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Niccolò Paganini

Herbert du Plessis joue Frédéric Chopin (Anima) – 4/7

Première du disque

 

Se demander

  • si les études de Frédéric Chopin sont des œuvres artistiques ou des compositions didactiques,
  • si elles visent à faire frissonner l’auditeur ou serrer les fesses de l’interprète, voire
  • si elles ont pour objet d’éblouir l’âme ou de sidérer le spectateur

est évidemment par trop dichotomique. Évacuer la question serait néanmoins inopportun tant le compositeur semble aspirer à tenir les deux bouts de son projet. En témoigne la septième étude de l’opus 25, en ut dièse mineur et trois temps. Un prélude monodique s’enchâsse dans une mélodie confiée à la main gauche. Herbert du Plessis excelle à restituer

  • la liberté sous la contrainte,
  • la respiration sous la mesure,
  • l’élégance sous le défi technique.

On ne peut qu’être saisi par

  • l’art d’amener naturellement les modulations grâce aux justes accents,
  • la perfection stupéfiante des phrasés, et
  • la maîtrise de la pédalisation.

D’emblée, la huitième étude, un vivace en Ré bémol, deux temps officiels et 12/8 réel, saisit par les choix scrupuleux d’interprétation

  • (toucher molto legato comme l’exige le compositeur,
  • nuance mezza voce inscrite sur la partition,
  • rigueur du texte embellie par le feeling qu’incarnent
    • les mutations d’intensité,
    • les variations de toucher et
    • le rebond entre agogique et métronomie).

Sous les doigts experts d’Herbert du Plessis, la neuvième étude, un allegro assai en sol bémol mineur, tonalité vicieuse s’il en est, et en deux temps,

  • pétille,
  • virevolte et
  • semble s’amuser,

rappelant que défi virtuose et plaisir de l’écoute ne sont carrément pas contradictoires. La dixième étude en si mineur, à deux temps répartis en douze croches par mesure, exploite la dimension spectaculaire des octaves.

  • Chromatisme vigoureux,
  • intervalles répétés,
  • utilisation d’une large palette de registres,
  • brèves ruptures relançant l’écoute,
  • mouvements tantôt parallèles et tantôt inversés

contribuent à installer une tension lisztienne. La partie centrale, lente et en mode majeur, offre une respiration solaire, eh oui, à l’auditeur (l’interprète, lui, est toujours en prise aux octaves de la main droite qu’il doit lier et parfois éclairer d’une blanche). Le contraste avec le retour progressif du thème liminaire offre au piano de gronder à nouveau et au pianiste de briller par sa technique et sa musicalité

  • (touchers,
  • nuances,
  • phrasés,
  • gestion des respirations).

La onzième étude, en Ut et à deux temps (avec, surtout, vingt-quatre doubles croches par mesure), se décapsule sur un prélude trompeur – il est en majeur et il est lent, alors que, très vite, on bascule en la mineur dans un allegro con brio. Herbert du Plessis est à son affaire pour laisser sonner le thème martial à la senestre tandis que les petites saucisses de la main droite courent à pleine balle. On est emporté tant par l’apparent naturel de la virtuosité que, à nouveau, par la manière très fine d’amener les modulations

  • (agogique,
  • accentuation,
  • valorisation d’une note sensible).

Brièvement, les rôles s’inversent et la main gauche prend brièvement le relais de sa consœur. Ici comme ailleurs, en dépit de la profusion sonore, l’interprète privilégie la clarté au spectaculaire grâce à sa gestion

  • de la pédalisation,
  • des intensités variables et
  • des sforzendi égrenant ce qui tient lieu de mélodie.

La réunion des deux mains dans un même geste ultrarapide lance un finale échevelé où le rythme se complique joyeusement

  • (triolets de croches,
  • frictions de quatre doubles contre six,
  • trait virtuose en octave hors mesure pour finir…).

Dès lors, il était impossible à Frédéric Chopin de finir son second cahier d’études sur une pièce moins circassienne et pyrotechnique. Rendez-vous est donc fixé pour une douzième étude en do mineur, à deux temps, seize doubles croches par mesure et « molto allegro con fuoco ». Le pianiste parvient à faire émerger du bouillonnement digital une ligne mélodique sans pour autant négliger l’importance du crépitement.

  • Nuances,
  • jeux sur les spécificités des registres et
  • obstination gaillarde

aboutissent à deux mesures en majeur, conclusion réjouie d’un cahier redoutable pour l’interprète et impressionnant pour l’auditeur. Le premier disque de ce double album aurait dû s’arrêter là ; mais Herbert du Plessis offre un bis à ses auditeurs, en l’espèce les Variations en La (souvenir de Paganini). L’addendum contribue à l’idée selon laquelle, en composant ces études pour piano, Chopin s’est inspiré des études pour violon de Paganini. Œuvre de salon, non destinée à la publication, elle s’avance allegretto en 6/8 et en La. Le charme

  • de la mélodie matricielle,
  • du balancement et
  • des enrichissements rythmiques

est rendu avec

  • une précision,
  • un soin et
  • une poésie ravissants.

De quoi affermir notre hâte de rendre prochainement compte du second disque, incluant

  • les préludes,
  • quelques bonus et
  • un bis

formant un programme

  • gourmand,
  • ambitieux,
  • original et
  • subtilement agencé.

 

À suivre, donc !


Pour acheter le disque de Herbert du Plessis, ce peut être ici.

 

Ali Hirèche joue quatre Variations de Johannes Brahms, Intégral

 

Voilà bien le dilemme d’une notule musicale : s’offusque-t-elle de ce qui lui déplaît, on l’accusera de snobisme ou de jalousie d’un incapable stipendiant un valeureux musicien ; à l’inverse, loue-t-elle sans réserve un disque mandé par un attaché de presse, elle souffrira, et c’est justice, d’être accusée de partialité lèche-bottes. Pour cette fois, nous avons choisi notre camp et, n’en déplaise à notre inclination pour la polémique et la friction, il est résolument du côté d’Ali Hirèche.
D’autant qu’il appert de ce projet que ledit Ali Hirèche, ouï tantôt, a un estomac solide. Clara Schumann ne dénonça-t-elle pas les deux cahiers de variations sur un thème de Paganini de gros patouillis indigeste (patouillis, c’est ma traduction, mais chacun l’entendra comme il lui siéra), cahiers par lesquels il choisit d’ouvrir son album ? Qu’importe au fringant gamin qui, il y a treize ans, mieux doté techniquement que l’idole des musicologues féministes, s’attaquait à un disque 100 % variations brahmsiennes (mais ne comprenant pas 100 % des variations brahmsiennes, faut suivre) par les 24’ op. 35, inspirées par le dernier caprice de Niccoló – on s’étonne une fois de plus du livret, qui n’a pas été corrigé après le montage définitif : « L’enregistrement se conclut avec les variations sur un thème de Paganini », y lit-on, alors que, tel qu’il est présenté, il s’ouvre avec elles, moment oups.

