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Vis ma vie d’organiste page 6

Ma vision préférée

Peppone à la tribune de Saint-André de l’Europe, le 19 novembre 2021. Photo : Bertrand Ferrier.

 

 

Mon nouveau métier (semble-t-il)

 

Bien accompagné 26

Le Roy en l’église Saint-Saturnin de Nogent-sur-Marne. Photo : Bertrand Ferrier.

 

À l’enterrement d’une feuille morte voulurent se rendre deux escargots. À l’enterrement d’un grand musicien de la chanson française, je me rendis en compagnie du Roy, expert organier en granularité sonore, membre de la confrérie Sleepy & Partners. Sa mission : examiner l’orgue local afin de rendre un rapport précis et circonstancié sur, eh bien, comme il se doit, sa granularité sonore.

 

Photo : Bertrand Ferrier

 

Selon le savant, à l’œuvre pour la première fois, le projet est avant tout « d’esquisser de façon systématique une morphologie analytique des jugements – tâche spéciale qui a une portée universelle » précise cet husserlien en allusionnant, eh oui, la p. 416 des Idées directrices pour une phénoménologie citées tantôt par son confrère. À l’en croire, la perception d’une morphogénèse logique ambitionnant la perspective préanalytique de l’étant – en postulant, de façon schématique, une dichotomie systémique entre signe sonore et signification évaluante – permettrait de penser le grain du son non plus en tant que grain ou en tant que son, mais en tant que tel, c’est-à-dire en tant que la substance sonore n’est rien d’autre que le réel conçu comme le son dégagé de la perception relativiste. (Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre.)

 

Photo : Bertrand Ferrier

 

Analyse faisante, le Roy se risque à sourire : « Il me souvient, glisse-t-il, d’une anecdote quelque peu cocasse. En lisant les aventures de Martinzoust narrées par Italo Calvino dans Le Chevalier inexistant – les non-italianistes la peuvent lire [p. 43] dans la traduction de Maurice Javion et Mario Fusco [2001], publiée chez Gallimard dans la collection Folio en 2012 –, je compris pleinement comment donner à saisir la granularité sonore aux manants. Depuis, j’explique que, comme ce brave hurluberlu qui, à force de rouler, disparut, la granularité sonore est seulement quelque chose qui existe sans s’en douter. Et notre rôle, par ma foi, est de rendre justice à cette existence pure au sens où elle n’a pas conscience d’elle-même. »

 

Le Roy sur les bords de Marne, le 16 novembre 2021. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Cette extrême générosité de la pensée se traduit, chez l’expert granurologue, par un besoin de se ressourcer à soi-même et à la nature. Il s’agit évidemment d’un hasard si la promenade revigorante qu’il fit le conduisit, par la suite, à des libations en joyeuse, musicale et œnologique compagnie. Le stipuler relève de l’évidence, mais il est sain, parfois, de relever de l’évidence plutôt que d’une méchante maladie. (En gros, hein.)

 

Le Roy au Val de Beauté, à Nogent-sur-Marne, le 16 novembre 2021. Photo : Bertrand Ferrier.


Retrouver les aventures de Sleepy & Partners…

  1. … aux grandes orgues de la collégiale de Montmorency.
  2. … à l’église Saint-Marcel (Paris 13).
  3. … à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Domont.
  4. … à l’église Saint-Martin de Groslay.
  5. … à l’église Saint-Louis de Vincennes.
  6. … à l’église Saint-Joseph d’Enghien-les-Bains.
  7. … sur l’orgue provisoire loué par Notre-Dame de Vincennes.
  8. … aux grandes orgues de la cathédrale de Gap.
  9. … aux grandes orgues de Sainte-Julienne de Namur puis de la cathédrale de Namur.
  10. … à l’église Notre-Dame de Beauchamp.
  11. … sur l’harmonium du temple protestant du Saint-Esprit (Paris 8).
  12. … à l’église de Taverny et à l’église de Bessancourt.
  13. … à l’église du Raincy.
  14. … à l’église de Notre-Dame du Rosaire.
  15. … aux grandes orgues de l’église Sainte-Marie des Batignolles (Paris 17).
  16. … aux grandes orgues de la chapelle du Val-de-Grâce (Paris 5).
  17. … aux grandes orgues de la basilique d’Argenteuil.
  18. … sur l’orgue Cattin de Notre-Dame de Vincennes.
  19. … sur l’orgue Mutin-Cavaillé-Coll de Saint-Georges de la Villette (Paris 19).
  20. … sur l’orgue Merklin de Saint-Dominique (Paris 14), une fois ou deux.
  21. … sur l’orgue Delmotte de Saint-André de l’Europe (Paris 8).
  22. … aux grandes orgues de la collégiale Saint-Jean de Pézenas.
  23. … aux orgues de l’Immaculée Conception (Paris 12).
  24. … sur l’orgue de l’église Sainte-Claire (Paris 19).
  25. … sur l’orgue de l’église Saint-Denis de Gerstheim.

