
Quand tu t’apprĂªtes Ă partir pour un concert, le plus important, c’est pas trop de pas oublier les partitions, mĂªme si tu ne joues pas par cÅ“ur. C’est plutĂ´t le truc polychrome, lĂ . Ça, oui, c’est vital.

Quand tu t’apprĂªtes Ă partir pour un concert, le plus important, c’est pas trop de pas oublier les partitions, mĂªme si tu ne joues pas par cÅ“ur. C’est plutĂ´t le truc polychrome, lĂ . Ça, oui, c’est vital.

En attendant le vent de fronde censĂ© souffler sur les Français quand la pilule que l’on veut leur faire avaler est trop grosse, cĂ©lĂ©brons ce jour Ferrier de fesse nationale.

Aujourd’hui, j’ai envie d’envoler tous ceux qui ont un p’tit coup d’blues. J’ai envie de distribuer du rĂªve. J’ai envie d’offrir un peu d’Ă©tĂ© Ă ceux que l’hiver a engloutis et aux ploucs qui, contrairement aux vrais artistes ou aux pharmaciennes Ă l’Enculture, n’ont pas la chance pourtant si simple de pisciner Ă Cannes sur le yacht d’un coquetèle – je synthĂ©tise un peu car un after m’attend avant le prochain before.
Voici, donc, un ciel volĂ© aux chaleurs de juillet. J’avais pensĂ© l’appeler « RĂ©chauffement climatique : ressaisissons-nous », puis je me suis dit que, après la polĂ©mique vaccinale, ça ferait trop. Donc, tout simplement, voilĂ l’Ă©tĂ©, voilĂ l’Ă©tĂ©, voilĂ l’Ă©tĂ©, etc.

Voici les onze derniers titres parus sur l’album 44 ou presque à dépasser les 1000 écoutes sur Spotify, après les livraisons 1, 2, 3 et 4. Les voici en tenue de concert, tous ou presque !
Pour les apprécier dans leur version studio, c’est en streaming ou dans un écrin entre pimpant et coquet disponible ici.
1. À guichets fermés
(version studio, 2019 | Pierre-Marie Bonafos, saxophone)
2. En gros
(26 septembre 2012, Le Connétable, Paris 3)
3. La sieste
(21 juin 2017, 60 Rome, Paris 8 | Jack Good, basse)
4. Après nous
(23 juillet 2013, Le Connétable, Paris 3)
5. Du jeu au hasard
(7 mai 2019, Comédie Dalayrac, Paris 2)
6. Le voleur de slips
(11 juillet 2013, Le Connétable, Paris 3)
7. Ça fait zizir
(9 juillet 2015, Le Clin’s, Paris 20)
8. J’ai soif
(16 septembre 2014, création au Connétable, Paris 3)
9. À notre échelle
(7 mai 2019, création à la Comédie Dalayrac, Paris 2 | Pierre-Marie Bonafos, sax)
10. Ils vont Ă Paris
(11 juillet 2013, Le Connétable, Paris 3)
11. Le monde est tout petit
(6 janvier 2014, Ze artist, Paris 19)
… et Ă dĂ©couvrir sur le disque disponible ici (c’est vachement bien pensĂ©, quelque part).

Bien que je pense que l’on s’en tampiponne le bibobĂ©chon, je rĂ©ponds Ă LA question, une fois pour toutes c’est-Ă -dire dans l’état actuel du bouzin : quoique mes autres vaccinations soient, je crois, Ă jour, je ne me ferai pas vacciner pour AstraPfizerModernaSanofi.
Parce que, n’étant pas encore tout Ă fait vieux, ni complètement obèse, ni atteint d’autres maladies, l’enjeu et le risque ne me semblent pas en valoir la chandelle.
Parce que rien n’est cohérent dans le discours provaccinal – le nombre d’injections, le délai entre les piqûres, la complémentarité des produits, l’efficacité, les risques (qui n’existent pas, voyons), etc.
Parce que j’ai été en contact avec moult ploucs comme moi presque chaque jour depuis le début de cette farce, lors de longs transports en commun, et que j’ai, semble-t-il, survécu jusque-là .
Parce quâ€™Ăªtre vaccinĂ©, Ă ce qu’il semble que l’on sache, ne protège pas les autres.
Parce quâ€™Ăªtre vaccinĂ© ne protège mĂªme pas vraiment sa pomme, vue l’inventivitĂ© des variants.
Parce que je ne veux céder ni à la grande foire du faire peur, ni au chantage qui me vend ma liberté de travailler, de consommer voire de vivre contre la fortune des labos et de leurs promoteurs.
Parce que, cerise moisie sur le gĂ¢teau farineux, cela permet de redonner un peu de visibilitĂ© Ă cette vieille cochonnerie de Bernard Kouchner – le pauvre devait s’ennuyer avant que le JDD ne le tire de sa naphtaline dorĂ©e.
Parce que je n’en ai rien Ă carrer dâ€™Ăªtre cataloguĂ© comme dangereux complotiste et mauvais citoyen, quelque chose de cossu.
Par consĂ©quent, puissent ceux qui veulent se faire vacciner avoir cette chance, et que cela leur profite. Quant Ă moi, dans l’Ă©tat actuel du bouzin, je-ne-me-fe-rai-pas-vac-ci-ner.
Et j’ajoute que, si je tombe malade, je me ferai soigner sans honte ni remords. Parce que c’est ce que je fais depuis 1977, que je cotise et paye humblement pour cela depuis quelques années, et que j’ai du mal à comprendre pourquoi, en 2021, j’en devrais éprouver vergogne. Fin du débat.
Next.

