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Le blog de Bertrand Ferrier, page 342

La flûte en chantier

Sommiers et faux-sommier de l'orgue de Saint-André de l'Europe dans l'atelier d'Yves Fossaert à Mondreville (77).
Sommiers et faux-sommier de l’orgue de Saint-AndrĂ© de l’Europe dans l’atelier d’Yves Fossaert Ă  Mondreville (77).

RĂ©union de chantier dans l’atelier d’Yves Fossaert, facteur dĂ©signĂ© pour restaurer l’orgue de Saint-AndrĂ© de l’Europe. Et dans cet atelier, comme par zazar, les grandes orgues tutoient les grandes eaux de toilettes.

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Vous Ăªtes lĂ , lalala, lala

Magique septembre 2015

Je reprends les Rennes

Petit matin. TGV. Révision du cours possible.
Petit matin. TGV. Révision du cours possible.

Sept ans que Catherine Daniel, Solenn Dupas et Jean-Paul Thomas m’invitent Ă  faire souffrir les Ă©tudiants de l’UFR ALC de Rennes-2 en leur dĂ©voilant les bûûûleverserants secrets de l’Ă©dition pour la jeunesse. Quitte Ă  me lever Ă  04:30, je dis oui, merci.

Pause du midi.
Pause du midi.

L’important, c’est l’or-ga-ni-sa-tion (surtout pour le repas de midi).

Le "chargé de cours", version off.
Le « chargé de cours », version off.

Les Ă©tudiants sont sympa, parfois mĂªme mignons, quasi toujours tranquilles. Mais frĂ©missant est aussi le TGV du retour, quand t’es seul ou quasi seul dans le demi-wagon de tĂªte, et que tu kiffes la vaillebe en sirotant une banane dans l’Ă©dition de la PlĂ©Ă¯ade. Genre : YOLO, et Vian (comme l’eau, quasi).

TGV de retour. Paisibilité. Good vibes and whatever.
TGV de retour. Paisibilité. Good vibes and whatever.

Si ça s’trouve, quand le train s’arrĂªte, tu pourrais mĂªme faire des photos stupĂ©fiantes sans savoir comment.

ArrĂªt sur image pour le TGV de 18:35.
ArrĂªt sur image pour le TGV de 18:35.

D’oĂ¹ la question finale : est-ce que tu ne te la pètes pas un p’tit peu trop, you Bewtwand Fewwier ?
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Le FreischĂ¼tz, ThĂ©Ă¢tre des Champs-ÉlysĂ©es, 14 septembre 2015

De gauche à droite : Yorck Felix Speer (Kouno), Christina Landshamer (Annette), Véronique Gens (Agathe), Dimitry Ivashchenko (Gaspard), Miljenko Turk (Ottokar), le consternant Graham F. Valentine (récitant) et Franz Josef Selig (l'Ermite). Photo : Bertrand Ferrier.
De gauche Ă  droite : Yorck Felix Speer (Kouno), Christina Landshamer (Annette), Nikolai Schukoff (Max), VĂ©ronique Gens (Agathe), Dimitry Ivashchenko (Gaspard), Miljenko Turk (Ottokar), le consternant Graham F. Valentine (rĂ©citant) et Franz-Josef Selig (l’Ermite). Photo : Bertrand Ferrier.