 

Bien accompagné 25

Figus à l’orgue Kern de Gerstheim. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Depuis sa célèbre inspection des deux grandes orgues de la ville de Namur, Figus, expert organier en granularité sonore, lutte contre sa réputation de spécialiste des orgues du Norrrrd. Après avoir prouvé que les orgues du Sud (de Paris) étaient un terrain pour le moins adapté à son savoir-faire, voici que le partner historique de la firme Sleepy & Partners (onze membres de la confrérie sont recensés à cette heure) a décidé de faire le voyage de l’Est. C’est lui qui a été désigné par ses pairs pour scruter le dernier orgue siglé Kern.
À l’occasion du concert orgue et saxophone programmé en l’église Saint-Denis de Gerstheim par l’association qui s’échine ambitieusement pour valoriser sa Bête, l’expert parisien est descendu en Alsace pour examiner cette fameuse granularité sonore dont sa confrérie s’est fait une spécialité. Comme de coutume, le résultat de ses investigations sur cette console mobile agrémentée de tuyaux en nid d’hirondelle est extrêmement confidentiel. Même quand il sera achevé, le rapport ne pourra être divulgué sur ce site. Tout juste avons-nous pu arracher quelques bribes d’appréciation au spécialiste, selon lequel « la structure de l’appréciation phonique doit être pensée comme une globalité perçue et non comme une réalité directement provoquée par une action du musicien ». En effet,

l’orgue, peut-être plus qu’aucun autre instrument, est un ensemble intégrant l’instrument, l’architecture, le projet musical, l’effet et la gestion du rapport entre suscitation du son et perception.

D’où l’importance vitale de la granularité sonore – et de la question qui lui est consubstantielle : qu’est-ce que la granularité sonore ?

 

Photo : Bertrand Ferrier

 

En dépit de sa concentration, le sachant accepte de prendre au sérieux notre question sempiternelle. Après un soupir, il nous propose une analogie : « Prenez le biopouvoir… »

Michel Foucault pose que le pouvoir sur la vie s’est développé au long des siècles : d’une part, le biopouvoir du corps-machine, qu’il s’agit de dresser et d’optimiser ; d’autre part, le biopouvoir du corps-espèce, qui s’intéresse à la prolifération des corps (et, soit dit en passant, les problématiques sanitaires actuellement si politisées semblent tenter une inquiétante synthèse de ces deux pôles). Pardon de rappeler ces évidences que nous connaissons tous – les plus jeunes d’entre nous qui, sous prétexte qu’ils ne sont qu’en CE1 n’auraient pas encore lu cette minisomme, lui préférant un maxisomme, gagneront à se reporter à la douzième page de l’édition « Folio plus » initialement parue en 2006, trente ans après l’édition originale, comme nous le savons tous. Or, il appert que la logique du son – en tant que son, évidemment – n’est pas si différente. Cela n’étonnera que les benêts oublieux de l’ontologie vivante du son. Le son peut être conçu comme une machine qu’il s’agit de dresser et d’optimiser. Il s’agit alors d’obtenir un beau ou un grand son. Mais le son peut aussi être conçu comme une espèce dont il s’agit de gérer la prolifération et, si je puis m’exprimer de la sorte, la cohabitation. Penser la granularité sonore, c’est donc essentiellement creuser la jointure entre la machine et l’espèce, et réfléchir sur l’art de cocréer l’être dans, avec, contre, malgré et pour l’être-autre du son – que ce son soit, puisse être ou ne puisse être, cela va de soi.