Les poètes théologiens de DouSSeur de vivre le stipulaient avec leur célèbre délicatesse :
Dieu a voulu t’aimer.
C’est pour ça qu’il t’a fait
Avec de la terre glaise.
Ça, c’est pas des foutaises,
C’est dit dans la Genèse !
HĂ©las, au dix-neuvième siècle, cette conviction, dĂ©jĂ fragilisĂ©e par le scepticisme des Lumières, est Ă nouveau effritĂ©e par un faisceau concordant d’ennemis :
Ces agressions contre une gĂ©nĂ©tique stable et plutĂ´t flatteuse (Dieu a créé le monde en six jours et, Ă la fin, il a claquĂ© son chef-d’Å“uvre : l’homme) entraĂ®nent un triple questionnement dont nul Ăªtre sensĂ© n’est censĂ© faire l’Ă©conomie. Dans ce bouillonnement, trois plans se superposent. Ils sont

Dans ce contexte, l’exposition « Les origines du monde. L’invention de la nature au dix-neuvième siècle », fomentĂ©e par l’ex patronne du musĂ©e devenue grand manitou du Louvre, avec la collaboration du MusĂ©um d’histoire naturelle et du MusĂ©es des beaux-arts de MontrĂ©al, semble rĂ©solument plus tournĂ©e vers une problĂ©matique d’Histoire des idĂ©es que vers un questionnement artistique.
En rĂ©alitĂ©, une telle dichotomie est illusoire. D’une part, en effet, une grosse production picturale s’est dĂ©veloppĂ©e autour de la redĂ©couverte du monde. D’autre part, c’est la notion d’art elle-mĂªme qui est irriguĂ©e par le bouillonnement de dĂ©couvertes, d’Ă©baubissements et de reformulations religieuses sur trois plans :

L’exposition adopte donc une perspective anthropologique assez large, qui pourra donner au choix une impression d’ouverture ou, Ă mesure des salles, de vrac un brin fourre-tout. L’affaire s’engage sur la base : la Genèse, l’Arche de NoĂ©, Adam et Ăˆve, le Paradis perdu… La multiplicitĂ© des pièces ici rassemblĂ©es (peintures et sculptures) et leur diachronicitĂ© (Å“uvres Ă©chelonnĂ©es sur plusieurs siècles) brouillent le message mais visent Ă prĂ©senter des mises en image Ă la fois cohĂ©rentes et spĂ©cifiques d’une mĂªme matrice considĂ©rĂ©e, selon les Ă©poques et les esprits, comme
Plus que l’homme, les animaux se taillent la part belle pour au moins trois raisons :

Rien de secouant Ă admettre que, dans les beaux-arts comme ailleurs, la Genèse a longtemps fait figure de matrice dont la narration a permis d’apprĂ©hender le monde (au point, parfois, de contraindre le monde Ă cette seule explication). Toutefois, il est intĂ©ressant de voir dĂ©clinĂ©e cette idĂ©e de matricialitĂ© polysĂ©mique sur plusieurs plans.
Ainsi des dĂ©clinaisons de l’eau : avant que des scientifiques y voient l’origine de la vie, elle avait dĂ©jĂ cette fonction amniotique dans de nombreuses peintures. Dans La PĂªche au corail, peinture sur cuivre de Jacopo Zucchi, qui est aussi une allĂ©gorie de la dĂ©couverte de l’AmĂ©rique, c’est clairement par l’eau que l’homme rĂ©invente le monde dĂ©jĂ créé par Dieu quand il sĂ©para la terre des eaux.

Il est patent que la fascination pour les mondes
n’a pas attendu le darwinisme pour inspirer les artistes. Par exemple, en 1769, les pinceaux d’Anne Vallayer-Coster s’extasiaient devant des coquillages, connus ou rares, dont formes et couleurs sont Ă la hauteur des sèmes accumoncelĂ©s dans les titres et descriptifs : spongiaires, gorgones, panaches et lithophytes composent des natures mortes tirĂ©s des cabinets de curiositĂ©, mais dont la vivace composition est plus un Ă©loge du vivant d’ordinaire invisible qu’une Ă©tude acadĂ©mique figĂ©e.
La profusion plastique, manifestée par la pyrotechnie de
est renforcĂ©e par l’agencement rigoureux de conques nĂ©buleuses et d’autres crĂ©atures marines tout aussi Ă©nigmatiques. La banalitĂ© officielle des sujets est transcendĂ©e grĂ¢ce Ă l’association entre deux effets artistiques : l’effet de rĂ©el (« c’est vachement bien peint ») et l’effet de mystère (« ça existe, ça, en vrai ? mais c’est quoi, exactement ? »).

