Certains préludes de choral de Johann Sebastian Bach comptent parmi les chefs-d’œuvre de la littérature pour orgue. À l’occasion des « Petites symphonies pour un nouveau monde », Anna Homenya a interprété dans les conditions du direct ce trio (chaque main et les pieds ont une importance égale) d’une difficulté redoutable en théorie… même si, en pratique, il paraît couler de source. Constatez par vous-même, grâce à cette vidéo d’Inna Ouvaroff habillée par Esther Assuied !
Un peu de musique inactuelle, jouée sur un instrument inactuel par une musicienne actuelle : tel est le programme du jour, qui poursuit notre exploration des « Petites symphonies pour un nouveau monde » en mode confinement avec la seconde prestation d’Anna Homenya au clavecin, autour d’une pièce signée par un zozo née l’année de la mort de Louis XIV et mort l’année de la Révolution française. Laissons-nous aller à rêver avec grâce(s).
Dmitry Uvarov et Anna Homenya (aperçu). Photo : Bertrand Ferrier.
C’est un truc évident et injouable, avec des breaks incessants et invisibles, et des mesures improbables. Pourtant, ce remix bachologique de Jean-Denis Michat sonne avec un naturel swinguant qui sidère grâce aux images d’Inna Ouvaroff, à la précision d’Anna Homenya et au souffle de Dmitry Uvarov – un disciple de… Jean-Denis Michat. Démonstration en vidéo ci-dessous.
Anna Homenya et Dmitry Ouvaroff en l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8). Photo : Bertrand Ferrier.
And now for something completely different: un tango pour orgue et saxophone avec les complices russes qui ont illuminé les « Petites symphonies pour un nouveau monde », Anna Homenya et Dmitry Ouvaroff.
C’est léger et poisseux, poignant et vibratoire, délicat et puissant. Belles émotions aux curieux.
Anna Homenya. Capture d’écran (vidéo A. Homenya / N. Sorokine) pour le festival Komm, Bach!.
Dans un monde tout pourri où un gouvernement de gourgandins incapables prétend que, pour soigner les gens, faut les fliquer sur leur téléphone portable tout en vérifiant qu’ils ont leur attestation de pureté sinon ils peuvent crever, un hommage sur clavecin à une parricide, this fucking rocks.
Originellement écrit pour piano et saxophone, voici un extrait des « Tableaux de Provence » adapté pour orgue et saxophone par Anna Homenya et Dmitry Uvarov. L’occasion pour chacun de découvrir ou réentendre Paule Maurice, une compositrice guère prisée des programmateurs en quête de noms bankable.
Les amateurs de trouvailles harmoniques et d’ambiances goûtues le regretteront – mais ils auront, a minima, cette vidéo pour rêver au riche répertoire laissé par la créatrice !
Anna Homenya et Dmitry Uvarov (aperçu). Photo : Bertrand Ferrier.
Après avoir mis en ligne la première version YouTube de Tanets de Naji Hakim par Marie-Agnès Grall-Menet, en présence du compositeur…
… le festival Komm, Bach! est tout frétillant de présenter en création mondiale une miniature écrite spécialement par le chef et compositeur Nikita Sorokine pour le concert des Petites symphonies pour un nouveau monde. Bonne découverte ou réécoute de cette petite perle apte à pimper le collier de nos habitudes !
Ce n’était pas le premier concert collectif, mais c’était le premier concert doté d’ubiquité du festival Komm, Bach! : ce samedi 28 mars, a été diffusé pour la première fois sur YouTube le film des Petites symphonies pour un nouveau monde, avec six artistes internationaux. Voici le résultat.
Les curieux de belle musique peuvent prolonger l’expérience à travers les derniers disques des musiciens, comme…
Anna Homenya. Photo : Nikita Sorokine pour le festival Komm, Bach! (détail).
Le samedi 28 mars, à 20 h 30, le festival Komm, Bach! réunit six concertistes internationaux pour un concert exceptionnel diffusé sur YouTube et intitulé Petites symphonies pour un nouveau monde. Le concert s’articulera autour de pièces pour orgue et saxophone – nous présenterons leurs manipulateurs dans ce post. Il pivotera autour de pastilles distillées par pianos et clavecin – nous présenterons demain les VIP qui ont accepté de participer au projet.
Première à entrer en lice, Anna Homenya avait déjà coché la date et l’heure : elle devait se produire avec sa complice ce soir-là, en direct, pour un concert d’orgue à huit pieds et mains. Camille Déruelle étant contrainte de rester chez elle pour garder sa fille, Anna a décidé de maintenir sa participation avec un autre complice – un saxophoniste, pour changer. C’est une joyeuse nouvelle car la demoiselle vaut le coup d’oreilles.
En 2013, elle décroche le Premier prix d’orgue et de clavecin au conservatoire Rimsky-Korsakov de Saint-Pétersbourg et, dans la foulée, soutient son doctorat de musicologie – il porte sur les symphonies de Bruckner. Elle poursuit sa formation auprès de grands maîtres de l’orgue – comme Michel Bouvard et Louis Robilliard – et du clavcein – comme Christophe Rousset, Andrea Steier et Skip Sempé ; et elle la termine au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, dans les classes de Christophe Mantoux (orgue) et Noëlle Spieth (clavecin). Parallèlement, elle multiplie les concerts DeLuxe en se faisant entendre à la Chapelle académique de Saint-Pétersbourg, à la Marienkirche de Stralsund, en Allemagne et, à Paris, aux grandes orgues des églises Saint-Séverin, Saint-Gervais, Saint-Augustin et des Billettes à Paris.
