Quand t’es pas Johnny, l’avantage, c’est que t’es pas encore mort. Et l’autre, c’est que tu es parfois invité à survivre artistiquement en faisant la première partie d’artistes qui t’accordent leur confiance alors qu’ils savent que t’es pas hyperbankable. Ce qui est fort flippant parce que t’as plus qu’à être bon. J’en accepte l’augure (aime bien cette expression même si pas sûr de quoi qu’elle signifie) et donne rendez-vous métro Ourcq aux curieux de chansons indépendantes, pour découvrir Jann Halexander à qui j’ouvrirai la voie avec deux chansons en version piano-voix :
« Sur un malentendu » (B. Ferrier, création), et
« Un cèdre sur ton toit » (J. Halexander, reprise).
Le dernier concert que j’avais préparé lourdement avec mes chansons et celles de Michel Bühler, ce concert fut annulé in extremis. Salle revendue. Du coup, j’ai écrit un petit album pour moi. Douze chansons complètement différentes de ce que je chantais. Jann Halexander m’a proposé d’ouvrir son concert avec une chanson de ce nouveau tonneau et une chanson de lui. À sa demande, ça va parler d’amour, donc de crotte de nez, de tissu et de cèdre jusqu’au bout des toits. Vous savoir dans la salle, pour applaudir l’hurluberlu ou moi-même, voire les deux, serait une joie du genre youpi. Billets disponibles ici.
Jann Halexander est un chanteur-pianiste qui festonne textes, musiques et intermèdes parlés théoriquement préparés et en fait spontanés. Non loin de Claudio Zaretti, venu applaudir un estimé collègue, nous sommes allés l’écouter au Théâtre du Gouvernail pour sa première date parisienne. Devant le succès de ses deux dates, complètes, il a accepté d’ajouter un concert, le mardi 12 décembre. C’est le biais de notre article : nous assurerons, autant que possible, yo, la première partie de ce récital. Donc notre article n’a pas de chance de détruire un zozo qui nous propose de sévir dans d’aussi belles conditions (super sièges pour les spectateurs, feux et sons tout à fait pro, vrai piano, pas d’alcoolo te demandant de chanter du Jauni Àlidé, etc.). Pour notre défense toutefois, nous arguerons d’abord que nous avons souventes fois croisé notre route avec celles de cet énergumène, et nous ne l’avons pas vraiment caché ; ensuite, avant qu’il ne nous avance cette flatteuse proposition, nous n’avions pas l’intention de le descendre en flammes ; enfin, je fais ce que je veux ici, c’est mon site, mârde.
Photo : Rozenn Douerin.
Pour contraster avec l’espace impressionnant et un peu froid de la Comédie Nation, Jann Halexander choisit de revenir à Paris pour son « Ah vous dirais-je » Tour dans une salle toute en largeur, chaleureuse (une fois passée l’entrée) et parfaite pour la chanson qui s’adresse aux zozos ne logeant ni leur cerveau ni leur cœur QUE dans leurs chaussettes. La formationqui auréole ce chanteur ce soir-là associe la voix et le piano de la vedette à deux artistes. D’une part, Barbara Felettig, une guitariste-charanguiste d’apparence sympathique mais, à notre goût trop sage, sur laquelle nous maintenons les réserves émises l’an dernier – la contrebasse d’un Claudio Zaretti, puisque l’on en parlait, apporterait sans doute aucun un groove plus utile, le consternant « Il est vraiment phénoménal » entonné par la charanguiste à la fin de sa prestation achevant de nous éloigner de l’esthétique de cette musicienne. D’autre part, Laurence Gastine, une saxophoniste résolument jazzy, que l’on aimerait applaudir avec vivacité malgré son sérieux indéfectible sur scène, à peu près aussi charismatique que l’indifférence collégienne de la guitariste ; pourtant, peut-être en conformité avec un principe de chanson alternative financièrement sur le fil, finit par agacer sa tendance à intervenir de façon inopportune et dissonante en même temps que le chanteur faute de répétitions suffisantes, probablement : le son est chaud, le souffle est engageant et les doigts tricotent utilement, mais plus de précision serait indispensable pour doubler ou unissonner (pfff) le chanteur.
