Vincent Crosnier se chauffe les doigts en vue du concert de dimanche. Vous y voir serait chouette, comme dit l’éléphant (ou le hibou, je sais plus). En attendant, voici l’programme.
Alerte : formidable récital en vue ! Dans le cadre du Festival Komm, Bach! Vincent Crosnier, titulaire de Saint-Joseph d’Enghien-les-Bains, prof en conservatoire et suppléant de Jean Guillou à Saint-Eustache quand le grand Jean y sévissait, Vincent Crosnier, donc, a concocté un programme pyrotechnique ! Entre une sonate en trio de Bach (+ la BWV 537, les passionnés apprécieront !), une fugue de Schumann, un extrait symphonique de Vierne et des pièces du maître viré de sa tribune, il célèbrera la fin du temps de Noël avec des compositions signées Messiaen et, originalité, Eugène Reuchsel. Entrée libre, église chauffée, retransmission sur grand écran, programme offert et durée « à taille humaine » de 1 h 10 environ : on n’attend plus que vous.
En plus, l’organiste est sympa. Non, ça change rien, mais ça colore quand même.
À la base, l’idée, c’était de venir graffiter quelques livres en causant avec les usagers de la médiathèque chapeautée par Nadia Bellenger. En fait, la librairie Les Fables d’Olonne avait vufte oublié de commander des exemplaires. L’amnésique a dit qu’il était désolé. Par chance, on avait inventé d’autres occupations.
Le vendredi soir, c’était concert en duo avec Emmanuel Quiquemelle, quasi sosie de Vincent Genvrin, surtout prof de piano et d’orgue dont toutes les élèves sont folles (et les mamans des élèves itou, faut bien l’dire). Après un retour à l’hôtel Arc-en-ciel, dont on goûte le plafond art déco classé, l’originale mise à disposition d’un Auguste Derrière pendant le p’tit-déj’ et la réception cordiale…
… le samedi matin, il s’agissait d’initier à l’improvisation les élèves de la classe d’orgue du conservatoire Marin Marais, sous la houlette de « Manu » en personne. En dépit des vacances, c’était l’occasion, pour les p’tits jeunes, d’oser se lâcher et de découvrir certains aspects méconnus de la pratique possible de la Bête ; et c’était l’opportunité, pour les parents présents, de creuser LA question qui passionne Les Sables d’Olonne et les deux communes rattachées : quel sera le sexe du prochain enfant de « Manu » ?
Après, petit temps de battement (de jambes). Idéal pour faire mon Parisien et batifoler hors saison entre la verve du soleil…
… la tranquillité de l’auto-proclamée « plus belle plage d’Europe »…
… et les charmes du voyage, incluant migration en car, TER, TGV et métro, mais pas que – faut pas toujours facétier, nom d’une cacahuète. Bref, c’était bien, c’était chouette, quand est-ce qu’on recommence-t-y ?
Même quand il est en mauvais état, c’est toujours un plaisir de faire frétiller un Cavaillé-Coll pour commencer la journée.
Après quoi, il s’agissait d’affronter le mauvais temps et de… Ah non, y avait pas de mauvais temps. Tant mieux.
Il s’agissait quand même d’aller jouer un orgue très écolo. Et pourquoi pas ?
Le programme se finissant par une soirée de « conseil artistique » pour le concert Komm, Bach! du 11 décembre, avec Yu Matsuoka à l’orgue de chœur et le Chœur Sans Frontières sous la baguette de son chef. Bref, on est tout simplement, simplement, un mardi soir sur la Terre.
Le cadeau.
Que Herr Vincent Genvrin, titulaire de Saint-Thomas d’Aquin et de Saint-Nicolas-des-Champs, accepte de se bouger le popotin afin de sévir à Saint-André-de-l’Europe pour fêter la restauration de l’orgue… Que non seulement il nous offre un programme sur mesure mais que, en sus, il accepte les conditions rigolotes qu’impose l’économie spartiate d’un récital d’orgue dans une petite paroisse – sympa, hein, mais petite… Qu’il s’investisse dans ce projet, avec un professionnalisme et une motivation bleus faons… Qu’il arrache la tête aux auditeurs, même aux parents-à-enfants malpolis (si, quand t’as parasité tout le monde en laissant tes enfants bruiter en continu sous prétexte que l’organisateur tire les jeux de l’artissse et ne peut t’inviter à t’exfiltrer et que, en sus, tu donnes zéro euro pour la vedette qui tenta de te hisser vers moins de bassesse, c’est malpoli), grâce à un programme varié, conclu sur la rare Deuxième suite de Léon Boëllman, feat. son redoutable et hypnotique « Final – Marche »… Et que les éditions Hortus et leur mentor, Didier Maes, viennent nous offrir de quoi prolonger ces émotions à des tarifs plus que raisonnables… C’était chouette.

L’accord-du-jour était signé Manufactures Yves Fossaert.
Le matériel était fourni par le R.P. curé Alain-Christian Leraitre.
L’assistant principal était l’organissse Samuel Campet.
La réalisatrice de la vidéo live était Rozenn Douerin.
L’affiche était inspirée d’une création originale de Ludovic Nowicki pour Lefographie.
Beaucoup de bras ont aidé à tourner et retourner les chaises, à préparer les flyers, à…
Et une cinquantaine de spectateurs ont validé notre projet fou de faire entendre un orgue pas connu dans un répertoire beau mais pas putassier. C’est joyeux. Merci à tous, et rendez-vous vendredi 2 décembre 20 h, même lieu, même tarif (entrée libre), même diffusion sur écran géant, avec Pascal Marsault, virtuose titulaire de Saint-Ignace. Ça va zouker.
Après avoir restauré l’orgue sans consulter le titulaire (ni son adjoint), après l’avoir inauguré sans en avertir le titulaire (ni son adjoint), après avoir inauguré une plaque en hommage à Yannick Daguerre sans en avertir personne, après avoir fait physiquement pression sur l’adjoint du titulaire pour qu’il arrête de se mêler de ce qui le regarde, la mairie diligente des travaux complémentaires… sans qu’elle ou le facteur, pensez, daigne en avertir le titulaire (ou son adjoint). On ne peut que saluer la classe et le savoir-vivre de gens qui, tout en réclamant des gros sous à leurs concitoyens pour cette opération bâclée et boiteuse, commandent des travaux sans un état des lieux précis, sans appel d’offres, sans devis détaillé, sans réception par les affectataires par délégation, sans concertation ni considération pour ceux qui ont le plus grand usage de l’instrument. Comme dirait Isolde en fin de monologue : attristant.
(Je voulais mettre « affligeant », mais la blagounette ne fonctionnait plus, alors bon.)