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François Daudet

Le trio Arborescence joue Ravel et Schubert, Scots Kirk, 27 septembre 2025 (2/2)

Rachel Koblyakov le 27 septembre 2025 en l’église écossaise de Paris (Paris 8). Photo : Rozenn Douerin.

Après un trio de Ravel rêche et audacieux, le trio Arborescence ose contrevenir à la logique chrono pour s’immiscer dans les charmes du premier trio en Si bémol majeur de Franz Schubert. Mais avant, les deux têtes pensantes parlent. Alors que les artistes ont eu l’élégance d’éviter les pénibles pensums qui consistent à expliquer aux crétins qui viennent écouter de la musique ce qu’ils doivent apprécier, Rachel Koblyakov et Florimond Dal Zotto s’embourbent dans un étrange sketch convivial mais d’un inintérêt absolu. Tous les chanteurs un peu dignes le savent, l’interchanson (ou son absence) est un truc qui se travaille presque plus que la chanson elle-même. Ici, le spectateur admiratif de la performance émouvante proposée jusque-là sent monter une gênance inattendue devant le stand-up qu’esquissent les deux très bons musiciens à l’origine du projet. On veut bien

  • la spontanéité (mais pas trop longtemps, dans ce contexte),
  • l’envie de dissiper la chape de sérieux compassé qui épuise souvent les cérémonials de musique savante (mais qui n’a pas que des inconvénients),
  • le désir de démystifier voire de dissiper l’aura pseudo sacrée qui enveloppe les Interprètes Classiques quand ils entrent en scène (même si pourquoi, en fait ?).

Reste que l’intermède

  • claudicant,
  • peu clair et
  • superfétatoire

suscite un mélange

  • de grand malaise tant son propos dissone avec la haute exigence artistique jusque-là démontrée et
  • de curiosité perplexe devant ce quelque chose d’inattendu qui advient et signale probablement que le projet Arborescences sonores paraît avoir besoin d’un coaching scénique afin
    • d’étayer son projet,
    • d’affirmer sa singularité et
    • de ne pas dégrader son intérêt musical par l’amateurisme inattendu de sa présence non-instrumentale face spectateurs.

Heureusement advient la musique et ses ambitieuses quarante minutes. Grâce à l’énergie déployée par les artistes, l’allegro moderato liminaire capte par

  • la vigueur des intentions,
  • les échos entre les musiciens et
  • les changements de rôles (ainsi du piano ploum-ploumiste çà, soliste accompagné là).

Ici, le trio est à son affaire. On apprécie le souci

  • de nuancer,
  • d’aérer,
  • de caractériser et
  • de jouer ensemble, c’est-à-dire
    • l’un avec les autres,
    • l’un contre les autres ou, alla Guitry,
    • l’un tout contre les autres.

S’interpolent donc

  • de la légèreté au milieu de la tension,
  • de la tension boostant la légèreté et
  • des volte-faces qui secouent une partition qui, pardon Franz, donne parfois l’impression de s’étendre un peu too much.

 

Le trio Arborescence joue Schubert le 27 septembre 2025 en l’église écossaise de Paris. Photo : Rozenn Douerin.

Le deuxième mouvement, un andante un poco mosso, permet aux musiciens de se lover dans un ternaire rendu avec souplesse et de triologuer, si si :

  • solos,
  • duos,
  • trios,
  • mélodie énoncée par un leader ou partagée à deux voire trois.

Le son est

  • soyeux,
  • élégant et
  • profondément tourmenté.

Les interprètes ont visiblement travaillé un combo gagnant :

  • la synchro,
  • les attaques et
  • les phrasés.

Même s’il semble que le siège de la violoniste craque au moindre mouvement de son corps, ce qui ajoute de la vie au live mais peut distraire l’attention de façon importante, l’essentiel est là :

  • la parole circule,
  • les intentions se complètent,
  • les modulations nourrissent manière de conversation.

Le troisième mouvement, un scherzo suivi d’un allegro, redynamise la dispute en mode joyeux.

  • Questions-réponses,
  • commentaires et
  • enthousiasmes unanimes

agitent les trois comparses. Ça

  • sourit,
  • trépigne,
  • s’exaspère,
  • change d’avis mais jamais ne lâche l’affaire,

signant une performance d’une belle densité avant l’avènement du dernier mouvement.

