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Orgue page 22

Les 6 plus grandes redécouvertes Komm, Bach! à faire

 

Parmi les vidéos du festival Komm, Bach!, certaines ont remporté un succès phénoménal à l’échelle du plus petit festival international d’orgue-mais-pas-que – nous l’avons vu tantôt. D’autres restent, et c’est joyeux, à découvrir. Voici, donc, dans notre catalogue, quelques suggestions.
Et la première, comme quoi, on est hyperouverts au niveau toléranciel, au moins, c’est pour ceux qui détestent l’orgue. En revanche, comme sur l’pont du Gard, attachez votre coiffe – ça souffle.

 

 

La deuxième, c’est pour ceux qui aiment la musique bien jouée, même si y a de l’orgue dedans : un tube du répertoire à tuyaux enlevé par le brillant bûcheron des Ardennes, aka Fix Grandjean.

 

 

La troisième vidéo que l’on propose, c’est une magnifique exécution d’une des six pièces de César Franck pour grand orgue. C’est puissant comme une série Netflix qui durerait moins d’un quart d’heure – et ça, ça n’est rien d’autre qu’un cadeau pour les oxymoronophiles.

 

 

Ha, on a un vrai cadeau pour les curieux qui aiment l’Écosse. Ce sera notre quatrième vidéo.

 

 

Bon, celle-là, c’est pour tous ceux qui détestent la musique contemporaine. Je pourrais dire que c’est une pièce que je trouve plutôt pimpante – mais comme je finis par être impliqué dans l’histoire, je peux pas, tu penses. Et ce fut la cinquième vidéo.

 

 

La sixième vidéo ? Bon, parce que vous insistez. C’est pour saluer un compositeur qui, assurément ne fait pas recette. I mean, it’s not maître Gims. Et pourtant, quel sens de l’harmonie et du climat, quand de belles interprètes s’y collent !

 

Sinon, y a Calogero, mais c’est tout pourri

Photo : Sandra Aquilanti reproduite avec l’autorisation du modèle

Le prochain concert du festival Komm, Bach! célèbre l’orgue surtout récent et le talent d’un jeune organiste-flûtiste à bec-compositeur du nom d’Aurélien Fillion. Alors, bon, sur ce site, on est cash, donc on dit les choses tout rond, parce qu’une tautologie n’a jamais nui aux blagues de Toto : le mec ne comprend rien à rien. Mais rien. Tu sais, le genre de mec à qui tu demandes s’il n’a pas un extrait apéritif pour ses futurs fans parisiens et qui s’écrie : « Si, j’ai un extrait de concert à Stykkisholmur… » Désespérant.

 

 

Imaginez, simplement, un festival destiné à tous, mélomanes comme curieux, et un hurluberlu qui dit : « D’accord, je viens, et j’ai un programme qui va vous plaire. » Nous, fantaisie du jour ou whatever, nous devons répondre un truc du genre : « Super. » Donc le mec vient. Il vient, hein, c’est pas une blague. Il sera là le samedi 14 mars, à 20 h 30.

 

 

Cash, lui aussi. Avec du Jehan Alain, du Johann Sebastian Bach, du Louis Vierne et du Yannick Daguerre, admettons. MAIS aussi du Jean Guillou, du Laurent Carle, du Jean-Pierre Leguay et du Valéry Aubertin.

 

 

Ça sent la découverte, l’inattendu, l’improbable et le métissé.
Ça sent l’enthousiasme d’un public qui n’aura pas eu peur du truc censé être horrible, imbittable, réservé aux abonnés de l’Ensemble InterContemporain, cette ignominie (quand on pense qu’il y a tant de migrants et que l’on continue de donner de l’argent à ce genre de bruit…), bref, de la musique d’aujourd’hui en général et de « l’orgue contemporain » en particulier.
Ça sent la diversité, le choc et la respiration dans un monde « récital d’orgue » souvent engoncé entre Bach, un romantique, Thierry Escaich, un romantique et une improvisation pour finir. Ça dure 1 h 10 max tout compris, c’est gratuit avec écran géant pour suivre tout le concert en direct et programme pour comprendre ce qu’est-ce qui s’passe ; et, à la fin, avec un peu de patience, on peut aller boire un coup avec l’artiste même si on n’a pas acheté son disque.
Bref, si vous aimer les expériences, la grande musique souvent inconnue et les frissons, bienvenue, on sera heureux de partager ces émotions. Juste, faites un effort : venez pas à plus de 5000. Juste 4999, c’est bien, ça nous permettra de nous soumettre aux lois scélérates de Pharaon Ier de la Pensée complexe. Merci d’avance.