Aussi l’expert semble-t-il moins chercher à cerner le son qu’à le mentaliser dans l’espace du possible, en tant que cet espace est une résonance de ce qui adviendrait si ce qui pouvait advenir était une entité susceptible d’être, ce qui, comme chacun sait, est loin d’être le cas.

 

Photo : Bertrand Ferrier

En dépit de sa discrétion qu’il stipule contractuelle, l’expert admet être lui-même sujet à certaines inclinations. Pour autant, il affirme pouvoir tenir à distance ses goûts afin de ciseler l’objectivation contenue dans ses observations, nous assène-t-il peu ou prou. Aussitôt, la référence qu’affectionnent les partners fuse : Husserl, encore et toujours.

Nous n’avons qu’une façon de nous tourner vers les choses : c’est en les saisissant. Il en est de même de toutes les objectivités justiciables d’une représentation simple : se tourner vers elles (serait-ce même en imagination), c’est ipso facto les saisir, les observer. Mais, dans l’acte d’évaluer, nous sommes tournés vers la valeur. (…) L’objet (…), ce qui est évalué, devient un objet-que-l’on-saisit à la faveur d’une conversion originale qui l’objective.
(Edmund Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie, trad. Paul Ricœur, Gallimard [1950], « Tel » [1985], 1993, p. 119)

Or, nous précise le savant en finissant ses relevés, la question de la granularité sonore est celle de l’objectivation de la perception d’une ondulation spatiale. Tout, évidemment, sauf évident.

 

Figus en pause à Gerstheim. Photo : Bertrand Ferrier.

 

D’où la nécessité de la pause – au chaud, surtout quand la température intérieure de l’église est inférieure à 10°, panne de chauffage oblige. Mais quitte-t-on jamais ses réflexes d’expert, fût-ce devant un kouglehopf ou une bretzel ?
Sans se départir de son sérieux, l’expert proteste devant le simplisme de notre question : « Il n’y a pas de réflexes d’expert, il y a un être-là, qui implique un étant à la fois dans la présence et dans l’absence. L’instant de l’expertise, dans sa concentration et sa dilatation, est une présence apparente. L’après-expertise est une absence apparente. Le terme de réflexe se réfère à une synchronicité utopique. Il faut du temps pour penser. Comme écrivait Bernard Noël dans Extraits du corps ([2002], Gallimard, « Poésie », 2006, p. 130), au cœur d’un poème qui ne siérait peut-être pas aux plus pudibonds d’entre nous,

comprendre, c’est décréer
– le regard est acide

Et d’ajouter : « La granularité sonore décante le réel. Elle ne s’arrête pas sur le seuil de la maison-sacristie… ni en sirotant une flûte de champagne devant un hérisson ! »
Nous croyions à une facétie. Loin s’en faut : quelques temps après la prophétie de Figus, nous avons bien siroté une flûte de champagne avec un expert en granularité sonore et un bébé nérisson. Comme si, à notre rythme, nous aussi avions décanté le réel grâce à l’acidité de la granularité sonore. Non, je suis pas sûr ce que ça veut dire, mais ça valait la peine.

 

Avec Pierre-Marie Bonafos, Figus et un bébé zérisson autochtone. Photo : Hélène Fritsch.

 


