Avec Jann Halexander pour l’émission « Wilson Blabla », enregistrée le 14 novembre 2020 (Paris 3)
Croire ou ne pas croire, telle est la question que ne se pose plus Jann Halexander. Invité à l’accompagner une fois de sus, je crée do et quelques autres notes sur un piano plutôt exotique.
Un peu de musique vivante quand le gouvernement tente d’assassiner la culture : youpi.
Jann Halexander m’invite à ploum-ploumer sous sa voix pour quatre chansons d’un concert diffusé en livestream sur FB.
Ce n’est plus le luxe des vraies salles de concert avec un public chaud bouillant, mais c’est déjà de la musique vivante, partagée avec les quelques spectateurs qui ont pu obtenir les places disponibles pour le respect des règles sanitaires de cette captation.
Au programme, des tubes de Jann et une rareté très sylvestre. Vivement.
« Je suis louche, donc je suis. » Théâtre du Gouvernail (Paris 19), 29 octobre 2020. Photo : Jacques Bon (http://www.cafcom.net/).
C’était le début d’un concert quasi impromptu. Il fallait qu’il fût donné vite et tôt et, malheur, sans after – mais il pouvait être donné, ô miracle surplombant l’incompétence éhontée des politocards en blues blanc.
Alors, avec le théâtre du Gouvernail et le chanteur Jann Halexander, assez frappadingue pour coproduire la représentation on a dit : on y va. On va chanter Michel Bühler.
Soyons poètes : évidemment, on va perdre de l’argent et, à notre échelle, beaucoup d’argent – moins de public, moins de représentations que prévu, alors que les frais fixes, eux, ne risquent pas de diminuer. Mais tellement important de remercier ceux qui viennent – masque au visage, gel sur les mains, distances de rigueur – pour résister, vibrer et chanter.
Certes, Michel B. avait dû repartir en pays vaudois avant que ne se fermassent les frontières, et c’était un peu plus qu’un peu triste de ne pas se goberger de sa présence bienveillante ; mais moult gens étaient là, par curiosité, fidélité à Jann Halexander ou admiration d’un répertoire exceptionnel – celui de Michel B. Donc on y fut.
Voici le premier éclat de ce moment improbable, volé au massacre de la culture et des cultureux par un gouvernement de banquiers, de justiciables, d’incompétents patentés et de wannabe dictateurs. C’est perfectible, c’est brut, mais c’est joliment capté par Jacques Bon, et c’était le début du dernier concert parisien. Pas prévu d’ouvrir le récital avec cette hymne, mais ça s’imposait : je suis vulgaire.
Bertrand Ferrier et Jann Halexander au théâtre du Gouvernail, le 28 novembre 2020
Ma place préférée : j’adore chanter, mais je crois que j’adore encore plus accompagner. Fier d’être dans le coup pour l’enregistrement en live de deux titres du nouvel album de Jann Halexander.
Ils auront fait leur possible mais, ce jeudi soir, nous gagnerons au sprint.
À 19 h, je donnerai le dernier concert d’avant le Deuxième Grand Confinement. Le cœur lourd, car
il devait y en avoir deux,
le concert est amputé (y compris de l’after) pour permettre aux spectateurs de rentrer avant le pot-au-feu,
des projets s’effondrent,
la vie culturelle – la vraie, pas que la mienne – est massacrée par ce nouveau crachat de Fofotteur Ier de la Penfée Complekfe et de ses sbires.
Mais j’aurai aussi le cœur léger car le concert aura bien lieu. Grâce à la ténacité du Théâtre du Gouvernail et du chanteur-producteur Jann Halexander via Purple Shadow Agency, je chanterai – nous chanterons, faites-moi confiance – Michel Bühler en présence de Michel Bühler et de son pianiste iconique, le pianiste Claude Arini… et peut-être avec leur participation. Nous serons portés par le répertoire forgé pendant cinquante ans par le chanteur et écrivain vaudois, associant chansons drôles, puissantes, teigneuses, poétiques et capables de nous donner envie de retomber en amour. Nous saurons pourquoi nous serons là : pour la musique, pour la chanson, et contre l’assassinat de toute manifestation artistique par les banquiers qui nous gouvernent.
Il y aura de la joie, de la colère et, j’espère, de l’émotion. Compter sur votre présence serait un plus : vous pouvez donc réserver ici. Hâte de vous recroiser !