 Aller voir un opĂ©ra en « version de concert » a, a priori, un cĂ´tĂ© rassurant : au moins, suppute-t-on après quelques expĂ©riences attristantes, la mise en scène ne parasitera pas l’Å“uvre. Erreur ! Il existe des astuces pour gĂ¢cher une reprĂ©sentation musicalement de bon aloi. Illustration, ce 14 septembre, avec la production du FreischĂ¼tz donnĂ©e au « TCE », annoncĂ©e en rediff sur France Musique le 10 octobre Ă  19 h.
L’histoire : un concours de tir met la pression sur Max. S’il ne vise pas bien demain, il n’Ă©pousera pas Agathe, sa promise. Pour mettre toute chance de son cĂ´tĂ©, il accepte de vendre son Ă¢me au diable grĂ¢ce Ă  l’intercession de Kouno, jaloux du futur mari et pressĂ© de nĂ©gocier un sursis avec Samiel-le-diable moyennant une Ă¢me (acte I). Pendant qu’Agathe s’impatiente et dĂ©prime tour Ă  tour, près de sa proche parente Annette, Max rejoint le lieu terrifiant oĂ¹ seront forgĂ©es ses munitions miraculeuses (acte II). Le lendemain, Max tire sur commande… mais, alors qu’Agathe s’effondre, trop stressĂ©e, la balle touche et tue Kouno. Un bannissement est prononcĂ©, mais l’Ermite lui substitue une mise Ă  l’Ă©preuve d’un an, et tout finit donc presque bien (acte III). Le tout est distribuĂ© en deux parties d’une heure sĂ©parĂ©es, youpi, par un entracte, ça compte aussi.
La particularitĂ© : celui qui n’aurait pas un p’tit peu bossĂ© son synopsis voire son livret avant la reprĂ©sentation n’a aucune chance de comprendre l’histoire, dĂ©jĂ  passablement tortueuse. Pas parce qu’il est imprĂ©voyant donc sot : juste parce que, pour cette sĂ©rie de reprĂ©sentations (deux exĂ©cutions viennent de rĂ©sonner Ă  Hambourg), « les dialogues parlĂ©s sont remplacĂ©s par un texte de Steffen Kopetzky dit par Samiel ». Ce texte, en français s’il vous plaĂ®t, intercalĂ© entre les airs voire au milieu des chansons (Ă  part pour prouver sa bĂªtise, pourquoi gĂ¢cher le Volkslied des demoiselles d’honneur, au troisième acte ?), est d’abord une paraphrase verbeuse, aux tendances pseudo-poĂ©tico-philosophiques, autour du Mal et des tentations de l’homme, puis, le temps passant, une manière de rĂ©sumĂ© libre. Il est interprĂ©tĂ© par Graham F. Valentine, coiffure de clown entre Gauthier Fourcade et David Sire sans le talent des zozos citĂ©s, prononciation grandiloquente, parfois hĂ©sitante, associant sporadiquement les « r » roulĂ©s et les « r » pas roulĂ©s. En attendant, c’est le spectateur qui se sent roulĂ© car, sans les dialogues parlĂ©s et avec cette verrue logorrhĂ©ique moderne, l’opĂ©ra ressemble Ă  une succession d’airs de concert dont on ne perçoit ni la cohĂ©rence, ni les enjeux dramatiques – pour un opĂ©ra, c’est quand mĂªme un chouĂ¯a gĂªnant.

De gauche Ă  droite : Christina Landshamer, Dimitry Ivashchenko, Nikolai Schukoff et Miljenko Turk. Photo : Bertrand Ferrier.
De gauche Ă  droite : Christina Landshamer, Dimitry Ivashchenko, Nikolai Schukoff et Miljenko Turk. Photo : Bertrand Ferrier.

