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Jann Halexander page 3

Trouver le bon prétexte

Jann Halexander le 23 novembre 2018 au théâtre-atelier du Verbe (Paris 14), pour « Afrikan Kabaret ». Photo : Bertrand Ferrier.

 

« Et pour le reste, il y a l’amour, je le cherche dans le moindre détour » chante parfois Jann Halexander. Polyamoureux et monogame à la fois, le chanteur a souvent placé, parmi les mots-clefs de son répertoire, la quête

  • de l’autre,
  • de son affection, mieux:
  • de son désir et, comme l’aurait stipulé avec grâce Catherine Ribeiro,
  • de son absence.

L’amour halexandérien aime à se raconter sur le fil de la déréliction. Il passe volontiers au feu

  • de la durée,
  • de l’effritement et
  • de la sépiaïsation (et hop).

Il lutte pour rester moins un fait établi qu’une pulsion luttant contre l’effacement dans les sables mouvants de Chronos ou les tourbillons de la vie. Aussi n’est-il pas illogique que, parmi les chansons les plus connues du chanteur, figure « Rester par habitude », entonnée tantôt à la librairie Publico, à l’occasion d’un concert associant fredonneries de

  • Catherine Ribeiro,
  • Mama Béa Tekielski et…
  • Jann Halexander.

 

De l’art de croire et de ne pas croire à la foi

Jann Halexander à l’Entre 2 (Angers), le 1er mars 2024. Photo : Bertrand Ferrier.

 

« Cesse d’être incrédule, sois croyant » : pourquoi pas, mais en qui ou en quoi ? Peut-être parce que, comme illicite, il y cite, ho ho ho, la punchline de Catherine Ribeiro (« je ne crois pas en Dieu parc’ que je crois en l’homme / En son vol en suspens »), Jann Halexander a souhaité glisser « J’ai pas la foi », chanson de sa composition, dans son nouvel hommage à La Ribeiro,

  • jamais obséquieux,
  • toujours admiratif,
  • forcément personnel.

À la librairie Publico, où les mille nuances de la contestation – de préférence radicale – sont source

  • d’ébullition,
  • de débat et
  • de saine colère,

Jann posait avec une vitalité lucide – et vice et versa – la question presque bernanossienne de l’à-quoi-bon, id est : à quoi s’accrocher pour donner sens à ce qui

  • se vit,
  • se partage et
  • s’interroge

dans l’existence en général et en concert en particulier ? Plus apparemment doux qu’un « Je ne te salue pas » leprestique (oui, apparemment), son hymne intitulé « J’ai pas la foi » frappe

  • au plus juste,
  • au plus suggestif,
  • au plus intime.

Ce 18 mars 2025, ça donnait ça.

 

Autant suspendre son vol

Jann Halexander au théâtre de l’île Saint-Louis, le 26 mars 2022. Photo : Rozenn Douerin.

 

Athée revendiquée, Catherine Ribeiro n’en écrivait pas moins des prières à l’Homme, à l’Aimé, à la vie… Bouleversée par le vol en suspens de notre espèce d’espèce, elle a confié le texte de « Racines » à Anne Sylvestre, qui en a fait ce qui suit, version Jann Halexander.

La synthèse rouge

Avec Jann Halexander et Claudio Zaretti, le 18 mars 2025 à la librairie Publico (Paris 11). Photographe inconnu.

 

Rares sont les récitals « Ribeiro par Halexander » sans « La vie en bref », un pêle-mêle de souvenirs, flashs, bouts de credo, retour d’expériences, secoué dans le shaker du groove guitaristique ici agité par Claudio Zaretti et Sébastyén Defiolle. Voici la version propulsée dans la salle de spectacle de la librairie Publico (Paris 11), à l’occasion du festival « Mars féministe » et à l’invitation du groupe Louise Michel de Mariama Keïta.

 

 

Gouvernail à l’horizon !

En approche !

 

Désormais, c’est manière de tradition ! À l’approche de l’été, j’investis le théâtre parisien du Gouvernail pour la première – qui est parfois la dernière – d’un nouveau tour de chant. Au programme, dans quinze jours tout pile :

  • chansons neuves,
  • chansons d’occasion et
  • interludes

en format piano-voix mais avec la participation de collègues musiciens-chanteurs pour pimper la fête. Me rejoindront ainsi sur scène

  • Pierre-Marie Bonafos au sax,
  • Sébastyén Defiolle à la six-cordes électrique,
  • Jann Halexander au chant intempestif, et
  • Claudio Zaretti à la gratte sèche,

tandis que l’inénarrable phénomène Marcelle Martin sera à l’accueil. Dans un monde inquiétant où nombreux sont ceux qui rêvent de museler les hommes par la peur et la haine des autres, ce rendez-vous joyeux veut croire que – parfois, au moins – tout est un possible. C’est l’occasion de partager plaisirs menus et, j’espère, vives émotions par le truchement de ces p’tits trucs de rien qui nous rapprochent et qu’on appelle des chansons.

 

 


Où ? 5, passage de Thionville | Paris 19
Quand ? Lundi 19 mai | 21 h | Durée : env. 1 h
Combien ? 15 € en plein tarif | 13 € en réservation | 10 € en tarif réduit (sans justificatif) sur zone, dans la limite des places disponibles, pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer le plein tarif
Pour réserver, c’est exclusivement ici.

 

Un souvenir de brume

Avec Jann Halexander, le 18 mars 2025, à la librairie Publico (Paris 11). Photographe inconnu.