 

Florimond Dal Zotto et François Daudet le 27 septembre 2025 en l’église écossaise de Paris (Paris 8). Photo : Rozenn Douerin.

 

Double comme le précédent, cet acte ultime est un rondo et un allegro vivace. Son ouverture coïncide avec le temps

  • du sautillement,
  • des gambades et
  • des chamailleries.

Ça sent

  • le serpolet,
  • les chansons de Francine Cockenpot,
  • les chevaux mâchant un picotin, un sourire triste au museau.

Les artistes ont le geste ample :

  • large spectre de nuances,
  • vaste panel d’atmosphères,
  • ambitieuse palette d’échanges
    • (amènes
    • soupe-au-lait,
    • légers,
    • aigre-doux,
    • furibonds…).

Voilà probablement la force de la proposition du trio Arborescence : toujours interroger la forme du trio.

  • Quel rapport entre les trois personnages régit tel passage de la partition ?
  • Qu’est-ce qui rapproche les partenaires et, donc, les différencie ?
  • Comment définir à la fois leurs relations et leurs identités ?

Certes, ces questions planent sur toute musique de chambre ; mais elles sont plus ou moins prises à bras-le-corps. En l’espèce, le triomphe fait au trio semble lié

  • à cette très riche mise en question de l’évidence,
  • à ce désossement du vivre-ensemble pré-établi,
  • à cette reconstitution de l’invention schubertienne étalonnant, titillant et réglant le rapport des trois intervenants.

Un bis

  • apaisé,
  • recueilli,
  • intériorisé

conclut l’aventure. Pour autant,

  • électricité,
  • inquiétude,
  • changement de modes en arche

dessinent un parallélisme Brahms/Schubert qui rend raison aux Arborescences sonores d’avoir enfreint leur code d’honneur pour présenter ce concert en ouverture de deuxième saison. Saluons

  • le succès de cette initiative indépendante,
  • l’étonnante symbiose musicale du soir entre les partenaires, et
  • la vibration du public avec cette manière de jouer une musique souvent fascinante.

Au moment où nous écrivons ces lignes, trois autres épisodes sont prévus… en attendant les prochains. Olé !

Le trio Arborescence joue Ravel et Schubert, Scots Kirk, 27 septembre 2025 (1/2)

Rachel Koblyakov le 27 septembre 2025 en l’église écossaise de Paris (Paris 8). Photo : Rozenn Douerin.

« Arborescences sonores » est un projet un rien dingodingue mené par Rachel Koblyakov et Florimond Dal Zotto afin d’explorer le répertoire de musique de chambre hors trios avec piano, trop communément joués. Leur seconde saison de concert commence donc par deux trios avec piano, parce que les règles sont faites pour être transgressées, comme dirait le gouvernement promouvant l’écologie tout en réautorisant des engrais qui, même au Vietnam en temps de guerre, auraient été considérés comme des outils pour commettre des crimes contre l’humanité. Heureusement, nous sommes ici en compagnie plus empressée qu’empoisonnante, le duo pensant s’adjoignant François Daudet pour sévir au piano, ce qui est quand même plus digne que de confier la culture à une inculte pourrie de la trempe d’une Rachida Dati, fin de tir.
Deux
trios ont été choisis par l’ensemble Arborescence, naming pas très abouti tant il est occupé (par exemple ici). En l’espèce, celui de Maurice Ravel précèdera le premier de Franz Schubert. Pour lancer la saison et le concert, les artistes proposent une quasi demi-heure de secousses avec Maurice R. L’église écossaise de Paris – pas blindée, ce soir, mais pas loin, ce qui est une joyeuse performance – est le lieu du crime. En fait d’église, il s’agit d’une salle bien insonorisée, sise en sous-sol d’un quartier très chic de Paris. L’acoustique mate voire sèche ne flatte pas l’oreille, mais elle valorise

  • la synchronisation des trois comparses lors des passages à l’unisson,
  • leur capacité à étalonner leur volume pour assurer la lisibilité des échanges en fonctions des séquences
    • (dialogues,
    • contestations,
    • emportements,
    • lead mélodique…) et
  • leur aptitude à respirer ensemble pour guider l’oreille dans une proposition profuse.

