Dans les placards, pas de cierge. Pas de matos. Juste une cafetière et un frigo avec, en masse, du suc de houblon dedans. Cela nous semble impossible. IrrĂ©alisable. Let’s make it.
Chers vous, vous Ăªtes plusieurs centaines de milliers, Ă vue de fesse, Ă me demander si je suis mort ou plus si affinitĂ©s, et je vous remercie de tant de sollicitude – point ne m’y attendais. Inch’Allah pouĂ«t-pouĂ«t, pour le moment, ça va bien. Pourtant, j’habite Paris, j’aime plutĂ´t bien les Eagles of Death Metal (j’avais presque failli prendre un billet, mais j’avais jugĂ© leur affiche aussi moche qu’un truc de Manowar, c’est dire), et je ne crois pas Ăªtre le dernier Ă aller boire des coups quand cela se prĂ©sente. Simplement, le soir du dernier tacatac boumboum en date, j’étais invitĂ© Ă applaudir Ă un spectacle de cirque conceptuel, loin des facĂ©ties dĂ©gueulasses qui furent accomplies ailleurs. Et j’ai mĂªme pas Ă me justifier, mĂ¢rde.
En fait, hier soir, j’étais beaucoup moins en danger que le jour oĂ¹ j’ai Ă©tĂ© deuxième recalĂ© Ă Normale Zup et oĂ¹ j’ai pris pour fĂªter ça le RER prĂ©cĂ©dant celui qui a explosĂ©, ou que le jour oĂ¹ j’ai expliquĂ© Ă Luc Besson de fermer sa grande gueule et de me laisser bosser, ce que ses gardes du corps ont peu apprĂ©ciĂ© but that’s another story.
Bref, je n’étais pas Charlie, je ne serai pas Paris, mais je suis touché de votre sollicitude. Je vous saluerais bien bas, eussé-je été souple car, franchement, si c’est pour avoir survécu à ces saletés pour mourir d’une automutilation de la colonne vertébrale, merci. Alors, je vous salue juste avec reconnaissance, c’est déjà bien, non ?
Au plaisir de vous recroiser dans des bars ou à des concerts, métalliques ou autres, tant que nous survivrons aux cons en général et aux tarés en particulier,
Bertrand.
En ce dĂ©but novembre, l’OuLiPo donne cinq confĂ©rences, autour des animaux, du sexe, de la boustifaille, des contes et lĂ©gendes et mythologies, et des monologues-dialogues. Ça s’appelle Les Cinq coups de l’OuLiPo, et nous fĂ»mes conviĂ© Ă assister Ă la première reprĂ©sentation de la confĂ©rence sur la boustifaille. Donc tact.
La confĂ©rence s’articule en deux parties. La première est une aimable sĂ©rie de lectures, plus ou moins abouties oralement, de textes Ă©crits par Marcel BĂ©nabou, Paul Fournel, HervĂ© Le Tellier, Olivier Salon et quelques figures de l’OuLiPo comme Georges Perec et Jacques Roubaud. MĂªme si la confĂ©rence tire parfois Ă la concurrence de lol (les textes les plus sketchs sont applaudis par une assistance bien mise), mĂªme si les contraintes littĂ©raires sont prĂ©sentĂ©es sans effort de subtilitĂ© ou de pĂ©dagogie malgrĂ© la prĂ©sence d’un Ă©cran vidĂ©o dont meilleur profit eĂ»t pu Ăªtre tirĂ©, la variĂ©tĂ© des variations sur et autour de la table intĂ©resse. De plus, la prĂ©sence scĂ©nique d’Olivier Salon et de ses petites annonces, la diversitĂ© des personnalitĂ©s, les jeux de mots – coup de bol – souples et potaches (les bigorneaux, je les veux big or no) ou plus intertextuels (HervĂ© Le Tellier propose ainsi « Trois sonates de bar ») et la provocation frontale (« Mille façons d’accommoder un chaton », accompagnĂ© de projections de chatons kawai, qui se conclut par « et si vous voulez mille autre recettes, remplacez chat par bĂ©bé ») agrĂ©mentent aussi ce moment. La parole circule parfois en cahotant, Ă la bonne franquette. DĂ©vots (si, la franquette dĂ©vĂ´ts, ça s’imposait, comme on dit Ă Bercy) de l’OuLiPo et curieux apprĂ©cient ce moment entre gens bien, sans que, pour notre part, nous soyons tout Ă fait convaincu que cette façon de se mettre Ă table soit assez scĂ©nique pour mĂ©riter un Ă©crin aussi agrĂ©able que la salle Jean-Tardieu.
