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Ornithorynque

Métissage, niveau expert

Claudio Zaretti et Jann Halexander lors de l’enregistrement de « À tout hasard », le 30 septembre 2021. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Son dernier album est tunnélisé – et hop – sur un concept : l’ornithorynque. Sur le fond et sur la forme. Lors de la dernière chute de neige francilienne, le chanteur Jann Halexander pétillait en fredonnant sa chanson hommageant (on sent bien qu’on  est passé en 2025, non ?) le mix’n’match. Le résultat ? Une chanson métissée sur le métissage.

  • Sans balabala ministériel (et la prime qui va avec),
  • sans sirop d’érable sur le vivre ensemble (au contraire),
  • sans appel à l’invisibilisation des différences (youpi),

en vrai, donc, mouliné par l’hélice halexandérique, ça donne ça.

 

 

Jann Halexander, “Ornithorynque” (Purple Shadow) – 2/2

Jann Halexander lors du concert de lancement d' »Ornithorynque », le 13 septembre 2024 (Paris 13). Photo : Rozenn Douerin.

 

L’art de la chanson qui s’adresse à ceux qui ne logent pas leur cerveau que dans leurs chaussettes consiste à croquer en quelques minutes

  • une situation,
  • une émotion,
  • une silhouette,

et parfois les trois d’un seul coup d’un seul. L’art de la chanson cabaret, genre spécifique que revendique d’exercer Jann Halexander, épice ce projet d’une touche

  • de grotesque,
  • de saugrenu,
  • de baroque,

dont le grincement peut prêter à sourire ou non. Telle est la veine que creuse l’artiste dans « L’amie de ma mère », à la mi-temps de son nouveau disque Ornithorynque. On y découvre le portrait – promis par le titre – d’une peau de vache un rien excentrique que l’interprète corse avec de curieuses claudications (« ma mèr’ se fait bell’ pour le baleuh »), comme pour faire écho à la bizarrerie sympathique de celle qu’il évoque. Ainsi, en épousant les formes de ce personnage haut en couleurs, la langue sage s’enrichit d’un spectre idiomatique plus large (jaillissent çà « con », là « pute »). Point de faux-fuyants : « L’amie de ma mère » n’est bien sûr qu’un miroir où le chanteur

  • se mire,
  • se découvre,
  • se perd,
  • se retrouve,
  • s’amuse de lui-même et
  • s’inquiète

de « tous ces mal baisés » de tout sexe qui passent leur temps à « emmerder » les autres par haine, habitude ou désœuvrement. En contrepoint à cette évocation drôle-amère, l’ACI propose de revenir à « Différence » en lisant le texte de la chanson ouïe plus tôt. C’est inattendu et cela résonnera avec un instrumental proposé plus loin : au lieu de n’avoir que la musique, on n’a, cette fois, que le texte, débité avec gravité, ce qui souligne que l’utopie d’un monde plus tolérant structure en profondeur l’imaginaire sous-jacent d’Ornithorynque. Après la chanson sans musique, le chanteur glisse une musique sans paroles. « Un homme à la mer » s’apparente à une paraphrase cathartique, et hop, inspirée par le thème du « Poisson dans mon assiette » remixé plus tôt.

 

 

La chanson-titre du disque permet à Sébastyén Defiolle de s’amuser avec des sons et bruitages évoquant immédiatement les aborigènes d’Australie. Si Romain Dider chantait la tolérance en affirmant : « Je suis canard », Jann Halexander s’identifie davantage à l’ornithorynque, animal fascinant et presque aussi saugrenu que l’homme. Il lui attribue des qualités de cabaret – il « parle la langue de colvert » tout en maniant les armes à feu afin de se prémunir du braconnage – et déploie ainsi le portrait d’une autre « amie de sa mère », c’est-à-dire quelqu’un qui dissone et doit, en conséquence, affronter les amateurs de musique platement tonale traquant

  • la septième majeure,
  • la modulation interdite et
  • les quintes parallèles,

blasphèmes savants s’il en est. Telle est la patte de Jann Halexander, associant consubstantiellement

  • le cocasse et le désenchanté,
  • le farfelu et la consternation,
  • le rire et l’ire.

