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Le blog de Bertrand Ferrier, page 198

My favourite bit…

 

… when I play a funeral. I know, truly I do know, but I can not help it: that is my favourite bit.
And, truly speaking, I feel like I have to put it on the web for all my colleagues who will never dare to admit it, though they just live through that bare truth.

#chicparisien2020

Photo : Bertrand Ferrier

Moi en mieux

Debussy de la Lorette en Cornouailles. Photo : Bertrand Ferrier.

Sinon, y a Calogero, mais c’est tout pourri

Photo : Sandra Aquilanti reproduite avec l’autorisation du modèle

Le prochain concert du festival Komm, Bach! cĂ©lèbre l’orgue surtout rĂ©cent et le talent d’un jeune organiste-flĂ»tiste Ă  bec-compositeur du nom d’AurĂ©lien Fillion. Alors, bon, sur ce site, on est cash, donc on dit les choses tout rond, parce qu’une tautologie n’a jamais nui aux blagues de Toto : le mec ne comprend rien Ă  rien. Mais rien. Tu sais, le genre de mec Ă  qui tu demandes s’il n’a pas un extrait apĂ©ritif pour ses futurs fans parisiens et qui s’Ă©crie : « Si, j’ai un extrait de concert Ă  Stykkisholmur… » DĂ©sespĂ©rant.

 

 

Imaginez, simplement, un festival destinĂ© Ă  tous, mĂ©lomanes comme curieux, et un hurluberlu qui dit : « D’accord, je viens, et j’ai un programme qui va vous plaire. » Nous, fantaisie du jour ou whatever, nous devons rĂ©pondre un truc du genre : « Super. » Donc le mec vient. Il vient, hein, c’est pas une blague. Il sera lĂ  le samedi 14 mars, Ă  20 h 30.

 

 

Cash, lui aussi. Avec du Jehan Alain, du Johann Sebastian Bach, du Louis Vierne et du Yannick Daguerre, admettons. MAIS aussi du Jean Guillou, du Laurent Carle, du Jean-Pierre Leguay et du Valéry Aubertin.

 

 

Ça sent la dĂ©couverte, l’inattendu, l’improbable et le mĂ©tissĂ©.
Ça sent l’enthousiasme d’un public qui n’aura pas eu peur du truc censĂ© Ăªtre horrible, imbittable, rĂ©servĂ© aux abonnĂ©s de l’Ensemble InterContemporain, cette ignominie (quand on pense qu’il y a tant de migrants et que l’on continue de donner de l’argent Ă  ce genre de bruit…), bref, de la musique d’aujourd’hui en gĂ©nĂ©ral et de « l’orgue contemporain » en particulier.
Ça sent la diversitĂ©, le choc et la respiration dans un monde « rĂ©cital d’orgue » souvent engoncĂ© entre Bach, un romantique, Thierry Escaich, un romantique et une improvisation pour finir. Ça dure 1 h 10 max tout compris, c’est gratuit avec Ă©cran gĂ©ant pour suivre tout le concert en direct et programme pour comprendre ce qu’est-ce qui s’passe ; et, Ă  la fin, avec un peu de patience, on peut aller boire un coup avec l’artiste mĂªme si on n’a pas achetĂ© son disque.
Bref, si vous aimer les expĂ©riences, la grande musique souvent inconnue et les frissons, bienvenue, on sera heureux de partager ces Ă©motions. Juste, faites un effort : venez pas Ă  plus de 5000. Juste 4999, c’est bien, ça nous permettra de nous soumettre aux lois scĂ©lĂ©rates de Pharaon Ier de la PensĂ©e complexe. Merci d’avance.

Yannick forever

Photo : festival Komm, Bach!

Alors que les organistes emblĂ©matiques du Val-d’Oise tombent comme Ă  Saint-Privat voire Ă  Gravelotte, nos amis Remi Dardenne et François Cuny Ă©tant les derniers sur la liste Ă  ce stade, les regards continuent de se tourner vers le plus cĂ©lĂ©brĂ© d’entre eux : Yannick Daguerre, dont l’aura, le charisme et le talent n’ont pas fini de faire clap-clapper des mains. Cette annĂ©e, Yannick est la vedette de Komm, Bach! puisque Esther Assuied a acceptĂ© d’Ă©diter sa « Pastorius toccata ».

 

 

Une dizaine d’artistes ont acceptĂ© de se risquer Ă  la projeter sur l’orgue de Saint-AndrĂ© de l’Europe. Ă€ ce stade du festival, qui dure de septembre Ă  fin juin, plusieurs virtuoses nous ont laissĂ© partager leur vision de l’Å“uvre – Ă  commencer par le premier Ă  s’y coller, en l’espèce le vĂ©nĂ©rable commandant titulaire du Val-de-GrĂ¢ce, el señor HervĂ© DĂ©sarbre.

