Voilà des années que j’ai enfin osé chanter Mama Béa Tekielski avec un répertoire sans cesse changeant tant le catalogue est vaste. Voilà des années que l’ami Jann Halexander chante Catherine Ribeiro avec cette liberté qui le caractérise.
Pas d’imitation,
pas de fake,
pas de chougne féministe,
juste, et c’est pas rien,
l’urgence du partage,
l’envie de la découverte,
le plaisir du répertoire.
De la chanson (qui plus est pour Béatrice Tekielski, dont j’ai choisi des chansons qui ressemblent presque à des chansons),
incarnée,
multiple,
virevoltante.
Une envie qui emmerde
les modes,
les bienséances,
les coteries.
Une proposition qui trouve preneur dans l’arrière-salle de la librairie anar de Paris, pour un concert
pétillant,
rugueux et
dialogué
avec la participation des puissants guitaristes fouyouyous, chacun à sa manière, Sébastyén Defiolle et Claudio Zaretti. Entrée carrément libre, sortie tout autant. Avec vous serait un plus. Rendez-vous 145, rue Amelot, Paris 11.
Alors que l’Europe, poussée par les lobbies de l’armement, envisage de déverser des centaines de milliards de sesterces pour financer les industries de mort et détruire la vie des clampins que nous sommes pour complaire les salopards qui nous gouvernent, ma causerie sur (environ) vingt-quatre faits extraordinaires autour de la mort revient sur scène après une apparition au Théâtre-atelier du Verbe.
C’est vrai, on n’aime pas y penser, mais c’est un fait : quelque 600 000 Français meurent chaque année. Un beau jour ou peut-être une nuit, 100 % des êtres vivants feront de même. Le sketch de la mort dure depuis des milliards d’années environ. Pourtant, personne ne sait ce que c’est, la mort, bien que beaucoup – religieux, scientifiques, illuminés, artistes, philosophes, etc. – prétendent le contraire. Après avoir longuement plongé dans ces eaux noires à l’occasion d’une enquête au long cours, je suis remonté à la surface avec quelques éléments de réponse donc pas mal de questions que je trouve plutôt malin de partager.
Entre conférence très sérieuse et forme non identifiée, cette performance teintée d’un humour nécessaire et protéiforme s’adresse à tous. Doit-on le préciser ? apparemment, oui, elle ne vise ni à prosélyter – et hop – ni à lénifier mais à nourrir une réflexion sur ce qui nous attend tôt ou tard.
Sa durée d’1 h 15 devrait rendre la chose supportable, d’autant que quelques interventions fredonnées (featuring l’ami Jann Halexander, qui vient de publier Ornithorynque, son nouveau disque), laisseront, à intervalles joyeusement irréguliers, la parole s’enduire de musique et d’autres vibrations.
Le spectacle s’inspire d’un ambitieux projet éditorialcancellé au dernier moment mais updaté fréquemment et disponible en pdf ici. Les places pour la causerie peuvent être réservées là. Sur place, s’il en reste à vendre, elles coûteront 15 € à tarif normal ou 10 € en tarif réduit (sans justificatif, on n’a pas à se justifier si on est chiche en fifrelins). Rendez-vous mortel mais pas macabre le samedi 15 mars à 16 h à la galerie Grand merci, 14 bis, rue Coëtlogon, Paris 6 !
Claudio Zaretti et Jann Halexander lors de l’enregistrement de « À tout hasard », le 30 septembre 2021. Photo : Bertrand Ferrier.
Son dernier album est tunnélisé – et hop – sur un concept : l’ornithorynque. Sur le fond et sur la forme. Lors de la dernière chute de neige francilienne, le chanteur Jann Halexander pétillait en fredonnant sa chanson hommageant (on sent bien qu’on est passé en 2025, non ?) le mix’n’match. Le résultat ? Une chanson métissée sur le métissage.
Sans balabala ministériel (et la prime qui va avec),
sans sirop d’érable sur le vivre ensemble (au contraire),
sans appel à l’invisibilisation des différences (youpi),
en vrai, donc, mouliné par l’hélice halexandérique, ça donne ça.