Par la médiation

  • des animaux (çà le poisson, là l’ornithorynque),
  • des autres (çà miss Amelia, là l’amie maternelle) et
  • des déclarations d’espérance (çà l’enfant qui naît, là le pays qui s’appelle Différence),

le chanteur semble apprivoiser sa conscience affligée du monde et l’impossibilité de la dire telle quelle dans sa musique – il faut un peu de sucre pour rendre le plat digeste. C’est cette question du dire

  • (comment ?
  • à qui ?
  • pourquoi ?)

qui traverse « Jeune fille », à la fois sur le fond (texte nu, sans musique) que sur la forme (fond grésillant, comme si l’affaire avait été enregistrée à la va-vite sur un mauvais dictaphone pour profiter de l’inspiration soufflée « par Jacques Brel un matin du mois de mai »). Rebondissant sur l’absence de musique, Jann Halexander propose alors un instrumental qui permet aux fredonneurs de chanter « Les gens qu’on aime » sur la gratte de Charlotte Grenat. Il y a, à l’évidence, un double désir antinomique dans ce disque : d’une part, un désir de cohérence, d’unité, de lisibilité autour de préoccupations fortes telle que l’intolérance ambiante aux différences ; d’autre part, un désir de dépasser la forme de la chanson, fût-elle chanson cabaret. Témoigne de ce second aspect la variété des propositions regroupées dans Ornithorynque, qui inclut

  • des chansons avec paroles et musiques (de Jann Halexander, de son amie Charlotte Grenat ou du répertoire, on y vient),
  • des textes lus (après avoir été chantés ou non), et
  • des musiques sans paroles (faisant écho à un thème déjà ouï ou permettant de fredonner intégralement une chanson placée plus tôt dans le disque).

 

 

Voilà assurément le point fort d’Ornithorynque. Au-delà du plaisir que nous procurent mélodies et textes engagés en faveur d’un monde polymorphe (ce que traduit musicalement l’album), que nous partagions ou non l’ensemble des espérances de l’artiste, c’est bien cette cohérence multifacettes qui convainc. Kaléidoscopique mais vertébré, Ornithorynque revient de Différence et nous y invite – oui, je sais mais, quand j’ai écrit cette phrase, elle me paraissait crystal clear. L’insertion de la vintage « Granvillaise », qui permet à Jann de m’inclure au ploum-ploum ce qui fait certes plaisir au ploum-ploumiste mais contribue aussi, à sa mesure, à ouvrir le champ des possibles de la chanson, est un ultime témoignage de ce talent halexandérien pour

  • l’inattendu,
  • le multiple et
  • le néanmoins cohérent.

Pour écouter voire acheter le disque, c’est ici.

 

Jann Halexander, « Ornithorynque » (Purple Shadow) – 1/2

Jann Halexander, le 5 novembre 2022 lors du spectacle « Juste Catherine Ribeiro » au théâtre du Gouvernail (Paris 19). Photo : Rozenn Douerin.

 

Il a beau passer une grande partie de sa vie entre scène et répétitions, Jann Halexander n’est pas un stakhanoviste du micro. Tout au plus, depuis quelques années, s’efforce-t-il de battre le fer quand il s’est refroidi en enregistrant un disque tous les quatre ans. Le rythme ne lui messied pas car, le reste du temps, il chante.

  • Ses nouvelles chansons,
  • ses anciennes,
  • celles de feue Catherine Ribeiro ou de tel autre artiste avec qui il partage un bout de spectacle.

Ornithorynque, sa nouvelle collection de fredonneries, porte traces et stigmates de cette façon de fonctionner qui, au fil des expériences, est devenue manière d’être.

