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Orgue page 12

Salle Pleyel, 16 octobre 2013

Programme Pleyel du jour

Devant une Salle Pleyel complète, l’Orchestre de Paris s’attaque à un joli programme, ce 16 octobre : Sibelius, Ravel et Saint-Saëns.
En ouverture, la Suite Karelia de Jean Sibelius,composée en 1893. Cuivres, percussions, cordes en réponse, mélodies entêtantes, hymnes solennels : tout pour faire de la musique pompier. Pourtant, sous la houlette d’un Paavo Järvi souriant, la phalange parisienne s’obstine à faire de la musique. Du piano très beau au forte martial, avec des effets de crescendo/decrescendo réussis, l’orchestre parvient à donner du corps à cette musique d’accompagnement (à la base, elle servait pour illustrer un spectacle historique), au point d’accrocher l’auditeur au-delà du poum poum qui saisit d’emblée. Beau travail qui valorise cette musique plaisante.
Pour le morceau avec soliste, ce soir-là, la programmation dégaine le Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel (le lendemain, la pièce était remplacée par le Concerto pour piano n°2 de Franz Liszt). Au clavier, Jean-Frédéric Neuburger. D’apparence à l’aise, à l’évidence à l’écoute de ses accompagnateurs, le soliste attaque cette partition redoutable avec férocité – vu ce qu’il y a à taper, vaut mieux. Quel dommage, donc, qu’il noie une grande partie du mouvement liminaire dans une pédale omniprésente ! D’où nous sommes, l’effet est désastreux. Toute l’énergie, toute la puissance, toutes les nuances d’attaques différentes, tout est englouti dans un halo incompréhensible. C’est d’autant plus regrettable que les notes sont là ! La main dévore le clavier, cherche visiblement des contrastes, se démène et rebondit avec la verve nécessaire pour rendre justice aux défis (hystérie des notes, illusion de deux mains, multiplicité des styles – du jazz à la marche en passant par les grands sentiments à la sauce romantique). La pédale s’allège à mesure que ces vingt minutes de virtuosité s’écoulent, ce qui permet de mieux goûter et les efforts du soliste et les effets de dialogue avec la masse orchestrale. Mais la déception est d’autant plus grande que le soliste conclut par un redoutable Debussy qui montre que Jean-Frédéric Neuburger sait user plus subtilement de la pédale qu’il ne nous semble l’avoir fait dans son morceau imposé.
Après la pause rillettes-cornichons-bière (ou « juste une coupe de champ' », selon les religions), c’est l’heure – enfin, les quarante minutes – de la curiosité de l’année : la Symphonie n°3 « avec orgue » de Camille Saint-Saëns, plusieurs fois programmée à Pleyel cette saison. Gros machin que cette symphonie, avec gros orchestre, piano à quatre mains et orgue décoratif pour faire encore gonfler la sauce. L’introduction en douceur est plutôt bien négociée par l’Orchestre de Paris, même si certains départs ne semblent pas parfaitement nets, et même si (c’est dire) on eût aimé, peut-être à tort, des tempi un chouïa plus soutenus pour éviter la dilution de l’émotion. L’arrivée du leitmotiv qui imite le Dies irae pousse l’orchestre à sonner. L’orgue est tenu – c’est pas tout à fait rien – par un Thierry Escaich qui ne feint pas de se passionner pour une partition il est vrai peu exigeante à son aune, peu susceptible de le mettre en valeur, et qu’il a trop jouée, si l’on en juge par son air blasé. Précisons que l’orgue électronique retenu pour la soirée remplit correctement son rôle d’accompagnateur. Paavo Järvi se soucie de donner du souffle à la partition en ouvrant et fermant avec précision la boîte expressive de l’orchestre. Comme il convient, l’ensemble est impressionnant, malgré quelques départs qui donnent la sensation de se faire un peu à l’arrache, mais l’interprétation manque peut-être d’une pointe de tension musicale, d’inquiétude quasi métaphysique (on parle quand même d’un Dies irae) pour nous combler.
En cadeau, et on se réjouit de ce bis, un bout du Samson et Dalila conclut festivement cette belle soirée où l’Orchestre de Paris se montre à son avantage, notamment en rappelant que Jean Sibelius comme Camille Saint-Saëns ont écrit de la belle musique… surtout quand l’interprète la joue sans vouloir « faire joli ».

