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Le blog de Bertrand Ferrier, page 156

Successfull, at least

Sur le Steinbach de L’Entre 2 (Angers). Photo : Monique Hottier.

 

HĂ©-hĂ© ! Sur Spotify, de plus en plus de chansons de mon premier et dernier disque fracassent le plafond des 1000 titres Ă©coutĂ©s, m’assurant, je crois, une fortune considĂ©rable et une considĂ©ration de fortune. Voici les 9 top singles du moment… en version vivante.

 

Numéro 1 : Pétronille
(crĂ©ation au ChÅ“ur de la Ville, Paris 17, le 18 janvier 2014)

 

 

 

Numéro 2 : Entre chien et loup
(spectacle « Chansons géographiques » à la Comédie Dalayrac, Paris 02, le 23 avril 2019)

 

 

 

Numéro 3 : Nan
(Le Connétable, Paris 03, le 9 mai 2013)

 

 

 

Numéro 4 : Le petit pois
(Le Connétable, Paris 03, le 19 juillet 2012)

 

 

 

Numéro 5 : Les moches et moi
(spectacle « Chansons amoureuses » à la Comédie Dalayrac, Paris 02, le 30 avril 2019)

 

 

 

Numéro 6 : Au troquet
(création au Connétable, Paris 03, 16 septembre 2014)

 

 

 

NumĂ©ro 7 : Le cÅ“ur gros
(spectacle « Chansons Ă  l’ancienne » Ă  la ComĂ©die Dalayrac, Paris 02, 16 avril 2019)

 

 

 

NumĂ©ro 8 : Fais-moi l’humour
(création au Connétable, Paris 03, 20 décembre 2012)

 

 

 

Numéro 9 : Baiser avec toi
Ă€ dĂ©couvrir sur le disque disponible ici (c’est vachement bien pensĂ©, quelque part).

 

Si tu vas au Gabon…

 

… n’oublie pas ton petit dictionnaire chinois ! Telle est sans doute la chanson que Vincent Robin-Gazsity prĂ©voyait d’Ă©crire. Las, il a prĂ©fĂ©rĂ© en faire un livre. On ne saura jamais si la chanson y a perdu – mais la littĂ©rature de tĂ©moignage, elle, y a diablement gagnĂ©.
Sous son apparence de jeune homme sage, Vincent Robin-Gazsity est un foufou qui a traversĂ© 6000 km Ă  pied (sur les 10 000 prĂ©vus) pour aller de la Chine en Europe – certaines polices ont mis fin au projet de l’aventurier, nĂ©anmoins heureux d’avoir dĂ©couvert qu’il n’y avait pas des civilisations juxtaposĂ©es mais « un dĂ©gradĂ© progressif de pratiques, habitudes et convictions » menant de l’Ouest chinois jusqu’en Turquie. Au passage, il nous glisse avec conviction un conseil : « Il faut absolument aller visiter l’Iran maintenant ! C’est fabuleux et certainement pas aussi dangereux que ce que l’on dĂ©peint par ici ! »

Mais ce n’est pas le sujet d’Un Français en Chinafrique, son livre qui vient de paraĂ®tre aux Ă©ditions Max Milo après que je lui ai prĂªtĂ© une main lĂ©gère Ă  l’heure du peaufinage final. Ce tĂ©moignage raconte l’expĂ©rience vĂ©cue par un Français expatriĂ© en Chine – pour y apprendre la langue, puis pour y vivre après qu’il a rencontrĂ© son Ă©pouse – au moment oĂ¹ il dĂ©cide d’accompagner sa dulcinĂ©e en Afrique. Le projet du couple : travailler pour une entreprise (chinoise, Ă©videmment) ambitieuse qui construit des routes dans la brousse. Vincent Robin-Gazsity servira de traducteur (en thĂ©orie), sa dame de, en gros, secrĂ©taire-entre-autres. Le rĂ©cit est donc

  • celui d’un couple pluriel,
  • celui de manières de vivre singulières ainsi que sont toutes les manières de vivre,
  • et celui d’une relation triple
    • (d’un Français avec la civilisation chinoise, vue Ă  hauteur d’homme mais pas que ;
    • entre la Chine et l’Afrique ; et
    • entre le semi-descendant des colons et les autochtones aux quarante langues officielles, plus le chinois).

