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Orgue page 46

Tu sais que tu es rganissse quand, épisode 1…

[Projet pour une nouvelle série]

… on te dit « Voici le livret de la messe » et que tu grimaces car il n’y a pas d’eucharistie.
… un futur mari te dit : « Y a une chorale de Bach que ma femme aime bien. »
… on te dit : « Je vous appelle pour voir avec vous les chansons de mon mariage. »
… une maman te dit : « Au niveau référentiel baptême, je ne suis pas très aware. »
… on te demande : « Qu’est-ce que tu peux proposer pour ambiancer le truc, là, non ? »
… un fils de défunt te dit : « Je voudrais un morceau pas trop triste mais musical quand même. »
… un prêtre te dit : « Pour le baptême de cette après-midi, je ne sais pas si les baptisés seront là. »
… on exige que tu zécutes l’adagio de Bach.
… on te réclame le dadgio de Binoni et/ou la dernière chanson de Louane.
… on te demande : « Le chèque pour la paroisse, je le mets à votre nom ? »
… on t’a présenté comme rganissse et que quelqu’un t’a salué d’un : « Bonjour, mon Père. »
… tu proposes dix morceaux pour l’entrée d’un mariage et qu’on te dit : « C’est sûrement très bien, mais vous avez pas autre chose ? »
… un fiancé te dit : « Je vais épouser mon bébé, je veux un truc qui déchire. Ça vous parle ? »

J’ai remplacé un rganissse belge…

… il a laissé son ADN, le bougre.

Vigile pascale, Notre Dame de Paris, 15 avril 2017

Invité à La Kathédrale pour y rencontrer Olivier Latry au Grantogre à l’occasion de la vigile pascale où Saint-André de l’Europe était la paroisse invitée d’honneur. Un peu étonné de ne pas jouer la vigile, pour la première fois depuis vingt-sept ans, mais la cause était bonne.

Spectacle son et lumière garanti.

On peut même écrire « son et lumières ».

Mais avouons que l’on était surtout venu pour ça.

Et pour ça.

Donc pour ça.

Bref, quel bilan ?

Histoire de rester dans l’ombre de l’omniprésent Olivier Latry, on peut révéler 1), que bien qu’il mange des bananes et boive de l’eau, il cache des biscuits chocolatés quelque part à la tribune, 2) qu’il s’est fait exécuter des lunettes alla Harry Potter, 3) qu’il se souvient de feu l’étudiant venu au conservatoire avec son basset prêt à ramper sur le pédalier pour échapper au prof, et 4) qu’il a des réflexes de rganissse liturgique comme : se tenir prêt puis prendre à témoin le visiteur de tribune quand le « Notre Père » indiqué « proclamé » est chanté. Le reste reste, précisément, à la tribune, dans « le ventre de la Bête » ou sur les quasi quais de Seine, mais c’était chouette.

Allumer le feu, le remix

Comment mettre du Zazie Hallyday dans la tête du rganissse.

Trilogie improvisée, 3

Troisième improvisation captée par Vincent Hildebrandt, qui explore les charmes du plenum, feat. des anches pas toutes parfaitement justes ce soir-là… des anches, quoi !

Trilogie improvisée, 2

On aime, on n’aime pas, mais on fait pas « bof », disait ce grand critique qu’était Supernana from Skyrock.
Merci, donc, Vincent, pour cette vidéo attentive et flatteuse. Et merci, donc aussi, aux curieux bienveillants qui viendraient taquiner de l’oreille, voire des oreilles, l’octavin, la doublette et la soubasse de 16.
Précédente fête disponible ici. Prochain et dernier épisode dans sept jours, hop-là !

Trilogie improvisée, 1

Première des trois improvisations luxueusement captées par Vincent Hildebrandt. Ce coup-ci, on ne rigole pas à toutes les mesures, mais on peut apprécier fonds, anches et ondulants de cet orgue Delmotte restauré par la Manufacture Yves Fossaert.
Prochain épisode, complètement différent, dans une semaine.

Les voici donc…

Tous ceux qui les ont ouïs nous demandent si on est sûr qu’ils viendront dans ce trou perdu qu’est Saint-André, à trois minutes de la place de Clichy et à dix minutes de la gare Saint-Lazare. En général, on répond que ces oufs ont répété plusieurs fois sur zone, qu’ils ont préparé un programme magnifique et qu’ils attendent leurs fans sur zone, avec églizchofé, grantécran, entrégratwitt, orgressstauré, enfin, le grokif en somme, mais ça ne doit pas vous faire peur. Normalman, donc, les zozossronlo.

L’homme joue toujours de l’orgue

Les organistes Serge Schoonbroodt et Mark Steffens m’ont invité à conclure leur grande émission sur l’orgue en dialoguant joyeusement autour du livre et des organissses. Voilà l’travail, et le lien pour acheter ou racheter le livre, parce qu’il faut bien vivre parfois (j’en entrevois la nécessité). Attention : les deux hurluberlus ont choisi de conclure l’émission sur une musique qui en choquera plus d’un… j’espère.

Exceptionnel Vincent Rigot, Saint-André de l’Europe, 28 février 2017

Le type est titulaire de Saint-Louis-en-l’Île. Il vient jouer des pièces qu’il connaît quasi par cœur et a donné des dizaines de fois. Le tout pour un cachet qu’il aurait dû trouver insultant s’il avait un brin de grain dans la tête. Pourtant, il vient répéter de longues heures à plusieurs reprises sur l’orgue de Saint-André. Il renonce à un assistant pour réclamer juste un tourneur de pages, afin de contrôler seul ses registrations. À ces détails près, qui ne sont clairement pas des détails, tout pourrait laisser à penser que ce concert, accepté parce qu’il connaît un peu le programmateur, est voué à être un truc vite emballé et oublié, du genre « et maintenant, laisse-moi en paix ». Et le résultat est, pan dans ta gueule, formidable.
Bach précis, Vierne virtuose et fin, Schumann qui propulse la virilité de la fugue contre le chichiteux des fines bouches, et surtout un Mendelssohn magnifiquement transcrit qui prolonge l’émotion poignante d’un Deuxième choral de Franck éblouissant de précision, de diversité, d’intimité et de science de la registration, la maîtrise technique permettant tout cela et le talent l’apportant… encore un concert bouleversant qui oblige joyeusement le programmateur à remercier les artistes qui se sont produits et ont accepté de se produire dans ce festival, car tous ont donné au public une émotion sincère et profonde, parfois si forte que les rappels n’en finissaient pas – comme ce jour. D’où la nécessité pour les auditeurs, après cette avalanche d’altérations, de se ressourcer à de plus terrestres désaltérations, en ce Mardi-Gras.

Comme Vincent est, sinon un copain, ne nous la pétons pas, du moins une vieille connaissance, c’est pas possible de lui dire en face, donc n’allez pas lui répéter : son concert, bref et dense, était extraordinaire. Oserez-vous courir le risque d’être bientôt sidérés par le talent et le sens de la musique que démontreront samedi un ténor wagnérien, le formidable Sébastien d’Oriano, et l’incroyable organiste titulaire de Notre-Dame de Versailles, mazette, Mr Christophe Henry ?