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Le blog de Bertrand Ferrier, page 305

Série de Carême, ça se précise : épisode 3

L’un est un ténor puissant et subtil, capable de chanter du Wagner en solo à l’Opéra Bastille ou de murmurer une prière de Fauré dans l’intimité d’une église. L’autre est un premier de la classe qui a l’outrecuidance d’être, en sus, un musicien fin et brillant – un de ces phénomènes comme le CNSMDP en produit de temps en temps, avec son lot de premiers prix (piano, orgue, musique de chambre, accompagnement…), sa carrière exceptionnelle et ses fans ébaubis. Le soliste lyrique et le titulaire des grandes orgues de Notre-Dame de Versailles ont choisi Saint-André de l’Europe pour explorer leurs répertoires sacrés de prédilection, avec notamment des pièces de Bach, figure imposée par le Festival, de Puccini et d’Alain.
Le programme, aussi diversifié que brillant, permettra de plonger en musique dans ce que, peut-être, le Carême a inspiré de plus harmonieux. Entrée libre, église chauffée, écran géant, programme offert et possibilité de soutenir les musiciens en laissant à la sortie quelques billets de cinq cents euros – par exemple : alors, heureux ?
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Série de Carême, ça se précise : épisode 2

L’air de rien, Vincent Rigot est l’un des organissses français les plus réputés. Improvisateur salué par de multiples victoires dans des concours internationaux, professeur dans des conservatoires prestigieux, titulaire du grand orgue Aubertin de Saint-Louis-en-l’Île au côté de Benjamin Alard, il vient nous et vous offrir un récital de Carême puissant – doigts et orteils vont se dandiner – mais certes pas triste. En prime, les Zozotorités qui chapeautent Saint André de l’Europe offrent crêpes et cidre à l’issue de ce concert de Mardi-Gras.
Comme d’hab, retransmission sur écran géant, église chauffée, entrée libre, programme offert, blablabla. Et, en plus, en général, on est sympa. Plus, ce serait trop, suppute-t-on.
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Série de Carême, ça se précise : épisode 1

Ils sont deux. Organistes et chanteurs lyriques. Tous les deux. Des p’tits djeunses (ou presque) qui concoctent un programme joyeux musicalement, exigeant techniquement et prometteur humainement. Des pièces variées et palpitantes viendront faire résonner l’orgue remis à neuf en duo avec la voix humaine. De Haendel à Vaughan Williams, le récital de Bastien Milanese et Julien Girard s’annonce idéal pour le grand public et les fins mélomanes. Durée : 1 h 05 env. Église chauffée, programme offert, écran géant, entrée libre, sortie aussi. Et en plus, on est sympa – enfin, en général. What else?
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Aussi pipé qu’un dé

Des tuyaux sans le son, c’est comme ces jours où tu as des neurones, peut-être, mais aucune idée n’en sourd.

Coming soon

Le Festival Komm, Bach! s’associe avec David Alan-Nihil pour propulser un programme festivalistique encore plus foisonnant… avec une préférence, bien sûr, pour le 25 février, 20 h, le VRAI concert « made in Komm, Bach! » !

Opéra vain : frais

Ce moment où tu t’aperçois que tu t’intéresses à un art sponsorisé essentiellement par des banques et des pollueurs.

Souple et solide à la foi

Vis ma vie de rganissse, et ce moment où tu approches de la tribune de ton orgue… en reconnaissant que, parfois, même quand les concepts et du salaire et de ton travail sont sympa, oui, aller au boulot, c’est chiant. Mais rarement à ce point.

Suicidal tendency

Ce moment où, en tant qu’organissse, tu vois l’Évangile du dimanche et tu te dis : « Ha, nan, pas une bonne nouvelle aussi longue. » Ce moment où tu ne sais pas que l’homélie aussi durera un quart d’heure.

Le Soum-Soum 10, 10 février 2017

… alors, comme c’était vendredi, on s’est dit, tiens, si on allait glisser quelques chansons au Soum-Soum, autour de Barthélémy Saurel ? Et nous nous y faufilâmes, en l’honneur de Pétronille.

Puis je continuai l’exploration du répertoire vaudois, en fredonnant Les p’tits, les gros (Michel Bühler).

Enfin, je grattai quelque rythmique quasi latino (à la portée de ma virtuosité guitaristique) pour propulser Hannah Elisabeth Bethel – et, pour le reste, comme d’hab’, on verra plus tard !

Jean Dubois, Petit théâtre du bonheur, 9 février 2017

Jean Dubois au Petit Théâtre du Bonheur (Paris 18). Photo : Rozenn Douerin.

Ils ont Bob Dylan, nous avons Jean Dubois, dont les lecteurs habitués savent en quelle estime nous le tenons. Or, avantage non négligeable, ledit Jean Dubois chante aussi Bob Dylan, alors que l’inverse, point. Pauvres Américains, bref.

Jean Dubois et les Accompanieurs " Mon amie, Faut qu' j' te voie " à " L' Ogresse " 75020 Paris 04Voir sur YouTube

Jean, c’est le seul Renaud encore en état de grincer, aimer, faire rire, chanter, gratter, harmoniciser, se promener dans son répertoire, tenir un public malgré sa proximité, voire donner re-vie aux cabarets en plein Montmartre hivernal. Ce jeudi soir, devant une petite salle très comble, il propulse des chansons presque récentes (« Mon amie, faut que j’te voie ») ou non (« P’tit bouchon »), moins connotées ou plus autobiographiques, glisse des quasi raretés sur « les cons qui payent » (enregistrée jadis avec les deux Yannick), honore la mazurka, rappelle le film qui popularisa « Things have changed » en 2001, s’amuse de glisser entre sprechgesang slammé et voix singulière maîtrisée… Après une superbe parenthèse avec ses excellents « accompagneurs », le revoilà seul en scène avec une guitare rosée, trois harmonicas et ses chansons si variées et séductrices que l’on comprend les fanettes qui passent leur concert à le filmer.

Presque Jean Dubois au Petit Théâtre du Bonheur (Paris 18), le 9 février 2017. Photo : Rozenn Douerin.

Une soirée en toute intimité (seule une petite trentaine de privilégiés peuvent profiter du talent de l’artiste, et de la salle au cœur de Montmartre… où on t’invite à boire des coups et à manger des chip ondulées à la sortie – rarement vu ça, merci !), qui redonne un sens à la chanson au moment où certains voudraient nous faire croire que la chanson, c’est esssclusivement le caca qui passe à la télé ou sur NRJ. Ben nan. Bravo, Mr Jean Dubois !