L’interprĂ©tation musicale : la partition, variĂ©e, luxuriante, oscille entre l’art mozartien, le plaisir du folklore, la puissance Ă©motionnelle de l’orchestre romantique et mĂªme des promesses presque wagnĂ©riennes. En prime, elle met en valeur nombre de pupitres de l’orchestre (notamment cors, bien sĂ»r, clarinette, violoncelle, alto mis en scène pour la romance d’Annette au III…), et chaque musicien y tient vaillamment sa partie, ce soir-lĂ . Ainsi, après un premier dĂ©part peut-Ăªtre lĂ©gèrement asynchrone, les cors font montre d’une justesse et d’une constance irrĂ©prochables. Thomas Hengelbrock, mĂªme s’il commence un peu mollement Ă  notre goĂ»t, assure par la suite une direction qui rend raison des diverses humeurs parcourant la partition. Le talent des solistes finit d’emporter l’adhĂ©sion ; et cette remarque vaut aussi pour le chÅ“ur, dont on apprĂ©cie les nuances, la force lorsque nĂ©cessaire, la justesse y compris dans les passages tendus, et la variĂ©tĂ© des voix qui chantent en solo.
Le plateau vocal : aucun chanteur n’est hors de propos ou hors de forme ce 14 septembre, mĂªme s’il nous a semblĂ© entendre parfois un allemand exotique (comme nous ne sommes pas germanophone, c’est sans doute une illusion de snob). Franz-Josef Selig, spĂ©cialiste des rĂ´les brĂ©vissimes, vient jouer les utilitĂ©s de luxe Ă  la toute fin de la pièce, impressionnant par ses graves parfaits et son mĂ©dium rond, en dĂ©pit d’un vibrato que nous-petit-spectateur aimerions un poil moins relĂ¢chĂ© et envahissant. Cependant, les vedettes annoncĂ©es sont Ă  chercher du cĂ´tĂ© de Max et Agathe, les futurs Ă©poux. Nikolai Schukoff, quoique un peu stressĂ© sur la fin (il revient Ă  la partition dont il n’avait pas fait usage avant la seconde partie), manque peut-Ăªtre en concert du charisme qui incarnerait son personnage et sĂ©duirait pleinement ; cependant, il propulse avec savoir-faire un timbre clair, une voix sans fatigue et une unitĂ© de sonoritĂ© sur toute sa tessiture. VĂ©ronique Gens propose une Agathe très intĂ©rieure. Aucun reproche vocal ne paraĂ®t pertinent, mais l’on aurait aimĂ© l’entendre parfois libĂ©rĂ©e, afin de mieux rendre raison, Ă  notre point de vue, de l’Ă©tendue et de l’intensitĂ© des Ă©motions qui habitent son personnage, tout nunuche soit-il. Yorck Felix Speer coule son Kouno dans un monolithe grave, oĂ¹ la prĂ©cision de la voix Ă©touffe parfois la force dramatique qu’on attendrait du personnage. Miljenko Turk, le beau gosse du lot, impressionne quand il saisit en volant le sceptre d’Ottokar : du souffle, de la constance sur ce bref rĂ´le, mais une agaçante maladresse scĂ©nique Ă  sembler attendre des bravos dès qu’il ferme la bouche – alors qu’il joue le prince rĂ©gnant, personnage ferme qui n’a pas besoin de l’approbation de ses sujets. Restent les deux chanteurs qui nous semblent les plus impressionnants ce soir-lĂ  : Dimitry Ivashchenko campe un Gaspard Ă  la fois humain et trrrès malĂ©fique, profond Ă  souhait, comme il sait si bien faire ; et Christina Landshamer rayonne en Annette dĂ©chaĂ®nĂ©e – belle voix et jolie prĂ©sence scĂ©nique donnent envie de la revoir tantĂ´t pĂ©tiller sur scène car, devant son interprĂ©tation d’Annette, on se lève tous pour elle (pas pu m’en empĂªcher, mĂªme pas dĂ©solĂ©).
En bref, beau concert, superbe musique, mais haro sur la pseudo-crĂ©ativitĂ© stupide du « texte nouveau » dans lequel on ne saurait trop blĂ¢mer les producteurs d’avoir investi.

Photo : Bertrand Ferrier
Photo : Bertrand Ferrier

J’Ă©tais Ă  (Radio) Notre-Dame

Juliette Loiseau, face Ă  Bertrand Ferrier. (Tadaaam.)
Juliette Loiseau, face Ă  Bertrand Ferrier. (Tadaaam.)

Et pour les gourmands fĂ©rus de mp3, voici le podcast de l’entretien menĂ© par Juliette Loiseau sur Radio Notre Dame, Ă  propos de L’Homme qui jouait de l’orgue…

Connais-moi toi-mĂªme

"L'Homme qui jouait de l'orgue" séduit "Le Parisien"
L’Homme qui jouait de l’orgue sĂ©duit « Le Parisien »

Ce qui est bien, avec les entretiens retranscrits par la presse, c’est que l’on apprend plein de choses sur soi. Mais comme le ton est bienveillant et puisque faire un article sur un organiste, c’est un beau geste, allĂ©luia voire deo gratias !

En fait, un filage, c’est comme ça

Bertrand Ferrier au Magique (Paris 14), répétition. Photo : Josée Novicz.
Bertrand Ferrier au Magique (Paris 14), répétition. Photo : Josée Novicz.

Comme un insecte fou

Répétition au Magique, le 10 septembre 2015. Photo : Josée Novicz.
Répétition au Magique, le 10 septembre 2015. Photo : Josée Novicz.

Entrer dans la lumière d’une rĂ©pĂ©tition technique pour le concert du 18 septembre au Magique : check. Quelques places encore disponibles ici !

What else?

Debussy au soleil

Le son de rien

Table de mixage d'une église parisienne
Table de mixage d’une Ă©glise parisienne