Yannick forever

Photo : festival Komm, Bach!

Alors que les organistes emblématiques du Val-d’Oise tombent comme à Saint-Privat voire à Gravelotte, nos amis Remi Dardenne et François Cuny étant les derniers sur la liste à ce stade, les regards continuent de se tourner vers le plus célébré d’entre eux : Yannick Daguerre, dont l’aura, le charisme et le talent n’ont pas fini de faire clap-clapper des mains. Cette année, Yannick est la vedette de Komm, Bach! puisque Esther Assuied a accepté d’éditer sa « Pastorius toccata ».

 

 

Une dizaine d’artistes ont accepté de se risquer à la projeter sur l’orgue de Saint-André de l’Europe. À ce stade du festival, qui dure de septembre à fin juin, plusieurs virtuoses nous ont laissé partager leur vision de l’œuvre – à commencer par le premier à s’y coller, en l’espèce le vénérable commandant titulaire du Val-de-Grâce, el señor Hervé Désarbre.

 

 

François-Xavier Grandjean, herr titulaire of Sainte-Julienne de Namur, a relevé le gant et, sous l’œil sévère de la jeune virtuose Esther Assuied, claqué sa propre version de la pièce. De l’engagement et de l’envie comme on aime.

 

 

L’un des plus grands virtuoses de la place parisienne ne nous a pas (encore) autorisé à cingler son exécution de concert sur YT, mais il nous avait laissé onliner l’incipit glané lors d’une répétition – et, déjà, ça zoukait grave, comme disent les musicologues ou presque.

 

 

C’est alors que l’organiste la moins soupçonnable de vulgarité, la tutélaire titulaire des grandes orgues de Saint-Nicolas du Chardonnet, s’est emparée du shmillblick pour l’auréoler de son sérieux et de son exigence.

 

 

À cette heure, la dernière artiste à s’être risquée dans ces eaux mouvementées s’appelle Coralie Amedjkane. La dame est une subtile. Elle cache le feu de la musique sous l’apparence de la strictitude, et le brasier du groove sous le respect de la partition. Coralie, on va pas se mentir : tu-ne-trompes-personne, ton interprétation est wow, voilà – na !

 

 

Pour acheter la partition, c’est exclusivement ici.

Les 16 plus grands cybersuccès de Komm, Bach!

Crédit : festival Komm, Bach!

Depuis le 7 octobre 2016, certains artistes nous autorisent à mettre en ligne des vidéos issues de leurs répétitions et/ou concerts donnés dans le cadre du festival Komm, Bach!. Toutes portent témoignage de leur souci d’offrir une heure d’orgue de qualité aux curieux. Quelques-unes rencontrent un succès patent auprès du cyberpublic. Voici, à ce jour, le classement du Top 16. (À la base, on partait sur un Top 15, mais on trouva que cela manquait de générosité. Alors voilà, quoi.)

16. Johann Sebastian Bach, « Fantaisie et fugue en do mineur » (BWV 537) par François-Xavier Grandjean

 

 

15. Bernstein & Sondheim, « Tonight » par Hervé Désarbre et Julien Bret

 

 

14. Jehan Alain, « Ave Maria » par Emmanuelle Isenmann et Olivier Willemin

 

 

13. Olivier Messiaen, « Le sourire » par Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet

 

 

12. Johann Sebastian Bach, les trois « Nun komm der Heiden Heiland » par Jean-Luc Thellin

 

 

11. Noël Hazebroucq, l’incroyable improvisation sur le « Cabinet du docteur Caligari »

 

 

10. Robert Maximilian Helmschrott, « Im licht » par Esther Assuied

 

 

9. Louis Vierne, « À midi » (extrait des Angélus) par Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane

 

 

8. Olivier Messiaen, « O sacrum convivium » par Emmanuelle Isenmann et Olivier Willemin

 

 

7. Naji Hakim, « Tanets », première cyberdiffusion, par Marie-Agnès Grall-Menet

 