L’hypothèse d’une double matricialitĂ©, historique (les six jours de la CrĂ©ation ou le big bang) et gĂ©ographique (maritime, par ex., ou continentale), a l’avantage de postuler une origine du monde, c’est-Ă -dire un moment oĂ¹ la diversitĂ© du monde Ă©tait saisissable. Jusqu’au dix-neuvième siècle, il semble que fascine moins la possible diachronicitĂ© (en l’espèce, l’Ă©volution des espèces vivantes) que la profusion synchrone. Les grandes explorations dites scientifiques ajouteront bientĂ´t de la confusion Ă cette profusion dont tĂ©moignent les « cabinets de curiosité » dont Laura Bossi – neurologue, historienne des sciences et commissaire gĂ©nĂ©rale de l’exposition – rappelle les trois axes :
Or, les artistes paraissent prendre plaisir Ă interroger la catĂ©gorisation de ce qu’ils reprĂ©sentent. Ainsi, la notion de nature est impactĂ©e par la capacitĂ© de l’homme Ă inventer, au sens de dĂ©couvrir, des mirabilia. En tentant de contrĂ´ler un paysage vĂ©gĂ©tal, l’homme est aussi co-acteur de la nature peinte, qui se dĂ©prend pour partie de son naturel. En se rĂ©fĂ©rant
voire en interrogeant la limite de l’humanitĂ© grĂ¢ce Ă l’observation artistique de la sensibilitĂ© des singes, les tableaux jointoient des catĂ©gories d’Ă©berluement qui semblaient jusque-lĂ aisĂ©es Ă distinguer – c’est le cas de ce tableau oĂ¹ le blanc de l’Å“il donne une prĂ©sence puissante Ă cette tortue de la MĂ©nagerie royale de Versailles, alors que la perspective choisie la fait paraĂ®tre hĂ©naurme au regard des pĂªcheurs (tableau intĂ©gral disponible ici).

Ce projet de dĂ©couverte gourmande d’une nature inconnue n’est Ă©videmment pas neuf. Dès le dix-huitième siècle, des merveilles de la nature comme l’hyperrĂ©sistante Clara-le-rhinocĂ©ros deviennent des must be seen qui fascinent aussi les peintres. BientĂ´t, singes et kangourous passionnent certains artistes. Les vĂ©gĂ©taux ne sont pas en reste – Ă titre d’exemple, Michel Garnier saisit ainsi avec habiletĂ© prunes et dattes. Le mouvement se poursuit au long des ans : autour du deuxième tiers du dix-neuvième siècle, le succès de Zarafa-la-girafe incite peintres et aquarellistes Ă s’intĂ©resser Ă son cas. Fors le plaisir exotique de la nouveautĂ©,
obligent Ă remettre en cause des certitudes philosophiques, religieuses et mĂªme scientifiques. La structure mĂªme de notre perception du vivant et de la planète peut se retrouver Ă©branlĂ©e par l’effet entraĂ®nĂ© par la dĂ©couverte de ces crĂ©atures extraordinaires. Informatif ou fortement chargĂ© d’imaginaires, l’art participe Ă la diffusion de ces fascinations devant une complexitĂ© peu soupçonnĂ©e.

Toutefois, il est Ă noter que, au fil des pièces prĂ©sentĂ©es, le visiteur sera vite insatisfait par la dichotomie proposĂ©e supra, entre informationnel et imaginaire. Celle-ci a beau rassurer l’analyste en postulant la possibilitĂ© d’une reprĂ©sentation objective, son caractère illusoire finit par voler en Ă©clats.
trahissent une mise en signification qui est, au fond, doublement au centre de l’exposition :
Ainsi, l’observation des animaux en captivitĂ© et leur reprĂ©sentation via des aquarelles d’une finesse Ă©tourdissante – par Jean-Charles Werner, par exemple – vont au-delĂ du saisissement quasi scientifique d’un spĂ©cimen tant leur attitude ou leur expressivitĂ© peut contribuer Ă rendre l’animal touchant, amusant, effrayant, etc., bref, humain. En ce sens, la bouille du sajou cornu est sans doute le phare qui Ă©claire l’exposition ; mais les fĂ©lins d’Eugène Delacroix ne manquent pas de saisir le visiteur – notamment son projet furieux de « Chasse aux lions », oĂ¹
fait merveille et permet presque d’oublier la connerie qu’est la chasse. Quelle judicieuse idĂ©e d’intĂ©grer cette esquisse au milieu de tableaux finalisĂ©s !

