou deux à la finalisation de ce projet poignant et tonique. Le livre sera en librairie le 13 septembre. Bonne impatience à tous !
Après plus de deux cents traductions, dont des blockbusters de divertissement et quelques livres géniaux pas forcément blockbustériques pour autant, croyait-on mon temps passé ? Fichtre, sceptiques et malandrins, voilà qui ne me dit rien qui vaille pour votre matricule. Et vous ancêtres et tendrons qui batifoliez dans mon domaine, m’imaginant mort, enterré et re-mort derrière, tremblez ! Trrrrremblez, vous dis-je !
Le roi est sur le point de faire son retour et il vient reprendre son sceptre ou, à défaut, un apéro voire deux. (Une option n’empêche pas l’autre, notez bien.)
Le dernier projet paru auquel j’ai prêté la main est un pied-de-nez à l’actualité. À deux points de vue.
C’est un livre sur un mec qui construisait la paix. Suivez mon regard.
C’est aussi un livre sur un mec qui avait une certaine idée de la France. Suivez… non, suivez rien, tsss, tsss.
Le résultat n’est certes pas un livre antifrançais ni anti-pied-noir, perspective si chérie des révisionnistes cherchant réparation. Non, le livre est un constat personnel, puissamment factuel, dissonant et prenant parce qu’il ne cèle pas l’humanité censée masquer la connerie des hommes. L’armée et les orthopensants ne le kifferont peut-être pas. C’est le moindre des bons signes.
Le témoignage inédit, tonique, humain et prenant devrait faire date.
Dans son nouveau livre, radical et puissant, auquel j’ai prêté une main ou deux, le journaliste-archiviste Pascal Jouary arrache de l’oubli forcé quarante affaires à vous dégoûter de l’honneur, ce truc qui nous fait bien rire. Achetez le livre ici, et écoutez (regarder, c’est pas possible), c’est ci-dessous.
Vient de paraître le nouveau livre de Pascal Jouary, auquel j’ai prêté une main lors du peaufinage. Malheureusement, je dois reconnaître que ce livre ne vous apprendra rien… sauf si vous ne connaissez pas les quarante affaires les plus retentissantes dans lesquelles le secret-défense a tenté – et souvent réussi – de mettre en échec la justice. Car ce livre est le premier à présenter un tel panel de scandales – avec objectivité, sources incontestables à l’appui, et subjectivité grâce aux interviouves des principaux protagonistes (familles de victimes, législateurs, avocats, grands témoins, hauts responsables du Renseignement…).
J’ajoute que le nouveau livre de Pascal Jouary ne vous dessillera nullement les yeux… sauf si vous n’avez jamais plongé dans les dédales de ce que cache le secret-défense. Car ce livre est le premier – vous pouvez chercher, y en a pas d’autre – à analyser en profondeur, exemples précis à l’appui, les diverses formes que peut prendre la raison d’État quand elle excipe du secret pour dissimuler l’inavouable. Assassinats politiques, complots industriels, machinations financières, mensonges diplomatiques, résidus de la part sombre de la colonisation et erreurs militaires sont ainsi mis en lumière, parmi d’autres vilenies par cette radiographie implacable du secret-défense.
Je conclus en déconseillant ce livre à tous ceux qui ne veulent pas glisser un œil dans les coulisses de notre belle et saine démocratie. Pour les autres, ce bouquin choc, fruit de quatre ans d’enquête, devrait un délice amer donc passionnant. Je suis fort fier d’être monté à bord de cette aventure… et d’avoir réussi à esquiver les sous-marins alliés susceptibles de couler notre bâtiment. Cela nous a permis, je crois, de faire bonne pêche et bonne pioche.
Voici que vient de paraître le dernier livre de Sébastien Boussois, auquel j’ai prêté une main presque discrète lors de sa finalisation !
L’occasion de découvrir un monde merveilleux où l’on crée les plus grands tapis de fleurs du monde, où l’on accueille à bras ouverts les influenceuses les plus – sinon les mieux – refaites de l’univers, où le béton coule à flots, où les armements les plus fous et les techniques d’espionnage les plus pointues sont en forme olympique, et où l’objectif reste toujours d’écraser son voisin (pour commencer) et la démocratie – on se croirait presque chez nous, c’est dire. Une charge virulente et informée, accessible à tous les lecteurs, experts ou curieux. On en peut acquérir quelque exemplaire chez son libraire ou en cliquant ici.
C’était il y a presque vingt ans. Autre temps d’une autre époque.
Il y a vingt ans, dans les ouvrages pour jeunes lecteurs, l’on pouvait encore parler au passé simple – cet équivalent du latin pour le français modernisé, au moins sous la plume de Marie-Aude Murail, évoquée par ex. ici, çà et là. Seule excuse pour cet outrage à la médiocrité, équivalent des chiffres romains dans les musées français : l’affaire ici narrée, et qui vient de reparaître sous un titre peu pétillant (D’amour et de sang, l’original, swinguait davantage – et c’est quoi, cette vieille astuce qui consiste à utiliser les mots de la fin pour redécorer un ouvrage ? On se croirait dans un film français avec André Dussolier et le petit bonhomme qui rit de Télérama en guise de rosette – ou dans Happy end, à la rigueur, mais c’est pas pareil), commence il y a 2000 ans, en 67 après Jésus Christ, autour de Narbonne.