La complicité des partenaires ne fait nul doute. Dès ce premier mouvement, on en apprécie le résultat :

  • netteté des changements thymiques,
  • sensation d’intensité diffusée dans les passages suspendus comme dans les sections vigoureuses,
  • tuilages permettant de virer insensiblement d’une atmosphère à l’autre.

Le deuxième mouvement, un « pantoum » propulsant la poésie orientale dans la musique occidentale en emmêlant deux thèmes, montre le trio allègrement à l’ouvrage. Il s’agit d’allier

  • rythmicité,
  • lyrisme et
  • labilité.

Les archets commencent à souffrir de l’engagement des artistes à quatre cordes, obligés d’arracher les cheveux que perdent leurs prolongements. Avec une intuition très fine que partage leur claviériste, ils cherchent à conjuguer les plaisirs

  • du ressassement,
  • de la mutation
    • d’intention,
    • d’intensité
    • de technique (archet ou pizz) et
  • de la virtuosité pétillante du pianiste qui sait
    • placer un trait,
    • faire ressortir la note essentielle, ou
    • trouver le bon positionnement d’accompagnement
      • (suivre,
      • amplifier,
      • impulser).

 

Rachel Koblyakov et Florimond Dal Zotto le 27 septembre 2025 en l’église écossaise de Paris (Paris 8). Photo : Rozenn Douerin.

 

La « passacaille » impose un retour brutal à

  • la gravité,
  • au solennel,
  • au méditatif.

C’est la force de la gang de Rachel Koblyakov : décider de caractériser et d’être résolument expressif. C’est aussi le moment où le trio affronte le paradoxe de la passacaille, ici simplifié par rapport au chef-d’œuvre définitif de Johann Sebastian Bach, mais relevé tout de même : la passacaille, c’est censé être toujours le même thème avec des machins autour pour que ce soit supportable de subir toujours le même thème, souvent nul en plus (parce qu’il faut mettre des machins autour). L’objectif compositionnel est, façon thème et variations de l’extrême, de travailler l’immuable en

  • le contrastant,
  • l’animant,
  • le contrastant et
  • le reconfigurant

car c’est toujours pareil donc toujours différent. Idéal pour savourer la maestria ravélienne

  • de l’itération mobile,
  • de la répétition déjouée et
  • de l’identique déformé.

Cette capacité de renouveler un discours qui pourrait paraître ruminé s’exprime aussi à travers le recours aux quatre combinaisons possibles :

  • piano – violon,
  • piano – violoncelle,
  • piano – violon – violoncelle et, nouveauté de la passacaille,
  • violon – violoncelle.

Les anamorphoses du trio irisent la très sûre forme en arche qui structure le mouvement en revenant, in fine, au grave monodique du début.

 

François Daudet le 27 septembre 2025 en l’église écossaise de Paris (Paris 8). Photo : Rozenn Douerin.

 

Le finale étincelle d’énergie grâce notamment à

  • un tempo audacieux,
  • des accents gouleyants, et
  • de grands mouvements très différenciés
    • (fortissimi,
    • pianissimi et
    • crescendi magistraux).

Ça crépite :

  • les trilles grommellent,
  • les bariolages fulminent,
  • les surprises harmoniques et rythmiques se multiplient.

Le piano de François Daudet virtuose à gogo, entre

  • de grands accords solides,
  • des traits liquides dans le registre aigu, et
  • un souffle éolien quand l’instrumentiste parcourt son clavier de gauche à droite.

Si, dans le finale du finale, les interprètes rendent gouleyants

  • son explosivité,
  • sa fureur et
  • ses fulgurances sauvages,

c’est aussi parce que les interprètes construisent une musique tour à tour frémissante et tempétueuse qui n’est jamais bruit. Une telle lecture, audacieuse, semble revendiquer

  • la prise de risque,
  • la vitalité et
  • l’urgence du moment présent.

Autant dire qu’elle ragaillardit qui l’écoute, ce qui, pour une assistance partagée entre antiquités plus ou moins antiques et jeunes musiciens palpitants, n’est pas le pire compliment que l’on puisse adresser à une soirée musicale qui commence juste. À suivre !

