Claudio Zaretti et Sébastyén Defiolle le 29 novembre 2023 au théâtre du Gouvernail (Paris 19). Photo : Rozenn Douerin.
Le principe, c’était de musiquer ensemble. Avec le public. Entre fredonneurs, gratteurs et ploum-ploumistes. Partager des chansons sans que chacun ait besoin de connaître les paroles, la musique ou même celui qui a le micro devant lui. Pari tenu en quatre actes plus un bis.
En voici le florilège rassemblé en un article après avoir été dévoilé au fil de l’eau sur ce site.
I.
Bertrand Ferrier
La Fille au malinois
Si un jour on s’aime (feat. Sébastyén Defiolle, guitare)
II.
Jann Halexander
Aucune importance
+ À table
(feat. Sébastyén Defiolle, guitare)
III.
Claudio Zaretti
Nunca más
+ Lacrymal
+ Vingt ans
(feat. Bertrand Ferrier, piano + Sébastyén Defiolle, seconde guitare sur « Vingt ans »)
IV.
Barthélémy Saurel
Prière pour être seul à quarante ans
Les sectes démodées
Montreuil-sous-Bois
Napoléon (s’il n’y a eu qu’un homme)
Incinéré au feu d’bois (Ma dernière volonté)
Bis Claudio Zaretti & friends
Je sais d’où je viens Chant et guitare : Claudio Zaretti
Deuxième guitare : Barthélémy Saurel
Troisième guitare, faut croire qu’on avait les moyens : Sébastyén Defiolle
Piano quatre mains : Jann Halexander (groove grave) + Bertrand Ferrier (fioritures)
Avec Barthélémy Saurel, Jann Halexander, Claudio Zaretti et Sébastyén Defiolle, le 29 novembre 2023 au théâtre du Gouvernail (Paris 19). Régie : Martin Portais. Photo : Rozenn Douerin.
Pour commencer l’année, terminons la diffusion des extraits du concert « Chanter ensemble » avec une fredonnerie partagée par Claudio Zaretti. Parce que, à défaut de savoir où l’on va en 2024, ce qui fait un peu l’intérêt de l’avenir, on peut au moins se souvenir que, parfois, chanter ensemble, ça fait du bien par où ça passe – c’est un peu l’intérêt du présent. Pour les dubitatifs et les gourmands, la preuve est ci-dessous.
Barthélémy Saurel au théâtre du Gouvernail (Paris 19), le 29 novembre 2023. Photo : Rozenn Douerin.
Barthélémy Saurel se prétend « chanteur de race inférieure”. Selon lui, « c’est dans ses gên’ qu’il n’y’a pas assez d’spectateurs”. Aux chansonnophiles (ceux qui aiment la chanson, pas les farceurs qui aiment la chanson parce qu’elle a été validée par France Inter et Télérama), il procure ce sentiment étonnant de voir tant de frères humains passer à côté de son talent alors que les vrais crient : « Mais il est génial, ce zigue ! » Aux chanteurs moins talentueux, il offre la douce et perverse réassurance de se dire : « Bon, ça va, si lui ne fait pas l’Olympia, c’est normal que je galère, moi aussi. » Alors, pensez ce qu’il inspire aux chansonnophiles qui sont aussi des chanteurs moins talentueux…
À l’occasion du concert partagé intitulé « Chanter ensemble » parce que le but était de chanter ensemble (partant, le titre était pas si stupide, je trouve, d’autant que c’est plus ou moins moi qui l’ai trouvé, même si Jann Halexander me signale que plutôt moins, mais bon), celui qui, à une époque, a tenté d’user de sa pilosité faciale pour se faire passer pour Wolverine a enveloppé son set dans une énergie entrelaçant des chansons
drôles,
folles,
oniriques et
tubesques.
Laisse béton, j’démystifie, comme Renaud en 1980 : pour le sire susnommé, envoyer des chansons tubesques n’a rien de spectaculaire, comme le démontre cet audio. Des chansons tubesques, il en a mille environ dans son répertoire, dont évidemment la duologie explorant un certain Vincent (qui existe, donc qui pourrait être nous) dont il a finement et synthétiquement analysé la mobilité très relative et la vie amoureuse très partagée. Il en a mille parce que, d’une part, il sait mixer ensemble la super idée, son développement habile et la zizique catchy qui la rend inoubliable ; et parce que, d’autre part, la chanson à texte, elle est pas faite pour les haut placés avec un cerveau comme une courge de butternut sur le point d’exploser après être tombée dans un cœur de réacteur nucléaire, elle est faite pour être partagée, là, direct, avec toi, avec moi et, ce,
même si le chanteur chante au lieu de
susurrer depuis son hôtel particulier dans le seizième ou en tant que fils de,
parler pour rendre hommage aux personnes en situation de féminité.s ou
chougnasser en jouant les caïds pour boutique d’aéroport,
même s’il chante en français, le dingue,
même si c’est un homme,
même si c’est un Blanc,
même s’il ne revendique pas, à longueur de confessions publiques, ses préférences sexuelles ou les viols qu’il a subis enfant par
un prêtre,
un instit,
Gérard Depardieu ou
les trois, mon capitaine,
même s’il a le sens de la mélodie et de l’efficacité sans pour autant recourir à une kora ou un shakuhachi visant à adapter le système guitare-voix à un vivre ensemble mondial car la musique est universelle (heureusement que non !), et
même s’il n’a pas besoin de machines pour corriger sa voix ou faire boum boum derrière lui.