Laurence Gastine par Rozenn Douerin
Ces réserves ayant été émises, saluons la spécificité de la prestation. Avec ce spectacle sobre (un piano au centre, un lampadaire tout près, une guitariste à jardin et une saxophoniste à cour), Jann Halexander propose un spectacle intimiste, voire intime avec une double volonté : la mise à nu, puisque l’artiste parle de sujets qui le touchent souvent directement ; et la distance, car l’homme refuse souvent le traitement frontal « des grands sujets, des grands machins » dont parle Anne Sylvestre, référence récurrente du gaillard. Complémentaire de son précédent spectacle à la Comédie Nation, l’an dernier, plus extraverti, prédomine cette fois la volonté de se poser (prenants passages piano-voix, qui appuient sur la relative inutilité d’une guitare redondante ou d’un instrument soliste superfétatoire), d’oser chanter les fêlures sans toujours parler de soi, de se risquer dans des genres différents, de fréquenter l’humour mais pas que, bref, d’offrir aux nombreux spectateurs un large spectre de ses talents musicaux y compris des inédits plaisants (« Les mesquineries »), en valorisant les titres si différents de son intéressant dernier disque. En prime, il démontre que, parfois, avec une équipe ad hoc, un répertoire varié, une volonté chevillée, on peut remplir les jauges parisiennes adaptées sans mégamédia dans sa poche. Na.
Saint Jann Halexander par Rozenn Douerin
– Et sinon, blabla à part, c’est bien ? – Si tu aimes la chanson intelligente, variée, originale, dissonant de la médiocrité, ça se défend bec et ongles. Sinon, ben, va applaudir Charles Aznavour (mais rends-toi méconnaissable avant de passer pour un gogo en subventionnant cette consternante momie).
Quatre heures de transport, ça permet de se remettre dans l’oreille le travail de Jann Halexander, que je compte bien aller applaudir ce soir même pour sa première date parisienne du « Ah ! vous dirais-je maman » Tour (1 h 50 de transport en sus, ne serait-ce que pour rentabiliser ce bâtard de Navigo).
Jann Halexander, que les habitués de cette cyberfeuille de notes n’ignorent plus (au moins depuis 2014 !), surtout depuis qu’il leur a proposé d’être quelques promesses de leur zizi à cause d’un parolier saugrenu – Jann Halexander, disais-je, c’est ça.
Mais aussi ça.
Et, cette fois, ça.
Bref, amateurs de pureté, vous risquez d’avoir manière de problème avec Jann Halexander : non seulement ce musicien est artistiquement polycéphale, mais on ne peut pas faire sa p’tite tambouille avec ses chansons. Son travail est à l’image du bonhomme, consubstantiellement métissé. Depuis une quinzaine d’années, il se prend en bloc. Se revendiquant de la chanson française façon Anne Sylvestre et de la variété versant Mylène Farmer, les fredonneries de l’olibrius picorent là où les-chanteurs-français-faisant-de-la-chanson-française ne vont pas. En témoignaient son précédent disque de rare boots et reprises, et sa galette d’excellents remixes. En témoigne aujourd’hui son nouvel album, Ah ! vous dirais-je ?.
Dans ce tout frais Ah ! vous dirais-je ?, on distingue trois types de titres, et non l’inverse (« trois titres de types », ça ne voudrait rien dire) : un, des chansons sur fond de rythmique synthético-planante (« Lost in Fort-de-France », « Laure et Frédéric ») ; deux, des instrumentaux (« Comptine d’amour », « La ballade de Laure & Frédéric ») ; trois, des titres des chansons piano-voix, éventuellement agrémentées de cordes synthétiques (« Ah, vous dirais-je ! », « Sa peau noire », « L’Éléphant du destin », « Mesdames et messieurs », « Un dimanche à Vieil-Baugé »). Ceux pour qui la boîte à rythme est une hérésie éviteront donc soigneusement les pistes 4, 6 et 7, soit un tiers du disque. Les autres poseront la question : mais l’accompagnement fait-il la chanson ? En clair, les chansons avec boîte à rythme sont-elles structurellement différentes des autres ?
Admettons cette hypothèse, ne serait-ce que pour avancer.