La seconde partie de la confĂ©rence voit dĂ©barquer sur scène trois jeunes se revendiquant de l’OuMuPo. Les liens entre table et musique Ă©tant nombreux, on se rĂ©jouit de ce divertissement… mais pas longtemps. Le show s’ouvre sur un investissement de l’espace qu’aucun amateur digne de ce nom amoureux aurait osĂ© rater aussi lamentablement. Confirmation est donnĂ©e par le morceau d’ouverture, une parodie de cantate de Bach oĂ¹ Judas casse la Cène parce qu’il ne veut pas ingurgiter de sang, de gluten (belle prononciation cependant), etc. Sur un principe peu original mais potentiellement drĂ´le s’abat une chape de nullitĂ© : allusions mal maĂ®trisĂ©es, interprĂ©tation lamentable, gestion de la partition grotesque, cette bouillie n’a goĂ»t Ă rien. La suite sera de la mĂªme eau lavasse : utilisation pitoyable de l’ordinateur (« lĂ , normalement, ça devrait marcher… ah non », diffusion de publicitĂ© amĂ©ricaine telle quelle, quĂªte en direct des documents sur le disque dur, etc.), bonnes idĂ©es inabouties (brosse Ă dents diffuseuse d’extraits de musique), running-gags de dĂ©butants lourds et non maĂ®trisĂ©s (« nos avocats »), parodies de cinĂ©ma ou de Bernstein effarantes de vacuitĂ© voire de prĂ©tention (« je n’ai utilisĂ© que des quintes justes, ce qui est une performance très difficile » quoique joliment accompagnĂ©e), et surtout final en forme de mash-up pour spectacle scolaire pourri (on prend un vers – et pas un verre, hĂ©las – de chansons connues en projetant des images merdiques des interprètes, et voilĂ – aucun rapport avec le sujet, mais au moins les gens con[j’ai pas fini]naissent la musique, mĂªme chantĂ©e faux, ça leur fera plaisir). ScĂ©niquement, c’est consternant ; et intellectuellement le cĂ´tĂ© improvisĂ©, Bricolo et Bricolette au Rond-Point, sans faire illusion, pourrait faire allusion au bricolage propre Ă l’OuLiPo, si seulement du talent, du travail et des traits parfaitement aboutis permettaient d’apprĂ©cier l’amateurisme avec distance. Foin de pipeautage : que l’on autorise ces nuls Ă se produire sur une telle belle scène est attristant et ne grandit pas la pĂ©rennitĂ© de l’OuLiPo.
En conclusion, on se rĂ©jouit tout juste que, Ă notre cĂ´tĂ©, une jolie gamine ait dĂ©couvert pour la première fois, entre deux Ă©tirements, un « grand thĂ©Ă¢tre » en goĂ»tant, surtout, « les illustrations grave stylĂ©es ». On souhaite, donc, Ă la miss de plus beaux souvenirs scĂ©niques, et aux OuMuPiens de finir dans le micro-ondes des pitances de piteux parodieurs – et c’est tout c’qu’y a comme digestif Ă ce repas indigeste oĂ¹ l’on n’aura mĂªme pas eu rĂ©ponse, maudits, Ă LA question vitale : c’est d’quelle couleur une pomme de terre ?
Autre projet de livre, qui s’annonce semi-croustillant. Suite d’une sĂ©rie d’entretiens, et lectures hyper techniques pour ne rien nĂ©gliger (quitte Ă ne pas tout, tout piger). Au fait, si Pilipse veut m’envoyer une prime pour l’avoir ainsi promotionnĂ©, je suis totalement incorruptible mais j’accepte volontiers. Par respect, bien entendu.
Pour commencer mon bĂ©nĂ©volat du jour au refuge SPA de Grammont, j’Ă©tais colère. Comme une greluche m’avait fait chier avec les gros chiens gnagnagna pas capable mon cul, j’Ă©tais ben content – après avoir perdu dix minutes le temps que l’on me trouve un badge – de tomber sur Bens. C’est un jack mais sympa – si, y a beaucoup de jacks qu’il faut un peu rĂ©orienter, quand mĂªme. Je l’imagine pas rester deux cents ans au refuge. SubsĂ©quemment, je lui ai proposĂ© de faire une pose genre king of the world. Ça a donnĂ© ça.
Après, les bĂ©nĂ©voles sympa qui ne promènent que les petits volumes ont dĂ» alerter les responsables, et on m’a confiĂ© Levi’s, croisĂ© ici et dĂ©crit lĂ . De la pĂªche, du swing et un peu de swag, Ă tout le moins.
Du coup, j’ai proposĂ© de rĂ©aliser une photo plus dans le swing, dans le swag, dans le move, en somme. Et voilĂ le rĂ©sultat.
J’ai compris que j’avais affaire Ă quelqu’un qui a beaucoup d’humour, et j’ai levĂ© un pouce qui likait. Mais, quand je suis rentrĂ©, j’avais envie de douceur. De fĂ©minitĂ©. De sensualitĂ©. Et j’ai eu comme l’impression que ça a inquiĂ©tĂ© Kyara, toute gentille et cĂ¢line qu’elle soit.
Partant, quand je lui ai demandĂ© de faire une pose moins stressĂ©e, plus conforme avec son caractère joueur, rigolo et zennzual, j’ai eu un tout p’tit peu l’impression qu’elle se gaussait de meuhwa.
Un tout p’tit peu, sans doute. Heureusement, je me suis dit : pĂ´ grave, je suis Ă©puisette mais j’vas faire de jolies photos avec un quatrième monstre, Jeff, qui vient de dĂ©barquer. Surtout pour des fans de Jeff Tordo, que ces connards de L’Équipe TV et de BFM TV ont annoncĂ© mort l’an dernier, mais ça n’a rien Ă voir. Donc Jeff, un adorable quasi-labrador sorti de la fourrière, dynamique et cĂ¢lin, adore jouer. Après l’arrĂªt « photographe officielle de la SPA » et avant qu’il se prĂ©cipite pour faire des bisous Ă tous ceux qui passent (chiens, chevaux de la peuholice nationeuhale, jolies filles…), j’ai exigĂ© une pose sĂ©rieuse…
… qui montre que je suis nul avec le double laisse-lasso, mais bon, personne n’en doute, je crois, Ă Grammont. Et après, j’ai suggĂ©rĂ© une pose plus souple, oĂ¹ le funk soit davantage une philosophie qu’autre chose. VoilĂ le rĂ©sultat.
Aussi simple et funky que Mlle Luluche, l’assistante de mon M. Chien, qui attendait mon retour autant que Dalida, ce me semble.
Bref, Ă re-suivre.
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