 

 

Let’s turn to the music, et reconnaissons trois difficultés à enregistrer un cycle de variations :

  • la répétitivité (les doubles des noëls du dix-huitième avaient la grâce de se fonder sur une brève période de temps) ;
  • la virtuosité nécessaire, obsessionnelle et accaparante ; et
  • la musicalité qui, une fois gérées les deux premières complexités, ce qui n’est pas exactement rien, différencie les artistes des bons élèves.

Quoique bon élève, Ali Hirèche refuse de jouer à l’Agnan de service, alléluia. Il y a

  • des nuances, oui, mais aussi du groove jusque dans les silences (écoutez la transition entre les vraiations 2 et 3 du volume 1) ;
  • des doigts mais aussi du feeling dans les choix de legato (si, à ce niveau, même à 400 km/h sur l’autoroute du clavier, les vrais sont capables de choisir la manière dont ils vont détacher un trait ou attaquer une note et ça – attention, on l’dira jamais dans les gazettes bourgeoises, mais faut r’connaître que –, ça, donc, ça te bouche bée sans barguigner) ;
  • un petit doigt musclé comme une cuisse de lutteur azerbaïdjanais (variation 4) ;
  • le sens de l’instabilité bienfaitrice pour l’oreille et l’attention (variation 5) ;
  • la science des réflexes qui pulsent (variation 6) ;
  • l’art du forte qui zouke mais n’arrache point les esgourdes (variation 7) ;
  • la puissance du premier temps qui fonde tout le ternaire sans niaiser façon mijaurée (variation 8) ;
  • le suspense inquiétant qui fait respirer la série en sachant à la fois opposer et embrasser binaire et ternaire (variation 9) ;
  • l’astuce du toucher qui fait ressortir, à temps et surtout à contretemps, les dialogues dans le grave proposé par la dixième variation ;
  • cette délectation du majeur qui, sans précipitation, éclaire la partition par un sens digital aigu de la polyphonie (variation 11) ;
  • le goût de la perle aiguë que l’on fait chanter dans les cimes droites du piano (variation 12) ;
  • l’art de contraster les deux pattounettes pour faire sonner les circonvolutions de la droite en consacrant la gauche au rythme discret (variation 13) ; et
  • l’énergie commune – saisie avec la friction nécessaire des notes répétées – en triples croches de la grande quatorzième variation ouvrant sur le Presto ma non troppo final en ébullition, le tout claqué avec une rare élégance.

Bref, ça l’fait grave.

 

 

Soucieux de fouiller un peu le sujet, Johannes Brahms est revenu à la charge pour livrer d’autres variations sur le même thème. Ainsi, il témoigne moins de la richesse du thème que de la nature de son génie, capable de pressuriser une idée pour en faire jaillir un geyser de suc, quand d’autres – et c’est potentiellement tout aussi louable – s’attachent à collectionner les idées en les effleurant pour laisser libre cours à ce que le musicologue Gad Elmaleh aurait désigné comme la guise de l’imaginaire. À dire vrai, l’un n’empêche pas l’autre ! L’intérêt des Variations est peut-être même l’étroite fusion entre une nappe thématique sur laquelle chaque variation-derrick puise l’or noir ou pétillant de ses idées, et la fragmentation du thème-terrain façon gaz de schiste dont chaque variation-miniature présente d’autres facettes.
Le thème,  énoncé avec la cristalline légèreté, prépare à peine au double dialogue de la première variation :

  • dialogue entre rythme ternaire (12/16) et binaire (2/4) ; et
  • dialogue en forme de questions-réponses entre les deux mains.

C’est brillant et finement réalisé tant digitalement que dans la gestion des breaks. La deuxième variation poursuit le jeu entre binaire à droite et ternaire à gauche. L’on apprécie à la fois

  • la délicatesse des triolets et
  • le soin apporté au toucher des octaves, qui permet de distinguer avec adresse les deux notes impliquées.

La troisième variation swingue, allègre et légère ainsi qu’indiquée, bien rythmée par les justes accents de la main gauche. On valse tranquillement au long de la quatrième variation, charmante à souhait. La cinquième variation poursuit le travail de contrastes qui caractérise ce cahier. Au ternaire du 3/8 s’ajoute un second ternaire, celui des triples croches qui dévalent le piano de droite à gauche, tandis que la main droite sautille, le thème au bout des doigts. Nuances et ritenuto en guise de respiration sont éclaboussants – comme éblouissants, mais encore plus.
Dans la même série, la sixième variation est constituée de grandes vagues de doubles croches en triolets, dopées par des appogiatures pétillantes. Grâce aux accentuations et au phrasé, on oublie presque la virtuosité pour ne plus entendre que son résultat : la musique. La huitième variation synthétise les précédentes en assumant sa polyrythmie : 2/4 à droite, 3/8 à gauche, donc trois croches associées à des triolets de doubles, et échange de rôles réguliers entre les mains. Mis comme ça, c’est technique et ennuyeux. Joué par Ali Hirèche, c’est fluide, saisissant et vertigineux… même si le montage aurait gagné à respecter davantage la résonance entre les variations 7 et 8 – le problème, bouclons ici cette incise, est récurrent (ouïr 5’57, par ex.).
La huitième variation travaille le rythme différemment : elle se sert d’une série de quatre doubles pour lancer (presque) chaque mesure avec énergie. L’interprète parvient à transformer l’accentuation en rebond sans jamais s’écraser sur le premier temps. Grâce à lui, on l’on parvient quinqué et requinqué à la neuvième variation où des doubles croches a priori immuables sont défiées par des appogiatures révélant, sous l’apparence marmoréenne (régularité et jusqu’à quadruple unisson), la fragilité et le déséquilibre qui nous meut et nous émeut.
La dixième variation est annoncée « féroce et énergique ». Elle creuse la veine de l’unisson, permettant au piano de gronder et tonner à souhait. La onzième variation, vivace, fracasse des doubles croches en mouvements contraires : quand la main droite descend, la gauche monte, et vice et versa. Ali Hirèche y démontre l’aisance roborative qui sied à la miniature. La douzième variation, « un poco andante », se risque à un certain lyrisme, avec mélodie à droite toute et ondulation de doubles croches d’accompagnement à gauche. Le changement de climat est à la fois saisissant et séduisant.
La treizième variation revient au binaire et décrit un lent dégravoyage (et hop) de notes, d’abord uniforme, puis dissocié, la main gauche remontant à contre-courant. L’on se laisse sans peine emporter par le son soigné que le musicien tire de son instrument, brillamment capté par Joël Perrot au célèbre temple Saint-Marcel de Paris. La quatorzième variation, « Presto, ma non troppo », fait courir les petites saucisses et bondir les petites pognes, s’amusant même à accélérer la gambade en substituant sporadiquement des quintolets aux quatre doubles croches attendues.