Rachel Koblyakov & friends jouent Mendelssohn et Tchaïkovsky, Temple des Batignolles, 10 octobre 2024

Rachel Koblyakov au temple des Batignolles, le 10 octobre 2024. Photo : Bertrand Ferrier.

 

C’est un « concert de lancement d’un projet de musique de chambre à géométrie variable », un de ces moments qui participent à la magie parisienne puisque, parmi mille autres propositions plus ou moins culturelles du soir, y compris un match de foutebol, ils réunissent quelques fines fleurs des jeunes musiciens pour un prix d’entrée fixé entre zéro euro et ce que chacun veut bien donner. À la manœuvre, la violoniste Rachel Koblyakov et le violoncelliste Florimond Dal Zotto.
La soirée s’ouvre sur ce que les meneurs ne voulaient pas jouer : un trio pour piano, violon et violoncelle, trop banal, mais, dans l’immédiat, hein, ça ne se refuse pas. D’autant que leur choix s’est porté sur le premier trio op. 49 pour cette formation de Felix Bartholdy Mendelssohn, moins couru que le second, et pourtant… Dans l’acoustique généreuse et volontiers fondante du temple, à laquelle l’oreille finit pourtant par s’accoutumer, les trois acolytes tentent de conserver une clarté fondée sur

  • l’écoute,
  • l’échange,
  • les nuances et
  • la complémentarité (synchronisation et passage de relais).

L’aisance des interprètes est bluffante, tant d’un point de vue technique que pour ce qui est de l’intuition musicale. Au quart de queue, François Daudet époustoufle dans une partition qu’un professeur de piano du CNSM que nous croisons qualifie de « magnifique saloperie » pour sa difficulté technique, pas tant dans les passages où ça tricote que dans des moments moins spectaculaires mais à peu près injouables.
Les complices paraissent loin de ces préoccupations. Maîtrisant allègrement la partition de ce molto allegro ed agitato ternaire, ils portent leurs auditeurs avec une énergie commune aussi séduisante qu’impressionnante. Il y a

  • de la tension,
  • des diastoles et des systoles,
  • des unissons puissants,
  • de l’expressivité à foison,
  • une belle circulation des motifs et, partagées en trois,
  • des respirations, des ruptures et des variations de couleurs de toute beauté.

Épatés une fois par le premier mouvement, nous voici épatés deux fois (pas pu m’en empêcher) par l’andante con moto tranquillo en Si bémol. Tout flatte l’oreille :

  • la délicatesse du piano,
  • la tendresse de la réponse du duo de cordes frottées, et
  • la sensualité d’un ensemble semblant parfaitement coordonné.

Précisons que cette notule n’est pas un distributeur de compliments amidonnés mais la restitution d’impressions de concert. Or, le fait est que les interprètes trouvent l’astuce pour exécuter richement ce mouvement au titre presque oxymorique. C’est

  • posé sans être traînant,
  • précis sans être guindé,
  • sentimental sans être gnangnan.

L’écriture inventive de Mendelssohn

  • fait circuler le lead,
  • multiplie les types d’associations entre voisins de scène, bref, grâce à l’investissement revigorant des musiciens,
  • ne cesse de happer l’attention de l’auditeur.

Le scherzo en Ré est annoncé léger et vivace – on peut au passage regretter la non-fourniture d’un programme par les organisateurs, même si cela évite les bruits de papier indiquant que mamie a décroché. Il envoie du lourd. Les têtes coiffées sentent passer le vent du boulet propulsé par le piano, bientôt assisté par ses complices. Le travail sur les contrastes

  • (intensités,
  • attaques,
  • caractères)

fait merveille. Le finale, un allegro assai appasionato en ré mineur puis majeur pour finir rappelle que la dynamique, contrairement à la dynamite, n’est pas réductible à la nuance forte. Elle procède bien plutôt

  • d’un étagement des nuances,
  • d’une conduite des phrases ad hoc,
  • de la construction subsumante du discours et, évidemment,
  • d’un brio technique caché sous le désir de faire musique ensemble.

