Blog

Orgue page 18

La cinquième saison

 

Enfin ! À quelques jours de l’inauguration de la saison, le 19 septembre, voici dévoilé le programme de la trrrrès attendue (au moins) cinquième saison de Komm, Bach!, qui proposera, parmi les pépites de l’année :

  • des récitals d’orgue solo, ainsi que des concerts
  • orgue et hautbois,
  • orgue et trompe de chasse,
  • orgue et soprano,
  • orgue et piano,
  • orgue et chœur,
  • orgue et cuivres, et même
  • un concert pochette surprise, qui sera le secret le mieux gardé de la saison.
Affiche du quatre-vingt-septième concert du festival Komm, Bach!, qui inaugure la cinquième saison.

Cette nouvelle édition du festival assumera deux orientations :

  • une envie d’Europe, malgré le report d’un projet russe pour cause de coronavirus, avec un épisode nomade assumé par Frédérique Gros, un triple épisode italien (face à la fougue italienne, impossible de faire les choses simplement), un épisode anglais d’antan, le florilège annuel concocté par le Namurois Fix Grandjean, et un épisode espagnol ; et
  • un souci de diversité puisque la programmation mettra à l’honneur Johann Sebastian Bach, forcément, et un de ses collègues un peu moins connus, Jean-Christophe Rosaz.

En effet, depuis plusieurs saisons, le festival formalise son goût pour la musique contemporaine en explorant une voie privilégiée chaque année.

  • Lors de la troisième saison, les artistes ont joué une demi-douzaine de pièces du passionnant Robert Maximilian Helmschrott (né en 1938).
  • En quatrième saison, la Pastorius toccata de Yannick Daguerre (1971-2011), éditée par Komm, Bach!, a résonné à une dizaine de reprises.
  • Cette fois, après un Allemand et un Français (un Basque, protesteront les localistes), c’est le tour de Jean-Christophe Rosaz.

JCR est un métis à sa manière : Franco-Suisse, il a des attaches en Italie et en Argentine. Il a glané ses diplômes d’assembleur de notes au CNSM de Lyon (composition) et à l’École normale de musique de Paris (musique de film). Par son travail, il aspire à « puiser aux sources d’inspiration de la nature » tel que le chant des oiseaux, des baleines et des étoiles. Son projet dialoguera avec ceux de Bach, donc, ainsi qu’avec ceux d’Alain, de Beaufils de Guérigny, Beethoven, Brahms, Bret, Blow, Cholley, Chopin, Debussy, Dupré, Enesco, Fisher, Franck, Guilmant, Homilius, Kerckhoven, Kerll, Krebs, Lefébure-Wély, Liszt, Locke, Marchand, Mendelssohn, Mozart, Purcell, Rossini, Tchaïkovski, Verdi, Vierne et Wagner (entre autres).

Le site de Jean-Christophe Rosaz : http://www.jeanchristopherosaz.eu.
La Pastorius toccata : https://www.bertrandferrier.fr/produit/pastorius-toccata-de-yannick-daguerre-partition-en-pdf-10-p/.
La page FB du festival : https://www.facebook.com/kommbach/.

 

La rentrée a du bon

Affiche du quatre-vingt-septième concert du festival Komm, Bach!, qui inaugure la cinquième saison.

Pour lancer la cinquième saison du festival, portée par le design renouvelé de Marie-Aude de la Serve (http://www.studio-m-a.com/), coup double pour les Journées Européennes du patrimoine.
À 18 h, visite commentée du patrimoine – en l’espèce, l’orgue de Saint-André de l’Europe, ouverte à tous les curieux, dans la mesure des places disponibles (30).
Et, à 20 h 30, concert spécialement concocté par Hervé Désarbre – pour la première fois en solo sur l’orgue Delmotte / Béasse – autour de l’Europe.
Les deux propositions sont à entrée et sortie libres mais bien quand même. Entrée et sortie libres, c’est-à-dire que l’on entre gratuitement et que l’on ressort gratuitement. Si l’on est un peu court en pesetas, si l’on est radin, si l’on boude, oui, on peut sortir sans dégainer une pièce et sans fuir par une porte dérobée (sans dérober de porte non plus, faut pas abuser). Néanmoins, il sera toujours possible de lâcher un petit billet de deux cents euros – par exemple – pour soutenir l’association qui chapeaute le rayonnement culturel de l’orgue (visite) et pour remercier de son investissement, de son talent et de sa créativité Hervé D., le foufou que le ministère de la Défense a récemment choisi comme son organiste à lui, et qui règne depuis environ un siècle ou deux sur le Cavaillé-Coll du Val-de-Grâce.

 

 

Fort focusss, donc, sur l’événement du soir, retransmis sur écran géant avec cadrage live assuré par Rozenn Douerin, que les habitués du festival connaissent bien.
En effet, un concert d’Hervé D. n’est jamais un récital comme un autre. Déjà, on ne s’y ennuie jamais, on y sourit souvent, on y découvre plein de compositeurs et on y sautille de surprises en surprises. Au-delà d’être original, chaque concert du soliste international présent ce 19 septembre est pensé. Pensé pour que chacun accroche, mélomane ou curieux (variété des morceaux, gouleyance du partage qui rechigne rarement à faire sourire sans être obsédée par l’effet, richesse de la matière sonore, durée globale d’1 h 10′ tout compris) ; et pensé pour que le concert ait du sens.
Cette fois, le sens tourne autour du « match retour en Europe ». À travers des compositeurs éclectiques, allant de Bach à Bret, en passant par – entre autres – Rossini, Lefébure-Wély et Rota, Hervé D. propose un fight réciproque entre France, Italie, Allemagne et Pays-Bas. Le programme détaillé de la bataille sera fourni afin que chacun puisse suivre, en direct et avec précision, ce qui se passe dans les vestiaires de chaque équipe nationale.
Masque obligatoire, hélas, mais émotions, belle humeur, découvertes de jeunes ou très vieux talents et wow garantis.