En somme, bien qu’elle s’intĂ©resse officiellement aux origines du monde et aux reprĂ©sentations de la nature, l’exposition n’hĂ©site pas Ă s’attarder sur des interrogations plus proches de la Genèse (l’homme est-il supĂ©rieur aux animaux par dĂ©cret divin ou par sa nature ?) que de la gĂ©nĂ©tique. Certaines Å“uvres s’amusent mĂªme de l’anthropomorphisation de monstres exotiques, telle cette « lionne jalouse » de Paul Meyerheim (1890), qui rugit et tend la patte quand l’accorte dresseuse grattouille la crinière d’un mĂ¢le amusĂ©.
C’est bien Ă une rĂ©flexion sur le regard, pour ainsi dire, que nous invite le musĂ©e d’Orsay. Dans quelle mesure la façon dont je pose mon regard sur ce que j’observe impacte-t-il ma perception de l’objet observĂ© ? Quand Johann Moritz Rugendas reprĂ©sente un « Arbre gĂ©ant dans la forĂªt tropicale brĂ©silienne » ou des « Indiens dans la forĂªt vierge » (1830), glisse-t-il Ă son pied des indigènes minuscules pour nous donner une idĂ©e de l’immensitĂ© du vĂ©gĂ©tal… ou de la petitesse de ces sauvages ? Quand Eduard Ender reprĂ©sente deux explorateurs fourbus mais chic dans la jungle, invente-t-il une situation par ouĂ¯-dire ou signe-t-il une tentative d’appropriation de la nature par l’homme occidental ?
Une fois de plus, la volontĂ© de distinguer ces deux pans – la rĂ©alitĂ© et son rĂ©investissement artistique – est vouĂ©e Ă l’Ă©chec. Il n’y a pas – ou il n’y a que rarement – la rigueur brute d’un cĂ´tĂ© et la fantasmagorie de l’autre ; il y a plutĂ´t une appropriation aux proportions variables d’un nouveau rĂ©el par un art Ă©tabli… et sensible aux modes. Ainsi l’aquariomania inspire-t-elle Gustave Moreau pour envelopper GalatĂ©e dans les merveilles d’un monde sous-marin pour le moins imaginaire…

Dans le dĂ©roulĂ© de l’exposition, cette volontĂ© de faire rencontrer mythes anciens et nouvelles passions dialogue avec le travail d’un Eugen von Ransonnet-Villez qui, plongeur et artiste (entre autres), revendique manière d’objectivitĂ© dans ses descriptions de paysages sous-marins glanĂ©s dans « les fonds aquatiques de Ceylan, de la mer Rouge, du golfe d’Aqaba et de la cĂ´te dalmate », tout en proposant de charmantes huiles sur toile donnant Ă voir une vie aquatique paisible et colorĂ©e. De mĂªme,
paraissent davantage explorer le monde qu’en questionner les origines. NĂ©anmoins, elles illustrent bien la nouvelle apprĂ©hension artistique de la nature, dans la mesure oĂ¹ elles dĂ©ploient les possibles d’un monde multiple oĂ¹ la place de l’homme (minuscule devant les flots de lave) ou de l’animal (ours surplombant un paysage semblant fondre dans « Au-delĂ de l’homme » de Briton Riviere, 1894) est comme convoquĂ©e par une prise de conscience tacite.
Dès lors, la dĂ©couverte de forces cosmiques objectivĂ©es par les paysages peut, au choix, selon l’inclination ou Ă la guise des imaginaires, inspirer l’effroi sacrĂ© devant l’immensitĂ© de la CrĂ©ation qui nous dĂ©passe, ou la conscience – terrible et lucide – de l’impuissance humaine, fĂ»t-elle tamisĂ©e par

Partant, l’exposition chemine vers l’expression d’une nature sinon systĂ©matiquement inquiĂ©tante, du moins rendue Ă une dĂ©mesure d’autant plus folle que sa dĂ©couverte paraĂ®t ne point avoir de fin. La virulence des Ă©lĂ©ments, pour ne pas Ăªtre une nouveautĂ© picturale (le DĂ©luge portait son lot de terreurs aquatiques que la bontĂ© divine n’adoucissait guère !), prend une dimension existentielle. L’Ă©piphĂ©nomène explosif devient
Selon cette approche, il conviendrait de ne plus distinguer l’homme et les Ă©lĂ©ments, ni mĂªme les Ă©lĂ©ments entre eux. L’intĂ©gration de la nature Ă la reprĂ©sentation du monde dix-neuvièmiste se prĂ©sente pour partie comme une mĂ©ditation aux accents romantiques sur la fusion entre l’homme et le cosmos.
Or, cette interrelation globale, qui pourrait insuffler une hybris monumentale, sonne aussi comme une dĂ©possession fondamentale. Alors que la foi univoque en un dieu crĂ©ateur pouvait donner l’impression Ă l’homme de possĂ©der et de contrĂ´ler l’univers, voici que les remises en question scientifiques portent de sĂ©rieux coups de canif dans la carapace de cette douce illusion. Violence monumentale !