Une année s’en va, une année s’en vient. Ici, on pleure la mort d’un semblable ; là, on fête la naissance d’un enfant. Quant à nous, nous voulons nous entêter à célébrer la vie, à chanter la vie, à danser la vie (malgré notre titre de pire danseur de l’univers, confirmé de millésime en millésime) tant que nous sommes au moins un peu vivant.
Ceux qui veulent préparer leur mort peuvent toujours cliquer ici ; les autres et les mêmes peuvent aussi se réjouir des nouvelles notes de musique qui apparaissent obstinément « dans cette grande partition que l’on appelle la vie », comme le chante Jann Halexander avec ce mélange d’intensité intérieure et d’apparent détachement constitutif de son style. Selon la coutume, j’espère pour chaque curieux qui me fait l’honneur de feuilleter ces pages – quotidiennement ou au détour d’un heureux hasard – une année intense avec de la joie dedans !
Contribuer à réenchanter Noël et à redonner son sens à cette fête pour la joie des croyants et non-croyants : tel est l’immodeste défi de ce « concert de la veille don’ Noé » proposition désormais bien ancrée dans le paysage parisien. Loin de n’être qu’une « fête de fin d’année » au vieux goût de business sirupeux, Noël est à la fois
un grand moment cultuel (célébrant symboliquement la naissance du Christ),
un grand moment culturel (marqué par un répertoire richissime inspiré par l’événement matriciel) et, souvent,
un grand moment qui relie
l’intime et le collectif,
le personnel et la société,
le moi et le nous.
Le casting change chaque année, mais le projet reste fidèle à ses trois piliers :
à 15 h 30, visite commentée de l’orgue pour les trente premiers curieux arrivés (jauge limitée pour des questions de sécurité) ;
à 16 h, un concert alternant chants traditionnels de Noël et grand répertoire de saison joué à l’orgue ; et,
à 17 h, chocolat chaud avec ses petits biscuits pour les survivants du concert.
Le tout est gratuit, sans obligation d’achat quoique avec possibilité de contribuer aux frais (graphisme, édition des programmes, SACEM, catering…), mais bien quand même.
II. Le programme (durée : env. 45′)
1. « C’estot la veille don’ Noé » (traditionnel)
2. Jean-François Dandrieu (1682-1739) : trois noëls
3. « Dans une étable obscure » (traditionnel)
4. Louis-Claude Daquin (1694-1772) : sixième noël
5. Anne Sylvestre (1934-2020) : « Noël nouvelet »
6. « Noël nouvelet » (traditionnel)
7. Olivier Messiaen (1908-1992) : « Desseins éternels », extrait de la Nativité du Seigneur 8. Alphonse Daudet (1840-1897) | Bertrand Ferrier (né en 1977) : « La Vierge à la crèche », création
9. Olivier Messiaen : « Les anges », extrait de la Nativité du Seigneur
10. « Les anges dans nos campagnes »
11. Pierre Cochereau (1924-1984) | François Lombard (né en 1958), transcription : toccata sur la Marche des rois, extrait de la Suite française improvisée
12. « Go, tell it on the mountain »
III. Les invités autour de Bertrand Ferrier
Né en 1962, Vincent Crosnier découvre sa vocation pour l’orgue à l’adolescence. Sa rencontre avec Jean Guillou est déterminante et l’amène à suivre l’enseignement du maître dans le cadre du Meisterkursus de Zurich. Devenu concertiste international, il a toujours tenu à déployer es différents possibles de la vie d’organiste : il est
l’organiste liturgique titulaire de Saint-Enghien-les-Bains (Val-d’Oise),
le professeur d’orgue, de clavecin et de formation musicale que s’est attaché le conservatoire de Vincennes, et
l’artiste qui a donné plus de 180 auditions dominicales à Saint-Eustache ainsi que des intégrales de Maurice Duruflé et de Jehan Alain… sans oublier d’enregistrer des inédits de son mentor !
Né en 1982, Jann Halexander est un chanteur franco-gabonais dont la carrière atypique suscite l’ire des passionnés de routes droites et de profils prédéterminés, ceux qui, copiant-collant les communiqués de presse ou fréquentant trop les coke-tèles, s’extasient sur les « fils de » et les vedettes en plastique, ceux qui espèrent écraser la singularité sous des topoi
de couleur de peau,
d’origine ou
de carcans musicaux.
