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Le blog de Bertrand Ferrier, page 147

TaĂ¯aut !

 

Voici que vient de paraĂ®tre le dernier livre de SĂ©bastien Boussois, auquel j’ai prĂªtĂ© une main presque discrète lors de sa finalisation !
L’occasion de dĂ©couvrir un monde merveilleux oĂ¹ l’on crĂ©e les plus grands tapis de fleurs du monde, oĂ¹ l’on accueille Ă  bras ouverts les influenceuses les plus – sinon les mieux – refaites de l’univers, oĂ¹ le bĂ©ton coule Ă  flots, oĂ¹ les armements les plus fous et les techniques d’espionnage les plus pointues sont en forme olympique, et oĂ¹ l’objectif reste toujours d’Ă©craser son voisin (pour commencer) et la dĂ©mocratie – on se croirait presque chez nous, c’est dire.

Une charge virulente et informée, accessible à tous les lecteurs, experts ou curieux. On en peut acquérir quelque exemplaire chez son libraire ou en cliquant ici.

 

 

Like a virgin

Photo : Bertrand Ferrier

 

On me dit que ce genre de clichĂ© pourrait faire du like en prouvant que je suis de gauche, fan de Belmondo et abonnĂ© Ă  la presse mainstream islamo-gauchiste. Quoique souvent Ă©lectrique, je n’Ă©tais pas au courant, mais le projet a l’air super. Aussi publiĂ©-je cet instantanĂ©, pensez.

 

Dalmatien (best of)

Debussy de la Lorette en Cornouailles (best of). Photo Ă  6 h 25 : Bertrand Ferrier.

 

Poème lyrique exprimant une plainte douloureuse…

Esther Assuied et Emmanuel Acurero en concert au festival Komm, Bach!

 

… dit le dictionnaire. Heureusement, Gabriel FaurĂ© est plus sobre. Faut dire qu’il n’Ă©tait pas organiste, mais bon.

 

 

Une photo qui fait du bruit

Photo : Jacques Bon

 

Cette photo a une histoire.
DĂ»ment autorisĂ©s par le curĂ© de Saint-AndrĂ© de l’Europe, Jack Good et moi-mĂªme estions en train de capter un concert pour orgue et machines Ă©lectroniques autour de l’Apocalypse quand, soudain, des jeunes bien propres vinrent prier devant le maĂ®tre-autel de l’Ă©glise. Le fait eĂ»t pu rĂ©jouir, n’eĂ»t Ă©tĂ© leur souhait d’entonner des cantiques charismatiques en boucle. BientĂ´t, les belles Ă¢mes dĂ©cidèrent de polluer davantage en ajoutant Ă  leurs voix celles desdits cantiques, diffusĂ©s depuis YouTube via leur smartphone Ă  pomme. Devant leur insistance Ă  pĂ©ter notre captation (crĂ©neau d’1 h 15 pour prestation d’1 h), nous nous rĂ©solĂ»mes – surtout moi – Ă  agir avec une violence superlative : improviser sur les grands jeux jusqu’Ă  ce que les gougnafiers se cassassent.
Les connaisseurs noteront sur la photo, Ă  droite, l’extrĂªme dĂ©licatesse de l’organiste. Au cas oĂ¹ des paroissiens moins nĂ©fastes eussent Ă©tĂ© prĂ©sents, le musicien a pris soin d’Ă´ter le clairon (cinquième tirant en bas Ă  gauche), qui eĂ»t sonnĂ© faux très vite.
Encore une victoire de la musique contre les hypocrites malotrus !
(Le résultat est disponible ici.)

 