  • Travail sur l’unisson,
  • rupture de rythmes,
  • association entre binaire et ternaire, et
  • fanfare finale

concluent une partition brillante dont l’interprète, feignant d’être indifférent à la complexité technique de la chose, nous fait sentir

  • les charmes,
  • la variété et
  • la profondeur.

 

 

Comme un bon mis en cause, Johannes Brahms a beaucoup varié – plus dans ses compositions que dans ses déclarations, voilà la précieuse différence.
Ainsi a-t-il publié ses Variations sur un thème original en même temps que ses Variations sur un lied hongrois, n°2 du même opus et non retenues pour ce disque. Postérieures aux variations sur un thème de Robert Schumann qui concluront le disque, on le saura, elles s’ouvrent sur un thème « poco larghetto, molto espressivo e legato » en 3/8 et Ré. Ali Hirèche le prend avec la sérénité requise, sans craindre les accords de dixième – le gars est extensible de la main et solide des doigts. La première variation, paisible, « sempre legatissimo » malgré les écarts de notes, se balance avec douceur en savourant les mouvements inverses des deux mains.
On monte d’un cran avec la deuxième variation : le tempo s’emballe, la main gauche continue d’onduler ; la main droite mélodise et harmonise simultanément. Dans la troisième variation, l’interprète persiste dans sa retenue très intériorisée, préparation à la progression qui se profile. Cela est joué avec une souplesse rarement ouïe. La quatrième variation est présentée avec une suavité qui correspond bien à l’indication de dolce. Son apparente simplicité masque presque la richesse de l’harmonisation, souvent à quatre voix et associant volontiers

  • basse obstinée,
  • tierces et
  • octaves.

Sous les doigts d’Ali Hirèche, c’est tout sauf gnangan : c’est carrément envoûtant, tension vers le mode mineur incluse. La dentelle proposée dans la cinquième variation, jouant sur la contradiction bienveillante – et pourquoi pas ? –  entre binaire et ternaire, est rendue avec une élégance pimpante. On commence à envoyer du pâté avec la sixième variation, toute de doubles croches parées, et cependant ornée d’une sonorité habilement perlée. La septième variation, fondée sur des microquestions-réponses entre les deux mains, revendique un fonctionnement binaire que le toucher hirèchien rend avec une subtilité pour le moins sémillante.
Tout bascule avec la huitième variation : son Allegro non troppo signale l’arrivée du mineur. L’électricité est de retour, et elle n’est pas synonyme de bruit, plutôt de pulsation. La neuvième variation ne dégonfle certes pas cette tension, entre triples et doubles croches souvent octaviées. La dixième renchérit. À la fois « agitato » et « espressivo », la dernière variation en mineur fait gronder les doubles à la main gauche sur une main droite qui, arpège aidant, va chercher les accords de quinzième tout en fracassant des triolets de croches nerveuses contre des doubles furibondes. Le binaire mineur cède alors le pas au ternaire majeur qu’un trille têtu parcourt.
L’interprétation retenue rappelle que la tension n’est pas que décibels, elle est aussi vibration.

  • La limpidité de l’exécution,
  • la précision rythmique,
  • la pertinence des respirations,
  • l’absence d’effets superfétatoires et, stipulons-le en dépit de l’évidence,
  • une technique pianistique hors norme

habitent cet enregistrement jusque dans l’apaisement final. Le résultat est fascinant.

 

 

L’affaire se boucle avec les Variations sur un thème de Robert Schumann op. 9. Un thème lent et imprégné de la gravité du fa dièse mineur apparaît, joué avec recueillement mais sans emphase. Une première variation prolonge cette méditation, qui tente une évasion dans les registres aigus avant de s’engoncer dans les abysses du clavier. Les sachants attribuent le côté sombre de cet incipit au fait que sombre (haha) Robert Schumann, au moment où Johannes Brahms écrit ces variations-hommage, supputons qu’ils ont raison de le penser. Seule évidence concrète : Ali Hirèche, que l’on a vu virevolter dans les passages virtuoses, prouve ici qu’il sait aussi dépeindre une atmosphère… et passer d’emblée à la suivante, la deuxième variation rebondissant en 9/8 avec notes répétées.
Le nécessaire travail de caractérisation – l’œuvre de plus de 18’ serait vite fastidieuse sans contrastes et, précisément, variété – ne s’arrête point avec la troisième variation où la main gauche, croisant et décroisant avec sa collègue, tente de prendre le lead en énonçant le thème descendant de la lamentation. Le pianiste y sculpte le son, jusqu’à inventer un do dièse presque étouffé qui paraît à la fois incongru et pertinent (2’32, par ex. – on retrouvera ce son plus loin, par ex. dans la dixième variation à 8’54). Sans ruer pour autant, la quatrième variation secoue le cocotier avec accords répétés à gauche – dont la dixième fa dièse-la interdite aux quenottes de dimension restreinte – et, à droite, thème et accompagnement prolongeant la pulsation grave. La cinquième variation poursuit ce travail sur les unissons répétés, mais version Allegro capriccioso.