Retrouver les aventures de Sleepy & Partners…

  1. … aux grandes orgues de la collégiale de Montmorency.
  2. … à l’église Saint-Marcel (Paris 13).
  3. … à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Domont.
  4. … à l’église Saint-Martin de Groslay.
  5. … à l’église Saint-Louis de Vincennes.
  6. … à l’église Saint-Joseph d’Enghien-les-Bains.
  7. … sur l’orgue provisoire loué par Notre-Dame de Vincennes.
  8. … aux grandes orgues de la cathédrale de Gap.
  9. … aux grandes orgues de Sainte-Julienne de Namur puis de la cathédrale de Namur.
  10. … à l’église Notre-Dame de Beauchamp.
  11. … sur l’harmonium du temple protestant du Saint-Esprit (Paris 8).
  12. … à l’église de Taverny et à l’église de Bessancourt.
  13. … à l’église du Raincy.
  14. … à l’église de Notre-Dame du Rosaire.
  15. … aux grandes orgues de l’église Sainte-Marie des Batignolles (Paris 17).
  16. … aux grandes orgues de la chapelle du Val-de-Grâce (Paris 5).
  17. … aux grandes orgues de la basilique d’Argenteuil.
  18. … sur l’orgue Cattin de Notre-Dame de Vincennes.
  19. … sur l’orgue Mutin-Cavaillé-Coll de Saint-Georges de la Villette (Paris 19).
  20. … sur l’orgue Merklin de Saint-Dominique (Paris 14), une fois ou deux.
  21. … sur l’orgue Delmotte de Saint-André de l’Europe (Paris 8).
  22. … aux grandes orgues de la collégiale Saint-Jean de Pézenas.
  23. … aux orgues de l’Immaculée Conception (Paris 12).
  24. … sur l’orgue de l’église Sainte-Claire (Paris 19).

 

À nous deux, l’Alsace !

Photo : Jacques Bon

 

Heureux de revenir en Alsace pour faire musique, yo, avec l’ami Pierre-Marie Bonafos. À cette occasion, nous avons imaginé un concert « pour faire bouger les oreilles » ce qui est, nous semblait-il, un bon projet musical, qui plus est pour un dimanche après-midi. Surtout à 17 h 00 – j’adore le 00.

 

 

 

Nuit de l’improvisation, Saint-Eustache – 2

Façade nocturne des grandes orgues de Saint-Eustache. Photo : Rozenn Douerin.

 

Ambiance intérieur nuit : toujours spécial et souvent magique dans les grandes églises. Qui plus est quand les grands noms de l’orgue et quelques autres sont réunis pour improviser en continu, à l’occasion des dix ans d’Orgue en France. Au programme : douze heures de musique impromptue et ininterrompue. Entrée libre, sortie aussi. Public autorisé tout autour de la console de concert, aussi bien debout pour chercher le meilleur angle qu’assis sur des chaises… ou que couché sur le tapis rouge.
Çà, on repère même la bande des foufous de Guérande qu’a rejointe leur chère Esther Assuied afin d’assembler, à même le sol, le puzzle de mille pièces représentant l’orgue du lieu. Verdict : « J’ai l’habitude de faire des puzzles de 5000 pièces, confie la jeune virtuose, mais, là, c’est chaud ! »

 

Esther Assuied par Rozenn Douerin

 

Alors que se succèdent sur le banc de solides musiciens de la trempe d’un Vincent Rigot, d’un Thierry Escaich ou d’un Pascal Marsault, d’autres zozos se préparent. Après les répétitions pour construire la structure et un p’tit quart d’heure pour apprivoiser l’orgue et l’acoustique, il est temps pour nous, challengers, de montrer ce que nous avons dans le petit bidon. Et si c’était la chance de notr’ vie ? On s’lance, allez, tant pis !

 

Bertrand Ferrier et Michaël Koné à Saint-Eustache. Photo : Rozenn Douerin.

 

Puis laisser la place, rejoindre les amis en salle de catering, partager un peu de liquide et une clémentine, discuter avec d’autres musiciens de passage, revenir écouter quelques collègues des étages supérieurs, parmi lesquels Olivier Latry – bientôt rejoint par Thomas Ospital et Thierry Escaich pour le trio qui devrait buzzer lors de la mise en ligne de la vidéo du concert –, finir par quitter l’arène pour tenir à peu près les yeux ouverts lors de la messe programmée quelques heures plus tard, croiser des spectatrices qui ont bien kiffé le duo orgue et contre-ténor, trouver dans le labyrinthe de Châtelet le chemin vers le dernier métro et revenir avec la vraie vie, un peu de nuit sémillante au fond des yeux.
Vivement le prochain défi !

 

Le Christ de Saint-Eustache. Photo : Rozenn Douerin.

