
On va pas se mentir. Aussi loin que concerné je suis, depuis le 1er avril 2014, chacun devrait être premier ministre de son cul, pis ça s’rait pas pire, mein Herr.

On va pas se mentir. Aussi loin que concerné je suis, depuis le 1er avril 2014, chacun devrait être premier ministre de son cul, pis ça s’rait pas pire, mein Herr.
Ceci est un concert de chansons avec du texte dedans et de la musique autour, et vice et versa. Ça dure une heure, c’est 10 € l’entrée. Mais ceci n’est pas vraiment un concert. C’est une fête en chansons pour lancer le disque 44 ou presque. Le disque 44 ou presque, lui-même, n’est pas un disque. En fait, c’est un double disque mais il en contient quatre, pour 160′ de musique.
Du coup, le show n’est pas non plus vraiment un récital piano-voix. Ou plutôt, c’est un tour de chant piano-voix troublé par des hurluberlus comme les chanteurs Jean Dubois et Jann Halexander, ou le saxophoniste Pierre-Marie Bonafos. Ceci est donc une heure – et des poussières – constellée de chansons facétieuses-mais-pas-que, réservée à ceux qui ne logent pas leur cerveau que dans leurs chaussettes et qui ne diraient pas « nan » à un partage de joyeuses vibrations dans un endroit taillé sur mesure pour cette aventure. Billets en vente ici.
Le disque sera en vente in situ pour 20 €. Cette somme folle est liée au fait que double disque + livret 24 pages + impression classe. Donc ce n’est pas vraiment une vente non plus. Presque un cadeau juste un peu payant. Un don, en somme, un don de soi, voilà. Enfin, de moi. Bien. Et pour les lointains, les occupés, les gens 2.0, on peut aussi acheter le disque là, lala, la, la, etc.
Rendez-vous à 21 h, à la Comédie Dalayrac | 36, rue Dalayrac | Paris 2 | M° : Quatre-Septembre
Bienvenue dans cet espace qui doit faire trembler Amazon autant que « les petits commerces locaux bio et socialement responsables de proximité » !

Mise en vente : sur ce site, mercredi.
Concert de lancement : jeudi.
Réserver pour le concert ici.

Hâte.


Régulièrement, les Sleepy & partners, experts organiers, partent examiner des orgues. Sans fin est leur quête de granularité sonore et d’instrument idéal. Ils se sont lancés à la recherche de la vibration gourmande et/ou de la gouleyance faite ondulation musicale. Moi-même, je n’entends goutte à la substance de cette inspection généralisée des orgues, mais je me réjouis qu’elle ait pu faire scandale dans le Val-de-Marne (Sleepy a été dénoncé comme un intrus déloyal à l’évêque du lieu, la classe !) et continue d’amuser d’autres titulaires moins benêts voire des lecteurs bienveillants.
En l’état, sans entendre avec précision le détail de leur idiolecte ultratechnique, du moins puis-je constater l’entrain de la fine équipe qui ne manque nulle occasion de tester un nouveau monstre. Tantôt, c’est le KanGourou en personne, SLM (Sleepy-Lui-Même) qui s’est déplacé pour jauger, selon ses termes, le « Cavaillé-Cool » du Val-de-Grâce.

Nullement impressionné à l’idée de ploum-ploumer sur l’instrument d’Hervé Désarbre et de son adjoint Benjamin Pras, l’expert spécialiste a tâché de percevoir « la spécificité transversale d’une observation envisageant en Narcisse, si t’es mieux, la personnalité propre d’un instrument – en tant que telle – et, en coordonnées, la subjectivité objectivante d’un projet de recherche subsumant ». Bon, c’est un peu le problème quand on parle de facture d’orgue : rapidement, ça devient un brin le brun quand t’es toi-même ni postier ni facteur.
Hélas, aucun moyen de tirer davantage de lombrics de la narine du Konnaisseur. La saga n’étant point finie, les conclusions sont hic et nunc réservées au cénacle des Sleepy & partners. C’est déceptif – mais quel teasing, mazette, quel teasing !


On peut le relever sans crainte : Denis Comtet est malade. Pas « un malade », quoi que, mais malade. Officiellement. Dans une société où, malgré Pharaon Ier de la Pensée complexe et ses sbires, t’as encore le droit d’être vraiment grippé en hiver, prends-toé-tu ben ça, trou d’la Sécu, bref. Donc le récital que le mythique titulaire de Saint-François-Xavier avait promis d’offrir au festival Komm, Bach!, ben, pas cette fois-ci, adressez-vous à la concurrence.
Il se trouve que, non, la concurrence n’a pas osé affronter le projet d’un des maîtres français de l’orgue. Du coup, on a fomenté un concert pour ceux qui auraient la folie de venir quand même en l’église Saint-André de l’Europe au 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg | Paris 8, jouxtant la place de Clichy.
Au casting : orgue, bon, c’est la base, trompette et flûte irlandaise par l’une des plus impressionnantes jeunes organistes françaises (mais pas que, la preuve), hautbois avec le surbouqué Jacques Bon, et voix de mezzo avec la p’tite nouvelle, Marine Breesé, tout juste auréolée de son statut de finaliste au Léopold-Bellan… et, encore plus spectaculaire, future élève de Dame Felicity Lott. Rates-tu pas sa voix bouleversante, tu s’rais fou – et la demoiselle ose relever un défi au pied levé : tu sens-tu la professionnelle, dis ?
Rendez-vous ce samedi 7 décembre à 20 h 30, en l’église Saint-André de l’Europe | 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg | Paris 8
Entrée libre | Sortie aussi | Concert bien quand même | Retransmission du concert en direct sur écran géant