Oui, admettons qu’une autre typologie est possible. Plusieurs autres, en vérité. Cela confirme notre diagnostic liminaire : avec Jann Halexander, on ne peut choisir. Il faut prendre d’un bloc ses chansons paysagères (« Fort-de-France », « Vieil-Baugé »), ses petites histoires (« L’éléphant », « Laure »), et ses textes dont on n’est pas sûr de comprendre le sous-texte (« Ah ! vous dirais-je ? », « Sa peau noire »). Chez Jann Halexander, il y a d’abord une indécidabilité du genre dont la voix use et, pour les tenants d’une justesse corsetée, abuse parfois à force d’attaquer les notes en dessous par des tremplins vocaux (les fameuses « diphtongues sur les voyelles », qui font partie de la marque de fabrique du chanteur, un peu à la Philippe Chatel). Il y a ensuite un savoir-faire qui séduit même quand « on ne comprend pas tout » puisque, comme le chante Véronique Pestel, « la musique est là pour ne pas qu’on s’ennuie », tant dans la chanson bien piano-voix à l’ancienne que dans les ballades façon trip hop. Il y a enfin une volonté de ne pas gommer les excès dans lesquels l’interprète se précipite presque avec lubricité (longues tenues de voix en fin de chanson, par exemple, ou rajouts de postludes qui semblent parfois plaqués – dernières 80 secondes de « Laure », dernières 40 secondes de « Mesdames et Messieurs », fin de « Vieil-Baugé » qui dilue la jolie aquarelle dessinée jusqu’alors). Tout se passe comme si l’artiste voulait se défier lui-même et rejeter d’emblée les reproches sur le thème du « tu n’es pas allé jusqu’au bout de tes idées ».
En trente minutes, minibonus compris, Jann Halexander réduit en cendres les moindres soupçons de tiédeur. Ni chanteur à textes proprement dit (« L’éléphant », sciemment naïf jusque dans les paronomases, contraste avec les fulgurances du style : « La peur de la mort ne s’improvise pas » ou « La vie est un destin auquel on assiste »), ni compositeur au brio exacerbé (« Comptine », dont on apprécie les dissonances mais dont la construction linéaire par enchaînements d’accords peut ne pas emporter entièrement l’adhésion malgré le défi accepté par un chanteur coupé de sa voix), l’artiste assume dans ce disque sa polymorphie donc sa spécificité. Il n’est pas métis, au sens où un métis serait synthétique : il est plusieurs. L’aimerait-on exclusivement trip-hopien ou techno comme il sut l’être dans de brillants remix ? Furieux de cette vision réductrice, il fracasse dans nos esgourdes un titre marqué par un son de piano bastringue. Le souhaiterait-on sain chanteur aux titres aboutis ? Il conclut sur une esquisse à la justesse défaillante, pied-de-nez ironique aux disques surproduits ou vocodés d’où rien ne dépasse.
Bref, pour apprécier Jann Halexander, on ne peut choisir, vous l’aurez compris, il faut oser accepter le tout : ce qui séduit, ce qui dépasse, ce qui accroche, ce qui interroge. Sans forcément renoncer à ses préférences, mais en se rendant compte que, chez cet artiste, c’est le multiple qui fait la spécificité, l’originalité et la raison d’être écouté. Pour information, l’album est en vente sur les sites de téléchargement, et l’artiste sera en concert les 3 et 4 novembre au Théâtre du Gouvernail – ce sera la meilleure introduction à cet énergumène roué de la chanson française… mais pas que (rens. ici).
Les habitués hyperattentifs cligneront d’un sourcil or something : n’a-t-on point parcouru ce qui suit il y a quelque trente-cinq jours, peu ou prou(t) ? Si fait. Ce post fait partie de ceux que l’autoproclamé « membre de la famille » d’Elsa Gelly a supprimé en hackant mon site – performance de cochon qu’il essaye de renouveler depuis que nous en avons repris le contrôle. L’équipe de Jann Halexander ayant gardé trace de cette notule, la revoici, pied-de-nez résolu contre la censure des lâches… et hommage à un beau concert, aussi.
Jann Halexander chante encore… mais quel âge ça lui fait-il ? Né au Gabon, à Libreville, d’une mère pianissse et d’un père ministre plénipotentiaire (ha-ha, ça rigole plus), l’homme qui se présente comme acteur-réalisateur-chanteur-écrivain, fasciné par Anne Sylvestre et Mylène Farmer, propulse une chanson plutôt pop-poétique qu’à texte, si on entend par « chanson à texte » un fredonnement avec mobile, crime et chute. Le 8 octobre, il terminait sa série de spectacles sur le format « Affidavit », avec guitarissse et deux chorissses en sus du chanteur-pianissse. Nous y étions, et nous en fûmes bien heureux.
