Un grand morceau, une belle transcription, une grande pianiste. Comme disent les musicologues : le pied avec les mains.
Un grand morceau, une belle transcription, une grande pianiste. Comme disent les musicologues : le pied avec les mains.
Le festival Komm, Bach! ne programme que ses chouchous. Tous les artistes sont donc 100 % nos chouchous, mais Cyrielle Golin est encore plus 100 % notre chouchoute. Voici, en partie, pourquoi.
Une des premières pièces et une des Å“uvres les plus spectaculaires d’un compositeur soviĂ©tique plus tard vilipendĂ© pour son omnipotence malsaine : voilĂ Ă quoi Jasmina Kulaglich s’attaque avec la virtuositĂ© et l’Ă©nergie indispensables. Accrochez vos oreilles avant d’appuyer sur « Play », puis bonne Ă©coute !
Extrait des Splendeurs de la catastrophe, voici un cadeau de la plus Française des pianistes serbes, souvenance de l’album Naxos oĂ¹ elle grava cette pièce en première mondiale…
– Mais vous n’avez pas invitĂ© ces diables de gratteux sans Ă©ducation dans un festival de musique savante ?
– Ach, nein, mildiou. Juste des chanteurs de classe. Parmi ceux que l’on se dit : si des gens comme ça ils existent, peut-Ăªtre ça vaut la peine que l’on continue Ă faire semblant d’exister aussi, nom d’une pipe !
Et bim,on se préparait pour un concert événement. On a trouvé que ça faisait un peu peu, si si. Alors, on a pensé que deux concerts, ce serait plus et sans doute mieux pour se raconter une autre histoire.
Sous prĂ©texte que l’homme est un animal dĂ©pendant aux histoires. Qu’il aime se retourner vers son passĂ© voire le rĂ©inventer. Qu’il aime se plonger dans les histoires imaginaires. Qu’il aime s’inventer des histoires. Que, parfois, il aime les histoires au sens bagarreur du terme. Et que, dès sa tendre enfance, on l’abreuve d’histoires pour dĂ©velopper son humanitĂ© et, parfois, tenter de lui faire gober des fariboles ou de le pousser Ă consommer.
Face au prosaĂ¯sme de certaines existences vĂ©cues comme « sans histoire », face Ă la dĂ©ception d’avoir Ă©tĂ© bernĂ© par un rĂ©cit trompeur, face Ă la noirceur de telle pĂ©riode historique, reste longtemps Ă lâ€™Ăªtre humain cette pulsion vitale, cette supplique lancĂ©e aux crĂ©ateurs et aux interprètes : « Racontez-moi une autre histoire ! » fĂ»t-ce, comme le chantait Jean-Jacques Goldman, « seulement pour voir / une autre farce dĂ©risoire / sans mĂªme y croire / tricher avec un peu d’espoir ».
Pour cela, les musiciens réunis ces 6 et 7 juin au soir ont accepté de murmurer à nos oreilles d’autres histoires. Douces, amères, violentes, puissantes, passionnées, impossibles, mémorielles, fantasmatiques, belles… Oserons-nous les écouter ?
Bienvenue dans d’autres histoires. Les nĂ´tres, forcĂ©ment.
Parmi les splendeurs de la catastrophe (parfois), ces Å“uvres que nous crĂ©ons en nous inspirant d’un dĂ©cès. Illustration avec une miniature suspendue comme un jardin, signĂ©e par Peter Eötvös et interprĂ©tĂ©e par Jasmina Kulaglich.
J’vais vous parler d’ma vie, c’est rare quand ça m’arrive. Mais, lĂ , quand mĂªme, j’Ă©tais en dĂ©sarroi : mon disque dur a dĂ©missionnĂ© quelques heures avant la Première YouTube des Paysages intĂ©rieurs.
Je n’ai pas pu partager virtuellement avec curieux, artistes et mĂ©lomanes ce moment, dĂ©sormais disponible en replay. Le partager a posteriori avec tous les curieux de belle musique variĂ©e, de surprises esthĂ©tiques et de mĂ©tissages esthĂ©tiques serait une vraie joie.
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