Cela étant, que les amateurs de niaiserie anodine se préparent à écrire au ministère de l’inculture pour s’offusquer des propos que renferme ce parallélépipède feuillu si peu inclusif. Figurez-vous que, en 67, un peu comme aujourd’hui, on tue des chatons, on achète des esclaves , on viole et on fouette les serviteurs, même dans un roman publié par Je bouquine, magazine peu réputé pour ses scènes SM (le fait que Bayard édite de la piètre musique religieuse sous cette marque ne saurait être qu’une coïncidence, évidemment). En 67, donc, Terentius, maître du jeune Lupus, achète Alba, une esclave de douze ans qui a hérité d’un étrange flacon apporté par Marie de Magdala. Grâce à ce flacon, Alba sauve Terentius de l’empoisonnement. Le miraculé affranchit ses esclaves et les marie. Fade-out. Le deuxième épisode prend place au « temps des barbares », en 451, autour de Metz. Cette fois, le flacon qui a failli servir à embaumer le corps du Christ, n’eût-il ressuscité trop tôt, est confié à Wulfila, un moinillon (en trois syllabes) capable de fendre le crâne de ses ennemis – des bagaudes, Bayard aimant à plaire aux dames du CDI avec des mots faisant d’époque, à l’instar de la cosmète qui égayait la première partie, ou des dames qui caroleront dans la troisième, etc. Fendre le crâne d’un maraud n’est point doulce chose à faire, il est séant de le stipuler ; ce nonobstant, à cette époque, pas le choix. Sur les chemins, nulle pitié : l’on se peut faire piétiner par des poneys hunniques à titre humanitaire, pour être achevé. Aussi vaut-il mieux, à l’instar de Wulfila, lancer sa hache entre les deux yeux des attiliens afin de ne point avoir la tête tranchée comme une vieille. Wulfila s’offrira une troisième victime avant d’être pointé lui-même… et sauvé par, d’une part, l’amour de Marie, la putain locale, et, d’autre part, le parfum dont l’oindra le frère Clément.
Le troisième épisode se faufile au « temps des merveilles », en 1092. Là, Loup se retrouve au service de Quiterie, épouse d’un méchant châtelain qui n’eut point l’heur de déflorer – trop tard. Non loin, des moines qui ont taquiné les gueuses se voient, comme Quiterie, proposer le parfum de Marie mais sont encore trop tourmentés par la chair pour en maîtriser le pouvoir. Bref, le seul puceau, malgré ses quinze ans (se baigner nu avec une fée, ça ne compte pas, paraît-il), est Loup. C’est donc lui qu’exige le porteur de parfum contre le flacon. Après qu’il a sauvé Quiterie, Loup est ainsi vendu au nébuleux businessman de passage. Sauf que, finalement, coucher avec une fée, ça compte, et le voici impropre à ouvrir le flacon, dont le contenu se met à bouillonner dès que le coquin s’en approche. Libéré du drôle, Loup rapporte le parfum sous forme de caillou au couvent local et finit par épouser la fille de la châtelaine, tandis que l’abbé, lui, se débarrasse du quasi Graal auprès d’un « idiot du village passant pour sorcier ».
Le quatrième épisode explore le temps des sorcières, situé en 1521. Loup est un cagot, donc un fils de lépreux – de lépreuse, en l’espèce, semble-t-il. Dans son monde, on envoie plutôt des pierres avec des frondes dans la face des Autres, mais on peut itou enfoncer des aiguilles bien profond dans le corps des sorcières pour les faire crier et chercher « l’endroit où le Diable a posé son doigt »… en attendant de trouver un prétexte pour les carboniser, évidemment – mais chaque petit bonheur en son temps. Autant dire que l’on ne s’y ennuie pas davantage que par le passé, d’autant que Margot, une sorcière, blonde partant jolie, est sur place. Avec sa mère, elle a récupéré la fiole de Marie de Magdala. Malgré des titres de chapitre bien nunuches (doit-on dire : bien Je bouquine ?), la suite montrera que le miracle des flacons a ses limites ; l’amour, non.
Le cinquième épisode s’enfonce dans le temps des rebelles, en 1848. Une rébellion ? Pis : une révolution, Sire ! Lou est à présent une femme, et le parfum déclenche un coup de foudre. L’amour et la révolution – bien avant le film de Yannis Yolountas – s’aideront du pouvoir magique du parfum pour rendre hommage à Hugo et à la beauté des blondes, fussent-elles féministes. Une coda prend place le 1er janvier 2000, où Wolf, Lou et loups se mêlent, dans une circularité bon-odorante d’où émergent de vraies questions comme : « Jusqu’où peut-on fricoter avec une fille de chasseur, mineure et portant particule, quand on a vingt-sept ans ? »
Au final, 2000 ans pour s’aimer est une agréable série de variations sur un même t’aime, déployant à la fois la virtuosité et l’artisanat de Marie-Aude Murail, dans les contraintes fixées par le cadre éditorial mais avec la malice et les trouvailles auxquels ne nous habitue guère le consensualisme niaiseux souvent associé aux romans pour jeunes lecteurs de Bayard issus des productions Je bouquine, ouf. Il est donc heureux que renaisse cette déclinaison cyclique d’une histoire d’amour et de magie dont l’odeur sucrée sait assez joliment se citronner pour ne jamais lasser. Après avoir lu le livre, il faut donc que l’on le loue – mission accomplie !
Pour acheter ce livre (230 p., 6,5 €), c’est, par ex., ici.
Chargement...
Mesure d'audience (Google Analytics), si vous le voulez bien. En savoir plus
Newsletter
Votre adresse sert uniquement à l'envoi de la lettre, par le service Brevo. Un lien de désinscription figure dans chaque envoi. Politique de confidentialité.