Après cinquante ans de chanson, Michel Bühler a cessé de chanter… mais ses chansons – drôles, puissantes, touchantes, fortes – courent encore dans les rues ! Pour preuve : dans ce spectacle piano-voix, soutenu par « Bübü » en personne (l’artiste annonce sa présence pour le 29 octobre), je ferai résonner ses hymnes à l’amour et aux gens, à la Terre et au vent, aux voyages – intérieurs ou géographiques – et aux révoltes. Les passionnés y retrouveront quelques-uns des grands succès du chanteur, de « Rue de la Roquette » à « Jean d’en haut », et y picoreront des raretés, comme « Au bord de la rivière ». Les curieux y découvriront le chantre du « PPPC », le plus petit produit culturel – une chanson intelligente, debout, qui se partage entre frères humains et imprègne de joie, de colère et de chaleur celui qui l’écoute. J’ai choisi de m’approprier ce répertoire en chanteur et en musicien, fidèle à l’idée que « la chanson n’encombre pas les bagages, ne fait sonner aucun portillon de sécurité et passe, sans la moindre question, devant les douaniers les plus suspicieux ». En ces temps troublés, la chanson selon sain(t) Bühler est donc l’objet d’art idéal. La quinzaine de titres et de textes proposés ces soirs-là le prouvera de façon savoureuse et profonde. ; et la patte de François Marzynski, chanteur et metteur en scène, permettra d’aller encore plus loin dans l’exploration joyeuse d’un répertoire puissant. Vous y retrouver, comme un pied-de-nez à la peur et aux barrières, gestuelles ou intériorisées, serait chouette.
La billetterie la moins chère est ici, mais on peut trouver plus cher et plus chic là, ce qui n’est pas si pire.
Il l’a fait ! Après avoir reporté une première fois ce concert suite aux décisions fascistes de Dictateur Inavoué dit le Honni, Jann Halexander a enfin pu acter qu’il avait dix-sept ans. Dix-sept ans de grandes et petites scènes, fêtées dans les « conditions sanitaires » requises mais dans un cadre enchanteur et avec un public venu nombreux. Prise de risque gagnante pour l’artiste et, espère-t-on, pour le public… d’autant que j’étais au piano et à la guitare pour accompagner le sémillant Franco-gabonais.
Bertrand Ferrier au théâtre Michel. Photo : Rozenn Douerin.
Lors d’un récital maîtrisé, ponctué de surprises, tel ce florilège issu de « Du Gabon à la Russie » cofrappé avec Veronika Bulycheva ou cet extrait d’Anne Sylvestre en ouverture de rideau, Jann Halexander a donné sa pleine mesure devant un public nombreux associant fans, curieux et spectateurs par les fans attirés. Chansons drôles (« Le sexe triste »), grinçantes (« Un poisson dans mon assiette »), poétiques (« Un dimanche à Vieil-Baugé »), géographiques (« C’était à Port-Gentil »), étonnantes (« J’ai pas la foi »), mystérieuses (« Apprendre à mourir ») et même chansons d’autrui (« Je vous appelle » de Michèle Bernard) ont perlé jusqu’à former un collier séant et idéalement adapté, dans sa diversité, à l’artiste aux multiples costumes.
Bertrand Ferrier et son fameux accord-de-Do-mais-de-face au théâtre Michel. Photo : Rozenn Douerin.
Porté par une superbe régie de l’ingénieux ingé son Pierre Hidalgo, Jann a porté haut l’étendard d’une chanson intelligente-mais-pas-que qui, par son truchement, se faufilait pour la première fois sur la scène de ce sympathique théâtre à l’italienne sis à deux pas de la gare Saint-Lazare. Une trouvaille inattendue à l’aune de ce chanteur partagé entre les pôles de la chanson à texte, de la chanson cabaret et de la variété se revendiquant de… Mylène Farmer. Pour les gens sur scène, un récital roboratif, et l’espoir que ce le fut aussi pour les audacieux qui étaient dans la salle. Que, à ces derniers, grâces soient rendues !
Après avoir secoué le théâtre du Gouvernail avec ses chansons chaudes et colorées, en coplateau avec Jann Halexander, Claudio Zaretti concluait le set du 9 juillet en reprenant un titre qui, officiellement, ne fait pas partie de ses golden hits mais, en vrai, si.
Et voilà. La folie Claudio Zaretti reprend. Cette fois, en trio, il est convoqué au coin. Une version inattendue et toute en suspension. Puisse-t-elle vous plaire !
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