L’orgue mémoire

Audition Yannick 2013

En souvenir de Yannick Daguerre, concert collectif fut donné le 15 septembre en l’église de L’Isle Adam. J’y proposai cinq improvisations « à thème ». En voici la retranscription intégrale, enregistrée par l’organisateur.

1. Introït et broderies furieuses sur la Pastorius toccata pour sonder si l’accord est bon partout (4’40)
[audio:http://www.bertrandferrier.fr/wp-content/uploads/2013/10/Impro-1.mp3]

2. Variations sur un choral inventé (4’30)
[audio:http://www.bertrandferrier.fr/wp-content/uploads/2013/10/Impro-2.mp3]

3. Valse infinie sur un cantique chiant [« Viens avec nous, Marie »] (4’20)
[audio:http://www.bertrandferrier.fr/wp-content/uploads/2013/10/Impro-3.mp3]

4. Lamento technodance (3’40)
[audio:http://www.bertrandferrier.fr/wp-content/uploads/2013/10/Impro-4.mp3]

5. Requiem révolté (4’20)
[audio:http://www.bertrandferrier.fr/wp-content/uploads/2013/10/Impro-5.mp3]

Requiem pour un pamp’mousse

Requiem pour un pamplemousseRentrer d’accompagner à l’orgue le chœur Exavocem, dirigé par Matthieu Boutet, dans des extraits du Requiem de Mozart. Et se rappeler qu’on est vivant en suçotant un vrai jus d’pamp’mousse. Chic, chic, chic. Avec une paille en sus. Rose fuchsia. N’en j’tez plus !

In memoriam Yannick Daguerre

L'eau coule, pas le souvenir.
L’eau coule, pas le souvenir.

Aujourd’hui, en l’église de L’Isle-Adam, j’ai participé au concert collectif d’orgue à la mémoire de Yannick Daguerre. Ciel à l’orage, vert qui persiste, orgue qui gronde : la vie continue, mais le souvenir, les regrets et la colère ne disparaissent pas. Ce dimanche, ils persistaient en musique, et ça fait du bien.

Chaque année, en septembre, hommage à Yannick Daguerre.
Chaque année, en septembre, hommage à Yannick Daguerre.

Par ici la sortie !

Soufflant !

À partir de samedi et jusqu’au 15 août, je remplace Dominique Pasquier au grand orgue Dargassies (2004) de la basilique mineure Notre-Dame du Perpétuel secours (Paris 11). L’instrument est considéré comme le sixième orgue le plus important de la capitale. Simplement popopopop.

Les tuyaux qui soufflent des frissons

L'orgue de la collégiale de MontmorencyJouer un trois-claviers dans une collégiale historique… avec des paroissiens qui écoutent ton improvisation finale sur « La Marseillaise », applaudissent et viennent te dire que ça sonnait comme du Yannick Daguerre… C’est sûr, cela donne du ressort au mot « pomme-pet-deup » !

J’aime sonner les cloches

Les cloches de l'orgue de GroslayDe retour de l’orgue de Saint-Martin de Groslay (photos complètes sur Facebook), avec son jeu que je préfère : le clochetonneur !

L’autre Montmorency

Dans une ville dominée par la collégiale et son grand-orgue, il existe aussi un autre orgue niché, lové, greffé (barrez les trois verbes inutiles) dans sa lumineuse église Saint-François. J’y fus convié à jouer du Goldman, du Duteil, du Cabrel et du « Tina Arena » pour un baptême. Ben ça sonne pas si mal, savez-vous ?

Un orgue à l’opéra

(Photo : Josée Novicz)

Pour la fête de la musique, on a soufflé autour de l’orgue les deux cents ans de la naissance de Wagner et de Verdi. Merci à tous ceux venus partager ce moment improvisé mais pas que (photos : Josée Novicz) !

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