
Quand la feuille paroissiale confirme que ta vie d’organiste était, ce tantôt, plutôt un grand vide d’organiste.

Ce tantôt, j’ai joué un Cavaillé-Coll somptueux qui… Un instant, je vous prie.
Ouais, c’est moi, tu peux me faire monter le stagiaire Photoshop ? Super. Avant ça, apporte-moi le rouleau de Sopalin, du détergent et le 9 mm. Pardon ? Mais non, au contraire ! C’est pour éviter de le faire souffrir trop longtemps. Voilà, et appelle sa mère. Dis-lui qu’il est parti aux Bermudes, il paraît qu’elle est d’accord et tout et tout.
Vas-y, entre, stagiaire, on va parler.

– Ha, vous voyez, il va très bien, cet orgue !
– Ben non.
– Pardon ?
– Quand on tire le clairon du grand orgue, ça fait pouët.
– Bon, une fois qu’on le sait…
– Certes, mais le premier do de ce jeu met cinq à dix secondes à fermer son clapet. Et le troisième fa dièse est muet.
– La belle affaire ! Vous préférez quand ça fait pouët ou pas ?
– Les cinquièmes do et fa dièse de trompette sont muets itou.
– Il reste d’autres notes à jouer, je suppose.
– Quand on tire la fourniture et la cymbale, ça pouëtte aussi.
– Choisissez des jeux moins puissants.
– Le troisième do dièse du grand orgue déclenche la flûte de 4 même quand le registre n’est pas tiré.
– Tant pis, les gens s’en moquent.
– Le quatrième si du grand orgue déclenche le quatrième si du bourdon même quand…
– Oui, « même quand le registre n’est pas tiré », on connaît la chanson.
– En revanche, quand on tire certains registres du positif, le deuxième do dièse corne.
– Pourquoi vous les tirez, aussi ?
– Bah, si on ne tire aucun jeu au positif, le bourdon fonctionne quand même.
– Ne jouez pas au positif. Ça vous laisse le grand orgue et le récit… et le pédalier.
– … mais le troisième fa de soubasse est aussi un troisième mi de soubasse. Et, bien sûr, les anches sont fausses – mais ça, c’est normal, en fin d’été.
– En résumé, l’orgue va très bien. Vous voyez, même vous, vous êtes obligé de le reconnaître !
– En fait, il faut que j’arrête de parler aux gros cons. Un de ces jours, je serai moins fatigué et ça va mal se mettre, c’est sûr.

Ce moment où, pour 2 h 30, tu comprends pourquoi être rganiss, c’est coule. Car, non, tu ne pars pas en vacances – tu es trop petit pour zapper deux mois de casuel, mais voici août, c’est la night et t’es au centre d’un Paris vidé, donc tu vas répéter en p-a-i-x, sans faute de rtograf. Et, après une première mi-temps en solitaire, tu vas pulser en compagnie d’un trompettiss pomme-pet-deup, pour un concert qui te tient aux entrailles. Quoi d’autre ?
– Je ne sais pas de quoi ça parle, me dit la vedette concernée par cette image qu’il m’envoie.
– Je ne sais pas quel organe de semi-paltoquet m’a semi-piqué cette photo, réponds-je. Si quelqu’un dit m’avoir contacté, lo niego todo.
– Survivons-y, suggère-t-il.
– Bon, si t’insistes, je ferai mon possible, conclus-je.
– …
– Ben alors, t’insistes, David ?
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