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Orgue page 16

L’horizon est toujours affamé !

 

C’est cette punchline du poète Paul Valet qui nous guidera vers la lumière musicale, ce soir. Alors que l’organisation des concerts est toujours bridée par les décisions gouvernementales qui mettent à mal, euphémisme, le milieu culturel et nombre de ses acteurs, quatre artistes viennent chez nous grâce à la magie d’Internet.
Le festival Komm, Bach! est donc heureux et fier de présenter son quatre-vingt-dixième concert, avec toujours cette même faim de partages et d’émotions, de joies réconfortantes et de frictions régénérantes, de découvertes et de saisissements infatigables. Pour en savoir plus, RCF Liège, par la voix de Marc Steffens, nous a fait l’honneur de nous convier ce vendredi pour évoquer le festival en général et ce concert en particulier. Voilà le résultat.

 

 

Pour suivre les artistes du festival et spécifiquement ceux évoqués voire ouïs dans l’émission, quelques liens.

Et, pour suivre le concert, lors de sa première diffusion ou en streaming, voici le lien !

 

 

Dans les moindres recoins de l’espace

Photo : Jacques Bon (http://www.cafcom.net/)

 

C’est un hasard, mais c’est encore un ploum-ploum de moi, extrait du concert « Y a d’la joie ! » claqué en collectif le 21 juin.
En même temps, c’est mon site, ça peut jouer aussi.
Si, à la marge, mais ça peut jouer. Éventuellement.

 

 

Que ma joie demeure

Photo : Jacques Bon (http://www.cafcom.net/)

 

La joie est indécence.
C’est pour ça.
Sinon, elle ne serait sûrement qu’ennui.

 

 

Il suffira d’un cygne

Photo : Rozenn Douerin

 

Oui, il suffira d’un cygne, un mâtin. Un mâtin tout tranquille, et serein. Qui jouerait ce tube, l’air de rien. Et ça donnerait ça.

 

 

Un tube des cordes (vocales)

Photo : Rozenn Douerin

 

Tu sais que tu n’as jamais ouï la moindre mélodie française tubesque si, dès les premières notes de ce tube de la mélodie française, tu n’as pas envie de crier : « GNAGNAGNAAAA… ILS MÉDIIIIIIIITEUH… »

 

 

Rendez-vous à Youkali

Photo : Rozenn Douerin

 

Dans un monde où l’on nous intime de rester chez nous en attendant le nouveau Youkali (le vaccin, donc), il est temps de penser que d’autres youkalis sont possibles. La magie du duo formé par Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet nous y invite.
Non, il n’y a pas de Youkali ; n’empêche ! Certains youkalis sont résolument plus beaux que d’autres.

 

 

Paître, peut-être

Jorris Sauquet à l’orgue Delmotte de Saint-André de l’Europe. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Jorris Sauquet, le merveilleux lutin des orgues parisiens, a tantôt claqué pour le festival Komm, Bach, dans les conditions du direct, une version isoirienne d’une splendeur grattée par Johann Sebastian Bach – fût-ce en l’honneur de cette pleutrerie qui pue bien du cul, aka la chasse.
Le contexte immonde exclu, qu’il s’adresse aux riches seigneurs ou à leurs équivalents ploucs, les poètes amis de la chiasse, bienvenue dans un petit cocon de bonheur offert aux gens normaux que nous sommes, par un virtuose qui nous illumine.

 

 

Un peu de beau au cœur

Christophe Guida et Pierre Makarenko en concert le 10 octobre 2020 en l’église Saint-André de l’Europe. Photo : Rozenn Douerin.

 

Tensions, haines, absurdités, angoisses, difficultés, souffrances : la musique n’efface rien, mais elle laisse imaginer qu’un monde beau est possible.
Surtout quand Christophe Guida et Pierre Makarenko offrent, en bis, une pièce magnifique de Johann Ludwig Krebs lors d’un concert donné – le mot n’est pas anodin – à qui le voulait ouïr. C’est beau, c’est chaud, c’est joyeux. That’s music for us, anyway.

 

 

Circonvolutions et fumerolles fantasques

Christophe Guida assisté par Bertrand Ferrier. Photo : Rozenn Douerin.


C’était un temps très raisonnable : on avait mis le beau à table. Pour le dernier concert avant le Nouveau Confinement, Christophe Guida avait entraîné avec lui un répertoire l’associant au hautbois magnifique de Pierre Makarenko… tout en réservant une place précieuse comme une pierre (ha, ha) pour l’orgue seul.
Parmi ces moments en solitaire, l’artiste marseillais a choisi les guirlandes et festons lancés, tels des serpentins, par Abraham van der Kerckhoven. En voici le résultat.

 

Le mystère Krebs enfin dévoilé

Christophe Guida & Pierre Makarenko. Photo : capture de vidéo Komm, Bach!.


Il y a du Albinoni, du Mozart et du Haydn dans la pièce jointe, affirme l’organiste, dans cette pièce qu’il partage avec Pierre Makarenko, son collègue à anche double. Vincent Borel, qui signa le très technique livret du disque Krebs de Christophe Guida, y voit même « l’effacement de Leibniz devant Goethe ».
Après, on n’est pas responsable de tout ce que les gens ont bu et fumé avant de parler musique. En revanche, ceux qui fricoteront avec la vidéo offerte par les artistes n’en sortiront point sans frisson : ça joue, ça musique, ça investit le prétendument marmoréen. What else?