 

 

Le disque s’ouvre sur une déclaration de paix, comme il y a des déclarations de guerre. À l’instar d’Anne Sylvestre, Jann n’est pas du genre à prendre une oriflamme ou un drapeau. Non qu’il évite l’engagement avec la pudeur d’une jeune oie blanche soucieuse de ne blesser aucun volatile (faut bien vivre) ou, au contraire, de ne pas exploiter un filon nourricier en fédérant autour d’elle des congénères sensibles à la cause qu’elle cacarde. Jann a ses colères, dont l’absence de démocratie au Gabon, son co-pays natal ; Jann a ses singularités assumées, dont il déteste rien tant qu’on les considère comme des singularités, les assumât-il lui-même à la télévision – ainsi, dès le début de sa carrière, il n’a pas hésité à participer à une émission face caméra sur la bisexualité. Toutefois, jusqu’à présent, ses chansons les abordaient par

  • la bande,
  • l’humour,
  • l’allusion,
  • la fable,
  • le conte.

Comme en écho, le premier titre, « Je reviens de Différence » raconte sur une base piano-voix un rêve d’utopie mêlant

  • respect,
  • tolérance,
  • liberté et
  • métissage.

Avec ce « Il me reste un pays à vous dire » qui n’a de vigneaultique que l’idée de décrire un espace idéal, le chanteur assume son lyrisme, rehaussé par les chœurs vintage assurés par Charlotte Grenat et les arrangements de Sébastyén Defiolle, qui glisse sous la voix un contrechant de violoncelle synthétique sciemment fêlé comme pour laisser passer la lumière sur ce mirage goûtu.
Dès lors, une écoute distraite pourrait donner l’impression que l’on a affaire à une chanson

  • sirupeuse,
  • gentillette,
  • bisounoursique,
  • pis : oui-ouiste.

De fait, c’est ce qu’est « Je reviens de Différence », puisque son propos est de décrire le plus top moumoute du top moumoute selon son auteur. Il n’est donc pas question de polluer le songe par des pensées négatives. Inch’Allalalalalah, nous aurons l’occasion de revenir sur notre bon vieux plancher terrestre plus tard. Cependant, au fil des 4’40 de ce titre liminaire, il appert que la douce tranquillité de la chanson est le faux-nez d’une virulente critique sociétale et humaine. En énonçant longuement ses critères de la vie heureuse, que l’auditeur est bien libre de ne pas partager intégralement (le contraire serait un comble !), Jann Halexander pointe aussi, l’air de rien, ce qui pourrit la vie en général et son existence en particulier. Presque par inadvertance, l’auditeur en vient à se demander pourquoi ce qui paraît si über cool selon l’artiste relève

  • du fantasme,
  • de l’irréaliste, bref,
  • de la différence.

Là encore, il ne s’agit pas de pleurnichouiller mais d’aider à prendre conscience de ce qui nous plombe afin, selon la stratégie souchonienne, de nous inciter à « sauter en l’air, woh-oh-woh, woh-oh-woh ».

 

 

Cette dualité entre optimisme amer et amertume désenchantée s’entend aussi dans la nouvelle version d’une chanson majeure du répertoire de l’artiste, « Le poisson dans mon assiette ». La guitare

  • sèche,
  • épurée, comme
  • tentée par le reggae

de Sébastyén Defiolle fait merveille pour réenchanter cette histoire horrible du type qui, bien qu’il n’aime pas le poisson, en commande un au restaurant et y découvre le reste d’un migrant. Les effets humoristiques sont gommés par une volonté d’explicitation qui fixe l’évolution du rapport du créateur à sa chanson. À force de l’entonner sur scène, il a développé des passages parlando et vocalisés avec un vibrato que n’aurait pas renié Catherine Ribeiro. Ici, il semble les mettre au propre, comme s’il prenait conscience que l’effet euphorisant produit par son texte sur un public ravi de retrouver un air connu avait fini par gommer la laideur du constat ayant suscité une écriture soucieuse de « tenir la main d’une âme noyée » ce qui, aurait précisé Ricet Barrier, « est vachement pas gai ».
Une fois de plus, Jann Halexander travaille le prisme plus que le sujet. Quelque dramatiques soient-elles, les noyades de migrants nous paraissent si banales qu’il faut un angle singulier pour nous dessiller les yeux. Pour autant, l’artiste évite la moraline et le laïus censé donner mauvaise conscience à celui qui l’écoute. Le personnage qui chante dit « je », raconte sa vie de Franco-gabonais, évoque ses dégoûts culinaires. C’est donc à travers

  • ses mots,
  • son ressenti, et
  • peut-être moins sa culpabilité que sa prise de conscience d’une insidieuse indifférence

que sont interrogées

  • la banalisation de la mort, voire
  • sa moralisation (« bien fait pour eux »), et
  • sa positivation (« autant de racailles siphonnant nos aides sociales en moins »).