À l’arrivée, on est euphorisé par

  • une partition passionnante,
  • une interprétation
    • pyrotechnique,
    • profonde et
    • polyvoque (et allez donc, c’est pas mon père !) au sens de « pas univoque », et
  • le plaisir patent qu’ont François Daudet, Rachel Koblyakov et Florimond Dal Zotto d’embarquer leur auditoire dans une traversée ambitieuse et secouée.

Comme on dit dans le milieu du café, what else ?

 

Florimond Dal Zotto au temple des Batignolles, le 10 octobre 2024. Photo : Bertrand Ferrier.

 

L’audace arrive en seconde partie de concert : le Souvenir de Florence, op. 70 de Piotr Ilitch Tchaïkovsky, qui serait un survivor selon ce que nous souffle un baryton venu en profiter, puisque la partition faisait partie du lot que le compositeur voulait détruire (par chance, il est mort trop tôt). Audace, car caler un sextuor – complété par Claudine Rippe au violon II, Axel Benedetti et Brice Leclair aux altos, ainsi que l’ami Emmanuel Acurero au violoncelle II – n’est pas chose aisée, qui moins est quand certains membres de la banda ont enchaîné trois répétitions plus tôt dans la journée. Mais c’est aussi le cœur du projet mené par Rachel Koblyakov et Florimond Dal Zotto que de tenter des réunions rares de chambristes passionnés. Alors, zou !
L’allegro con spirito en ré mineur ne manque pas de fougue. Conduite par le premier violon, l’agitation est vraiment agitée. Elle

  • rue contre le cadre de la mesure,
  • le déborde et
  • y revient afin d’en mieux jaillir plus tard.

On est saisi par les effets

  • de dialogue,
  • de contamination (porosité des pupitres reprenant des motifs d’abord énoncés par le violon I ou le violoncelle I) et
  • d’ensemble.

Certes, l’acoustique ne favorise pas la netteté et floute parfois les contours voire la justesse. C’est l’occasion pour l’auditeur d’admirer l’effort de chaque musicien pour 

  • parler la même phrase musicale,
  • vibrer les mêmes humeurs et
  • porter les mêmes intentions, si variées, finale effréné compris.

L’adagio cantabile e con moto en Ré s’inscrit dans les bruits de la capitale peu propices à une culture qui ne se restreindrait pas aux abrutissements de masse. Sans faiblir cependant, le deuxième mouvement prélude puis se lance dans une valse où dialoguent violon I et violoncelle I, rejoints par le premier alto. Chaque membre du sextuor se fond habilement et parfois humblement dans une dynamique de groupe

  • (étagement des voix,
  • précision des synchronicités,
  • cohérence des respirations et couleurs).

Le break ne défait pas la complicité de Rachel et Florimond. Les autres pupitres arbitrent l’échange entre les deux, associant

  • discrétion des pizzicati,
  • force des crescendi partagés et
  • stratification des intensités.

L’allegro moderato en la mineur pétille de désirs divers alliant

  • flottements délicats,
  • tonicité collective et
  • breaks suspensifs.

La métamorphose perpétuelle de la musique se nourrit de passages

  • ouvertement virtuoses,
  • savamment mystérieux ou
  • rageusement déchiquetés,

que des transitions soignées tentent avec art de relier. L’affaire se conclut sur un allegro vivace en ré mineur. Propulsé par un air de danse populaire, le mouvement exploite

  • la vigueur du rythme,
  • la variété des contrastes,
  • la résonance des échos,
  • la fusion des unissons octaviés rapprochant violon I et violoncelle I, et
  • les frictions portées par l’ensemble du sextuor.

La sapidité de l’interprétation du soir sourd

  • de l’électricité ambiante,
  • des coups de tonnerre qui claquent, et même
  • de l’art de faire attendre le prochain grondement grâce à des pianissimi fort bien assourdis.

Ajoutez à cela

  • de beaux crescendi,
  • des effets synchrones réussis et
  • un souci de jouer dans le même esprit,

vous sortirez convaincu du potentiel de ce talentueux combo, certes encore à mûrir mais déjà

  • volontaire,
  • motivé et
  • musical.

Ce n’est pas rien, je crois.