  • Suspension,
  • parcours de l’ensemble des registres du clavier et
  • tension

conduisent l’auditeur vers le toboggan de la sixième variation, officiellement en 6/8 mais plutôt en 18/16. D’abord simple ponctuatrice (je tente le terme), la main gauche s’exaspère en mouvements contraires avant de tonner de nouveau par ses croches bien marquées. Séduisent

  • la lisibilité du propos,
  • la retenue et
  • la différenciation des voix.

La septième et la huitième variations sont marquées « Andante ». Avant la septième, l’artiste choisit de laisser s’installer le silence afin, sans doute, que contraste ne soit pas concaténation mais frottement et respiration. La légèreté de la main gauche accompagne de son grave battement octavié le thème que la main droite déroule et harmonise en arpèges. La fin en Fa dièse prépare la modulation en si mineur qui anime la neuvième variation, indiquée « Schnell ». Dans les arpèges en triolets de doubles croches s’abrite la mélodie. La dixième variation, « poco adagio », exige un « accompagnamento » à la fois « pianissimo e dolcissimo ». L’artiste paraît vibrer de son propos. Son toucher est à la fois

  • égal dans les déclinaisons de doubles et
  • différencié pour faire sonner la mélodie au soprano comme à l’alto.

La onzième variation module du Ré au Sol et du 2/4 au 4/16, « sempre pianissimo dolcissimo ». En réalité, l’instabilité harmonique suspend le développement des variations, emmagasinant de l’énergie jusque dans les retenues sublimes quoique nullement surjouées (11’30). Tout se passe comme si

  • le piano neutralisait pour un moment le fatum,
  • les marteaux décalaient la fatalité et
  • la musique repoussait l’inéluctable…

… d’où le recours abondant aux contretemps qui ont rarement mieux porté son nom !
Décidée, la douzième variation renoue avec les trois dièses à l’armature bien qu’elle fixe le fa dièse mineur plutôt que le La.

  • Pulsation du staccato,
  • élévation des doubles,
  • allant de l’Allegretto et
  • sens des rythmes

animent le jeu d’Ali Hirèche. L’impressionnante accélération finale, avec ses réflexes foufous, file vers une treizième variation « non troppo presto » mais preste quand même et bien balancée par ses mouvements contraires. La quatorzième variation, en 3/8, fournit andante des arpèges en doubles croches à la main gauche pendant que la main droite, à deux voix, fait la belle avec ses dixièmes (fa dièse – la , sol dièse – si). La partition est sublime, l’interprétation n’en perd rien.
D’un ternaire l’autre : sans autre transition qu’un silence fracassant, la quinzième variation s’amourache d’un si bémol mineur en 6/4 « poco adagio ». L’exécution est un exemple de maîtrise de clavier incluant l’exposition parfaite des trois voix (dont une partagée entre les deux mains) à la fois distinctes et unies. Le tout glisse vers la seizième variation « sempre pianissimo », en Fa dièse, s’il vous plaît. Quelle belle idée de finir le disque sur une démonstration de sobriété contenue, qui n’est certes pas facilité mais

  • densité,
  • espace,
  • quête

que troublent à peine les signes de vie (17’21) prouvant que l’artiste a choisi la plus belle prise, pas la plus mignonne, et il a eu bien raison.
En conclusion, voilà bien un disque magistral, entre

  • virtuosité musicale et
  • intériorisation d’une rare profondeur,

qui, dès 2008, ne signalait pas l’arrivée d’un « petit prince du piano » mais la réalisation d’un musicien laissant une forte impression sur son auditeur. Au hasard des propositions de Laurent Worms, il était temps de le stipuler sur ce site !

 

 

Olga Reiser, « Flute Tales », Solo Musica

 

Étrange est ce monde où de plus en plus de musiciens indépendants – pas toujours des moindres – sont contraints de produire leurs propres disques soit pour exister, ce qui n’est pas une si piètre ambition, soit pour proposer des programmes qui ne cadrent pas avec les desiderata des grosses machines, ce qui n’est pas non plus une ambition si pire. Nouvel exemple avec les Flute Tales d’Olga Reiser, flûtiste allemande d’origine Russe, qui revendique de jouer de son instrument en solo aussi bien dans ses standards qu’au-delà.
On ne peut faire plus standard que « Syrinx » de Claude Debussy (1862-1918). Originalité liminaire, la prise de son choisit de garder l’inspiration de la flûtiste, puisque – suppose-t-on –, chez les vents, tout découle du souffle. L’interprète choisit d’accentuer avec force ses sforzendi progressifs. L’expressivité et le vibrato sont ici poussés à leur maximum, comme si la musicienne lâchait : « Hé, des versions propres sur elles, vous en avez des palanquées ! Laissez-moi vous emporter dans mon monde dès le début, OK ? » La perfection du decrescendo final et la vitalité injectée à ce golden hit poussent à lui en accorder l’augure, même si je ne suis pas sûr à 100 % du sens de cette expression.
De l’œuvre d’Eugène Bozza (1905-1991), Olga Reiser choisit de nous faire découvrir « Image », inspiré par la nature provençale. Les ondulations du début, évoquant l’incipit de « La fille aux cheveux de lin », sont parcourues de

  • soubresauts,
  • rebonds soudains et
  • brusques accélérations.

Échos à l’octave, gammes ascendantes, séries de quintes et sixtes interrogatives ou irritées  alternent avec la quête d’une mélodie. À défaut, se substitue une partition très expressive que la flûtiste rend avec la variété, la technique et l’intensité dont elle paraît vouloir faire – et c’est plutôt une heureuse perspective – sa marque de fabrique.

 

 

Du coup, on a du mal à suivre la dame quand elle humorise, dans le livret qu’elle a rédigé, en disant que la « Danse de la chèvre » de Arthur Honegger (1892-1955), c’est de la musique à programme donc a priori plutôt gavant (« rather boring, in my opinion »), mais ce le sera moins si l’on imagine que l’on regarde « a nature programme on TV ». L’apport de cette proposition paraît aussi pertinent que de suggérer de remplacer du Honegger par un générique de Récré A2. Si la musique à programme te disconvient, pourquoi en jouer et invoquer la télé – concept un brin ringardisé, pour le coup, depuis quelques années ?
C’est donc intrigué que l’on écoute cette troisième piste. Or, force est de saluer la capacité d’évocation et d’engagement de l’interprète, travaillant

  • les attaques,
  • le souffle,
  • la relation entre musique et silence,
  • le type de son et
  • la vivacité digitale çà et là requise.