C’est un ouvrage passionnant, une plongĂ©e dans un rĂ©el surrĂ©el griffonĂ©e avec une simplicitĂ© et des humours euphorisants, grĂ¢ce auxquels l’auteur rĂ©ussit le tour de force de

  • construire son propre personnage
  • en le nourrissant des enjeux Ă©normes liĂ©s Ă  l’expansion de la Chine et
  • en ne racontant nĂ©anmoins que ce qu’il a de ses yeux vu.

DrĂ´le, donc, mais aussi saisissant et malicieux, grĂ¢ce Ă  une plume pĂ©tillante qui fait dialoguer

  • curiositĂ© ethnographique et engagement personnel,
  • aventures humaines et conquĂªte mondiale,
  • questions indĂ©cidables et saveur du recul.

Comme je ne touche aucun droit sur les ventes, hĂ©las, hĂ©las, trois fois hĂ©las (si j’ai bien comptĂ©), c’est en toute tranquillitĂ© que je puis en conseiller la commande, par exemple ici. Je suis très heureux d’avoir pu dĂ©couvrir ce texte en avant-première, et j’avais hĂ¢te de le conseiller aux curieux de tout bord. On notera que l’Ă©diteur et les agents de sĂ©curitĂ© aussi sont fans, comme on le devine sur la photo infra. Cela n’est pas si frĂ©quent et mĂ©ritait donc d’Ăªtre soulignĂ©, il me semble !

 

Jean-Charles GĂ©rard, patron des Ă©ditions Max Milo, filmant l’interviouve de Vincent Robin-Gazsity lors de son passage sur France 24, le 26 mai 2021. Photo : Bertrand Ferrier.

 

… et la lumière fut !

Photo : Esther Assuied + Festival Komm, Bach!

 

On l’attendait depuis le 5 fĂ©vrier, dĂ©but du tournage. Après, il fallut que

  • la vie passa,
  • le montage, forcĂ©ment complexe, se fit,
  • et que l’occasion se prĂ©senta.

Enfin, malgrĂ© les alĂ©as que chacun connaĂ®t, mĂªme les artistes qui ont du talent et sont donc une toute petite partie des prĂ©tendus zzzartisss, la volontĂ© et l’Ă©nergie le permirent. En consĂ©quence, le concert de l’organiste virtuose et nĂ©anmoins vidĂ©aste itou virtuose eut lieu sur YouTube.
Vous en pouvez jouir quand bon vous chaut. As far as we’re concerned, on trouve que c’est sympa, pĂªchu, fort et mĂªme carrĂ©ment brillant. Quant aux jamais contents qui chougneraient, Ă©videmment, on s’en fiche, euphĂ©misme.

 

 

Lundi matin

Debussy de la Lorette en Cornouailles, le 24 mai 2021. Photo : Bertrand Ferrier.

J’ai le sens du timing

Bertrand Ferrier au Clin’s 20 (Paris 20), le 9 juillet 2015. Photo : d’après Rozenn Douerin.

 

Comme le pointeront les experts, sur cette chanson liquide, j’ai plagiĂ© pendant 6’39 une musique de moi. J’en avais une autre sur l’Ă©tabli, mais celle-ci l’a battue sur le fil. Incognito, la garce. Bref (mais pas si bref que ça), ça donne ceci. Vivement le procès.

 

 

Le bon tuyau pour les tubes

Photo : Esther Assuied + Festival Komm, Bach!

 

Si, rien qu’en apercevant cette capture d’Ă©cran, vous avez reconnu le ChÅ“ur des pèlerins, extrait du TannhaĂ¼ser de Richard Wagner, vous Ăªtes fins prĂªts pour la Première YouTube du rĂ©cital exceptionnel offert ce soir par Esther Assuied, qui assure

  • les transcriptions pour tuyaux de grands tubes de la musique classique,
  • l’interprĂ©tation de ces pièces et
  • la rĂ©alisation spectaculaire du film.

Elle a mĂªme eu du mal Ă  dĂ©lĂ©guer le violoncelle au virtuose vĂ©nĂ©zuĂ©lien Emmanuel Acurero, c’est dire…
Rendez-vous à 20 h pour la première diffusion, en présence digitale des artistes. Programme
ici. Lien lĂ  ou infra.