 

 

Pour rejoindre l’événement FB et partager la bonne nouvelle, cliquer ici.

Éloge de l’arc-en-ciel

Photo : Rozenn Douerin

Un tube rarement donné en version orgue et soprano ? C’est la proposition de Jorris Sauquet et d’Emmanuelle Isenmann, chargés de nous raconter une autre histoire. Une autre transcription, donc. Et l’espoir d’un autre monde, à condition que nous dénichions l’arc-en-ciel indispensable.
Dans le carquois où nous fourbissons nos armes contre les dangers permanents de la morosité et le médiocre, faisons flèche de ce moment de grâce mijoté par deux complices : la sensibilité d’une interprète à la voix d’une plasticité spectaculaire s’y acoquine avec la science d’un accompagnateur DeLuxe, et c’est délicieux.

Retrouver le concert du festival Komm, Bach! en intégralité : https://youtu.be/GUAY5APlCn4.
Découvrir la chaîne de Jorris : https://www.youtube.com/channel/UCuyFhUcubx2lOlb75Prafwg.

 

 

Come as you are

Photo : Rozenn Douerin

C’est le petit plaisir de la fin du récital. Après avoir joué ce que je voulais, je pouvais jouer ce que je voulais encore grâce à l’improvisation conclusive. En m’appuyant sur un thème célèbre, je voulais baguenauder dans les riches sonorités de la Bête. Disons que la Bête a souhaité manifester sa propre volonté. Le résultat est un dialogue entre le prévu et le donné. Une improvisation, donc.

 

 

Un temps pour soie

 

Le retour de la canicule n’y pourra mais : le beau, même so russian, n’attend pas l’hiver pour nous faire vibrer. Explorant leurs – donc nos – paysages intérieurs, Anna Homenya et Dmitri Ouvaroff nous offraient, en plein Grand Confinement, une plongée dans l’imaginaire médiévialisant d’un Glazounov fantasmant un ménestrel très personnel. C’est beau, riche, varié, et ça concluait supérieurement le concert du festival Komm, Bach! intitulé Paysages intérieurs.
(Pour les curieux, un bis magnifique – qui ne sera jamais diffusé en pièce détachée – figure dans la version intégrale. Bonne découverte ou réécoute ici !)

 

 

Partage musical

Photo assumée par Bertrand Ferrier

Apprenant que je venais donner à boire à l’orgue, le sacristain s’est offusqué :
– Mais tu ne peux le laisser boire seul, car c’est l’une des pires perversions qui soit que de laisser un orgue boire par-devers soi !
Alors, bon, par solidarité, j’ai accepté une lichette du breuvage qu’il me glissa afin que je sois solidaire de la Bête. Je suis si bon (sans remords).

Photo assumée par Bertrand Ferrier

Un de mes programmes préférés

Photo : Rozenn Douerin

C’est une sorte d’histoire que nous raconte la superstar worlwide de son époque : cette Douzième grande étude pour orgue est la plus narrative, la plus longue et la plus trop courte du recueil plaisant à souhait gratté par le désormais sous-estimé (pensez, il écrit de la musique plaisante) Sigismond Neukomm. À l’invitation de Christophe Martin-Maëder, titulaire des grandes orgues de Saint-Augustin, j’en ai proposé une interprétation lors de mon récital in situ. Voici le résultat.

 

 

Lumière !

 

Ce n’était pas prévu d’enregistrer cette pièce. Mais il y avait le temps, l’orgue et un formidable musicien qui en voulait encore. C’est ainsi que s’est construit le concert YouTube des Splendeurs de la catastrophe : on ouvre sur les Ténèbres, symbole des catastrophes ; on clôture sur la Résurrection, splendeur de la catastrophe s’il en est.
Ceux qui accusent le festival Komm, Bach! de snobisme parce que l’on aime la musique récente et contemporaine auront de quoi chougner puisque le concert s’ouvre et se ferme sur des œuvres d’Olivier Messiaen à l’orgue seul (élitisme choquant en ces temps où le métissage et le breakdance sont les seules cautions censées justifier la musique savante). Du coup, c’est le concert YouTube qui a fait le plus de vues sur YouTube. Pan sur vos doigts (c’était pas un doigt ? mais c’est à s’y méprendre !), gros nazes. J’espère que les mêmes gens-qui-sachent se sont offusqués que, les concerts suivants, nous ayons eu la vulgarité d’inviter des chanteurs – fi, c’est vulgaire, la chanson. On s’en fiche tout autant.
N’empêche, cette vidéo est proposée aussi bien aux mélomanes qu’aux curieux sans a priori – bref, à ceux qui disposent d’un cerveau et d’un cœur les distinguant des, faut bien dire les mots, gros cons.

 

 

Enterrement catholique, 2020

 

Ben, non.

N’attendez plus que la joie revienne…

 

… elle arrive. Rendez-vous ce dimanche 21 juin à 20 h 30.