Programme musical ou programme télé, chacun fera son choix, mais l’on peinera à ne pas applaudir cette proposition.

 

 

Rien d’original dans l’appropriation du Vingt-quatrième caprice de Niccolò Paganini (1782-1840), avec son thème et ses douze variations, dont raffolent les flûtistes – c’est l’arrangement de John Wummer qui est ici exécuté. Après tout, pourquoi le seul critère d’originalité serait-il chéri ? Le disque assume crânement de commencer sur des bases bien balisées pour, ensuite, s’émanciper des standards et autres golden hits. Dans son caprice, la musicienne associe nuances et variation d’attaques pour pimper ce mastodonte du répertoire, sans hésiter à en faire des caisses sur les crescendi subits ou les attaques explosives. Il semble qu’Olga Reiser revendique une théâtralité de l’interprétation ayant vocation à mettre le feu aux vieilles branches des forêts par lesquelles elle promène. Aussi, les amateurs d’une élégance lisse fuiront-ils la verve sans filtre que la pyromane met ici à l’œuvre.
Le Troisième tango-étude d’Astor Piazzolla (1921-1992) honore une « danse pour des couples d’amoureux passionnés » que l’artiste juge « particulièrement émouvante quand elle est jouée par un soliste ». Bien connu des nombreux piazzollophiles, la composition sied parfaitement à la Russo-Germaine dont le goût pour

  • les accents puissants,
  • la liberté de ton et
  • les changements de nuances

trouve ici matière à s’exprimer.

 

 

On entre alors dans ce qui semble être le cœur battant du disque : des propositions moins classiques (même si les précédentes étaient déjà fort investies par l’interprète), susceptibles d’extirper la flûte de l’image topique de sagesse mignonne réservée aux enfants blonds de bonne famille que l’insturment partage avec la harpe. Premier sur le grill, « Wake up! » a été écrit par Tilmann Dehnhard (né en 1968) pour « apprendre aux flûtistes à jouer en rythme ». La partition est donc fournie avec un réveil qui donne la pulsation. La flûtiste change de son en embouchant son piccolo pour dialoguer avec la boîte à bipbip, oscillant entre questions-réponses, rebonds, boucles quasi techno, exercice virtuose de détaché et concurrence exacerbant (en rythme !) l’énergie de la flûte. La petite note d’humour qui parfume la pièce contribue à son charme.
De Ian Clarke (né en 1964), Olga Reiser choisit d’interpréter « The Great Train Race », musique à programme où l’artiste nous promet le son de plusieurs sortes de train, mais « pas des trains modernes qui filent presque sans bruit : ici, on entendra une vieille locomotive à vapeur ». Va pour un peu de vintage ! Fragmentée, la pièce s’amuse en effet, à grands renforts de virtuosité, à imiter

  • le rythme des rails,
  • les Klaxon, ainsi que
  • les accélérations et ralentissements de la loco (vitesse et tonalité), éventuellement en obligeant la flûtiste à chanter avec son instrument.

Plus que d’une musique à programme, il s’agit d’une musique imitative qui exige beaucoup de l’interprète :

  • sens de la comédie,
  • maîtrise absolue du détaché,
  • souffle de dingo.

Le résultat, aussi plaisant qu’anecdotique, oscille entre savoir-faire d’écriture réservé à un compositeur lui-même flûtiste, wow technique et amusement auditif.

 

 

Nous découvrons Greg Pattillo, né en 1977, avec « Three Beats for Beatbox Flute ». Au cœur du projet, le beatboxing, performance qui consiste à « imiter les sons percussifs avec la bouche, les lèvres, le nez et la langue ». Parti sur les bases d’une musique minimaliste, la mélopée s’enrichit vite de

  • charleston,
  • tom et
  • grosse caisse entièrement organiques.

Breaks à l’appui, le premier fragment donne donc envie de bouger la tête. Le deuxième utilise le procédé inverse en y ajoutant le plaisir du trio : se mêlent la percussion buccale, la flûte et la voix venant à l’appui dans une fredonnerie japonisante. Il y a une certaine ivresse à imaginer comment les trois peuvent être réalisés ; c’est donc assez réjouissant. Le troisième fragment est enchaîné et reprend les bases du premier autour d’un matériau mélodique et rythmique moins sage donc plus virtuose. L’ensemble fonctionne fort bien et résonne de façon convaincante avec la personnalité de l’interprète telle que ce disque la dévoile jusque-là.
La seconde pièce de Ian Clarke, « Zoom Tube » a « révolutionné » la compréhension qu’Olga Reiser avait de la flûte. Au programme, notamment,

  • multiphonies,
  • micro-intervalles avec doigté spécial et
  • sifflements.

Le vent commence par souffler avant qu’un riff habité par des éclats percussifs n’émerge. L’affaire est présentée avec des breaks et une apparente liberté de ton jazzy très délectable, qu’animent des effets d’écho, des jeux de silence, des boucles, des éclats de voix. Ce pourrait être une private joke réservée aux flûtistes : curieusement, cela a soutenu l’attention de l’auditeur profane de bout en bout – jusqu’aux dix secondes de silence conclusives !

 

 

La pédale de loop (qui permet d’enregistrer en direct des extraits et de les passer en boucle) s’impose pour « For Dad », d’Olga Reiser en personne. À l’occasion de cette improvisation, la dame dégaine sa flûte alto, d’abord utilisée à titre percussif. L’harmonie s’installe, constitué d’une pédale harmonique de cinq sons superposés. Dessus, se pose manière de mélodie, modifiée et répétée, dont des bribes de chaque passage enrichiront l’accompagnement. La chaleur de l’alto s’acoquine fort bien avec ce projet qui ouvre la virtuosité à des horizons plus populaires et néanmoins parfaitement menés. Le renfort intermittent de percussions buccales vers 3’ et la citation rapide de pistes orientalisantes permettent de garder vif l’intérêt et d’endosser les codes de la pop sans verser dans le lénifiant.