L’imaginaire artistique s’empare de ce dĂ©sarroi avec une grande fĂ©conditĂ©. En tĂ©moigne la rĂ©appropriation rĂªvĂ©e de la prĂ©histoire. L’un de ses hĂ©ros, Paul Jamin, reprĂ©sente par exemple « La Fuite devant le mammouth » en 1885. Il dĂ©veloppera par la suite la veine des NĂ©endertaliens affrontant une nature pour le moins hostile – comme pour se rassurer sur la capacitĂ© de la sociĂ©tĂ©, solidement Ă©tablie depuis ces temps sombres, Ă domestiquer les violences climatiques, animales ou alĂ©atoires. En 1906, RenĂ© Rousseau-Decelle pose lui aussi une autre promesse rassurante : celle d’une « Famille prĂ©historique » qui fait la fiertĂ© de La Roche-sur-Yon, c’est dire, et laisse entrevoir l’Ă©ternitĂ© puisque cette reprĂ©sentation Ă©taye l’idĂ©e que le temps ne fait rien Ă l’affaire : comme chacun sait, la bonne famille, c’est
C’est souvent cet aller-retour entre l’hier et l’aujourd’hui qui est soulignĂ© par les tableaux choisis pour cette exposition. Comme le montre avec ironie Paul Meyerheim dans son « Banquet darwinien prĂ©historique » de 1865, oĂ¹ les singes finissent un gueuleton dans un drĂ´le d’Ă©tat très humain, la rĂ©invention du passĂ© propose conjointement deux idĂ©es antithĂ©tiques :
Ainsi, moins que l’origine de la sociĂ©tĂ© humaine, les peintres sĂ©lectionnĂ©s ici Ă©voquent, Ă travers la prĂ©histoire, la sociĂ©tĂ© qui leur est contemporaine, ses doutes, son autoconviction de perfection – qu’elle soit de droit divin ou scientifique – et son dĂ©sir de continuation Ă l’identique.

En somme, l’ensemble des interrogations ne mène guère aux origines historiques, sociales ou thĂ©oriques – c’est-Ă -dire reconstituĂ©es par la religion chrĂ©tienne ou l’autre religion qu’est la science. Il conduit plutĂ´t vers l’ontologie de l’homme. Les secousses qui Ă©branlent l’apparente Ă©vidence d’une nature – artificielle – constituant l’homme comme animal social, pensant et supĂ©rieur participent d’une anthropologie oscillant entre rationalitĂ© et philosophie, objectivitĂ© et exĂ©gèse, constat et analyse.
Ces Ă©valuations de l’humanitĂ© de l’homme forment une sorte de synthèse des questionnements Ă©voquĂ©s depuis le dĂ©but de cette notule. Artistiquement, elles s’articulent selon trois pĂ´les :
Loin de s’Ă©garer dans des Ă©lucubrations verbeuses, les peintres saisissent l’humain dans l’animal – et pas que chez le singe – et l’animal dans l’humain. Le brio technique des artistes leur permet de toucher directement celui qui regarde leur Å“uvre et, par cette Ă©motion, de prolonger les interrogations dont est porteur tout Ăªtre un peu frĂ©quentable.

À chacun de méditer en goûtant

L’exposition peut alors s’achever en prĂ©sentant, de façon cursive, trois pistes artistiques prolongeant l’aporie des origines :

L’origine de nos mondes et des autres est-elle divine ? Est-elle renouvelĂ©e Ă chaque fois que naĂ®t un homme, c’est-Ă -dire quelqu’un qui dĂ©couvre ce qui l’entoure, donc l’invente ? Est-elle une hypothèse rĂ©confortante si l’on imagine que, dans la mesure oĂ¹ elle n’a jamais Ă©tĂ© que thĂ©orique ou cosmique, elle laisse supputer que l’homme ne peut dĂ©truire ce qu’il n’a pas créé ?
Par la diversitĂ© des pièces ici rassemblĂ©es, l’exposition permet Ă la rĂ©flexion et Ă l’Ă©motion de baguenauder en contemplant des mĂ©duses, des roches, des squelettes, de jolis nanimaux, des paysages, des mythes, des imaginaires intĂ©rieurs, des Ă¢mes et des humains mutants. Sa profusion est-elle çà et lĂ confusion ? C’est une Ă©vidence. Cela messied sans doute Ă une approche scientifique, rigoureuse, prĂ©cise et dĂ©finitive du sujet mais rĂ©oriente l’objet de la visite : point de vision encyclopĂ©dique, plutĂ´t une proposition large, gĂ©nĂ©reuse, oĂ¹ chaque visiteur est susceptible de piocher de quoi le captiver – saluons les petits Ă©lĂ©phants verts, posĂ©s sous de nombreux tableaux, qui permettent de stimuler finement la curiositĂ© des jeunes.
En consĂ©quence, l’on peut ignorer l’argumentaire un brin pupute Ă©colo sur l’homme et le respect de la nature (Laurence des Cars a souvent eu Ă cÅ“ur ce genre d’approche bien-pensante, et cela lui a rĂ©ussi) pour se plonger avec appĂ©tit et plaisir dans cette dizaine de salles, malgrĂ© le retour des foules – lors de notre visite, il fallait attendre pour voir les tableaux, ce qui n’arrivait plus depuis l’instauration des jauges, Ă´ scandale ! Le cerveau regrettera le manque de rigueur ; l’Å“il jubilera devant la diversitĂ© des pièces et le questionnement multiple mais important qui le sous-tend.
Seul vrai regret, comme souvent Ă Orsay : l’Ă©clairage est souvent catastrophique, empĂªchant de profiter des tableaux sous verre que constellent des points verts impatientants, quel que soit l’angle choisi – ou permis par la presse. Après le ticket d’entrĂ©e, cet inconfort est le prix Ă payer pour une exposition dont un curieux saura profiter avec plaisir.


