Blog

Le blog de Bertrand Ferrier, page 307

Adam Bernadac, église Saint-Augustin, 29 janvier 2017

On m’avait prĂ©venu : l’orgue de Saint-Augustin, c’est difficile Ă  maĂ®triser, t’es sĂ»r que tu veux aller Ă©couter Adam Bernadac le toucher alors que la France joue la finale du championnat de handball ? Je dĂ©clarai que oui, je voulais. Une fois de sus, sans m’vanter ou presque, j’eus raison, euphĂ©misme.
Après une altercation cordiale (« c’est pas vous qui programmez les concerts de Saint-AndrĂ© ? vous voyez, ici, il fait chaud ! / – Certes, c’est agrĂ©able, mais Saint-Augustin, c’est pas les mĂªmes moyens, et je vois pas le grand Ă©cran, bon, laisse, Christian »), je dois avouer que, Adam, je venais le ouĂ¯r pour une raison très prĂ©cise. Si. Après l’avoir entendu en tant qu’Ă©tudiant du CRR, j’avions Ă©tĂ© si impressionnĂ© que je l’avions invitĂ© Ă  revenir donner un rĂ©cital rien que tout seul, sous le titre « Adam Bernadac l’exceptionnel », le 11 juin, pour le Festival Komm, Bach!. C’Ă©tait donc une manière de tester si je n’en avions pas trop fait au niveau du titre. Ben ouais, on pouvait toujours concocter des affiches ajustĂ©es, genre « Adam Bernadac le moyen ». MĂªme que, si ça se trouve, les mĂ©diocres auraient prĂ©fĂ©rĂ©.
Le p’tit djeunse ouvre son programme sur les Fantaisie et fugue en Bb d’Alexandre-Pierre-François BoĂ«ly. La mise en bouche annonce la signature du zozo : pas d’effet grandiloquent ou de bruitage facile, pourtant pas très compliquĂ© Ă  concocter sur cet orgue. Le mec valorise les notes, la prĂ©cision et la musique avec une cohĂ©rence de briscard rouĂ©. Pas d’applaudissements après cette première pièce, mais stupĂ©faction admirative, Ă  tout le moinsss.
Suit La Prière de CĂ©sar Franck, qui permet de vĂ©rifier cette option du non-show-off. En dĂ©pit du lourdaud introĂ¯t de prĂ©sentation au micro, qui tentera de plomber chaque morceau, la pièce du soi-disant pater seraphicus offre Ă  l’interprète, aspirant compositeur, l’occasion de rendre hommage au Belge le plus CavaillĂ©-compatible en superlativant sa musique par une dextĂ©ritĂ© irrĂ©prochable et non mise en scène, ce que l’on apprĂ©cie, ainsi qu’une science des couleurs organistiques très Ă©mouvante.
(Si, « superlativant », je trouve que ça sonne bien, on dirait une chanson des annĂ©es 1980-1990 que l’on Ă©coutait sur les gradins, en bord de mer, en disant que c’Ă©tait fĂ©cal.)
Deux pièces de Louis Vierne concluent la première partie. La Toccata dĂ©montre une nouvelle fois la capacitĂ© Ă©tonnante qu’a le zozolibrius Ă  faire de la musique avec des notes, mĂªme quand elles sont beaucoup et visent Ă  fournir un « grand effet », comme on disait jadis. Le Carillon de Westminster est une joyeuse gourmandise qui exige de l’organiste une concentration sans faille, des doigts et des pieds sĂ»rs, et un subtil sens des nuances pour soutenir l’attention de l’auditoire. C’est certain, le musicien du jour a tout ça. L’enthousiasme du public, mĂªme juste avant que l’on rĂ©clame « des sous pour l’artiste, des sous », en est, pour une fois, une heureuse preuve.
Impressionner, mĂªme avec l’aide d’un registrateur en feu, virevoltant entre le musicien et les preneurs d’image, ne suffit pourtant pas. On attend l’hurluberlu dans des musiques sĂ©rieuses, voire sacrĂ©es. Deux pièces d’Olivier Messiaen visent Ă  finir d’Ă©poustoufler l’auditoire. Et pourtant, cela se joue sans esbroufe.
« Joie et clartĂ© des corps glorieux » se glisse dans l’harmonie du lieu en associant prĂ©cision rythmique, science de la registration et maĂ®trise de l’instrument. Adam Bernadac ne laisse pas seulement l’impression que jouer de l’orgue est facile : Ă  chaque Å“uvre qu’il joue, il donne une dimension Ă  la fois nĂ©cessaire (comme s’il n’avait pu en jouer une autre) et Ă©vidente – comme si toute musique Ă©tait dĂ©jĂ  prĂªte Ă  se lover en ronronnant dans l’oreille de chaque auditeur, mĂ©lomane ou non. En sus, et c’est sans doute sa qualitĂ© que je prĂ©fère, il fait fuir, par le seul nom de Messiaen, la dame aux deux gamins mal Ă©levĂ©s qui gonflaient tous les zozoditeurs depuis le dĂ©but du rĂ©cital. Que demander d’autre (la traduction de Nespresso est un peu lourdaude, mais bon) ?
Avec « Dieu parmi nous », du mec de la TrinitĂ©, l’organiste achève de sĂ©duire l’assistance en imposant sa marque : il ne se contente pas de jouer, il laisse respirer l’acoustique pour donner profondeur et chair au mysticisme messiaenique. Quand on connaĂ®t la partoche, on suppute ce que cette prĂ©cision et cette aĂ©ration exigent de maĂ®trise pour sonner avec l’impression de libertĂ© et de finesse que donne Adam Bernadac.
Le bis est mĂ©ritĂ©, et donne l’occasion au gamin de claquer une Toccata de Widor que l’on a rarement entendue (accord du subjonctif mĂ©dian avec le prĂ©dicat placĂ© en tĂªte de structure, donc « entendue », bien sĂ»r) avec autant de clartĂ© et de souci de nuances. En bref, un rĂ©cital impressionnant d’intelligence, de maĂ®trise et de musicalitĂ©. Et, en plus, le mec « poursuit un master d’Ă©criture au CNSMDP ». Comme si ça ne lui suffisait pas de relativiser la science de nombre de très bons interprètes…
Rendez-vous est donnĂ© le 11 juin aux gourmands et aux sceptiques soupçonnant un exercice de lèche-culisme (bien l’genre de la maison, il est vrai), pour un lailleve retransmis sur big screen Ă  Saint-AndrĂ© de l’Europe !