  • Gammes ascendantes,
  • sons ondulants,
  • mini-intertextes récurrents,
  • riffs servant d’appui et de repères

nourrissent – entre autres – ces 7’30 qui finissent par s’éteindre lentement en decrescendo avec quelques effets de dégradation typiques des pédales de loop.
Avec la volonté de boucler la boucle, c’est le cas de l’écrire, l’artiste finit par remixer le Deuxième menuet en sol mineur BWV 115 de Johann Sebastian Bach pour flûte, flûte alto et pédale de loop. Après un prélude suspendant l’énoncé du thème, Olga Reiser lance l’accompagnement sur un rythme chaloupé – proche de celui de « For Dad », pulsation incluse – qui lui sert de base pour improviser librement et sans faire d’emblée assaut de virtuosité. Elle paraît davantage intéressée à sculpter le son avec des mouvements de souffle transformant le flux uniforme en une sinusoïde aux inflexions multiples tout en conservant à son propos une efficace lisibilité. La multiplication des lignes enregistrées contribue à défier utilement chaque énoncé du thème. Point de volonté de progressivité dans l’improvisation. Olga Reiser creuse plutôt la veine de l’hypnose en associant répétition et légères mutations du propos. La musique s’agite entre

  • les pôles du même et du semblable (les lignes d’improvisation non traitées comme des variations allant vers le plus prompt ou le moins tonal), et
  • ceux de l’identique (enregistré) et du modifiable (l’improvisation).

La percussion apparaît puis se rétracte, préparant la coda où surnagent

  • la polytonalité,
  • le travail des attaques puis
  • le bidouillage électronique déstructurant le thème jusqu’à son extinction.

Peut-être trouve-t-on ici moins d’éléments nouveaux ou revigorés que dans « For Dad », ou peut-être la proximité des deux titres – proches par de nombreux aspects – ne rend-elle pas raison de la fraîcheur de cette proposition. Reste que la présente appropriation d’un sample de Bach est certainement une façon signifiante de refermer un disque en synthétisant musique iconique pour flûte, d’une part, et, d’autre part, investissement personnel du champ des possibles souvent celés et cependant offerts aux flûtistes d’un haut niveau et d’une audacieuse inventivité. C’est aussi cette veine que creuse, depuis lurette et parmi d’autres, la jeune Charlotte Isenmann.

 

 

En conclusion, malgré un livret réservé aux anglo- et germanophones – ça fait du monde, mais pas assez pour les seuls francophones –, voici un disque engagé qui recèle des moments aussi intéressants que plaisants, et qui esquisse le profil d’une artiste dotée d’une évidente virtuosité et d’une personnalité affirmée. Les golden hits très personnels feront sans doute grincer les dents des tenants d’une certaine tradition interprétative tout en réjouissant les ennemis de la mièvrerie ; et la seconde partie devrait séduire unanimement les amateurs de musique sinon franc-tireuse, du moins insolite. Bref, dans un monde du disque qui tend parfois à l’uniformité, cette réalisation, sertie dans une remarquable prise de son d’Elena Klinova masterisée par Sebastian Riederer, ne manque pas d’attraits.

 

 

Faîtes de la musique – Le programme (2/3)

 

Sous le coup d’une menace d’extinction pour ses prochaines saisons, le festival Komm, Bach! a résolu de répondre à sa façon par un (possible) dernier concert YouTube en forme de feu d’artifice. Au programme : un cyberconcert, possiblement le dernier, d’une durée de 24 h, incluant

  • un florilège thématisé des dernières années de concerts ;
  • des vidéos non encore publiées issues des cent concerts fomentés depuis octobre 2016 ; et
  • des cyberconcerts inédits, offerts par les artistes passés par le festival.

Sur la platine du vidéo jockey, de l’orgue et pas que, du Bach et pas que, du partage et des propositions. Hauts les cœurs, et rendez-vous le lundi 21 juin, sur la chaîne YouTube du festival, dès la minuit du 21 juin ! Pour se mettre en appétit, après l’apéritif de huit heures proposé tantôt, voici la set-list de la deuxième partie de huit heures…

 

Deuxième partie
Les instruments du plaisir

 

Neuvième concert
Komm, Bach! fête l’orgue (1 h)

  1. Vincent Crosnier improvise sur la fin du Grand Déconfinement
  2. Hervé Désarbre joue « Gamay » extrait de la California Wine Suite de Hans Uwe Hielscher (né en 1945)
  3. Bruno Beaufils de Guérigny joue « Réflexion et lumière (Hommage à Albert Schweitzer) » de Robert Maximilian Helmschrott (né en 1938)
  4. François-Xavier Grandjean joue la Troisième toccata sur Big Ben, op. 154, de Jean-Marie Plum (1899-1944)
  5. Jean-Luc Thellin joue les Prélude et fugue BWV 539 de Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  6. Bertrand Ferrier improvise sur les « Souvenirs des dernières joies du petit vieux qui ne reviendra plus prendre le soleil sur le banc en fumant son cigarillo»
  7. Georges Bessonnet joue le Troisième choral de César Franck (1833-1890)
  8. Benjamin Pras joue « Tico tico no Fubá » de Zequinha de Abreu (1880-1935)

Dixième concert
Komm, Bach! fête les claviers (1 h)

  1. Christian Chamorel joue l’Étude op. 104 n°1 de Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847)
  2. Anna Homenya joue les Prélude et fugue en do dièse mineur (BWV 873) de Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  3. Jasmina Kulaglich joue « Erdenklavier – Himmelklavier » (version n°2) de Peter Eötvös (né en 1944)
  4. Vittorio Forte joue « Как мне больно » [Chagrin de printemps] de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943), extrait des Quatorze romances op. 34 n°1, sur un texte de Glafira A. Galina (1873-1942) et dans une transcription d’Earl Wild (1915-2010)
  5. Nicolas Horvath joue « Arteeman 8 » de Morteza Shirkoohi (né en 1978)
  6. Jasmina Kulaglich joue « Rêverie » de Claude-Achille Debussy (1862-1918)
  7. Jean-Luc Thellin joue trois extraits de la Deuxième suite anglaise en la mineur (BWV 807) de Johann Sebastian Bach : allemande…
  8. … courante et…
  9. sarabande
  10. Jasmina Kulaglich joue la Toccata, extraite de la Suite en trois mouvements d’Aram Khatchatourian (1903-1978)
  11. Anna Homenya joue « Les Grâces » de Jacques Duphly (1715-1789), extrait du Troisième livre des pièces pour clavecin
  12. Jasmina Kulaglich joue « Souvenirs des ancêtres » de Svetislav Božiċ (né en 1954)
  13. Nicolas Horvath joue « Une barque sur le Niger », extrait des Petits préludes pour les petites mains de Denis Levaillant (né en 1952)
  14. Jasmina Kulaglich joue « Lacrimosa », extrait du Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) transcrit par Mikako Matsumoto
  15. Nicolas Horvath joue « Arteeman 9 » Morteza Shirkoohi (né en 1978)
  16. Anna Homenya joue « Médée » de Jacques Duphly (1715-1789), extrait du Troisième livre des pièces pour clavecin
  17. Nicolas Horvath joue « Orphee’s Bedroom » composé par Philip Glass (né en 1937) et transcrit par Paul Barnes (né en 1961)
  18. Vittorio Forte joue « О, не тоскуй по мне! » [Oh, ne sois pas triste !], op. 14 n°8, mélodie de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943) sur un texte d’Aleksei N. Apukhtin (1841-1893), transcrite par Earl Wild (1915-2010)

