Moins connue que la crim’, sauf en été, voici la clim’ appliquée à l’orgue. Tout à fait, une bassine d’eau dans le buffet. Voilà, c’était notre cours de facture d’orgue pour aujourd’hui. On se revoit à la rentrée pour de nouveaux éclaircissements – faut pas abuser des connaissances.
« – Merci de respecter la mémoire de mon père en ne jouant, pour ses funérailles, que du Messiaen et du Duruflé. Et attention, je connais très bien l’orgue de cette église, j’y ai joué les plus grandes pièces de ces génies, inutile d’essayer de me berner. / – Après, j’ai pas le numéro de tous les sikatr, mais autant que concerné je suis, ce serait peut-être bien si vous faites un coucou au vôtre, quand même. J’dis ‘peut-être’, c’est pour le rythme, hein. »
Tu connais ce moment, oh, tu connais ce moment où, arrivant à ton travail d’organiste, tu essayes de recueillir le programme entre les différents intervenants pour démontrer la plus grande motivation. Puis vient le moment où, pfff, si personne veut bosser avec un peu de rigueur, pourquoi moi, bordel ?
Il est sympa (il est invité à la tribune, c’est dire). Tu lui as négocié des draps pour faire le con. Tu lui as rafraîchi le bol d’eau que tu lui as dédié. Mais tu sens que le chat du patron enregistre la moindre de tes fausses notes. Même en répétition. Un chat, quoi.
Les gens les plus importants quand t’es organiste : la secrétaire et le sacristain. Surtout si ledit sacripant est Antillais et qu’il connaît ta foi profonde dans l’idée que la beauté est extérieure mais, bon, parfois, quand ça t’arrange, intérieure. La preuve, il m’a offert une magique baguette (sans « r ») au sésame siglée Auchan. C’était bizarre, mais la lumière fut bientôt, et l’on changea de saucisson.
La dame qui accueille les paroissiens m’avait pourtant prévenu : l’assimilé titulaire de ce grand coquillage n’est pas commode. En plus, pour un étranger et un Parisien de surcroît… J’ai répondu que ça devrait donc bien se passer car moi non plus, je suis plus buffet que commode (bref).
De fait, l’ex-accordeur de piano m’a accueilli comme une vedette et un ami ; j’ai pu jouer dans les meilleures conditions les soli de la messe, puis les répons, puis le chant final – ultimate signe de confiance s’il en est, les collègues confirmeront… afin de me chauffer avant le baptême pour lequel j’avais débarqué. Même si l’orgue, comme beaucoup de Wolf, n’est pas au complet, euphémisme, et même si sommier et transmission électrique souffrent, c’était bien, c’était chouette. Pour un peu, on se serait cru chez Lorette – merci, la Bretagne rennaise !
Le samedi 6 octobre, en l’église Saint-André de l’Europe, tout commencera par un concert orgue, basson et bombarde. La première répétition in situ a eu lieu ce 7 juillet (!), et nous y avons subtilisé l’extrait que voici…
Enfin les vacances.
Ah non. Tant pour moi.
Vivement le 15 septembre, entre Marcello, Albinoni, Rota, Helmschrott, et créations contemporaines, dont une pièce de chacun des strumentiss. Ça va zouker. En attendant, ça souque dur, si j’puis dire.
De septembre à juin, l’on festoya. Avant de repartir au feu, affichons nos souvenirs (et non « nos fous, venir à nichons », ça ne voudrait rien dire), voire réciproquement.
BWV 1020 au sax et à l’orgue avec Pierre-Marie Bonafos. Photo et vidéo : Rozenn Douerin.
Oui, c’était sympa, ce dernier concert où le public a été obligé de retourner les chaises qui, modestement, ne l’avaient pas été, afin de profiter de la vidéo live proposée par Rozenn Douerin… … un dernier concert qui, grâce au talent de ce dingo de Pierre-Marie Bonafos, a, visiblement, touché au cœur des spécialiss, des baguenaudeurs, des gourmands, des Français, des Algériens, des Américains, des gens comme voutémoi, en somme… … un dernier concert qui n’en est pas un puisque, a priori, rendez-vous ce samedi 15 septembre à l’occasion du retour de Komm, Bach! dans le cadre d’une troisième saison, avec visites de l’orgue à 16 h et 17 h, puis concert inaugural à 20 h suivi d’un coquetèle !
Improvisation de 5′ (d’où le portable chronomètre). Photo : Rozenn Douerin.
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