
Au début du projet Soleil noir, il y avait une berceuse qui tue, et ça commençait comme ça. (Brief du concert et de l’air dans le descriptif de l’avis des hauts).

Au début du projet Soleil noir, il y avait une berceuse qui tue, et ça commençait comme ça. (Brief du concert et de l’air dans le descriptif de l’avis des hauts).

Quand vous concertez, il arrive que l’on vous vienne quérir en carrosse, décapotable, traîneau à chiens, dirigeable et autres vistemboires à réaction. Il arrive aussi que vous soyez amenés à mouvoir vos propres pattounettes comme un grand afin de gagner le lieu où vous devez donner la première de Soleil noir, récital pour orgue et contreténor fomenté et fermenté avec Michaël Koné. Par chance, en dépit de l’absence de canidé sauvage, le chemin ni la tribune n’étaient désagréables.
Comme quoi, même sans esclave, il est parfois loisible de se gouleyer d’être vivant.

Pour accéder à l’orgue d’Écouen, il faut d’abord jouer d’un vrai, d’un beau trousseau.
Ensuite seulement, on peut profiter d’un instrument jadis historique, désormais en voie de décomposition avancé, qui attend sa résurrection dans un environnement professionnel. Pour preuve, Mathieu Lours, le titulaire, a bien rangé son bordel pour notre venue. Ah non, pardon excuse, je devais écrire : Mathieu Lours, le titulaire, a choisi de laisser les musiciens prendre leurs marques dans une ambiance cosy et décontractée, où le cool est le néo-bordel.
Suite à la chute et à la disparition dans le meuble d’un bitouniou permettant, sans aucune justification technique, d’éviter les cornements, nous avons sollicité l’assistance de saint Joseph, sans lequel ce concert aurait ressemblé à un long et lancinant couac d’une heure environ. À l’ex-Cité de la musique, ce serait un mélisme ductile très stable qui assure une assise formelle séduisante lors d’une prestation de l’Ensemble InterContemporain – pour le Festival du Connétable, ç’aurait juste été sa mère pas possible.
Et c’eût été dommage, car le public était venu battre les records d’affluence dans l’église, au point que le monument a dû être fermé dix minutes avant le concert car la jauge maximale était déjà largement dépassée. Yes, sir – comme dirait (as might say, du verbe to say, said, said, saiden, saidenned et je me souviens plus de l’ablatif irrégulier) peut-être (maybe, perhaps, who knows, as far as she’s concerned, where is my umbrella) Françoise Dauchel, l’organisatrice ex-prof d’anglais, et son époux-présentateur.
Bref, merci, mon public. Mon public à moi. À moi tout seul. (Et surtout au trompettiste Rémy Richard, mais bon.) Grâce à vous, à Mathieu Le Cosy, aux organisateurs et au pouët-pouëtman professionnel qui m’accompagne, ce dimanche de Pentecôte, j’ai donné un joyeux concert orgue et trompette à l’église Saint-Acceul d’Écouen.
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