Onzième concert
Komm, Bach! fête les cordes (1 h)

  1. Cyrielle Golin joue « Und Salomo sprach » de Volker David Kirchner (1942-2020)
  2. Brett Douglas Deubner joue « Four outlines out of five » (création mondiale de la version pour alto) de Patrick O’Malley (né en 1989)
  3. Hannah Holman joue « Graduale on DDs » de Barry Lloyd Vercoe (né en 1937)
  4. Emmanuel Acurero joue « Now II », extrait de Profiles of light de Mathias Pintscher (né en 1971)
  5. Brett Douglas Deubner joue la Sonate pour alto de Franz Ezra Levy (1930-2017)
  6. Hannah Holman joue le Prélude de la Première suite pour violoncelle (BWV 1007) de Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  7. Emmanuel Acurero joue « Quatre études brèves » de Bernd Alois Zimmermann (1918-1970)
  8. Brett Douglas Deubner joue « Trois miniatures » (création mondiale) de Judith Markovitch (née en 1949)
  9. Hannah Holman joue la Sarabande de la Cinquième suite pour violoncelle (BWV 1011) de Johann Sebastian Bach
  10. Laurent Valero et Bertrand Ferrier esquissent une « Sinfonietta improvvisata per la notte di Natale » en trois mouvements et pour quatre instruments

Douzième concert
Komm, Bach! fête les aérophones (1 h)

  1. Les Trompettes de Versailles jouent le Menuet pour le coucher du roy de Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
  2. Dmitry Ouvaroff joue les deux derniers mouvements de la Sonatine pour clarinette de Csaba Deák (1932-2018)
  3. Guy Angelloz et Gilles Rancitelli jouent « Le vol du bourdon » de Nikolaï Rimsky-Korsakov (1844-1909)
  4. Pierre Makarenko et Christophe Guida jouent la Fantaisie pour hautbois et orgue en fa mineur (KWV 604) de Johann Ludwig Krebs (1713-1780)
  5. Jean-Michel Alhaits et Jean-Pierre Rolland jouent la Marche montagne
  6. Guy Angelloz joue le vingt-quatrième Caprice de Niccolò Paganini (1782-1840)
  7. Dmitry Ouvaroff et Anna Homenya jouent le Quatrième tango-étude d’Astor Piazzolla (1921-1992)
  8. Jacques Bon joue « Pan » extrait des Métamorphoses d’Ovide de Benjamin Britten (1913-1976)
  9. Jean-Michel Alhaits et Jean-Pierre Rolland jouent une Marche de la Renaissance
  10. Les Trompettes de Versailles jouent deux extraits d’Orfeo de Claudio Monteverdi (1567-1643), arrangés par Georges Bessonnet
  11. Guy Angelloz joue la Fantaisie hongroise de Joachim Andersen (1847-1905)
  12. Pierre Makarenko (hautbois) et Christophe Guida (orgue) jouent l’Adagio du Concerto en ré mineur BWV 156 de Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  13. Dmitry Ouvaroff et Anna Homenya jouent « Des Alyscamps, l’âme soupire », extrait des Tableaux de Provence de Paule Maurice (1910-1967)
  14. Charlotte Isenmann improvise sur une œuvre de Javier Portuez filmée par Nicolas Fiery
  15. Pierre Makarenko et Christophe Guida jouent la Sinfonia de la cantate BWV 21, « Ich hatte viel Bekümmernis » (« J’avais grande affliction en mon coeur ») de Johann Sebastian Bach
  16. Vidéo inédite | Fabrice Dupray et Bertrand Ferrier jouent Svetsade Fragments (Fragments soudés) de Kristian Kristiansson (né en 1967). Création mondiale. [Motif (fragment) – En développement – Conflit – Orgue – En fusion – Trompette – Sous un piédestal – Vers l’explosion]

Treizième concert
Komm, Bach! fête les voix lyriques (1 h)

  1. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent « Cantate domino » de Jean-Christophe Rosaz (né en 1961)
  2. Jennifer Young chante « How merrily we live » de Michael East (ca. 1590-1648)
  3. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent « Youkali (tango-habanera) » de Roger Fernay (1905-1983) et Kurt Weill (1900-1950)
  4. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent « I have a dream » de Jean-Christophe Rosaz (with Martin Luther King)
  5. Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane interprètent l’« Hymne à Saint-André » d’André Jolivet (1905-1974).
  6. Vidéo inédite | Michaël Koné et Bertrand Ferrier interprètent « Cold Song » de John Dryden (1631-1700) et Henry Purcell (1659-1695)
  7. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent la Prière des Pueri cantores pour la paix de Jean-Christophe Rosaz, d’après un texte attribué à saint François d’Assise
  8. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent l’Ave Maria de Louis Vierne (1870-1934)
  9. Vidéo inédite | Naoum Khoury et Bertrand Ferrier interprètent le Noël à l’enfant d’Henri Martin (dates inconnues)
  10. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent « Aube printanière » de Jean-Christophe Rosaz, d’après une comptine traditionnelle chinoise
  11. Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane interprètent « Au matin », extrait des « Angélus » d’Ernest Eugène Coquin, dit Jean Lepovremoyne (1903-1970) et Louis Vierne (1870-1937)
  12. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent « Yeroushalayim shel zahav » de Naomi Shemer (1930-2004)
  13. Vidéo inédite | Tanaquil Ollivier et Bertrand Ferrier interprètent « Nun beut die Flur das frische Grün » [air de Gabriel], extrait de La Création de Joseph Haydn (1732-1809)
  14. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent « Jesu bleibet meine Freude » (extrait de la cantate BWV 147) de Martin Jahn (1620-1682) et Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  15. Jennifer Young et Bertrand Ferrier interprètent « A nun takes the veil (Heaven-Haven) » de Gerald Manley Hopkins (1844-1889) et Samuel Barber (1910-1981)
  16. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent « Over the Rainbow » d’Isidore Hochberg dit Edgar Yipsel Harburg (1896-1981) et Harold Arlen (1905-1986)

