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Le blog de Bertrand Ferrier, page 185

Nanda renaît

Nanda, Jann Halexander et Bertrand Ferrier
Nanda, Jann Halexander et B. F. Photo : Rozenn Douerin.

Il y avait comme un air d’Ă©tĂ© dans la proposition de Jann Halexander, pour son tour de chant « Revivre. » oĂ¹ je l’accompagnais. Il y avait aussi comme un air d’Ă©tĂ© quand Nanda est venue faire une apparition – pardon, un feat. – et nous proposer de revivre. Hey, maybe it’s summertime again…

 

 

Nothin’ can save me but myself

Photo : Rozenn Douerin

Pas toujours, mais parfois, il faut compter juste sur soi.
Surtout quand vous donnez un récital dans un endroit exceptionnel et que la mécanique se révolte.
Oh, bien sĂ»r, Ăªtre entourĂ© de la capteuse d’images mouvantes coutumière et d’une des plus fantastiques jeunes organistes que l’on connaisse, rĂ©duite pour la circonstance Ă  l’Ă©tat de lutin volant autour de la console, ça peut aider mais, disons pour sauver la face, Ă  la marge.
Dommage que, dans la vraie vie, nothin’ can save me from myself. Ça paraĂ®t si simple, autrement.

 

 

Libérés, délivrés

 

C’est notre chouchou. Tous les artistes du festival Komm, Bach! sont nos chouchous ; mais lui, c’est notre chouchou. Tant pis s’il n’aime point Ăªtre prĂ©sentĂ© de la sorte.
En somme, il estime Ăªtre, le prĂ©somptueux, libre comme une statue indĂ©boulonnĂ©e par d’incultes racistes de merde. Ça tombe bien. Nous, on ne veut pas le dĂ©boulonner, le Claudio. D’autant que l’on ne trouve pas que sa (mamzelle) rĂ©volte est si infondĂ©e que cela…

 

 

AĂ¯e, caĂ¯dat

 

C’est l’histoire d’un gamin qui passe ses vacances en bousculant de gros tueurs pour jouer au babyfoot. C’est aussi l’histoire de l’avocat de très gros voyous qui passe son adolescence dans la rue brĂ©silienne, au cĂ´tĂ© d’un copain dealer.
Le gamin, l’ado et l’avocat sont les mĂªmes. Tous trois nous offrent une plongĂ©e incroyable dans les splendeurs scandaleuses du grand banditisme, du narcotrafic et de leur implication dans toutes les couches de la sociĂ©tĂ©, des plus pauvres aux politiques sans scrupule en passant par les chefs d’entreprise avides de cash sale.

 

 

La puissance du rĂ©cit ? Que du direct, pas de fanfreluches, rien d’olĂ©-olĂ©. Un constat personnel, profond, vĂ©cu par ce champion d’arts martiaux devenu un auxiliaire de justice aussi redoutĂ© qu’admirĂ©.
Ă€ l’heure oĂ¹ les fakes de RMC deviennent ministres, la luciditĂ© caustique et pĂ©tillante d’anecdotes vĂ©cues par un vrai connaisseur de la situation, deux fois docteur en droit, forment un rĂ©cit encore plus passionnant qu’inquiĂ©tant. Je suis fier d’y avoir participĂ©, Ă  ma mesure. Ça vient de sortir, et c’est accessible ici.

Un signe pour mes canards

 

Ceux qui rĂªvent de se dandiner avec cÅ“ur et intelligence peuvent mettre le cap sur le ThĂ©Ă¢tre du gouvernail. Poursuivant une aventure entamĂ©e tantĂ´t Ă  Lyon, Claudio Zaretti y partage la scène avec Jann Halexander.

 

 

Les deux olibrius m’ont invitĂ© Ă  venir y pousser la clarinette et la chansonnette.

 

 

Ce sera chouette ; vous retrouver dans ce thĂ©Ă¢tre serait Ă©videmment un sus. Dernières places en vente ici !