Car le spectacle, sur une structure ABA (entrée par salle, spectacle sur scène, sortie par salle, c’est mieux que l’inverse), présente une facette séduisante du gaillard. Ses chansons varient, bien fol est qui s’y fie. Tantôt soukouss, tantôt rythmiquement brassessiques, tantôt mélodiquement sylvestriennes, tantôt marquées par cette structure classique de la descente d’un ton à quatre reprises (Am/G/F/E, par ex.), tantôt intimiste, tantôt latines, tantôt introspectives, tantôt généralistes, elles s’inspirent de thèmes connus souvent revivifiés – la famille, l’amour, le rapport aux origines – et puisent dans des genres divers, lorgnant à l’occasion vers la crudité voire la cruauté vampirico-sexuelle de Marie-Paule Belle sans jamais s’en approcher, parce que c’est son choix. Jann Halexander a beau être un pseudo, ce n’est ni un mème, ni un fake.
En effet, le zozo a un univers qui lui est propre et va très au-delà de ce que YouTube valorise de lui – LGBT, antiracisme métissé, post-leprestisme… Son auto-ironie lucide et ses inspirations multiples le conduisent à butiner dans des genres d’ordinaire cloisonnés, et cela participe pleinement de la séduction qui saisit le spectateur à la fin du spectacle. Certes, un critique pourra pointer, du haut de sa toute-puissante prétention, telle ou telle option artistique qui ne lui paraît pas optimale : la rythmique de la guitarissse – incroyablement peu charismatique, quoi qu’elle daigne enfin lâcher un sourire sur la fin – a beau s’appuyer sur seize ans (n’est-ce pas trop ?) de conservatoire à Fontainebleau, sa mollesse sans fantaisie paraît ne rien apporter à l’accompagnement, qui moins est quand elle double les accords du piano – la blague sur « elle peut jouer ça pendant 24 h » évoquant la déjà ancienne facétie de Thomas Fersen, ravi de prolonger l’intro de son gratteur parce que, après tout, cet esclave est payé pour ça ; l’apport original des choristes, au plaisir communicatif et valorisés individuellement avec pertinence, décevra les gourmands qui penseraient « pourquoi pas plus d’harmonisations à plusieurs voix ? » ; l’ajout de textes indispensables au chanteur dès qu’il se pose au piano semble alléger çà et là la qualité de l’interprétation, l’artissse feignant vaguement d’être dans le par-cœur tout en coulant des regards vitaux vers son prompteur acoustique ; le savoir-jouer du chanteur fait regretter qu’il ne se lâche pas davantage lorsqu’il est au piano, notamment en solo instrumental, etc.
Photo : L. Elanga.
N’empêche. Même pour ces zzzurluberlus qui en veulent toujours plus à leur goût – individus dont, admettons-le, il est possible que nous fassions partie de temps en temps –, reste la joie d’une soirée parfaitement adaptée à son écrin, en dépit de chaises qui ont l’air de vouloir vous expulser après quelques minutes de cohabitation, et en dépit du laïus mignon mais dispensable de la patronne du lieu sur le thème « défendez les artissses en venat voir du spectacle vivant… chez moi ». Reste le plaisir d’un répertoire roboratif, puissant et intelligemment agencé (la chanson sur le serpent norvégien est idéalement placée pour faire son effet), chanté avec cœur et avec ce rien de retenue pleine de désillusion qui paraît constitutive du mec en dépit de son masque plein d’assurance. Et reste l’occasion de découvrir sous son meilleur jour artistique une personnalité singulière jusque dans sa façon de chanter, avec un souffle long et une intonation parfois sciemment fausse – personnalité que l’on peut, en toute honnêteté, conseiller aux lecteurs du présent post d’aller applaudir lors d’un prochain passage scénique.
Même quand on va le voir alors que l’on est fatigué, usé, à bout, Jann Halexander sait séduire son auditoire, fanatique de son travail ou néophyte curieux. Ce soir-là, pour moi, c’était pas gagné. C’est gagné. Respect.
