Anna Homenya en plein ménage. Photo : Bertrand Ferrier.
Après son passage à la tribune de Saint-André de l’Europe, sans renoncer à faire le buzz, Anna Homenya efface toute trace virale grâce à son stylo rayonnant magique. Comme elle compte revenir (et que nous comptons sur son retour), on peut dire qu’a été sauvée encore une vie russe.
(Comme ça, ça, c’est fait. Je pensais aller plus loin pour ceux qui n’ont pas l’accent du Sudeuh en parlant d’un petit navire, mais c’était bateau.) Rendez-vous le samedi 28 mars, 20 h 30 sur la chaîne du festival Komm, Bach!.
Anna Homenya, Dmitry et Inna Ouvaroff. Photo : Bertrand Ferrier.
Donc, c’est dit : le 28 mars, sur vos écrans quoique pas sur Netflix, ça va zouker. Avec, notamment, Anna Homenya et Dmitri Ouvaroff. Mais aussi grâce à Inna Ouvaroff, réalisatrice qui, devant le talent de filmationneur qui auréole Bertrand Ferrier, a accepté de reprendre la main pour réaliser de vraies belles vidéos, avec un vrai beau son. Oh, soit, sur le principe, c’est un peu vexant, mais que j’aime cette vexation !
Inna Uvarov. Photo : Bertrand Ferrier.
L’ambiance devait être correcte puisque, le temps qu’Anna et Dmitry aillent se reposer avant d’enregistrer leurs solos respectifs, la capteuse d’images s’est posée à l’orgue. Oui, avec la bénédiction du titulaire – chacun sait que, dans le cas contraire, le zozo surgit, hystérique, avec a minima un fouet dans la main, surtout si l’intrus joue mieux que le local, c’est logique.
Dmitry et Inna Uvarov. Photo : Bertrand Ferrier.
Et pendant que Dmitry souffrait sous la caméra mobile de son épouse, Anna Homenya, oui, la Anna qui déteste être prise en photo ou en film, Anna, donc, fixait son collègue sur pixels. Et elle avait l’air d’aimer cela, la diablesse. Comme quoi, ben, l’ambiance devait certes être correcte, comme vous le verrez peut-être en vous connectant sur la chaîne YouTube du festival ce samedi à 20 h 30… même si le concert ira encore plus loin !
Dmitry Uvarov et Anna Homenya. Photo : Bertrand Ferrier.
Pas de concert le 28 mars. Plus de concert jamais ? À notre niveau, nous travaillons à réduire ce jamais.
Avec la paroisse Saint-André de l’Europe (Paris 8), qui devait accueillir le récital et nous ouvre grand ses portes.
Avec Jorge, l’ouvrier chargé de passer l’aspirateur dans l’église alors que nous avions annoncé une séance d’enregistrement.
Et avec les artistes qui osent braver le coronavirus pour raison professionnelle et avec toutes les précautions civiques.
Précisons que les premiers volontaires ne sont pas de bons Français de souche. Ce sont des fous. Des Russes. Français, sans doute (who fuckin’ cares?), francophones, soit. Surtout, des musiciens qui viennent défendre la grande musique au temps du choléra dont les politiciens se servent pour écraser les libertés publiques et les droits sociaux. En soutien à Anna Homenya, nous avons pu accueillir le parfois sosie de Philippe Jordan…
Dmitry Uvarov et Anna Homenya (aperçu). Photo : Bertrand Ferrier.
Deux complices, exigeants et passionnés. Capables de bosser 3 h 45 à la suite sans pause ou fake. Sans faiblir ou rien lâcher. Choisissant des partitions soit en trio pour l’orgue, soit pour le duo enchaînant 7/8 et 3/4 (avec des quintolets associés à des quartolets au milieu, sinon c’est pas drôle). Et se reprenant mutuellement quand ils jouent des notes au lieu de jouer de la musique. Puis travaillant le soir pour la seconde séance de recording. Une joyeuse claque pour musicien mou (pour mousicien, soit).
Le pire ? ce n’est que le début de notre teasing, c’est ça qui est vexant. En attendant, save the date: 28 mars, 20 h 30, on the Internet. Enfin, si le gouvernement à pulsion dictatoriale qui sévit en France n’a pas coupé le réseau d’ici là, bien sûr.
Dmitry Uvarov et Anna Homenya. Photo : Bertrand Ferrier.
A priori, a posteriori et même au-delà, il ne pouvait y avoir de concert Komm, Bach! avec deux organistes le 28 mars ainsi que prévu. A priori, a posteriori et même au-delà, hein. Alors, on s’est dit : chiche. Mais chiche, c’est flou, la preuve (anagramme de « le pauvre » quoi que cela n’ait rien à voir).
Photo : Bertrand Ferrier
Alors, on a proposé aux artistes d’inventer un truc ensemble malgré le confinement, donc grâce à lui. L’une venait d’être maman et préférait sécuriser sa progéniture ; l’autre a dit : « Hé, pourquoi pas ? » Donc, on s’est mis au travail.
Photo : Bertrand Ferrier
Révéler tout ce qui en est sorti ? Tout ce qui se fomente ? Ben non, pas le genre de la maison. Mais ça travaille, soit. Voilà : ça travaille. Clairement, ça travaille autour d’Anna Homenya. Voilà. Le reste, c’est du suce-pince pour tous les bienveillants. (Les autres, on s’en fout, c’est pour ça.)
Komm, Bach!, saison 3, c’est fini ! Forts du succès croissant de la manifestation, du soutien et de la paroisse qui l’accueille, et des artistes qui nous font l’amitié – le mot n’est pas vain – de venir se produire, et du facteur Yves Fossaert qui, après avoir brillamment restauré l’orgue avec ses ouailles, reste toujours aussi réactif que compréhensif devant les impératifs et aléas propres à une telle manifestation, il est temps pour nous d’envisager, avec une modestie touchante, notre passage à l’ère Vivaldi.
En effet, dès le 21 septembre, nous égalerons le nombre de saisons d’Antonio – des saisons tour à tour primesautières, enténébrées, vaporeuses, fuligineuses, déstructurées, aguicheuses, frissonnantes, tressailleuses et sifflotières, pourquoi pas. Puisque voilà l’été, voilà l’été, voilà l’été qui, pour les aficionados de Komm, Bach! est cette « étrange saison où il neige sans discontinuer », il nous revient de donner appétit à tous en révélant enfin le programme de la saison qui nous attend – et ce, dans la mise en page de la graphiste qui a accepté de succéder à l’excellente Tomoë Sugiura, Marie-Aude Waymel de la Serve.
Au programme ?
21/09, Journées européennes du patrimoine
17 h : visite commentée de l’orgue
20 h : concert à deux organistes, avec Benjamin Pras et Hervé Désarbre
05/10, Nuit blanche
20 h : orgue, basson et bombarde, avec Jean-Pierre Rolland et Jean-Michel Alhaits
23 h : orgue et lumières, « Nuits et brouillards » avec Clément Gulbierz, Loïc Leruyet, peut-être Madeleine Campa et, à tous les coups, Bertrand Ferrier
Ce vendredi, le gang de Christophe Mantoux prend le pouvoir à l’orgue de Saint-André de l’Europe. Pour les écouter, glissez-vous pour 20 h au 24, bis rue de Saint-Pétersbourg (Paris 8), juste à côté de la place de Clichy et de Chouchou. Entrée gratuite, belle zizique azurée.
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