Bien accompagné 24

Jamel Ă  l’orgue de Sainte-Claire. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Apparemment très sollicitĂ© cet Ă©tĂ©, Jamel le baroudeur a de nouveau Ă©tĂ© mandatĂ© par la firme Sleepy & Partners pour jauger la granularitĂ© sonore de l’orgue de l’Ă©glise Sainte-Claire (Paris 19). Quand nous lui avons demandĂ© si le fait qu’il s’agisse d’un instrument Ă©lectronique impliquait un repositionnement du process d’Ă©valuation, il nous a rĂ©pondu : « Il ne s’agit pas de prĂ©juger de la granularitĂ© en tant que telle en stigmatisant a priori la spĂ©cificitĂ© ontologique d’un orgue. La fonctionnalitĂ© est tout aussi granulaire que l’historicitĂ©, si du moins l’on accepte de changer de logiciel et d’abandonner ce vieux programme oĂ¹ des classifications racisantes tendent Ă  situer des instruments en oubliant le projet et le contexte socioĂ©conomique qui les portent. »
Ainsi qu’on le devine sur la photo, l’expert ne semblait pas insensible au fait de tripatouiller l’instrument dont la titulaire n’est autre qu’Esther Assuied. Toutefois, il a tenu Ă  spĂ©cifier : « Sans impacter structurellement l’Ă©chantillonnage apprĂ©ciatif qu’il convient de filtrer objectivement et expĂ©rimentalement, il est certain que la contextualisation est amenĂ©e, et c’est fort sain, Ă  colorer la spĂ©cificitĂ© d’un ressenti. » Puis il est parti d’un petit rire avant d’ajouter : « Je conçois que cela puisse surprendre, dans un monde souvent rĂ©duit Ă  une prĂ©sentation de l’Ă©vident comme contingent. Contrairement Ă  ce que prĂ©tendait Socrate, nous ne prenons pas des ombres pour le rĂ©el. Nous faisons pire, car nous croyons a priori que le rĂ©el existe. AppliquĂ© Ă  notre objet d’Ă©tude, nous supputons que l’orgue existe en soi. C’est rassurant. Or, ce n’est pas parce que nous sommes en capacitĂ© d’Ă©valuer sa granularitĂ© sonore que l’orgue existe. Permettez-moi de citer mon maĂ®tre qui l’exprime Ă´ combien mieux que moi. »

« Toute cette analyse n’implique nullement qu’il doive du tout y avoir un monde, une chose quelconque. (…) Si l’on consulte purement l’essence de la perception en gĂ©nĂ©ral et celle des autres espèces d’intuition empiriques qui coopèrent Ă  la perception, rien de tel ne peut en Ăªtre conclu. »
(Edmund Husserl, « La conscience absolue comme rĂ©sidu de l’anĂ©antissement du monde » in : IdĂ©es directrices pour une phĂ©nomĂ©nologie, trad. Paul RicÅ“ur, Gallimard [1950], « Tel » [1985], 1993, p. 160)

 

Jamel Ă  l’orgue de Sainte-Claire. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Après nous avoir partagĂ© sa propension holistique Ă  penser la granularitĂ© sonore, l’expert a refusĂ© de nous en dire plus quant au contenu de son futur rapport. Selon lui, « chaque instant est un moment. Je dirais mĂªme que chaque instant est moment, plus qu’un moment. Comme disait Edmund, il est impossible, sur la base des expĂ©riences faites Ă  un moment donnĂ©, et en se fondant sur cette règle (ou sur le système complexe de règles que celle-ci inclut), de dĂ©duire de façon unique comment doit se dĂ©rouler le cours ultĂ©rieur de l’expĂ©rience – je crois que c’est p. 482 dans l’Ă©dition que vous citĂ¢tes. Verbaliser la granularitĂ© sonore est une globalitĂ© qui impose de s’ouvrir aux infinies possibilitĂ©s ouvertes qui constituent la richesse du contenu, si j’puis dire. »
L’aventure de la granularitĂ© sonore suit donc son cours. MystĂ©rieuse. NĂ©buleuse. Mais – ou donc – vivante.


Retrouver Sleepy & Partners…

  1. … aux grandes orgues de la collégiale de Montmorency.
  2. … à l’église Saint-Marcel.
  3. … à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Domont.
  4. … à l’église Saint-Martin de Groslay.
  5. … à l’église Saint-Louis de Vincennes.
  6. … à l’église Saint-Joseph d’Enghien-les-Bains.
  7. … sur l’orgue provisoire loué par Notre-Dame de Vincennes.
  8. … aux grandes orgues de la cathédrale de Gap.
  9. … aux grandes orgues de Sainte-Julienne de Namur puis de la cathédrale de Namur.
  10. … à l’église Notre-Dame de Beauchamp.
  11. … sur l’harmonium du temple protestant du Saint-Esprit.
  12. … à l’église de Taverny et à l’église de Bessancourt.
  13. … à l’église du Raincy.
  14. … à l’église de Notre-Dame du Rosaire.
  15. … aux grandes orgues de l’église Sainte-Marie des Batignolles.
  16. … aux grandes orgues de la chapelle du Val-de-GrĂ¢ce.
  17. … aux grandes orgues de la basilique d’Argenteuil.
  18. … sur l’orgue Cattin de Notre-Dame de Vincennes.
  19. … sur l’orgue Mutin-Cavaillé-Coll de Saint-Georges de la Villette.
  20. … sur l’orgue Merklin de Saint-Dominique, une fois ou deux.
  21. … sur l’orgue Delmotte de Saint-AndrĂ© de l’Europe.
  22. … aux grandes orgues de la collĂ©giale Saint-Jean de PĂ©zenas.
  23. … aux orgues de l’ImmaculĂ©e Conception.