 

6. Louis Vierne, « Naïades » par Coralie Amedjkane

 

 

5.  Johann Sebastian Bach, Fugue en sol mineur (BWV 578) par Jean-Luc Thellin

 

 

4. Orgue et bombarde par Jean-Pierre Rolland et Jean-Michel Alhaits

 

 

3. Johann Sebastian Bach, « Fantaisie et fugue en sol mineur » (BWV 542) par Jean-Luc Thellin

 

 

2. Louis Vierne, « Ave Maria » par Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet

 

 

1. Hans Zimmer, « Dream is collapsing » par Esther Assuied

 

 

Oserez-vous assister en direct au prochain récital qui renversera peut-être la table ?

 

Komm, Bach!, épisode 77

Ariane Zanatta. Photo : Rozenn Douerin.

C’était le deuxième épisode du « Mois des quatre samedis ». Un samedi soir entre filles, en somme, avec quelques invités mâles de premier rang, feat. la vedette des tribunes d’orgue de l’année, M. Louis Vierne en personne.

 

 

Pour inviter Louisou, on avait sélectionné des commensales à la hauteur. Faut être technique, faut être musical, et faut croire à ce que l’on propulse, surtout si l’on chante les mots de Jehan Lepovremoyne. Assurément, ces dames ont vraiment rendu hommage au parolier comme au metteur en musique.

 

 

Peut-être, soit, certes, le son ne valorise pas à sa juste valeur la projection chaude et sans concession de la soprano – plus que peut-être ; mais, dès que l’on a les moyens de mieux, on fait, promis ! En attendant, on laisse la part belle aux plus belles dimensions du mélomane curieux :

  • son imagination et
  • sa joie de profiter avec bienveillance d’un témoignage impressionnant.
Coralie Amedjkane. Photo : Rozenn Douerin.

D’autant que miss Amedjkane a accepté de claquer the « Pastorius toccata », partition spécialement éditée par le festival Komm, Bach! et disponible ici. Une pièce dans laquelle

  • des doigts solides,
  • une excellente indépendance,
  • un puissant sens du swing et
  • une belle personnalité

trouvent à repousser les limites du répertoire de la musique savante pour orgue en allant farfouiner aux confins du jazz funk. Sous les doigts de la grande Coralie, en dépit de l’apparence stricte et sévère de la virtuose, ça le fait grave.

 

 

Et comme Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane ont le sens de la personnalisation, elles nous ont autorisé à mettre en ligne l’hymne de Saint-André d’André Jolivet, œuvre rarement donnée et pourtant secouante, qui allait comment un cierge à la paroisse qui accueillait ce concert (et non « qui allait comme un cerf à la paroisse qui accueillait ce concierge », bien entendu, c’est le cas de le dire).

 

 

Pour les Franciliens qui veulent savoir ou réentendre comment sonne ce duo en vrai, sans la modestie technique de ces souvenirs pétillants, bonne nouvelle : séquence de rattrapage au temple de l’Étoile ce samedi 29 février à 18 h autour de Franck, Vierne, Alain, Jolivet et Gandrille !

Sexe machination

Photo : Bertrand Ferrier

Quand tu crois arriver à une tribune d’orgue tout à fait digne et que tu débaroules sur une tribune où une partition malencontreuse, certainement, te propose de revenir à ta vraie identité de sex machine (guédawoudeup).

Sidéral

Photo : Bertrand Ferrier

Tu sais que le jeune collègue que tu remplaces a déjà ébloui son nouvel auditoire quand, entres autres indices :

  • les mamans, même jolies, font poliment la moue en montant à la tribune avec leurs enfants pendant la messe quand elles découvrent que c’est toi ;
  • l’on t’applaudit après ton long morceau de sortie, et une dame chic t’attend en bas en t’expliquant « depuis quelque temps, moi qui n’aime plus venir à la messe, je viens à la sortie car je sais que c’est exceptionnel » ;
  • de jeunes fans portent visiblement aux nues la nouvelle idole, si l’on en croit les messages d’une totale liberté de pensée cosmique placardés sur la porte de la tribune…

Un convoi couleur vitrail

Photo : Bertrand Ferrier

Quand, globalement, il y a écrit « TU VERRAS BIEN » sur ton conducteur d’obsèques, c’est fatal, le sage regarde la Lune mais, toi, tu regardes le vitrail.