Mulâtre revendiqué donc incernable par les massmedias en particulier et les margoulins en général, il trace sa route jalonnée d’albums marquants (tel Un bon chanteur est un chanteur mort) et de concerts alliant des prestations en proximité à des shows inattendus (tel celui qui s’est tenu au théâtre Michel, temple du théâtre chic où la chanson n’a a priori pas sa place, ou celui qu’il a donné pour ses vingt ans de carrière au cinéma Le Lincoln, à deux pas des Champs-Élysées). Après le succès de Consolatio, son précédent disque, il vient de publier Ornithorynque, sorte d’autobiographie musiquée et à peine déguisée, disponible ici et chroniqué tant çà que là.
Rendez-vous en l’église Saint-André de l’Europe | 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg | Paris 8 | Métro : Place de Clichy (13), Rome (2), Europe (3) | Bus : 66, 68, 80, 95
Avec Jann Halexander au théâtre Michel, le 5 octobre 2020. Photo : capture d’écran d’après une vidéo de Josée Novicz.
Tantôt, Jann Halexander chantait des histoires de vertigo, de mendigot, de saligaud, d’ergots et d’ostrogoths, tous plus ou moins égaux. Si cela vous tente et que vous n’êtes pas un gogo, voici la vidéo : go !
Jann Halexander au théâtre-atelier du Verbe (Paris 14), le 2 novembre 2024. Photo : Rozenn Douerin.
C’était une conjonction d’improbables, et hop.
Il y a le projet, une conférence sur la mort d’1 h 15, sorte d’écho partiel et partial du livre écrit tantôt, devenu un pdf disponible ici et régulièrement mis à jour.
Il y a le lieu, un « théâtre-atelier » qui donne sur la rue, vibre de sa singularité et permet des expérimentations singulières.
Il y a la forme, une lecture animée que trouent quelques chansons autour de la mort.
Il y a un clavier qui décide d’imploser la veille de la prestation et se retrouve métamorphosé en guitare sèche.
Il y a ce souvenir de Ricet Barrier qui, avant de chanter « Tu es venue à mon enterrement », sous-titrait sa chanson en tapant sur sa guitare pour expliquer : « Le glas, c’est le swing de l’enterrement. »
Et il y a Jann Halexander, reprenant dans ce contexte étrange, le jour des morts, une chanson magistrale et néanmoins yourcernarique narrant les curieuses tentatives humaines d’apprivoiser la mort, cette indomptable sauvagerie.
Ç’a donné ça.
On n’aime pas y songer, mais c’est une réalité : quelque 700 000 Français meurent chaque année. Un beau jour (ou peut-être une nuit), 100 % des êtres vivants font de même et ce, depuis des milliards d’années environ. Pourtant, personne ne sait ce que c’est, la mort, bien que beaucoup – religieux, scientifiques, illuminés, artistes, etc. – prétendent le contraire. Après avoir longuement plongé dans ces eaux noires pour un projet éditorial qui n’a finalement pas vu le jour, je suis remonté à la surface avec quelques éléments de réponse donc pas mal de questions que je propose de partager à l’occasion du « jour des morts » qu’est le 2 novembre. En m’appuyant sur une très riche documentation et une enquête sans concession, loin de tout prosélytisme idéologique ou spirituel (c’est pas trop le genre de la maison), je vous invite à un parcours
léger,
décalé,
vivifiant (si),
accessible à chacun et
rythmé par quelques fredonneries sur le thème du jour.
Ainsi, avec la participation mortelle de Jann Halexander, nous nous promènerons sur les chemins de traverse situés entre la conférence très sérieuse et le one-man-show farfelu, pour nous aider à mieux réfléchir à ce qui nous attend tôt ou tard. Les infos :
samedi 2 novembre, 16 h ;
durée : 1 h 15 environ ;
théâtre-atelier du Verbe | 17, rue Gassendi (Paris 14) | métro : Gaîté ;
événement inspiré par La Mort, modes d’emploi, disponible en pdf ici.
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