Scandale, suspicion et astuce : et si les Roms qui distribuent des p’tits papiers dans les transports franciliens n’étaient que des organissses espérant rentabiliser leur voyage entre domicile et lieu de travail ?
Sur ce modèle, à quand un mode d’emploi de la voiture façon organiste (« ne pas démarrer sur les pleins jeux », « pour accélérer, tirer le registre de vitesses vers vous », « pour freiner, enfoncer la tirasse », « si le moteur fait des bruits bizarres, demander au facteur de venir l’accorder », etc.) ?
Pour fêter les derniers moments de l’orgue de Saint-André de l’Europe, dont je suis titulaire, cinq concerts ont été organisés juste avant son démontage. Voici le concert de ce samedi 20 juin, avec sa set-list.
Au programme, ça ne rigole pas : Sylvie Mallet, professeur d’orgue au Conservatoire à Rayonnement Régional de la rue de Madrid, partagera la tribune avec la pimpante Marie-Louise Langlais, veuve du grand compositeur et organiste Jean Langlais. Cerise sur le gâteau, la set-list a été conçue pour plaire à chacun, afin de faire découvrir la beauté de l’orgue et l’originalité de l’oeuvre de Jean Langlais. Bon appétit à tous !
Pour accéder à l’orgue d’Écouen, il faut d’abord jouer d’un vrai, d’un beau trousseau.
Ensuite seulement, on peut profiter d’un instrument jadis historique, désormais en voie de décomposition avancé, qui attend sa résurrection dans un environnement professionnel. Pour preuve, Mathieu Lours, le titulaire, a bien rangé son bordel pour notre venue. Ah non, pardon excuse, je devais écrire : Mathieu Lours, le titulaire, a choisi de laisser les musiciens prendre leurs marques dans une ambiance cosy et décontractée, où le cool est le néo-bordel.
Suite à la chute et à la disparition dans le meuble d’un bitouniou permettant, sans aucune justification technique, d’éviter les cornements, nous avons sollicité l’assistance de saint Joseph, sans lequel ce concert aurait ressemblé à un long et lancinant couac d’une heure environ. À l’ex-Cité de la musique, ce serait un mélisme ductile très stable qui assure une assise formelle séduisante lors d’une prestation de l’Ensemble InterContemporain – pour le Festival du Connétable, ç’aurait juste été sa mère pas possible.
Et c’eût été dommage, car le public était venu battre les records d’affluence dans l’église, au point que le monument a dû être fermé dix minutes avant le concert car la jauge maximale était déjà largement dépassée. Yes, sir – comme dirait (as might say, du verbe to say, said, said, saiden, saidenned et je me souviens plus de l’ablatif irrégulier) peut-être (maybe, perhaps, who knows, as far as she’s concerned, where is my umbrella) Françoise Dauchel, l’organisatrice ex-prof d’anglais, et son époux-présentateur.
Bref, merci, mon public. Mon public à moi. À moi tout seul. (Et surtout au trompettiste Rémy Richard, mais bon.) Grâce à vous, à Mathieu Le Cosy, aux organisateurs et au pouët-pouëtman professionnel qui m’accompagne, ce dimanche de Pentecôte, j’ai donné un joyeux concert orgue et trompette à l’église Saint-Acceul d’Écouen.
Avant, je chantais au Connétable. Mais ça, c’était avant. Ce dimanche de la Pentecôte, je joue de l’orgue pour le Connétable, avec Rémy Richard à la trompouette. Au programme : des tubes (Purcell, Charpentier), des bizarreries qui sonnent bien (Fauré) et des raretés qui valent le détour (Mouret, Mozart Senior). RDV 18 h à Écouen. Tous rens. ici et là.
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