 

 

François-Xavier Grandjean, herr titulaire of Sainte-Julienne de Namur, a relevĂ© le gant et, sous l’Å“il sĂ©vère de la jeune virtuose Esther Assuied, claquĂ© sa propre version de la pièce. De l’engagement et de l’envie comme on aime.

 

 

L’un des plus grands virtuoses de la place parisienne ne nous a pas (encore) autorisĂ© Ă  cingler son exĂ©cution de concert sur YT, mais il nous avait laissĂ© onliner l’incipit glanĂ© lors d’une rĂ©pĂ©tition – et, dĂ©jĂ , ça zoukait grave, comme disent les musicologues ou presque.

 

 

C’est alors que l’organiste la moins soupçonnable de vulgaritĂ©, la tutĂ©laire titulaire des grandes orgues de Saint-Nicolas du Chardonnet, s’est emparĂ©e du shmillblick pour l’aurĂ©oler de son sĂ©rieux et de son exigence.

 

 

Ă€ cette heure, la dernière artiste Ă  s’Ăªtre risquĂ©e dans ces eaux mouvementĂ©es s’appelle Coralie Amedjkane. La dame est une subtile. Elle cache le feu de la musique sous l’apparence de la strictitude, et le brasier du groove sous le respect de la partition. Coralie, on va pas se mentir : tu-ne-trompes-personne, ton interprĂ©tation est wow, voilĂ  – na !

 

 

Pour acheter la partition, c’est exclusivement ici.

La nuit est sans pourquoi

Best of Netflix by night & by Bertrand Ferrier

Quand la personne près de toi se lève dans la nuit et, laissant son visionnage Netflix sur pause, semble te délivrer un étrange message subliminal. Une parabole, préféré-je supputer car, à défaut des mot roides, je ne compte pas oublier le sablier.

Les 16 plus grands cybersuccès de Komm, Bach!

Crédit : festival Komm, Bach!

Depuis le 7 octobre 2016, certains artistes nous autorisent Ă  mettre en ligne des vidĂ©os issues de leurs rĂ©pĂ©titions et/ou concerts donnĂ©s dans le cadre du festival Komm, Bach!. Toutes portent tĂ©moignage de leur souci d’offrir une heure d’orgue de qualitĂ© aux curieux. Quelques-unes rencontrent un succès patent auprès du cyberpublic. Voici, Ă  ce jour, le classement du Top 16. (Ă€ la base, on partait sur un Top 15, mais on trouva que cela manquait de gĂ©nĂ©rositĂ©. Alors voilĂ , quoi.)

16. Johann Sebastian Bach, « Fantaisie et fugue en do mineur » (BWV 537) par François-Xavier Grandjean

 

 

15. Bernstein & Sondheim, « Tonight » par Hervé Désarbre et Julien Bret

 

 

14. Jehan Alain, « Ave Maria » par Emmanuelle Isenmann et Olivier Willemin

 

 

13. Olivier Messiaen, « Le sourire » par Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet

 

 

12. Johann Sebastian Bach, les trois « Nun komm der Heiden Heiland » par Jean-Luc Thellin

 

 

11. NoĂ«l Hazebroucq, l’incroyable improvisation sur le « Cabinet du docteur Caligari »

 

 

10. Robert Maximilian Helmschrott, « Im licht » par Esther Assuied

 

 

9. Louis Vierne, « À midi » (extrait des Angélus) par Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane

 

 

8. Olivier Messiaen, « O sacrum convivium » par Emmanuelle Isenmann et Olivier Willemin

 

 

7. Naji Hakim, « Tanets », première cyberdiffusion, par Marie-Agnès Grall-Menet

 

 

6. Louis Vierne, « NaĂ¯ades » par Coralie Amedjkane

 

 

5.  Johann Sebastian Bach, Fugue en sol mineur (BWV 578) par Jean-Luc Thellin

 

 

4. Orgue et bombarde par Jean-Pierre Rolland et Jean-Michel Alhaits

 

 

3. Johann Sebastian Bach, « Fantaisie et fugue en sol mineur » (BWV 542) par Jean-Luc Thellin

 

 

2. Louis Vierne, « Ave Maria » par Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet

 

 

1. Hans Zimmer, « Dream is collapsing » par Esther Assuied

 

 

Oserez-vous assister en direct au prochain rĂ©cital qui renversera peut-Ăªtre la table ?

 

Komm, Bach!, épisode 77

Ariane Zanatta. Photo : Rozenn Douerin.

