Concert européen ce dimanche 11 mai, à 15 h (24 bis, rue de Saint-Pétersbourg / Paris 8 / M° : Place de Clichy). Harpe, alto, chant, chœur et sept impros baladeuses à l’orgue. Pardon dérange et bon voyage avec la mouzik !

Concert européen ce dimanche 11 mai, à 15 h (24 bis, rue de Saint-Pétersbourg / Paris 8 / M° : Place de Clichy). Harpe, alto, chant, chœur et sept impros baladeuses à l’orgue. Pardon dérange et bon voyage avec la mouzik !

Remplacement de fin d’année (c’est pas le nom de la titulaire) à l’orgue Gonzalez de Notre-Dame d’Espérance, tout près de Bastille. Une paroisse originale, où la prière universelle est préparée spontanément par l’assemblée, où l’on rentre les vélos dans l’église, où le curé pourrait être plus accueillant sans grande difficulté, et où le vicaire malgache s’appelle Jean-Berlin, déjà, et chante, en sus, d’une façon à la fois personnelle et extraordinaire. Pouce levé.
Gros succès de la visite commentée de l’orgue, ce 24 décembre… au point que l’on réfléchit à en faire une version vidéo live l’an prochain, pour que chacun puisse en profiter. Public nombreux pour le concert orgue, trompette et chants traditionnels de Noël. Pour la onzième édition du « Festival de l’Avent – Noël en musiques », c’était fresh de compter sur autant de musiciens enthousiastes et de spectateurs curieux. Un vrai, grand et joyeux merci à tous, et à l’an prochain, inch’Allah !
Chic concert sur l’orgue de chœur de Saint-Louis-en-l’Île (Paris 4)… en présence de Manuel Valls himself. Comme quoi, les grands ministres savent choisir les organistes qu’ils viennent entendre. Non, pardon, Mme la successeuse de la DGSE, j’ai rien dit, j’ai pas ironisé, aïe, pardon pardon pardon.
C’était bien, c’était chouette, on était beaucoup, on a fait de la musique dans une grande église avec un vrai orgue. Franchement, que demande le peuple ?
L’orchestre dans son ensemble est à l’honneur ce 8 novembre à Pleyel, pour le programme du Philharmonique de Radio France.
C’est même, heureuse initiative, à sa première clarinette solo qu’est confiée la Rhapsodie pour clarinette et orchestre de Claude Debussy. Habillé par un ensemble soyeux, Nicolas Baldeyrou semble s’amuser des difficultés discrètes qui émaillent ce morceau de concours – quelques vigoureux traits virtuoses çà, mais surtout des pianos dans les aigus et de redoutables changements de registre sèment cette brève composition (8′). On apprécie l’harmonie étonnante que fait chanter l’Orchestre, ainsi que la sonorité, les attaques et l’aisance du soliste. Au fond de la salle, les pairs de la vedette non convoqués pour cette pièce saluent la performance, à l’instar d’un public charmé par cet apéritif délicat.

Suit L’Ascension d’Olivier Messiaen (durée : une petite demi-heure), constituée de « quatre méditations symphoniques pour orchestre » et écrite à vingt-cinq ans, avant sa mutation en pièce pour orgue. Quasi didactique par sa manière de faire se succéder les pupitres, l’œuvre séduit dans cette interprétation, tant Myung-Whun Chung excelle à valoriser les harmonies d’une musique qu’il connaît sur le bout de la baguette. Le premier mouvement (« Majesté du Christ »), grande pièce d’apparence statique, est constituée d’un écrin orchestral qui sertit l’éclat des trompettes – celles du Philharmonique de Radio France finiront par donner de gênants quoique compréhensibles signes de fatigue. Le tutti final résonne jusqu’aux « Alléluias sereins » qui constituent le deuxième mouvement, centré sur un dialogue entre cordes et bois. Cuivres et cordes, soutenus par les percussions, reprennent le pouvoir pour les « Alléluias sur la trompette » puis la cymbale – il nous semble avoir entendu des versions studio plus énergiques, mais la rythmique de Messiaen n’en est pas moins joliment rendue par la phalange parisienne. La lente et superbe « prière du Christ montant vers son Père », confiée essentiellement aux cordes, emporte l’auditeur grâce au talent du chef pour faire vibrer la beauté d’une partition superbement jouée par des musiciens convaincants. Grands bravos !

Après l’entracte cornichon-Cherry coke (en option), l’orchestre attaque la Symphonie n°3 « avec orgue » de Camille Saint-Saëns (35′), entendue dans cette salle il y a peu. Et là semblent apparaître les limites de l’art de Myung-Whun Chung. Le premier mouvement laisse même craindre la catastrophe : la battue sporadique et nonchalante ne suffit clairement pas à guider les musiciens. Après l’incipit modéré, la cavalcade qui suit sonne brouillon, de guingois. L’inquiétude des profondeurs (déclinaison du Dies irae) devient une inquiétude de surface, malgré les interventions précises de Christophe Henry à l’orgue. Les mouvements plus posés remettent en valeur la richesse de son que Myung-Whun Chung parvient à obtenir de l’orchestre ; mais, de nouveau, le finale laisse une impression de précipitation peu maîtrisée. Volonté de lâcher la bonde à l’orchestre ? Illusion d’écoute – toujours possible ? Toujours est-il que le résultat soulève d’enthousiasme la salle – sauf nous, qui notons l’étrange geste de victoire du timbalier sur la dernière frappe, comme s’il avait douté jusqu’au bout que les musiciens finiraient à peu près ensemble.
En conclusion, une soirée de qualité, dont le grand moment restera une superbe version de L’Ascension, et la grande interrogation cette curieuse version de la symphonie finale.
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