 

« J’ai traversé des nuits d’orage / pour n’être plus qu’à mon image » chantait Catherine Ribeiro. Chante Jann Halexander. En évoquant ce qui est devenu des sujets de société ou, pis, des sujets sociétaux : l’amour, les orientations sexuelles, la nostalgie, les non-dits, l’identité… En ne les évoquant pas, en fait. En les caressant, plutôt.
C’était dans la salle de spectacles de la librairie libertaire de Paris. Même sans un grand Steinway ou plutôt grâce à son absence, thème chéri de la Ribeiro, la force de cette chanson résonnait ce soir-là grâce à la voix de l’interprète et à l’invitation de Mariama pour Radio libertaire, avec cette audace très mariamesque d’inviter quatre hommes (les guitaristes Claudio Zaretti et Sébastyén Defiolle étaient de la fête) pour chanter au festival du mars féministe. C’était donc la moindre des causes de parler de celles que, pudiquement, Catherine Ribeiro appelait « Elles » !

 

 

Présence de l’absence

Sébastyén Defiolle, Bertrand Ferrier, Jann Halexander et un petit extrait de Claudio Zaretti, le 18 mars 2025 à la librairie Publico (Paris 11). Photo : source inconnue.

 

Chanter l’autre que soi, donc soi, jusqu’à ce que la force de l’aimer manque : projet. Honnête, en sus.

 

 

Chanter, c’est tirer des balles

L’affiche (best of)

 

Elles n’ont jamais été réunies sur la même scène, mais elles ont toutes deux étaient des Mata Hari de la chanson, tirant, chacune à sa manière, sur

  • les injustices de l’injustice,
  • le mésusage du pouvoir au détriment des faibles – nul doute que, en lisant la dix-septième page du Monde de ce 15 mars 2025, elles auraient été inspirées par la domination des banquiers, qu’illustrent parmi d’autres les règnes
    • d’Emmanuel Macron (Rotschild),
    • d’Éric Lombard (Bercy, BNP Paribas),
    • de Friedrich Merz (Allemagne, BlackRock),
    • de Mark Carney (Goldman Sachs, Canada), ou
    • de Mario Draghi (Europe, Goldman Sachs itou),
  • les mille mélodies que sait utiliser « l’air de la bêtise » pour essayer de nous abrutir,
  • la nécessité d’être follement fou donc, bien sûr,
  • l’amour, aussi irrépressible qu’inaccessible, ce qui le rend encore plus affriolant.

Béatrice Tekielski, dite Mama Béa, et feue Catherine Ribeiro, dite Catherine Ribeiro, ont rendez-vous sur scène ce mardi 18 mars, à 19 h et à la librairie Publico (145, rue Amelot | Paris 11) par le truchement de deux zozos qui ont décidé de les interpréter respectueusement ET à leur façon. On n’entendra donc pas de reprise (ces dames ne sont pas des chaussettes) mais des monuments plus ou moins connus du répertoire. Côté Catherine,

  • « La vie en bref » côtoiera « Infinie tendresse »,
  • « Jusqu’à ce que la force de t’aimer me manque » fricotera avec « Elles »,
  • le cantique sylvestre « Racines » se frottera à « Qui a parlé de fin ? », et
  • les mélancolies de « Carrefour de la solitude » et de « L’enfant du soleil couchant » se mêleront.

 

 

Côté MBT,

  • on se souviendra des années 1970, le temps de regarder par « La fenêtre » ;
  • on plongera dans les années 1980 en tentant de survivre
    • à la « Lobotomie » ambiante,
    • à « La visite » toujours reportée du Père Noël, et
    • à la peur qui me fait dissimuler « Mon cul » (et je crois que je ne suis pas le seul) ; enfin,
  • on s’arrêtera à la fin des années 1990 pour prendre des nouvelles de « L’Indienne ».

Ce double concert veut sonner moins comme un hommage que comme

  • un compagnonnage,
  • un partage qui raisonne et
  • un prolongement qui résonne.

Préparé par les dynamiques libertaires du groupe Louise Michel mais pensé pour tous les amateurs de chanson française avec du texte et de la musique dedans, sans limitation de chapelle, confrérie et autres convictions dures ou molles, il sera gratuit avec sébile à la sortie. Hâte de vous y retrouver !

 

De l’optimisme selon Jann Halexander

Jann Halexander à la galerie Grand merci (Paris 6), le 15 mars 2025. Photo : Rozenn Douerin.

 

À l’occasion d’une causerie parlée mais aussi chantée, Jann Halexander est venu glisser une fredonnerie tirée de son disque Affidavit, publié en 2017. L’occasion pour les fans d’entendre une chanson rarement entonnée sur scène par l’artiste, et pour les nouveaux venus de découvrir une facette de l’homme qui n’envisageait pas de séparer

  • l’amertume et le sourire,
  • l’angoisse et la certitude,
  • le désir de transcendance et la conscience viscérale des limites humaines.

Ce que ça donne est dans la vidéo ci-dessous !

 

 

Causerie en approche !

D’après une photographie de Rozenn Douerin et une affiche de Marie-Aude Waymel. Création : Jann Halexander.

 

Avant la « causerie sur 24 faits extraordinaires (environ) sur la mort », Jann Halexander m’a invité à causer de la causerie. Voilà le résultat (cliquer sur l’hyperlien si l’insertion ne fonctionne pas).

 

 

Pour réserver une place à la causerie du samedi 15 mai, à 16 h, c’est ici.