 

Succès doré

 

Parmi les golden hits du piano, celui-ci tient le menton Ă  beaucoup de pièces spectaculaires. L’interprĂ©tation très concentrĂ©e que Nicolas Horvath a offerte au festival Komm, Bach! lui rend sa simplicitĂ© profonde. Joie !

 

 

Esprit sain

 

Quand un sacristain te dit : « Constatant qu’il allait faire fort chaud, je craignais que tu eusses soif. Or, il restait un peu de substance hydratante après mon anniversaire » eh bien, mĂªme si le 51 n’est pas dans ta zone de confort dĂ©gustatoire, tu bois la Vittel hyperfraĂ®che. Éventuellement un peu aromatisĂ©e, mais exclusivement par respect pour le beau geste.

Le Verbe n’Ă©tait pas qu’au dĂ©but

Photo : Rozenn Douerin

Deuxième concert pour Jann, ce lundi 29 juin. Un deuxième pied-de-nez aux vedettes affirmĂ©es qui ne peuvent rentablement se produire que devant des centaines voire des milliers de clients. Ici, partage, aller-retour, prix nĂ©gociables mais artiste intraitable sur ce qu’il propose (c’est son ploum-ploumiste qui tĂ©moigne). L’idĂ©e : retrouver l’Ă©change. L’incroyable lien qui va de vous Ă  lui de thĂ©Ă¢tre en thĂ©Ă¢tre.

 

 

Cela valait bien un partage oĂ¹ la slameuse Nanda sait se tailler la part de la lionne.

 

 

Deux paysages en solo

 

Jouer une sonatine pour clarinette au saxophone : et pourquoi pas ? Cette pièce pas taillĂ©e pour son instrument, Dmitri Ouvaroff l’habite pour traduire – c’est le dĂ©fi du concert – une partie de ses vastes steppes intĂ©rieures. Profitez bien du guide !

 

 

ChĂ¢teau de Versailles, 10 juin 2020

Dans l’immensitĂ© incroyablement vide du chĂ¢teau, la photographe rĂ©fĂ©rente du site et l’expert ès orgue Sleepy. Photo : Bertrand Ferrier.

Quand les ploucs comme nous sont peu nombreux, il est malin de profiter de cette planque impressionnante quoique Ă©tonnamment plutĂ´t vide – de gens pour le moment, de meubles plus structurellement.

Photo : Rozenn Douerin

Visiter Versailles peu après la fin du Grand Confinement, c’est un peu comme vendre un pavillon Ă  Orly lors d’une grève – ou comme regarder en paix « Les Noces de Cana » qui font face Ă  la Joconde.

Photo : Rozenn Douerin

Pour la reprise, le visiteur ne peut baguenauder que dans quelques espaces du chĂ¢teau dont, Ă©videmment, la galerie des glaces quasi Ă©vacuĂ©e.

Photo : Rozenn Douerin

Entre deux panneaux promouvant les grosses entreprises, une Ă©ventualitĂ© : jamais, peut-Ăªtre, Versailles ne fut Ă  la fois ouvert au public et aussi paisible.

Photo : Rozenn Douerin

Cela méritait un photobombing quasi chiraquien.

Photo : Rozenn Douerin

Par prĂ©caution, je stipule que je ne suis pas responsable de l’intĂ©gralitĂ© des dĂ©gradations commises dans cet espace.

Photo : Rozenn Douerin

Mais c’est vrai qu’Ăªtre, principe de la royautĂ©, mĂ©gariche et exploiter le peuple autant que les lèches-culs, ça pète…

Photo : Rozenn Douerin

… surtout avec une Ă©criture partiellement d’Ă©poque.

Photo : Rozenn Douerin

MĂªme ici, un peu de libertĂ© quasi sauvage rĂ©jouit…

Photo : Rozenn Douerin

… surtout dans un monde tellement policier. Ou policĂ©, va savoir.

Photo : Rozenn Douerin

Peut-Ăªtre le paradoxe du jour : qu’une forme maĂ®trisĂ©e de nature exprime le mieux la libĂ©ration de la culture quand elle n’a plus affaire au gros business mercantile d’État…

Photo : Rozenn Douerin.

En doux téton ?

Photo : Rozenn Douerin