Le Soum-Soum 8, 27 janvier 2017

Bertrand Ferrier au Soum-Soum, le 27 janvier 2017. Photo : Rozenn Douerin.

Aux cĂ´tĂ©s de BarthĂ©lĂ©my Saurel, de Claudio Zaretti, de Terrebrune, de LoĂ¯c Pujol et d’Erzi, j’ai offert avec grĂ¢ce aux spectateurs du Soum-Soum une nouvelle leçon de virtuositĂ© guitaristique et vocalistique, qui commençait par une plongĂ©e dans l’intĂ©rioritĂ© de mon for intime et dĂ©voilait Mon idĂ©al.

Restait, aux fans, Ă  dĂ©couvrir mon idĂ©al musical. ForcĂ©ment une chanson Ă  texte et Ă  musique digne, Ă  mon avis de s’appeler Toutoutoutou en attendant de devenir un tube de Jean-Louis Aubert.

Tant que j’y Ă©tais, j’ai dĂ©cidĂ© de me mettre totalement Ă  nu, avec un « à » quand mĂªme, en rĂ©vĂ©lant mon idĂ©al immobilier, apparemment commun avec Reinhard Mey, puisque c’est lui qui a rĂ©vĂ©lĂ© Ă  quel point c’est qu’est-ce Que j’aime ma cuisine. Et pour le reste, on verra plus tard.

Et pourtant, c’est gratuit

Un concert de prestige, offert gratuitement avec deux virtuoses Ă  l’ouvrage, super set-list originale et pĂ©tillante, Ă©glise chauffĂ©e, programme distribuĂ©, durĂ©e accessible Ă  tous d’1 h 10, diffusion sur grand Ă©cran, magnifique desserte (mĂ©tros 2, 3, 13, bus 66, 80, 95, proximitĂ© gare Saint-Lazare) et accueil sympa ? Dommage, sans doute. On aurait pu tellement monĂ©tiser ce moment que l’on souhaite partager avec tous…
J’ai honte.

Le pire aîné, deux

Après l’Ă©pisode 1, retour de soirĂ©e. Pas de chien en vue. Bizarre.
(Et en plus, cette ordure essaye de faire porter le chapeau Ă  M. Canard. Comme si M. Canard avait une tĂªte Ă  chapeau !)

C’est pliĂ©…

… ou presque. Rendez-vous samedi !

Cranté grand

La photo n’est pas bonne, mais on peut y voir, Ă  dĂ©faut du bonheur en personne, enfin, le roll-up du festival Komm, Bach!, la saison officielle de concerts d’orgue de Saint-AndrĂ© de l’Europe.

C’est l’arrĂªt punch, coco !

– De toute façon, c’est mieux que vous le finissiez : après le week-end, il ne sera plus bon.
– Alors, vraiment par respect pour l’autoritĂ© curiale, hein, patron…
– Mais vous aviez pas fait vÅ“u de…
– De quoi ?
– Ben, chais pas, dans votre branche, en tant qu’ancien syndicalissse, vous faites pas vÅ“u de pas boire sur votre lieu de travail ou chais pas quoi ?
– Attention ! Vous m’avez proposĂ© de donner sens Ă  une proposition fomentĂ©e par une Ă©quipe solidaire dans un lieu sain, ce qui ne souffre nulle objection sauf si c’est tout pourri, et vous avez initiĂ© cette proposition dans votre bureau, qui est un lieu professionnel pour moi mais pas un lieu de travail. Ha-ha ! Et en plus, non, j’ai pas fait vÅ“u, sauf de mes fesses sur le tiroir de la commode, mais c’est complètement dĂ©bile alors je crois que ça compte pas. On se ressert un godet ?
– Soit, mais faites attention que l’homĂ©lie ne soit pas finie.
– Je fais. On se reconnecte Ă  l’Ă©quipe solidaire, je range la carafe et je rĂ©fivie.
– VĂ©rifie.
– Zactement. Sous vuivez, fa çait zizir.

