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Les livres de moi page 5

Expérimentafion

 

L’avantage d’être ghost-writer est assurément de travailler au service d’auteurs qui ne savent pas qu’ils sont sporadiquement géniaux, sous prétexte qu’elles sont prostituées. Et quand tu leur dis qu’elle vient de trouver une répartie sa mère, ils ne te croient guère, et parfois ça fait mal au cul.

Toi prendre, toi prendre

… c’est que le début, d’accord, d’accord.

On fait un site pour se souvenir, bomber le torse, échanger, partager, allusionner, alterquer, faire semblant que l’on est important, constater que l’on est – in a way – plus important que ce que l’on supputait, promotionner, vendre.
Si, vendre.
Aussi.
Pour preuve, le présent site propose une boutique.
Tout à fait, une boutique ouverte même aux gens furieusement bien qui expliquent ne pas acheter sur Amazon passke c’est genre mais trop important de défendre les artisssss indépendants.
Partant, ici aussi se niche une échoppe. Avant que ça ne s’arrange pas, et ça ne va pas s’arranger, believe me, chacun est totalement invité à la dévaliser. C’est direct producteur – consommateur, c’est plus pour que la culture ne se réduise pas à ce que valident France Télévision et les connards que pour faire du blé (sur chaque truc, au moins 5 € part à la Poste et 2 € en emballage, le reste en grande partie pour récupérer les biens qui furent créés), et c’est jamais obligé. Mais ça existe, et ça dit : en gros, j’ai pas mal raté, mais je veux pas qu’on dise que j’ai rien foutu, parce que c’est pas vrai.
Et pour le reste, on verra plus tard, ou en direct (et en crochets, ça me va aussi, till I’m standing, yeah, yeah, yeah).

Happy sequel

 

C’était l’histoire d’un ado à la vie bien normale, bien ennuyeuse. Sa vie n’est un secret pour personne : elle se voit sur sa figure. En fait, personne ne voit rien. Alors, lui aussi se branche sur flou et se contente d’être une bombe de quatorze ans, qui attend tranquillement le moment d’exploser.
Comme le dit l’exergue, volé à Raoul Petite, « Des fois, je me dis / La vie est belle, des fois / Mais bon, quand même, / Ell’ serait mieux autrement ». Alors, afin de
fêter l’arrivée en boutique de ce roman fracassant initialement paru aux éditions du Rouergue en 2003 (si, si), promo exceptionnelle et flash éclair jusqu’à samedi ! Pour en profiter, heureux fripons, rendez-vous ici.

Un fabuleux come-back

Photo : Bertrand Ferrier

C’était jadis.
Un premier roman chez un éditeur indépendant.
Le seul que j’avais contacté, parce qu’il avait publié l’extraordinaire Alain Monnier et, surtout, surrrrtout, Le Fredon d’Olivier Gadet, et que je m’étais dit : « C’est ça que je veux être. » Le livre a rencontré un succès digne d’un éditeur vraiment indépendant, en dépit de critiques dithyrambiques – ce qui n’est point si aisé à orthographier – chez les gens bien, genre France Culture, Télérama ou Le Magazine littéraire, et malgré des critiques moins ditriambik mais bon quand même chez des gens encore plus chic, genre Le Matricule des anges.
Puis tout s’est calmé : l’éditeur indépendant s’est vendu à Flammarion, n’embarquant dans son escarcelle romanesque qu’Alain Monnier, et Flammarion s’est à son tour vendu. Mon succès digne et vraiment indépendant s’est beaucoup moins vendu, soit, mais, ça y est, il est de retour sur le marché, sans intermédiaire véreux ou même pas véreux, pour le plaisir de ne pas laisser le marché pilonner tout ce qui nous a constitué un jour.
Pour l’acquérir, rendez-vous ici. Sinon, pas d’inquiétude, il doit bien rester quelques livres de Christine Angot ou des autres gens de la télé chez le libraire, ils doivent être super, jubilatoires, finement ciselés et écrits avec une plume toujours percutante, sans gras, pour moi, ce sont les livres de l’année et je le dis très sincèrement, vraiment.

Photo : Bertrand Ferrier

Komm, Bach!, épisode 69/3

Photo : Rozenn Douerin

Avec Clément Gulbierz et Loïc Leruyet à la conception, à la réalisation technique et à la régie en direct pour coller aux impros de l’orgue, la fin de la Nuit blanche a ébloui plus d’un spectateur jusqu’à, sacrilège, noyer sporadiquement l’orgue dans un tourbillon de couleurs.