Pour permettre à l’auditeur d’accueillir l’onde de choc de ce coup de tam-tam, le musicien propose un instrumental pour piano seul, évidemment intitulé « Altérités ».

 

 

Les mots sérieux reprennent avec « Miss Amelia », dont la marche descendante du début du couplet n’est pas sans évoquer « Chinamour » de Romain Didier et Christian Ravasco. Apparaît ainsi un personnage inspiré par la littérature, comme on en voyait surgir un, droit des écrits de Marguerite Yourcenar, dans « Souvenirs d’Hadrien ». La littérature semble inspirer à l’ACI des portraits à la galerie desquels il ajoute désormais cette femme « vieillie », « bafouée », « amère », « délaissée », « embêtée » par ses voisins et mourante. Pont et break ne changeront rien à son destin que l’arrangement de Sébastyén Defiolle rend paradoxalement attirant, dans l’espoir de « voir une murmuration qui enchante l’horizon ».
Et si cette « murmuration » était la paternité ? Avec « Ballade pour un enfant », Jann s’enchante d’avoir co-créé une raison de sourire et de rajeunir. En l’espèce, il a inventé « une nouvelle note de musique dans cette longue partition que l’on appelle la vie ». Ce sont

  • la résonance de cette note qui semble l’intéresser,
  • l’interaction qu’il peut avoir avec elle, et
  • l’obligation – qui lui convient – dans laquelle elle le plonge de saisir l’instant présent plutôt que de tirer des plans sur la comète de l’avenir.

Assurément, Jann Halexander a bien retenu le leitmotiv des « Gens qu’on aime », qu’il chante en duo avec Charlotte Grenat, laquelle l’a écrite pour rappeler qu’il faut dire qu’on aime aux gens qu’on aime (si). De la sorte, la chanson fait écho au travail apocalyptique qu’est en partie la chanson selon le duettiste. Il s’agit pour lui de révéler ce qui, devient masqué à force d’être évident. Par sa simplicité, la chanson en général ne décrit pas le monde, elle nous permet d’en prendre conscience. Ornithorynque l’engage dans cette voie – une prochaine notule nous permettra de vérifier si la seconde partie du disque poursuit cette exploration ou prend plaisir à délirer étymologiquement, c’est-à-dire à quitter le sillon qu’elle paraissait dessiner sur le champ meuble de notre écoute.

 

À suivre !


Pour écouter gratuitement le disque (sans publicité, alléluia !)
et l’acheter moins gratuitement, c’est ici.

 

Jann Halexander, l’art des nouveaux départs

Lord Phoebius lors du lancement d' »Ornithorynque » par Jann Halexander, le 13 septembre 2024 (Paris 13). Photo : Rozenn Douerin.

 

Il le promet plus ou moins à chaque fois : c’est la dernière date, le dernier concert de proximité, le dernier whatever. Puis il replonge, drogué jusqu’à la moelle. Accro aux concerts, Jann Halexander ne cesse de promener sa grande carcasse jamais contente de théâtres en appartements et de scènes partagées en projets inattendus.
C’est un cadre intime, dit « chez l’habitant », que le chanteur franco-gabonais a symboliquement choisi pour son premier concert de sortie d’album. D’aucuns y verraient un signe de lose, pour un artiste qui a enflammé le théâtre Michel avec son concert issu de la tournée Consolatio. Par chance, Jann Halexander se tamponne le coquillard des d’aucuns. Comme pour mieux inscrire sa chanson dans la vraie vie, la quotidienne, l’intime, la concrète, plutôt que de se produire sur une jolie scène francilienne marquant clairement la séparation entre le chanteur qui chante et les gens qui clap-clapent, il a réservé la primeur de son nouveau tour de chant, incluant une édition spéciale du nouveau disque, aux curieux qui avaient eu la chance de pouvoir réserver une place. Jann pratique la chanson cabaret, un mélange

  • de rive gauche et de liberté,
  • de poésie et de recette pop,
  • de mélodies et de goût pour la langue plus que pour le texte.