 

 

L’auteur Ă  la hauteur

 

EnvoyĂ© rĂ©cemment par une connaissance avec le commentaire : « Ma fille ignore tout de la fantasy, mais elle a trouvĂ© ce livre Ă  la bibliothèque. On espère que c’est votre meilleur livre ! »
J’ai pensĂ© Ă  Robert Charlebois chantant « La ballade du phoque en Alaska » [de Michel Rivard] en ouverture de son rĂ©cital, puis commentant :
–
Comme ça, les spectateurs qui pensent que c’est ma meilleure chanson, et de très loin, parmi les trois cents que j’ai Ă©crites, ne craindront pas que je ne l’aie pas chantĂ©e !
GrĂ¢ce Ă  cette photo gentille tout plein, j’ai trouvĂ© l’occasion idĂ©ale pour faire un triple point sur le sujet.
1) Je n’ai pas Ă©crit cette chanson de Christopher Paolini, je l’ai traduite.
2) En revanche, grĂ¢ce au succès de sa mĂ©lodie, Christopher Paolini a Ă©crit une grande partie de mon appartement, Ă  l’instar de Libertad expliquant en substance Ă  Mafalda :
– Ma mère est traductrice.
– Ça veut dire quoi ?
– Eh bien, le poulet qu’on a mangĂ© Ă  midi, c’est Jean-Paul Sartre qui l’a Ă©crit.
3) Il n’en demeure pas moins exact que j’ai dĂ©dicacĂ© quelques exemplaires du premier tome de cette sĂ©rie, un jour que, invitĂ© dans un petit Salon des livres, j’Ă©tais coincĂ©, faute de trains, alors que le libraire avait oubliĂ© de commander mes livres. Je me souviens d’avoir refusĂ© de graffiter un volume de la sĂ©rie Harry Potter, expliquant que je ne l’avais mĂªme pas traduit. RĂ©ponse du libraire, dĂ©pitĂ© :
– Mais vous avez traduit Eragon, c’est presque pareil !
– VoilĂ , vous l’avez dit : « Presque » !

Let’s have a rendez-vous!

 

Après un tournage en fĂ©vrier, une première programmation en avril finalement reportĂ©e, la Première YouTube du rĂ©cital d’Esther Assuied est fin prĂªte ! Programme fringant, rĂ©alisation soignĂ©e, lumières choisies, invitĂ© de marque : l’artiste, protĂ©iforme ou kalĂ©idoscopique, selon votre bonne guise, a mis les petits plats dans les grands pour ce rĂ©cital. Interprète, transcriptrice et vidĂ©aste, elle a mitonnĂ© une gourmandise gastronomique entre

  • tubes et tuyaux,
  • foucades et onirisme,
  • doulce sensibilitĂ© et fureur tellurique.

Comme ce concert est un rĂ©cital pour orgue seul mais que, dans ce festival, on fait pour partie ce que l’on veut, il accueillera aussi, le temps d’un golden hit, Emmanuel Acurero, la pĂ©pite du violoncelle vĂ©nĂ©zuĂ©lien que la France en gĂ©nĂ©ral et le CNSMDP refusent de laisser filer. Ă€ dire vrai, sa venue n’Ă©tait pas exactement prĂ©vue mais le virtuose, passant dans le coin, a vu de la lumière, et il est entrĂ©. Venez le rejoindre dès ce samedi Ă  20 h, en prĂ©sence digitale des artistes et sans souci de paperasse sanitaire !

Le programme (durée : 1 h 10)

1.
Ludwig van Beethoven
Allegro ma non troppo extrait de la Symphonie pastorale (10’40)

2.
Edvard Grieg
Première suite extraite de Peer Gynt

Matin (4’10)
La mort d’Ă…se (4′)
Danse d’Anitra (3’45)
Dans l’antre du roi de la montagne (3′)

3.
Johann Sebastian Bach
Concerto dit « dans le goût italien » (BWV 971)

Allegro (3’40)
Andante (6′)
Presto (3’25)

Entracte (5′)

4.
Gabriel Fauré
ÉlĂ©gie op. 24 (7’45)

5.
Piotr Ilitch TchaĂ¯kovski
Danse de la fĂ©e DragĂ©e, extraite de Casse-noisette (1’55)

6.
Richard Wagner
ChÅ“ur des pèlerins, extrait de TannhaĂ¼ser (5’40)


Bis.
Georg Friedrich Haendel
« Lascia ch’io pianga », extrait d’Almira (5′)

 

 

La réalité

Photo : Bertrand Ferrier

L’idĂ©e

Photo : Bertrand Ferrier