Photo : Rozenn Douerin
  • Incendier l’espace,
  • habiller l’ombre,
  • dialoguer avec l’architecture,
  • vitaliser la dimension sacrée du lieu,
  • parler la langue du feu avec le roi des instruments,
  • apporter sa propre interprétation des textes sur lesquels improvise l’organiste,
  • apprivoiser l’instant avec instinct :

autant de défis – parmi moult autres, plus métaphysiques ou prosaïques, selon les moments – que les jeunes luminomanes ont relevés.

De gauche à droite : Clément Gulbierz, Loïc Leruyet et son brushing puis, peut-être, vous. Photo : Rozenn Douerin.

Croire que ce que montrent ces photos n’est que de la lumière serait une erreur. C’est de la musique traduite en photos et en photons, et vice et versa. Avec des moyens exceptionnels à l’aune du festival Komm, Bach!, tout juste acceptables pour de jeunes professionnels risquant leur réputation pour la beauté du geste. Puissiez-vous entendre chanter l’orgue à tuyaux, instrument unique de l’Église selon les textes, à travers les réussites visuelles fomentées par les néopros au boulot !

 

La boutique est ouverte !

 

Bienvenue dans cet espace qui doit faire trembler Amazon autant que « les petits commerces locaux bio et socialement responsables de proximité » !

Doré sur tranche

Photo : Bertrand Ferrier

C’était il y a plus de quinze ans. L’un des coups de génie de feue Charlotte Ruffault, capable de se laisser convaincre par l’ex-stagiaire que j’étais qu’un bouquin gros – donc cher à traduire – et pas pointé girly pouvait faire un carton, partant mériter que l’on convainque de l’intérêt de la chose tous les moutons renfrognés – il n’en manque guère, jamais, nulle part.
C’est aujourd’hui. Une nouvelle réédition arrive, classieuse, dorée sur tranche et pas que sur tranche. J’aime à penser que, avec moi, Charlotte en rigole et se dit que, du temps qu’elle était éditrice, elle a plutôt bien bossé, nom d’une pipe !

C’était bien un truc de ouf (1/3)

L’ange de l’orgue. Photo : Rozenn Douerin.

L’ange de l’orgue étant prêt pour la Nuit Blanche, ce samedi 6 octobre, coup d’envoi des trois concerts du festival Komm, Bach!. Avec, pour commencer, à 20 h, un concert tutti frutti quasi improvisé suite à l’annulation, 48 h auparavant, d’un artiste programmé, pour raisons de santé. Partant, furent réquisitionnés des artistes de classe, à commencer par l’organiste à la coiffe la mieux pimpée de tout Paris.

Esther Assuied. Photo : Rozenn Douerin.

Forcément, un tel look suscite les passions. Subséquemment, tous les mâles du plateau, tous les autres zozos, donc, sexisme oblige, feignirent la plus hostile indifférence. À commencer par PMB, le saxophoniste qui rigole pas mais envoie du son à faire aimer le sax aux antisaxistes.

Pierre-Marie Bonafos. Photo : Rozenn Douerin.

Les autres hommes présents, aussi, jouaient l’indifférence tout en tripatouillant leurs instruments – en TBTH, bien entendu.

Avec le souffleur Jacques Bon dit Jack Good. Photo : Rozenn Douerin.

Or, in fine, ils se battirent tous, avec une violence inouïe, pour intégrer son boys band stellaire.

Esther Assuied et son boys band. Photo : Rozenn Douerin.

Chacun tenta de faire son beau, quitte à jouer le flouflou – PMB restant le plus digne, peut-être…

Le boys band d’Esther sans Esther. Photo : Rozenn Douerin.

… mais Michaël Koné, haute-contre-ténor (j’oublie toujours quel est son titre de noblesse, alors je préfère fusionner les deux appellations afin de prétexter une faute de frappe, c’est très subtil), estima l’avoir emporté haut la main vu qu’il n’avait pas même eu besoin de se faufiler dans la fanfare, le snob.

Michaël Koné. Photo : Rozenn Douerin.

Quant au résultat, impossible de le livrer, voyons. Ce qui se passe à la tribune reste à la tribune. Au moins à Saint-André de l’Europe.

… et le matou revient


17 ans après, ma première traduction-adaptation connaît sa cinquième édition. Sortie en librairie ce 10 octobre. Youpi.

Mémoire du futur

La nouvelle création d’un certain Bertrand Ferrier pour orgue et trompette est annoncée ce samedi, enveloppée de concerti baroques et d’œuvres plus fraîches. Pour s’impatienter de l’entendre, voici la vidéo de la précédente création, un impromptu pour saxophone et orgue interprété en compagnie du grrrand saxophoniste Pierre-Marie Bonafos.