Toujours cette tension, typique de quand on va voir une – disons les mots – vieille chanteuse. Anne Sylvestre, parfois et tantôt ; Marie-Paule Belle presque bientôt.
En l’espèce, d’un côté, le sentiment qu’il ne faut surtout pas rater la venue parisienne de Diane Dufresne. De l’autre, l’intuition qu’une artiste septuagénaire qui se produit avec un orchestre symphonique – en l’espèce le Lamoureux – ne laisse rien présager de merveilleux. La dernière expérience au Châtelet avec un orchestre à cordes et la publication en novembre 2018 d’un album ni indigne ni enthousiasmant pouvaient alimenter ce scepticisme optimiste. Après la représentation du 5 décembre à la salle Pleyel, il semble que cette tension ne soit pas vraiment contradictoire. Ce sera la problématique de la présente notule, que nous intitulerons le oui-et-non.
Par exemple, est-il heureux qu’une vedette aux cinquante ans de carrière se refuse aux sparadraps qui lui collent aux doigts ? Oui et non. Oui, c’est chouette de venir voir Diane sans qu’elle s’engonce exclusivement dans ses tubes ; c’est chouette de la voir soucieuse d’interpréter en long en large son dernier disque ; mais c’est dommage de l’y voir souvent s’y confiner, d’autant que l’intérêt moyen de l’album est, précisément, moyen, chanson de Daniel Bélanger en moins (Diane la croyait sur l’écologie, l’auteur a expliqué qu’elle était sur les femmes battues, Diane l’a donc éliminée du spectacle) mais médiocres titres de Cyril Mokaïesh en tête – et d’autant que, de la sorte, le spectacle s’abstient de rendre raison de nombreux aspects ultra-intéressants de la chanteuse ; mais, du coup, le spectacle a une unité qu’il n’aurait pas eu si, etc. Donc, oui et non.
Un autre exemple ? Bon. Est-il malin de s’habiller d’un orchestre composé, certes, d’instrumentistes de qualité (dont Jeff Cohen en pianiste DeLuxe quoique sous-exploité) chargés d’exécuter des arrangements généralement généreux, laquelle formation écrase les différences entre les chansons et peine à convaincre dans ses moments de dérapage trop contrôlés (snaps sur « Comme un damné » ou libération succédant à une habanera et précédant le « Je me noue à vous », sympathique mais ballot) ? D’autant que cet orchestre est salopé par une sonorisation honteuse – au moins pour les gugusses placés au fond de l’orchestre, haha. Oui, quand même, car c’est plutôt bien fait – on passera sur l’arrangement de la « Petite fugue » BWV 578, exécuté comme les rares répétitions le permettent et avec un gros ralenti bien moche, et sur le bavardage peu captivant composé par Simon Leclere pour l’occasion. Non car, si la diva renonce largement à son stéréotype de folle, tant aimé par son public, elle abandonne aussi son côté rock, se démunissant de deux attributs consubstantiels au concept Dufresne. Mais oui quand même parce que cela correspond à une chanteuse qui ne fait plus semblant d’être le feu d’artifice qu’elle a été, privilégiant donc l’authenticité sur la facticité d’un dynamisme qu’elle n’a peut-être plus. Donc, oui et non.

Un autre exemple ? Bon. Est-il pertinent de figer la Diane dans un gros machin d’une souplesse forcément limitée ? Oui, car le projet d’Olivier Guzman est déplaçable de continent en continent, et peut plaire à un public âgé. Non, car cela manque de la souplesse nécessaire à l’artiste pour personnaliser son show, et cela s’accompagne de procédés basiques – ainsi des lumières, fonctionnelles, certes, mais froides car trop peu fouillées, partant, bien balourdes. Donc, oui et non.
Comme en 2014, on sent la Diane prête à s’enflammer. Genre ?
Surtout, sa voix, si elle est plus grave que naguère, reste sûre, précise, présente. La dame est clairement motivée – quand elle chante « Que », que l’on aimerait être aimé avec cette intensité !

En conclusion, ce concert – partagé entre la veine écolo et l’hommage à Saturne, ce Dieu fort inquiétant – laisse un regret subjectif : celui de voir gommée la Diane folle ou exploratrice, qu’elle évoque pourtant quand elle se remémore avoir travaillé Verdi avec Jeff Cohen. L’artiste semble autant portée qu’entravée par un projet massif.
Toutefois, on est infiniment heureux aussi, comme fan, de constater que l’artiste botoxée à outrance reste une vaillante chanteuse et une vocaliste fière. On aimerait juste que son producteur la laissât aussi exprimer sa démesure avec un pianiste ou une bande de rockers de haut niveau. En d’autres termes, entre joie de revoir l’idole en belle forme et fantasmes de la parer d’autres plumes, Diane Dufresne nous fait passer un beau moment, entre oui et non. Ce qui, in fine, ne lui correspond pas si mal.
Pour écouter Meilleur après en entier, c’est ici.
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