Le Soum-Soum 7, 20 janvier 2017

Bertrand Ferrier au Soum-Soum (Paris 2), le 20 janvier 2017. Photo : Rozenn Douerin

Pour ce nouveau passage aux cĂ´tĂ©s de BarthĂ©lĂ©my Saurel & friends, j’avais choisi de commencer par un mode d’emploi de la vie contemporaine, volĂ© au Vaudois de Paris Michel BĂ¼hler.

Puis j’ai Ă©levĂ© le niveau intellectuel en proposant d’Ăªtre glaçon et nu. Non sans sucer.

Mais c’Ă©tait le jour de l’intronisation de Donald Duck. Alors j’ai osĂ© un film amĂ©ricain, aussi, sur une musique de Damien Ferrier.

Bref, ça ressemblait joyeusement à une journée de merde, non ? (Si ? Merci.)

Emmanuelle est parmi nous, allĂ©luia…

… et VĂ©ra aussi ! Deux artistes aussi avenantes que virtuoses viennent propulser un magnifique concert balayant dix siècles de zizique classique.  EntrĂ©e et sortie totalement libres, retransmission sur Ă©cran gĂ©ant, accord de l’orgue tout frais par le facteur en personne, Ă©glise chauffĂ©e, programmes papier offerts, et en plus on sera bien contents de vous serrer la paluche ou de vous biser la noisette. Alors, viendez donc, si le boum-boum vous en cause !

Le Clin’s 20, 19 janvier 2017

Bertrand Ferrier de retour au Clin’s 20 (Paris 20), le 19 janvier 2017. Photo : Rozenn Douerin.

TantĂ´t, j’Ă©tais de retour au Clin’s 20, après des siècles d’absence, pour fredonner des chansons « au pied levé » et Ă  la main lĂ©gère, suite Ă  deux dĂ©fections – ce n’est pas un gros mot. Histoire de fĂªter ce retour sans retard, voici l’intĂ©grale du concert, avec un peu de peinture fraĂ®che qui goutte çà et lĂ  et un peu de glotte sèche qui, elle, aimerait goĂ»ter ceci ou cela (essscuz qui permet de boire un coup, comme on sait… puis d’autres coups, bien sĂ»r).
 Et, avant mĂªme que le groupe de collègues en goguette ne s’Ă©loignĂ¢t vers 3’30, ça commençait ainsi…

00:00 Introduction
01:00 American Movie (B. Ferrier / D. Ferrier)
04:36 Interlude 1
05:16 Rich (B. Ferrier / D. Ferrier)
09:53 Interlude 2
10:37 Ă€ la brocante du cÅ“ur (B. Ferrier)

Restait Ă  aborder des thèmes universels comme le pognon donc l’immobilier, et l’importance de l’armoire dans la biographie des humains. Autrement dit…

00:00 Le hold-up (M. BĂ¼hler)
05:03 Interlude 3
05:30 Le monde est tout petit (B. Ferrier)
10:56 Interlude 4
11:39 Hanna Elisabeth Bethel (B. Ferrier)

Bertrand Ferrier au Clin’s 20 (Paris 20), le 19 janvier 2017. Photo : Rozenn Douerin.

Apparemment, avec le sĂ©rieux qui s’impose, l’immobilier et le love Ă©taient les deux fils rouges de ce concert. Me demandez pas pourquoi.

00:00 Interlude 5
00:35 Fais-moi l’humour (B. Ferrier)
03:45 Interlude 6
04:02 La maison la plus énervante du monde (B. Ferrier)

Le verre officiel de Claudio Zaretti, ce tentateur. Photo : Rozenn Douerin.

Mais difficile de rester sĂ©rieux Ă©ternellement. Surtout quand, en percevant un verre sans propriĂ©taire Ă  portĂ©e de lèvres, on se met Ă  rĂªver de glaçons tout nus…

00:00 Quand tu t’enfonces (B. Ferrier)
02:38 Interlude 7
03:00 La gare d’Arras (B. Ferrier)
07:35 Le glaçon tout nu (B. Ferrier)

Bref, ce fut un bonheur de s’assĂ©cher la glotte derechef dans un endroit accueillant oĂ¹ l’on mange bien et l’on boit sec. Ă€ la vĂ´tre et Ă  la prochaine !

00:00 Gribouillages (B. Ferrier)
05:23 Interlude 8
05:43 Glotte sèche (B. Ferrier)
11:15 Remerciements
11:41 C’est si bon le bonheur, version brève (B. Ferrier)