Au programme, comme à son habitude, du neuf, beaucoup de neuf, et du vintage revisité. Car Jann n’a pas le culte du passé, il a plutôt un côté ruminant : il aime le remâcher, le réinventer, le recréer. Jann n’a pas non plus le culte du présent, il a plutôt une conscience du flux : moins hic et nunc ou carpe diem que let’s go. Moins urgence du moment que conscience de l’instant donc de l’éphémère. Ses nouvelles chansons sont comme les anciennes, des fredonneries inscrites dans

  • une durée,
  • un prolongement, disons
  • une carrière.

Dès lors, il n’y a presque rien de saugrenu

  • à ses incartades,
  • à ses embardées dont on ne sait jamais si elles sont spontanées ou presque prévues,
  • à ses saute-moutons qu’il semble goûter plus que tout.

L’homme chante parce qu’un chanteur chante, et la nave va quand elle ne coule pas.

 

Jann Halexander lors du lancement d' »Ornithorynque », le 13 septembre 2024 (Paris 13). Au clavier : Bertrand Ferrier. Photo : Rozenn Douerin.

 

La set-list du concert de lancement se découpe en quatre parties. La première, clavier-guitare en renfort, égrène trois chansons bien connues des aficionados

  • (« C’était à Port-Gentil », sur son enfance gabonaise,
  • « Rester par habitude », autour de la pérennisation sinon de l’amour, du moins du couple, et
  • « Papa Mum », hymne au mélange identitaire célébré en son temps par des remixes efficaces)

avant une nouveauté, le contrasté « Miss Amelia », issu d’une inspiration littéraire comme, jadis, « Souvenir d’Hadrien ».
La deuxième partie, avec pianiste et sans la gratte de Claudio Zaretti, mêle la déclaration d’identité du « Mulâtre » à trois titres du nouveau disque :

  • l’amusant « Amie de ma mère »,
  • le très autobiographique « Ballade pour un enfant », coming-out d’un papa ayant depuis longtemps assumé voire proclamé sa bisexualité, et
  • le fabuliste « Ornithorynque », qui prolonge le « Mulâtre » en mariant poils et bec

(nous aurons prochainement l’occasion de revenir sur le dernier disque de l’artiste et d’évoquer plus précisément ces chansons).
La troisième partie accentue l’intimité entre le chanteur, qui s’empare du clavier, et son public, avant d’ouvrir le champ des possibles en convoquant Charlotte Grenat pour « Les gens qu’on aime » et « Je deviens de Différence ». La quatrième partie renvoie du pâté avec l’iconique « Poisson dans mon assiette », dont Jann Halexander accentue la noirceur explicite après d’autres versions où il insistait sur l’humour comme outil de dénonciation, et le lumineux « Soleil » de Catherine Ribeiro, chanteuse dont il arpente régulièrement le répertoire avec émotion. En bis, une reprise inattendue de « La Granvillaise », également disponible en version studio, trahit la constante recherche du musicien pour

  • ménager,
  • nourrir et
  • agrandir

la diversité de son répertoire… ainsi que sa capacité à embarquer avec lui un public métissé.
En conclusion, un concert à la fois maîtrisé et spontané, donc joyeusement foutraque par moments, donnant

  • du charme à la rigueur,
  • de l’imagination à l’indispensable et
  • de la fluidité aux exigences d’un tour de chant.

Pour prolonger cette évocation et écouter gracieusement voire acheter Ornithorynque, c’est par exemple ici.

 

Claudio Zaretti lors du lancement d' »Ornithorynque », le 13 septembre 2024 (Paris 13). Photo : Rozenn Douerin.