Alors, métier oblige, pour boucler le quart d’heure qui lui avait été alloué, l’ex-Bartouille a claqué un de ses hits pour finir d’embraser le théâtre du Gouvernail et Jean Dubois, qui a été embauché spontanément aux chœurs et deuxième voix – Jean Dubois étant un autre représentant de ces rares chanteurs proprement géniaux qui parlent aux chansonnophiles et rassurent presque, hélas, les chanteurs moins talentueux. Subséquemment, gentes dames, honorables gentlemen, voici sans tarder une chanson mortelle d’un chanteur vivant et garanti
Barthélémy Saurel à la Comédie Dalayrac (Paris 2), le 2 avril 2019. Photo : Bertrand Ferrier.
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chers lecteurs,
En ce lendemain de Noël, permettez-moi de vous offrir un film avec des tas de costumes, de la fumée, des décors naturels et historiques autour de la figure de Napoléon. Ce n’est pas la chanson la plus drôle de Barthélémy Saurel, non, mais c’est l’une des plus puissantes, dans la mesure où elle associe son sens
de la formule,
de la mélodie qui fait mouche,
du rythme et de la suspension qui portent sans lanciner, ainsi que, c’est pas négligeable,
de l’humour à minitouches qui mouche – pas qui touche : qui mouche – à chaque fois.
Après ce grand spectacle de trois minutes finement mené à l’occasion du concert « Chanter ensemble », accroche-toi, Ridley !
Barthélémy Saurel à la Comédie Dalayrac (Paris 2), le 2 avril 2019. Photo : Bertrand Ferrier.
Quand l’hypocrite et inutile – bref, le macroniste – ministre du Logement annonce sa démission sans la concrétiser, nous, nous sommes en mesure de proposer son successeur. Il s’appelle Barthélémy Saurel, et il connaît très bien le bâtiment. De surcroît, il connaît les farces de la politique urbaine. En témoigne cette chanson. Me contacter pour toute proposition. Pas sérieux s’abstenir.
Barthélémy Saurel, le 5 novembre 2019 à la Comédie Dalayrac (Paris 2). Photo : Rozenn Douerin
Alors que, sans doute vexée d’avoir été taxée de « secte démodée » par Barthélémy Saurel, l’Église catholique essaye de pimper son image en optant pour des traductions qui semblent signées par des sensitivity readers ou en bénissant l’homosexualité, il est joyeux de s’envoyer dans le cornet la charge du fashionisto métaphysique. Après son éloge de la solitude, à l’occasion du concert partagé du 29 novembre au théâtre du Gouvernail, le zozo s’est armé de sa sulfateuse verbale pour arroser à la ronde les farceurs à coup
de versification efficace,
de punchlines saisissantes,
de mélodie catchy,
d’interprétation décoiffante.
Barthélémy Saurel claque ainsi à la fois
une chanson joyeusement corrosive,
une marrade finement troussée et
un soufflet électriquement candide.
Le tout en trois minutes – la durée d’une de ses meilleures chansons comme presque toutes les autres. Salutaire fredonnerie à chanter ensemble en ces temps
de folie intégriste,
de pseudo « respect de l’autre » confit de crainte et
Barthélémy Saurel au théâtre du Gouvernail (Paris 19), le 29 novembre 2023. Photo : Rozenn Douerin.
C’est l’un des chanteurs avec du texte et de la personnalité dedans les plus intéressants et non radarisés par les crétins se gargarisant de Benjamin Biolay et de la mémoire évanescente de Jane et Serge. Barthélémy Saurel, BTPiste-chanteur de profession, donc habitué à chanter et au chantier, a embarqué dans son univers décapant de joie triste les spectateurs du concert « Chanter ensemble » dont le but était de, eh bien, précisément, chanter ensemble.
Chanson parfaite,
présence scénique,
singularité dissonante,
tout y est, et il nous est arrivé d’assez bien nous pouiller pour que, avec honnêteté je qualifie, à l’échelle de la chanson (l’une des plus hautes de mon univers mental) ce type d’extraordinaire – j’avais mis « génial », mais c’est ce que je pensais, alors bon, ça va, quoi. Bref, le premier extrait de son set est enfin disponible, et ce n’est que le premier, pensez.
Claudio Zaretti le 29 novembre 2023, à l’occasion du concert « Chanter ensemble » donné au théâtre du Gouvernail (Paris 19). Photo : Rozenn Douerin.
Il existe un chanteur intelligent et chaleureux qui vous fait sentir mieux après qu’il a chanté. Il s’appelle Claudio Zaretti. Les vrais le connaissent, les nouveaux vrais le découvriront peut-être en feuilletant la proposition ci-jointe, captée lors du concert dont le but était de « Chanter ensemble ».
Jann Halexander et Sébastyén Defiolle le 29 novembre 2023, à l’occasion du concert « Chanter ensemble » donné au théâtre du Gouvernail (Paris 19). Photo : Rozenn Douerin.
Le poète a toujours tort et, le pire, c’est qu’il le sait. Heureusement, Jann Halexander est aussi chanteur et, quand il veut embarquer des moussaillons sur son paquebot, il les attire avec deux de ses earworms tellement efficaces que ses fans les considèrent comme des classiques, carrément. Reste que, à table ou ailleurs, rien n’a aucune importance – sauf peut-être quand on peut le chanter ensemble, ce qui était le but du concert dont est extrait ce souvenir joyeux que groove la guitare souple et tonique du sieur Sébastyén Defiolle.
Sébastyén Defiolle au théâtre du Gouvernail (Paris 19) le 29 novembre 2023. Photo : Rozenn Douerin.
Comme l’assume Barthélémy Saurel, toutes mes chansons sont 100 % autobiographiques. Mais celle-là est d’autant plus 100 % autobiographique qu’y sévit le blouzemann polymorphe Sébastyén Defiolle. Un mec 100% autobiographique s’il en est. Alors bon, voilà, quoi.
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