… et big bisous Ă tous (d’après la prof de l’artiste lyrique, hein, c’est pas rien).

Donner Ă entendre pour la première fois sur disque l’orgue Cattiaux de la cathĂ©drale de Basse-Terre en profitant d’un rĂ©cital in situ pour faire coup double : voilĂ le dĂ©fi que s’est lancĂ© Domenico Severin presque tout seul comme un grand, sur son propre label. S’il a concĂ©dĂ© une touche locale en invitant pour quelques duos la saxophoniste martiniquaise Roselyne QuĂ©min (on sait que les duos orgue et saxo se dĂ©veloppent, aussi bien au QuĂ©bec, avec notamment Sophie Poulin de Courval et Jacques Boucher, que sous nos latitudes avec l’excellent Pierre-Marie Bonafos ou l’enthousiasmant tandem russe formĂ© par Anna Homenya et Dmitri Ouvaroff), il a tenu Ă concevoir un rĂ©cital de dĂ©monstration sans affectation spĂ©cifiquement caribĂ©enne. Ă€ la lecture du programme, on pourrait Ăªtre perplexe devant l’association entre musique baroque et musique contemporaine, n’eussent Ă©tĂ©
Si la set-list embrasse large, elle ne saurait Ăªtre taxĂ©e de fourre-tout pour autant : bien sĂ»r, le « Choral du veilleur », la Sinfonia de la cantate BWV 29, un noĂ«l-tube de Daquin, mais aussi du Nosetti, du Ă…lberg, du Jolivet et du Severin : pas vraiment une litanie d’encores favoris ! Surtout, elle inclut des pièces variĂ©es Ă l’aune du quadruple Domenico Severin :
La fĂªte commence avec la Sinfonia de la cantate BWV 29, proposĂ©e dans la transcription pour orgue d’Alexandre Guilmant. Le tempo raisonnable substitue la clartĂ© au brio tape-Ă -l’Å“il parfois privilĂ©giĂ©. Les amateurs d’organiste s’Ă©brouant pour nous faire profiter de leur virtuositĂ© clinquante passeront leur chemin. Ces 4’45 rendent hommage Ă la rigueur efficace de Johann Sebastian Bach dont l’interprète s’attache Ă souligner l’articulation derrière l’apparente austĂ©ritĂ© de la registration unique, nous convainquant in fine que la solennitĂ© habille bien la symphonie d’une cantate destinĂ©e Ă rendre grĂ¢ces Ă Dieu.
Après un silence peut-Ăªtre trop bref, choix de montage final reproduit systĂ©matiquement, le choral « Wachet auf, ruft uns die Stimme » [RĂ©veillez-vous, nous crie la voix] (BWV 645), redoutable exercice en trio, bĂ©nĂ©ficie de la mĂªme soliditĂ© d’exĂ©cution, qu’acidulent – eh oui – çà et lĂ
trahissant, et c’est heureux, la patte Severin : rigueur, oui (malgrĂ© ses airs de savant fou, le zozo n’est pas rĂ©putĂ© pour ses excentricitĂ©s musicologiques !), mais interprĂ©tation toujours.
Troisième proposition pour boucler le triptyque Bach proposĂ© en guise de pĂ©ristyle, « Kommst du nun, Jesu, von Himmel herunter » [Viens, JĂ©sus, descends maintenant du ciel sur la Terre] (BWV 650) est le dernier choral SchĂ¼bler, le premier Ă©tant le BWV 645. L’Ă©nergie et l’allant de ce trio sĂ©duisent plus qu’ils n’impressionnent malgrĂ© le haut degrĂ© de technicitĂ© exigĂ© par cette pièce. Ils confirment aussi, cornet en avant, qu’il est raisonnable d’interprĂ©ter du Bach sur des orgues non contemporains du compositeur – ainsi que l’avait illustrĂ©, par exemple, Jean-Luc Thellin dans les premiers volumes de son intĂ©grale suspendue (Organroxx), oĂ¹ il explorait avec talent quelques exemplaires splendides claquĂ©s par la manufacture Dominique Thomas avant que des soubresauts ne saisissent tant la manufacture que l’intĂ©grale en cours.
Première curiositĂ© du programme, le Dixième noĂ«l de Louis-Claude Daquin sur « À la venue de NoĂ«l » permet une exploration sautillante de facettes nouvelles de l’orgue. L’auditeur peut ainsi goĂ»ter
L’interprète brille personnellement grĂ¢ce
Or, sur ces variations approchant les 6′, il s’agit de crĂ©er des couleurs Ă la fois assez diffĂ©renciĂ©es et assez cohĂ©rentes afin de capter les esgourdes et ne les plus lĂ¢cher.
passent l’Ă©preuve sans coup fĂ©rir.
