Presque Michaël Koné-Saki en l’église Saint-Acceul d’Écouen (Val-d’Oise) le 4 juin 2023 Capture d’écran : Bertrand Ferrier.
Amen : c’est sûr, j’y crois. Puis le postlude totalement improvisé : c’est sûr, je crois que j’ai un truc à propulser, et je parle pas d’un mortier d’artifice dans la tête du mec avec un uniforme qui se prend pour Sarkozy sur Terre. Un truc pas prévu, ouf. Un truc qui ménage un peu de spontanéité dans ce monde de prévisions prévisibles. Nothing but not nothing.
Façade nocturne des grandes orgues de Saint-Eustache. Photo : Rozenn Douerin.
Ambiance intérieur nuit : toujours spécial et souvent magique dans les grandes églises. Qui plus est quand les grands noms de l’orgue et quelques autres sont réunis pour improviser en continu, à l’occasion des dix ans d’Orgue en France. Au programme : douze heures de musique impromptue et ininterrompue. Entrée libre, sortie aussi. Public autorisé tout autour de la console de concert, aussi bien debout pour chercher le meilleur angle qu’assis sur des chaises… ou que couché sur le tapis rouge.
Çà, on repère même la bande des foufous de Guérande qu’a rejointe leur chère Esther Assuied afin d’assembler, à même le sol, le puzzle de mille pièces représentant l’orgue du lieu. Verdict : « J’ai l’habitude de faire des puzzles de 5000 pièces, confie la jeune virtuose, mais, là, c’est chaud ! »
Esther Assuied par Rozenn Douerin
Alors que se succèdent sur le banc de solides musiciens de la trempe d’un Vincent Rigot, d’un Thierry Escaich ou d’un Pascal Marsault, d’autres zozos se préparent. Après les répétitions pour construire la structure et un p’tit quart d’heure pour apprivoiser l’orgue et l’acoustique, il est temps pour nous, challengers, de montrer ce que nous avons dans le petit bidon. Et si c’était la chance de notr’ vie ? On s’lance, allez, tant pis !
Bertrand Ferrier et Michaël Koné à Saint-Eustache. Photo : Rozenn Douerin.
Puis laisser la place, rejoindre les amis en salle de catering, partager un peu de liquide et une clémentine, discuter avec d’autres musiciens de passage, revenir écouter quelques collègues des étages supérieurs, parmi lesquels Olivier Latry – bientôt rejoint par Thomas Ospital et Thierry Escaich pour le trio qui devrait buzzer lors de la mise en ligne de la vidéo du concert –, finir par quitter l’arène pour tenir à peu près les yeux ouverts lors de la messe programmée quelques heures plus tard, croiser des spectatrices qui ont bien kiffé le duo orgue et contre-ténor, trouver dans le labyrinthe de Châtelet le chemin vers le dernier métro et revenir avec la vraie vie, un peu de nuit sémillante au fond des yeux.
Vivement le prochain défi !
Le Christ de Saint-Eustache. Photo : Rozenn Douerin.
Pendant douze heures, soixante organistes vont se succéder à Saint-Eustache (Paris 1) à l’occasion de la Nuit de l’improvisation organisée pour les dix ans d’Orgue en France. À 00 h 36, je ploum-ploumerai pendant douze minutes entre, en gros, Thierry Escaich et Olivier Latry. J’espère qu’ils ne seront pas trop impressionnés ! D’autant que, de ma besace, je sortirai l’ami Michaël Koné, contre-ténor et fort tempérament musical. Pour coller à cette nuit improvisée, nous avons choisi de divaguer autour de l’Hymne à la nuit de Joseph Noyon d’après Jean-Philou Rameau.
Ci-dessous, extrait d’un filage – entre les séquences 3 et 4 – esquissé en l’église Saint-André de l’Europe. Concert à entrée libre, sur présentation d’un QR code-barres censé prouver votre pureté virale – c’est si beau…
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