Sans dramatiser, Jann Halexander présentait son concert du 9 novembre comme son « dernier concert parisien avant nouvelle vie ». Comme c’était le jour de l’élection de Donald Trump, et que cette nouvelle révulsait le public rassemblé autour du chanteur-performeur-réalisateur-écrivain, j’ai opté pour « American Movie », une chanson so american, dont Damien Fewwiew avait écwit la miouzik du temps de Je m’appelle Firmin…
Ce à quoi Jann Halexander a répondu par une rafale de chansons, tour à tour drôles, intérieures, ironiques, précieuses, singulières. J’avais fait un article sur son concert donné à Comédie Nation, mais un cochon de « membre de la famille d’Elsa Gelly », qui continue de tenter de souiller mon site, ce gros lâche, a détruit cet article. Je ne le recommence pas ici, mais je recommande ce chanteur capable de vous emballer dans son univers grâce à ses hits préférés (« À table », « Docteur Schweitzer » non chanté ce soir-là, hymnes de vampire et de sexe triste)… et de claquer des chansons remarquables pour conclure son tour de chant avec douceur, poésie et finesse. Il ne serait pas sympa, il m’énerverait, mais réjouissez-vous : j’ai négocié le droit de diffuser « Un cèdre sur ton toit », la magnifique chanson qui concluait sa prestation et que vous découvrirez peut-être bientôt en vidéo grâce à Monique Hottier. Bonne écoute, et restons en touche, comme on dit en franglais.
Au théâtre Nout, je faufilai tantôt deux fredonnements en première partie de Bernard Joyet. Désormais, le souvenir, filmé par Monique Hottier et supprimé de ce site par cette cochonnerie de hacker si proche d’Elsa Gelly, est disponible en deux exemplaires.
Ou…Bon visionnage de votre vidéo identique mais préférée !
C’est pas gagné
Paroles : Bertrand Ferrier
Musique et interprétation : Jann Halexander
J’aimerais êtr’ cigarillo entre tes lèvres
Quitte à finir mégot crashé sur cendrier
J’aimerais êtr’ le nom des rues dans ton désert
La veill’ du carnaval sur ton Fleuve de Janvier
J’aimerais êtr’ chevauchée de tes Walkyries
Panda géant peinant dans ta plus belle Asie
Souvenir métalliqu’ de tes vaches qui rient
J’aim’rais être quelques promess’ de ton zizi
Mais, pour cela, il faudra que je te rencontre
Pour commencer, déjà, dans un tout premier temps
Puis, au moment où s’apercevront nos ombres,
Il faudra que tu te dis’ simultanément
« J’aimerais être renard sur ses feuill’ d’automne
Sa conversion d’ chasseur qui ne veut plus chasser
J’aimerais être l’odeur de sa tarte aux pommes
Son livre incomplet que l’on ne veut pourtant pas jeter
J’aimerais être sa musique préférée mêm’ si
Mêm’ si un connard l’utilis’ pour vendre des tampons
J’aimerais êtr’ le plus beau but de son messie
La plus bell’ pute de son palace à patrons »
Mais, pour cela, il faudra que l’on se rencontre
Pour commencer, déjà, dans un tout premier temps
Puis, au moment où s’apercevront nos ombres,
Il faudra que l’on se dis’ simultanément
« J’aimerais êtr’ sa ros’ tout’ neuve sans les devoirs
Sa plage d’Honolulu mais avec le métro
Son lundi matin autant que son dimanch’ soir
Le refrain qui court dans sa tête mais pas trop
J’aimerais êtr’ le tempo des bravos que l’on jette
La cir’ d’oreill’ qui’évit’ d’entendr’ quand on chant’ faux
Et puisqu’on est aussi intelligents que bêtes
J’aimerais êtr’ l’orgasm’ de son plus chaud porno »
Oui mais voilà, dès que l’on se rencontre,
Parfois un peu après si c’n’est aux temps premiers,
Souvent dès le moment où s’unissent nos ombres,
On s’aperçoit que c’est mignon… mais pas gagné
Entre costume et jeans, chansons et coquecigrues, c’était bien, c’était chouette, au Magique, ce 18 septembre. On a graffité des exemplaires de L’Homme qui jouait de l’orgue devant Georges Brassens en partageant des facéties…
Photo : Jean Guilcher
… et, enveloppé dans l’écharpe de François Marzynski qui n’avait qu’à la récupérer avant, j’ai fait un quasi selfie avec Jann Halexander. Alors, moderne ou pas ?
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