L’atavisme italien de Domenico Severin se faufile dans les chants de la nuit caribĂ©enne (l’artiste Ă©voque des grenouilles quand nous croyions ouĂ¯r des grillons) grĂ¢ce Ă la « Bergamasca » de Girolamo Frescobaldi. Cette petite musique de nuit met en lumière les jeux de fond de l’instrument. Sur un orgue a priori peu appropriĂ© Ă ce type de musique, dans lequel on attend des archĂ©types historiques, le musicien parvient Ă crĂ©er des sonoritĂ©s dĂ©licatement variĂ©es pour chaque dĂ©clinaison du thème, malgrĂ© quelques facĂ©ties techniques (3’20), sans doute destinĂ©es Ă vĂ©rifier si celui qui se prend pour un critique a vraiment Ă©coutĂ© le disque. Tour Ă tour
le Cattiaux de 2018 est un compagnon intéressant et digne pour cette musique écrite quelque quatre siècles plus tôt.
Le contraste est attendu avec la Fantaisie en la mineur de Thomas Ă…berg, compositeur nĂ© en 1952. En rĂ©alitĂ©, la musique du compositeur suĂ©dois est très tonale et procède sur le dĂ©veloppement d’une cellule initiale fonctionnant autour d’une marche descendante. Le spectre des registrations accentue le charme pimpant de la première partie, avant que les bassons de pĂ©dale ne reprennent le thème autour d’un plein jeu composĂ© par l’interprète. Une mĂ©ditation s’ensuit, marquant le centre de la pièce. Elle pousse Ă dialoguer les jeux presque ondulants avec les registres plus aigus. Le retour au forte annonce la seconde partie de la symĂ©trie.
loin de sombrer dans la mièvrerie, permettent une exploration des possibles de l’orgue Ă la fois originale et accessible Ă toute oreille.
Le saxophone surgit Ă l’occasion d’Adiemus, extrait de Songs of Sanctuary (1994) de Karl Jenkins, nĂ© en 1944 – originellement une Å“uvre de près d’une heure pour chÅ“ur de femmes et ensemble orchestral. Une harmonisation joliment troussĂ©e enveloppe un thème de style populaire fondĂ© sur des notes rĂ©pĂ©tĂ©es que reprend l’orgue après l’exposition de l’anche, chargĂ©e de dialoguer en miroir. Intrinsèquement, la pièce n’est sans doute pas la plus palpitante du lot, mais
se fondent parfaitement dans la dynamique du programme proposĂ© jusqu’ici.
L’orgue reprend le lead pour l’ÉlĂ©gie sur un air folklorique amĂ©ricain de Massimo Nosetti (1960-2013). Après l’exposition du thème, un premier dĂ©veloppement fait courir l’air des claviers aux anches de pĂ©dale. Le cornet Ă©nonce alors de nouveau la mĂ©lodie. Un Ă -coup fracture cet agencement ficelĂ© avec un artisanat consommĂ©. Par la zĂ©brure ainsi mĂ©nagĂ©e, se faufile un crescendo majestueux mĂ©nagĂ© avec habiletĂ© par l’organiste, avant que le son ne s’efface, progressivement, au long d’une coda bien troussĂ©e.
Domenico Severin enchaĂ®ne sur la transcription d’un tube espagnol que sont les Recuerdos de la Alhambra de Francisco Tarrega. Les notes rĂ©pĂ©tĂ©es avec la libertĂ© de la guitare font joliment reluire les jeux flĂ»tĂ©s qu’abrite la cathĂ©drale de Basse-Terre. Cette curiositĂ© pour le moins inattendue rafraĂ®chit ce rĂ©cital caribĂ©en et traduit l’originalitĂ© de son concepteur. MĂªme si des organistes fĂ©rus de transcription – Esther Assuied en tĂªte – s’intĂ©ressent Ă Ennio Morricone, l’on n’avait jamais ouĂ¯ non plus le « Hautbois de Gabriel » extrait de la bande originale du film Mission, dans une version dialoguĂ©e pour orgue et saxophone au trĂ©molo imitatif des vibrations de l’original. C’est chose faite, et bien faite pour un mĂ©lange heureux entre musique savante et musique populaire – typique du travail d’Ennio Morricone et caractĂ©ristique du prĂ©sent rĂ©cital.
Mort en 2013, Jean-Michel Damase n’est pas le plus connu des compositeurs pour orgue, et il est joyeux que Domenico Severin nous offre l’occasion de dĂ©couvrir – Ă´ inculture, quand tu me tiens – l’une de ses quatre Pastorales.
laissent entendre le mĂ©tier du crĂ©ateur et le soin apportĂ© Ă sa restitution par l’interprète.