Quatorzième concert
Komm, Bach! fête les voix chantantes (1 h)

  1. Jean Dubois chante « Il faut qu’j’te voie » de Jean Dubois
  2. Claudio Zaretti chante « Il y a » de Claudio Zaretti
  3. Jean Dubois chante « Jean Dubois » de Jean Dubois avec Jean Dubois
  4. Romain Watson chante « C’est tous les jours dimanche » de Romain Watson
  5. Jean Dubois chante « Le roi boiteux » de Georges Brassens (1921-1981) et Gustave Nadaud (1820-1893)
  6. Claudio Zaretti chante « Depuis le temps » de Claudio Zaretti
  7. Jean Dubois chante « Je rigole » de Jean Dubois
  8. Romain Watson chante « Notre secret » de Romain Watson
  9. Jean Dubois chante « Mon enfance » de Jacques Brel (1929-1978)
  10. Claudio Zaretti chante « Dans les gares » de Claudio Zaretti
  11. Jean Dubois chante « La petite plaque » de Yannick Le Nagard (né en 1966)
  12. Romain Watson chante « Wrapped in your arms » de Romain Watson
  13. Jean Dubois chante « Je chante » de Charles Trenet (1913-2001) et Paul Misraki (1908-1998)
  14. Claudio Zaretti chante « Liberté, ma statue »de Claudio Zaretti
  15. Jean Dubois chante « Splash » de Jean Dubois
  16. Romain Watson « One big family » de Romain Watson

Quinzième concert
Komm, Bach! fête la musique sans instrument fixe (1 h 30)
L’art de la transcription

  1. Esther Assuied joue et transcrit pour orgue le Concerto pour clavecin dit « dans le goût italien » (BWV 971) de Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Allegro – Andante – Presto
  2. Dmitry Ouvaroff et Anna Homenya jouent et transcrivent pour orgue et saxophone la Canzona de Sergueï Taneïev (1856-1915) pour clarinette et orchestre à corde
  3. François-Xavier Grandjean joue et transcrit pour orgue le Prélude en do dièse mineur pour piano, op.3 n°2, de Sergueï Rachmaninoff (1873-1943)
  4. Vidéo inédite | Michaël Koné et Bertrand Ferrier interprètent deux extraits du Nisi dominus d’Antonio Vivaldi (1678-1741), cantate pour voix soliste, viole d’amour et orchestre à cordes, transcrite pour contre-ténor et orgue
  5. Vittorio Forte joue « Как мне больно » [Chagrin de printemps], mélodie pour voix soliste et piano de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943), extrait des Quatorze romances op. 34 n°1, sur un texte de Glafira A. Galina (1873-1942) et dans une transcription pour piano seul d’Earl Wild (1915-2010)
  6. Esther Assuied et Emmanuel Acurero jouent et transcrivent pour violoncelle et orgue l’Élégie pour violoncelle et piano de Gabriel Fauré (1845-1924)
  7. Jasmina Kulaglich joue le Lacrimosa extrait de la messe de la messe de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) et Franz Xaver Süßmayr (1766-1803), transcrit par Mikako Matsumoto
  8. Marie-Agnès Grall-Menet interprète le Concerto en sol (BWV 592) de Johann Sebastian Bach, d’après un Concerto grosso pour violon, cordes et continuo de Johann Ernst de Saxe-Weimar 8 février 2020
  9. Vittorio Forte joue « О, не тоскуй по мне! » [Oh, ne sois pas triste !], op. 14 n°8, mélodie pour voix soliste et piano de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943) sur un texte d’Aleksei N. Apukhtin (1841-1893), transcrite pour piano seul par Earl Wild (1915-2010)
  10. Jorris Sauquet joue « Le cygne » de Camille Saint-Saëns (1835-1921) extrait du Carnaval des animaux, suite pour ensemble instrumental, transcrit par Heinz-Peter Kortmann
  11. Brett Douglas Deubner joue « Four outlines out of five » pour hautbois de Patrick O’Malley (né en 1989), transcrit pour alto par le compositeur (première mondiale donnée à l’occasion du festival)
  12. Dmitry Ouvaroff et Anna Homenya jouent et transcrivent pour saxophone et orgue « Des alyscamps, l’âme soupire », extrait des Tableaux de Provence, suite pour saxophone et orchestre de Paule Maurice (1910-1967)
  13. Vittorio Forte joue « Ici, il fait bon », une mélodie pour voix soliste et piano de Sergueï V. Rachmaninoff, extraite des Quatorze romances op. 34 n°1, sur un texte de Glafira A. Galina et dans une transcription pour piano seul d’Earl Wild
  14. Esther Assuied transcrit et joue la Danse de la fée Dragée, extraite de Casse-noisette, ballet-féérie pour orchestre et chœur de Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
  15. Hervé Désarbre joue la Cavatine pour violon et orchestre op. 85 n°3 de Joachim Raff (1822-1882), transcrite pour orgue par Aloÿs Claussmann (1850-1926)
  16. Vittorio Forte joue« Муза » [La muse], mélodie pour voix soliste et piano de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943) extraite des Quatorze romances op. 34 n°1, sur un texte d’Alexandre S. Pouchkine (1799-1837) et dans une transcription pour piano seul d’Earl Wild (1915-2010)
  17. Esther Assuied transcrit et interprète le Chœur des pèlerins, pour chœur et orchestre symphonique, extrait de l’opéra Tannhäuser de Richard Wagner (1813-1883)

Quinzième concert
Komm, Bach! fête l’improvisation, instrument des possibles (30’)

  1. Bertrand Ferrier improvise une suite en quatre mouvements sur « L’éveil du square des Batignolles »
  2. Charlotte Isenmann improvise sur une peinture de Javier Portuez filmée par Nicolas Fiery
  3. Bertrand Ferrier improvise une « Suite de la joie minaudante » en six mouvements
  4. Vincent Crosnier improvise sur le thème « Splendeurs de la catastrophe »