C’Ă©tait le deuxième Ă©pisode du « Mois des quatre samedis ». Un samedi soir entre filles, en somme, avec quelques invitĂ©s mĂ¢les de premier rang, feat. la vedette des tribunes d’orgue de l’annĂ©e, M. Louis Vierne en personne.

 

 

Pour inviter Louisou, on avait sĂ©lectionnĂ© des commensales Ă  la hauteur. Faut Ăªtre technique, faut Ăªtre musical, et faut croire Ă  ce que l’on propulse, surtout si l’on chante les mots de Jehan Lepovremoyne. AssurĂ©ment, ces dames ont vraiment rendu hommage au parolier comme au metteur en musique.

 

 

Peut-Ăªtre, soit, certes, le son ne valorise pas Ă  sa juste valeur la projection chaude et sans concession de la soprano – plus que peut-Ăªtre ; mais, dès que l’on a les moyens de mieux, on fait, promis ! En attendant, on laisse la part belle aux plus belles dimensions du mĂ©lomane curieux :

  • son imagination et
  • sa joie de profiter avec bienveillance d’un tĂ©moignage impressionnant.
Coralie Amedjkane. Photo : Rozenn Douerin.

D’autant que miss Amedjkane a acceptĂ© de claquer the « Pastorius toccata », partition spĂ©cialement Ă©ditĂ©e par le festival Komm, Bach! et disponible ici. Une pièce dans laquelle

  • des doigts solides,
  • une excellente indĂ©pendance,
  • un puissant sens du swing et
  • une belle personnalitĂ©

trouvent Ă  repousser les limites du rĂ©pertoire de la musique savante pour orgue en allant farfouiner aux confins du jazz funk. Sous les doigts de la grande Coralie, en dĂ©pit de l’apparence stricte et sĂ©vère de la virtuose, ça le fait grave.

 

 

Et comme Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane ont le sens de la personnalisation, elles nous ont autorisĂ© Ă  mettre en ligne l’hymne de Saint-AndrĂ© d’AndrĂ© Jolivet, Å“uvre rarement donnĂ©e et pourtant secouante, qui allait comment un cierge Ă  la paroisse qui accueillait ce concert (et non « qui allait comme un cerf Ă  la paroisse qui accueillait ce concierge », bien entendu, c’est le cas de le dire).

 

 

Pour les Franciliens qui veulent savoir ou rĂ©entendre comment sonne ce duo en vrai, sans la modestie technique de ces souvenirs pĂ©tillants, bonne nouvelle : sĂ©quence de rattrapage au temple de l’Étoile ce samedi 29 fĂ©vrier Ă  18 h autour de Franck, Vierne, Alain, Jolivet et Gandrille !

Ma couleur de pot

Photo : Bertrand Ferrier

Sur la photo, un clichĂ© : Ă  la pause de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale statutaire du Syndicat des Artistes Musiciens de Paris, flĂ»te (on est entre musiciens) de rouge et pĂ¢tĂ© (on est entre cĂ©gĂ©tistes). Pour ça au moins, je vote oui.

Toi prendre, toi prendre

… c’est que le dĂ©but, d’accord, d’accord.

On fait un site pour se souvenir, bomber le torse, Ă©changer, partager, allusionner, alterquer, faire semblant que l’on est important, constater que l’on est – in a way – plus important que ce que l’on supputait, promotionner, vendre.
Si, vendre.
Aussi.
Pour preuve, le présent site propose une boutique.
Tout Ă  fait, une boutique ouverte mĂªme aux gens furieusement bien qui expliquent ne pas acheter sur Amazon passke c’est genre mais trop important de dĂ©fendre les artisssss indĂ©pendants.
Partant, ici aussi se niche une Ă©choppe. Avant que ça ne s’arrange pas, et ça ne va pas s’arranger, believe me, chacun est totalement invitĂ© Ă  la dĂ©valiser. C’est direct producteur – consommateur, c’est plus pour que la culture ne se rĂ©duise pas Ă  ce que valident France TĂ©lĂ©vision et les connards que pour faire du blĂ© (sur chaque truc, au moins 5 € part Ă  la Poste et 2 € en emballage, le reste en grande partie pour rĂ©cupĂ©rer les biens qui furent créés), et c’est jamais obligĂ©. Mais ça existe, et ça dit : en gros, j’ai pas mal ratĂ©, mais je veux pas qu’on dise que j’ai rien foutu, parce que c’est pas vrai.
Et pour le reste, on verra plus tard, ou en direct (et en crochets, ça me va aussi, till I’m standing, yeah, yeah, yeah).