 

Mettre le barreau

Porte de Pantin, 27 août 2021. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Mettre la barre haut, c’est mignon. Visiblement, comme l’annonçait un avocat en fumant le cigare, mettre le barreau, c’est plus compliquĂ©.
Dommage, juste Ă  cĂ´tĂ© (sur le portail que l’on aperçoit), y avait le mode d’emploi.

 

Photo : Bertrand Ferrier

Promesse, en un mot

Photo : Rozenn Douerin

 

Quand on est organiste liturgique, il arrive souvent que, avant une cĂ©rĂ©monie d’obsèques, l’on vous envoie le dĂ©roulĂ© de la cĂ©rĂ©monie. Cela vous permet de vous y prĂ©parer et, surtout, de proposer des ajustements en fonction de la liturgie, de la sensibilitĂ© religieuse – ou pas – de la famille, de la fluiditĂ© de la cĂ©rĂ©monie, Ă©ventuellement des habitudes du lieu et du cĂ©lĂ©brant, etc.
Mais ça, c’Ă©tait avant.
DĂ©sormais, c’est dĂ©cidĂ© : quand je lirai – toujours avec intĂ©rĂªt –
un dĂ©roulĂ© de cĂ©lĂ©bration, je ne donnerai plus de conseils du type : ce psaume n’est pas un psaume, c’est un chant que l’on pourrait mettre Ă  un autre moment ; l’Ave Maria suivi du « Je vous salue, Marie », c’est un peu redondant Ă  la file, glissons l’Ave Maria pendant la bĂ©nĂ©diction du corps ; l’horripilante « prière de saint Augustin » après la le chant de communion et le chant d’action de grĂ¢ces et avant le chant du dernier adieu et avant le chant pour la bĂ©nĂ©diction de l’assemblĂ©e et avant le chant de sortie, peut-Ăªtre, c’est peut-Ăªtre beaucoup, surtout pour un moment chargĂ© d’émotion comme les obsèques, etc.
Je jouerai le programme tel quel, dans la mesure de ce que j’estime Ăªtre raisonnable.
En échange, on n’aura plus à me dire, après avoir reçu mes suggestions : c’est très intéressant mais on garde comme ça parce qu’on préfère, c’est pas grave parce qu’on nous connaît bien au niveau de la paroisse, maman voulait que ce soit comme ça, bien sûr que c’est un psaume vu que y a marqué psaume sur la partition de musique, ben pour l’enterrement de Papy on a fait ça et ça a posé de problème à personne alors je vois pas pourquoi ici on ferait pas pareil, etc.
Je perdrai moins de temps et, comme je dois Ăªtre profondĂ©ment amoral, je continuerai d’estimer que ma paye de quelque soixante euros brut, quelle que soit la durĂ©e de la cĂ©lĂ©bration, est dĂ©jĂ  bien mĂ©ritĂ©e par les Ă©ventuels coups de fil de la famille et des autres musiciens, les Ă©changes de courriels autour du programme, les dĂ©placements, l’éventuel travail spĂ©cifique, accessoirement l’expĂ©rience et la disponibilitĂ©, etc.
Si nous devons parler, ce n’est pas obligĂ©, Jean-Jacques Goldman – expert notamment ès matin, murailles et musique bonne, soit prĂ©cisĂ© en passant – l’avait compris avant tout l’monde, nous ne parlerons que de musique.
C’est bien, ça, la musique.
J’aurais dû y penser avant.

 

Il n’y a que des rendez-vous

 

En voici un. Avec vous serait un plus. Pour cela, une adresse : ici.

 

Triangles

Debussy de la Lorette en Cornouailles, le 22 août 2021. Photo : Bertrand Ferrier.

 

– … et vous en avez pas marre d’exploiter votre animal pour animer (tu sens-tu l’humoristique ?) votre blog ? / – Hostie, non, j’m’en sacre de ton avis qui r’semble Ă  d’la sloche. D’autres questions ?