 

 

Nuit de l’improvisation, Saint-Eustache – 1

Ce moment où tu confrontes un monstre et que tu prononces en même temps que lui : « À nous deux, mon p’tit pote. » Photo : Rozenn Douerin

 

La nuit a commencé tôt. Quelques semaines auparavant, avec Michaël Koné, pour construire petit à petit la structure de l’improvisation de 12′, commandée pour le concert de 12 h programmé ce 23 octobre en l’église Saint-Eustache. Et, spécifiquement, dans l’après-midi dudit samedi, où un créneau d’un quart d’heure était proposé aux organistes pour découvrir la bête aux 101 jeux et 8000 tuyaux. Heureusement, une sorte de lutin virevoltant était là pour soutenir les néophytes à l’occasion d’une formation accélérée.

 

Avec Thomas Ospital. Photo : Rozenn Douerin.

 

Bien entendu, je n’étais pas du tout impressionné de rencontrer autour d’un orgue LE Thomas Ospital.
Pas du tout.
Pareil pour l’orgue. Pas impressionné j’étais.
Pas le choix. En effet, maîtriser un instrument de cette hénaurmité en un quart d’heure, c’est comme entrer sur un ring ou commencer à vivre, faut avoir l’air sûr de soi. Pas forcément être un winner mais, a minima, feindre que l’on est dans la place et que l’on n’est point un imposteur. Évidemment, quand tu entends les registres gémir : « Nan, me choisis pas, prends plutôt le collègue d’à-côté », tu pourrais douter. Sauf que tu ne peux pas douter. Tu as 15′ pour montrer au minotaure que tu es l’un des soixante Thésée qui vont lui passer sur le corps ce soir ; et tu fais le job.

 

Photo : Rozenn Douerin

 

Cependant, un homme, indifférent à l’agitation,

  • prépare sa voix,
  • se concentre et
  • réfléchit à sa position dans l’espace.

Pas dans l’espace intersidéral, hein, personne n’a sniffé un rail de métaphysique avant le boulot : juste sa place dans l’arène de Saint-Eustache. C’est déjà pas mal.

 

Bertrand Ferrier, Thomas Ospital et Michaël Koné. Photo : Rozenn Douerin.

 

… et un quart d’heure plus tard, comme prévu

  • la Bête était matée (sort of),
  • l’équilibre entre voix et tuyaux était trouvé,
  • les marques étaient prises.

J’avais eu bien raison de ne pas me laisser impressionner, fichtre. Désormais, l’impatience pouvait reprendre de plus belle.

 

Photo : Rozenn Douerin

 

À suivre…

 

Cette nuit, on improvise !

 

Pendant douze heures, soixante organistes vont se succéder à Saint-Eustache (Paris 1) à l’occasion de la Nuit de l’improvisation organisée pour les dix ans d’Orgue en France. À 00 h 36, je ploum-ploumerai pendant douze minutes entre, en gros, Thierry Escaich et Olivier Latry. J’espère qu’ils ne seront pas trop impressionnés ! D’autant que, de ma besace, je sortirai l’ami Michaël Koné, contre-ténor et fort tempérament musical. Pour coller à cette nuit improvisée, nous avons choisi de divaguer autour de l’Hymne à la nuit de Joseph Noyon d’après Jean-Philou Rameau.
Ci-dessous, extrait d’un filage – entre les séquences 3 et 4 – esquissé en l’église Saint-André de l’Europe. Concert à entrée libre, sur présentation d’un QR code-barres censé prouver votre pureté virale – c’est si beau…

 

 

 

Charles par Francis et Daria

Daria Aymé-Martin à la chapelle de l’Agneau de Dieu, le 17 octobre 2021. Photo : Rozenn Douerin.

 

Un poème de Charles d’Orléans, une mélodie de Francis Poulenc, et une voix qui porte cette prière pour la paix : le monde est mal parti, certes, mais pas totalement foutu non plus. Peut-être. Pour le vérifier, tournons la page.

 

 

Jean-Paul par Juliusz & Daria

Photographie du fac-similé : Bertrand Ferrier

 

Ce n’était pas tout à fait une création, mais pas loin. Un an jour pour jour après la mort de Juliusz Łuciuk, Daria Aymé-Martin interprétait cette méditation inspirée par Jean-Paul II, qui lui avait été spécialement remise par le compositeur. C’est puissant, et ça donne ce qui suit.