Insatiable, elle accumule les lauriers. Quelques exemples ? En 2017, elle est l’une des cinq finalistes du très prestigieux concours d’orgue de Dudelange (Luxembourg). En 2018, elle devient l’accompagnatrice de Quadrivium, un ensemble de musique baroque qui, avec le musée des Arts et métiers, déploie un programme de concerts autour des compositrices. Soliste, elle se plaît à travailler aussi en duo. Avec la claveciniste Tatsiana Khalevo, elle joue François Couperin à la Philharmonie de Minsk, en Biélorussie. En 2019, avec Camille Déruelle, elle s’aventure à Annecy pour une première expérience autour de l’orgue à huit pattes.
En 2019, elle participe au concert d’ouverture du festival Paris les Orgues parmi une pléiade d’organistes qui, à défaut d’être des chaussures, sont déjà des pointures connues et reconnues. La même année, elle joue au festival d’orgue de Murcia, en Espagne, fait ses débuts au Royaume-Uni sur l’orgue historique d’August Gern abrité à Leven, et est invitée comme professeur d’orgue à l’université de Saint Andrews, en Écosse. Parallèlement, elle est l’organiste de l’église parisienne de Sankt-Albert, grave la musique de Boris Tischchenko pour Naxos (disque paru début 2020), et enseigne piano et solfège à l’École russe des arts, cofondée en 2016 par Inna Ouvaroff – qui a réalisé plusieurs séquences des Petites symphonies pour un nouveau monde – et Dmitri Ouvaroff, le saxophoniste du concert.
Dmitri Ouvaroff à Saint-André de l’Europe. Photo : Inna Ouvaroff pour le festival Komm, Bach!.
Dmitri est né en 1985 à Apatity (en Russie, comme chacun feindra de le savoir). Il obtient son diplôme de saxophone – avec la mention Excellent, s’il vous plaît – au Collège d’État de musique de Saint-Pétersbourg Modeste Moussorgski, se spécialise en saxophone classique en terminant ses études au conservatoire Rimsky-Korsakov de Saint-Pétersbourg. Enfin, il ne termine pas vraiment puisque, en 2018, il soutient son master d’Arts, lettres et langues, mention musicologie à l’université de Versailles-Saint-Quentin.
Entre 2004 et 2014, il est lauréat d’une dizaine de concours internationaux. Dès 2006, il intègre l’Orchestre symphonique de la chapelle d’État de Saint-Pétersbourg. Rapidement, il est invité par les orchestres symphoniques du Mariinsky et de l’Académie philharmonique du Saint-Pétersbourg. Tout en peaufinant son art auprès de grands musiciens (dont Jean-Denis Michat, qui sera joué lors des Petites symphonies pour un nouveau monde), il se produit dans de grands festivals internationaux comme Aix-en-Provence et Vittenberg. En Italie, il se produit dans le cadre des « Jeunes talents de Saint-Pétersbourg » organisé par l’État russe. En Chine, il participe aux Journées de Saint-Pétersbourg. À Moscou, il joue pour le Festival de Pâques. À Paris, en sus d’avoir fondé et de diriger l’École russe des arts, il devient l’artiste de DAU, le projet acoquiné avec le festival de film de Berlin. Depuis cette année, il est lié à l’Orchestre symphonique de Palerme. Bref, ça joue.
À demain pour partir à la découverte des invités VIP !
Malgré la lutte contre le coronavirus et l’écrasement des libertés publiques, le festival Komm, Bach!, autoproclamé « plus petit festival international d’orgue-mais-pas-que », est heureux de propulser « 17 petites symphonies pour un nouveau monde » en toute salubrité publique puisque ce concert virtuel sera diffusé sur YouTube. Malgré la fermeture des frontières, il rassemblera des artistes russes, serbe, italien, suisse et même, folie, français (ce qui n’est pas exclusif des autres possibilités, et réciproquement). Autour de pièces associant orgue et saxophone, des pastilles de clavecin et de piano contribueront à mêler des musiques ancienne et toute fraîche (incluant une création mondiale !), le tout offert avec grâce par les concertistes internationaux Jasmina Kulaglich, Vittorio Forte, Anna Homenya, Dmitri Ouvaroff, Christian Chamorel et Nicolas Horvath. Au côté des vidéos signées par la réalisatrice Inna Ouvaroff, des capsules faites « en mode confinement », non pas comme à la maison mais à la maison, simplement, par les invités VIP, témoignent de la réalité du moment, dans un écrin conçu et réalisé en un temps record par la claviériste et artiste visuelle Esther Aliénor. Ce film sera projeté pour la première fois le samedi 28 mars à 20 h 30 sur lachaîne YT du festival. Ne ratez pas cet événement exceptionnel et intime ! (Toutes infos sur l’événement FB.)
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