Plus frĂ©quentĂ©, le remix du Concerto en rĂ© mineur d’Antonio Vivaldi par Johann Sebastian Bach (BWV 596). Les jeux flĂ»tĂ©s font merveille dans le dĂ©but de l’Allegro ainsi qu’est considĂ©rĂ© le premier mouvement. La fugue rappelle si besoin que l’interprète sait allier virtuositĂ© et musicalitĂ©. Le Largo e spiccato ternaire, solo avec accompagnement, montre peut-Ăªtre les limites de l’instrument dans ce type de musique tant les fonds semblent soudain prosaĂ¯ques – la platitude de la musique peut jouer, il est vrai. Le dernier mouvement envoie du dĂ©cibel et de la promptitude. La mĂ©canique est assez bien rĂ©glĂ©e pour ne pas craindre les notes rĂ©pĂ©tĂ©es. Les anches de 16′ Ă la pĂ©dale ne sont pas d’une extrĂªme dĂ©licatesse, mais elles donnent de l’ampleur Ă cette partie jusqu’Ă l’ultime tierce picarde.
Enquillent deux extraits des Cinq interludes pour orgue d’AndrĂ© Jolivet, mort en 1974. Les registrations de l’introduction, manualiter, et de l’interlude choisis, tous deux plongĂ©s dans une profonde mĂ©ditation que rehausse une harmonie envoĂ»tante, sonnent remarquablement bien, sachant paraĂ®tre Ă la fois profondes et incisives. Le saxophone revient pour un Andantino et Calmo de Gilles Martin, pianiste et saxophoniste nĂ© en 1971. AdaptĂ©es d’un duo pour piano et sax visant « la fin du premier cycle », ces deux billevesĂ©es jouent Ă plein le plaisir de la mĂ©lodie et de la concision. L’ambiance caribĂ©enne créée par les grĂ©sillements animaux ajoute au charme de cette musique faite sĂ©rieusement sans se prendre au sĂ©rieux.
Deux extraits de la Pop Suite de Daniel Hellbach, professeur de piano nĂ© en 1958, encadrent une pièce de Domenico Sverin. « Latin », laisse le lead au sax, tout en veillant Ă lui permettre de dialoguer parcimonieusement avec l’orgue-piano. Le son chaleureux de Roselyne QuĂ©min et la lĂ©gèretĂ© digitale de Domenico Severin donnent un peu de piquant Ă cette pièce mignonne et Ă©vanescente.
Ne le nions pas : on est moins dans la rigolade avec « Jesu dulcis memoria » du signor Domenico Severin (nĂ© en 1967, on peut le dire Ă prĂ©sent qu’il intervient aussi comme compositeur), plutĂ´t rĂ©putĂ© pour sa musique riche et complexe que comme griffonneur de bluettes. Sa proposition ambitieuse rassĂ©rène l’auditeur qui trouverait certaines compositions sympathiques mais guère nourrissantes Ă la longue. Le projet tournicote autour d’une hymne grĂ©gorienne louant le doux souvenir de JĂ©sus dont la prĂ©sence suave donne de vraies joies au cÅ“ur. Après un puissant Ă©clat, motif rĂ©current de l’ouvrage, l’hymne apparaĂ®t Ă la pĂ©dale selon une modalitĂ© d’exposition qui n’est pas sans Ă©voquer Maurice DuruflĂ© lui-mĂªme. BientĂ´t Ă©grenĂ©e dans l’aigu, l’hymne est ensuite secouĂ©e par des rĂ©harmonisations interrogĂ©es par la voix cĂ©leste avec effets de boĂ®te harmonique sur un procĂ©dĂ© que le compositeur appelle « gouttes de sang rappelant la passion du Christ ». Un double canon, rythmĂ© par des notes rĂ©pĂ©tĂ©es, se laisse de nouveau zĂ©brer par un tutti rageur permettant d’apprĂ©cier les diffĂ©rents plans de l’orgue. Concis, certes (5’20), mais aussi sĂ©duisant que diablement efficace.
En bis, « A Dream » de Daniel Hellbach paraĂ®t un brin superfĂ©tatoire mais permet de conclure avec la saxophoniste sur une mĂ©lopĂ©e plaisante Ă dĂ©faut d’Ăªtre pleinement passionnante. C’est donc sur sept secondes de chant de grenouilles que s’achève un disque portĂ© par
En conclusion,
rendent l’Ă©coute voire l’acquisition de cet album plus que chaudement recommandables car son Ă©coute est un plaisir couvrant largement les soixante-dix sept minutes de musique annoncĂ©es.
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Jamais organiste dire : « Vas-y, balance toute la sauce, faut dĂ©poussiĂ©rer la tuyauterie et faire pĂ©ter les vitraux ! ». Non, jamais. Et cependant, parfois, pas loin quand mĂªme.

Les rĂ©pĂ©titions pour le rĂ©cital de PĂ©zenas s’intensifient. Certain y veille du coin de l’Å“il.
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