Komm, Bach!, épisode 79

Naji Hakim et Marie-AGnès Grall-Menet à Saint-André de l’Europe, à l’issue du concert Komm, Bach!. Photo : Domenico Severin (http://domenicoseverin.com/).

Après une numérotation imprécise, il est temps de revenir sur une classification beaucoup plus stricte et solide. Voici donc des bribes du soixante-dix-neuvième épisode du festival Komm, Bach!, featuring la concertiste internationale Marie-Agnès Grall-Menet, titulaire des grandes orgues de Saint-Nicolas du Chardonnet. Et, soyons clairs, ça a zouké, ce soir.

 

 

Cette dynamite – pardon : ce dynamisme est-il contradictoire d’une proposition plus protéiforme ? Ben non, les artistes du festival savent combien nous aimons contrastes et grand 8 des émotions. Aussi l’iconique MAGM nous en avait-elle préparé une dose…

 

 

Entre un brillant Gluck arrangé par l’artiste et un extrait de la « Petite musique de nuit » de Wolfgang, vous choisiriez quoi ? Un extrait de la « Petite musique » ? Bon, parce que vous insistez, alors, le voici…

 

 

Pour autant, l’heure n’est pas à la mignardise. On est au festival Komm, Bach!, tout de même. La preuve, l’interprète reprend aussi sec son sérieux.

Marie-Agnès Grall-Menet. Photo : Rozenn Douerin.

Et elle claque un hit qui est forcément du goût de l’autre zozo qui feint de la chaperonner depuis qu’elle s’est aventurée dans cette antre de perdition.

 

 

En même temps, on va pas se mentir, ici, on aime le padapam. Et la dame l’a bien subodoré.

 

 

Est-ce à dire que nous refusons la belle musique connotée Cavaillé-Coll ? Fi, mécréants, quand de brillants mains et pieds la savent interpréter, point ne les décourageons. (Allons.) (Coquins.)

 

 

C’est alors que surgit le phare de cette saison 2019-2020 : la « Pastorius toccata » de feu Yannick Daguerre, dont nous sollicitons l’interprétation dès que le concert semble cohérent avec cette pièce pétillante, parce qu’elle porte la mémoire d’un extraordinaire musicien.

 

 

Toutefois, restons sereins et toute cette sorte de choses. La virtuose ne voulut-elle point célébrer les 150 ans de la naissance de Mr Vierne ? Donc, méditons.

 

 

Restait l’énorme inédit de Naji Hakim, star internationale de l’orgue qui nous avait fait l’amitié d’être présent. L’occasion d’entendre la nouvelle exécution de sa redoutable pièce par la dédicataire de l’œuvre. Nous voulons imaginer qu’il ne le regretta certes point. Le triomphe fait à sa pièce et à son interprète semble parler de lui-même.

 

 

Alors, on va pas se mentir, vus le niveau d’exigence, la haute technicité, l’investissement personnel, le suivi, l’émotion et la musicalité, il est inutile de venir me chanter la messe sur « les squatteurs de Saint-Nike » ou l’extrême-droitisme de l’église dans les hauteurs desquelles la dame sévit. Ce 8 février, la titulaire du grand orgue de l’église polémique a balayé tout scepticisme d’un trait de lumière : c’était pensé, maîtrisé, puissant, pomme-pet-deupe et généreux. Un grand récital d’orgue, en somme.

Partage des os

Photo : Bertrand Ferrier

– … et, au niveau partage des os, quand vous dites que vous avez distribué 80 % de la quête à l’artiste du concert, vous avez aussi divisé les pièces rouges qui bientôt n’existeront plus pour complaire Pharaon Ier de la Pensée complexe et ses amis banquiers ?
– Nan.
– Vous avez pas honte ?
– Après avoir financé une pub à 30 €, renoncé à deux convois (en substance, 100 € net) pour accueillir le musicien, j’ai juste mis un billet de 20 € dans la corbeille pour l’artiste, un autre pour l’assoce qui paye la SACEM, et j’ai acheté des disques de l’artiste. D’autres questions ?
– Vous avez une preuve ?
– Ben, mon genou dans tes noix, ça irait ou bien ?
– Nous n’avons pas d’autre question, Votre Honneur.