Blog

Sainte-Marie-des-Batignolles

Bien accompagné 29 : chapelle Ozanam (Paris)

Fnoopy II sur l’Opus 255 de Johannus, le 11 juin 2022 (chapelle Ozanam, Paris 17). Photo : Bertrand Ferrier.

 

La quête de la granularité sonore n’est pas prête de s’arrêter. Ce 11 juin 2022, Sleepy & Partners était convié à évaluer un Opus 255 de Johannus sis dans une chapelle in-finie, bâtie dans les nouveaux quartiers qui bordent les Batignolles. Toujours soucieux d’élargir leur champ d’action, ainsi que le laissaient soupçonner quelques indiscrétions glanées tantôt, afin d’accélérer « l’augmentation de la surface de rayonnement de la confraternité », la célèbre marque d’analystes-testeurs-experts a mandaté un autochtone, arguant que

  • « sa connaissance du lieu,
  • son expérience de l’acoustique locale et
  • son vécu immersif militent pour une externalisation spécifique à la proposition du jour ».

Effectivement, l’expert a déployé une méthodologie rare afin de percevoir

  • « la vibration avant la vibration,
  • la vibrance sans la vibrance,
  • le vibratoire comme anticipation du vibratoire ».

La photographie ci-dessus témoigne, en effet, d’une écoute ressortissant d’un projet expertal obligeant les dinosaures à updater leur logiciel analytique s’ils souhaitent continuer à challenger la confraternité en matière d’exploration granulaire.

 

Fnoopy II et son collègue sur l’Opus 255 de Johannus, le 11 juin 2022 (chapelle Ozanam, Paris 17). Photo : Bertrand Ferrier.

 

« Le son n’est pas qu’une onde », a consenti à glisser l’expert, en dépit d’accords de confidentialité fort compréhensibles. « C’est avant tout un espace de déploiement des possibles. Beaucoup d’analystes se fourvoient en cherchant à saisir le son alors que le grain n’est rien d’autre que l’espace donné au son pour être son. » D’où, sans doute, son souci de varier les distances… et la vitesse avec laquelle l’écoute poursuit son et grain de son. Aussi a-t-il jugé nécessaire de confier une contre-expertise à un escargot. Objectif ?

Mieux subjectiver l’espace. Pour une catégorie de semblables, l’espace du son est fixe. Nous sommes notre propre référentiel. Triste illusion de la fixité des choses ! L’espace, donc le son, pour un escargot, est très différent de notre perception donc de notre son. Bien sûr, nous pourrions le conjecturer ; mais, dans la mesure où la confraternité m’en donne les moyens, il m’a paru plus sain d’en appeler directement à un escargot expert. Pristi, sortons de notre coquille !

Le résultat de la double expertise ne peut hélas être divulgué hic et nunc.

Il y a un travail de conception analytique, nous murmure le spécialiste. Il y a un travail de mise en œuvre du programme. Il y a un travail de compilation des données. Il y a un travail de contextualisation critique. Il y a un travail d’évaluation informative. Et, enfin, il y a un travail de communication réciproque avec la confraternité afin de fournir le rapport le plus juste et pertinent possible.

Un travail visiblement harassant, qui justifie donc une petite détente avant la prochaine sieste sur le toit de la niche… et peut-être avant un prochain projet d’évaluation de la granularité sonore appliquée aux baby foots ?

 

Fnoopy II et l’antenne d’un collègue sur le baby foot qui jouxte l’Opus 255 de Johannus, le 11 juin 2022 (chapelle Ozanam, Paris 17). Photo : Bertrand Ferrier.

 


Retrouver les aventures de Sleepy & Partners…

  1. … aux grandes orgues de la collégiale de Montmorency.
  2. … à l’église Saint-Marcel (Paris 13).
  3. … à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Domont.
  4. … à l’église Saint-Martin de Groslay.
  5. … à l’église Saint-Louis de Vincennes.
  6. … à l’église Saint-Joseph d’Enghien-les-Bains.
  7. … sur l’orgue provisoire loué par Notre-Dame de Vincennes.
  8. … aux grandes orgues de la cathédrale de Gap.
  9. … aux grandes orgues de Sainte-Julienne de Namur puis de la cathédrale de Namur.
  10. … à l’église Notre-Dame de Beauchamp.
  11. … sur l’harmonium du temple protestant du Saint-Esprit (Paris 8).
  12. … à l’église de Taverny et à l’église de Bessancourt.
  13. … à l’église du Raincy.
  14. … à l’église de Notre-Dame du Rosaire.
  15. … aux grandes orgues de l’église Sainte-Marie des Batignolles (Paris 17).
  16. … aux grandes orgues de la chapelle du Val-de-Grâce (Paris 5).
  17. … aux grandes orgues de la basilique d’Argenteuil.
  18. … sur l’orgue Cattin de Notre-Dame de Vincennes.
  19. … sur l’orgue Mutin-Cavaillé-Coll de Saint-Georges de la Villette (Paris 19).
  20. … sur l’orgue Merklin de Saint-Dominique (Paris 14), une fois ou deux.
  21. … sur l’orgue Delmotte de Saint-André de l’Europe (Paris 8).
  22. … aux grandes orgues de la collégiale Saint-Jean de Pézenas.
  23. … aux orgues de l’Immaculée Conception (Paris 12).
  24. … sur l’orgue de l’église Sainte-Claire (Paris 19).
  25. … sur l’orgue de l’église Saint-Denis de Gerstheim.
  26. … sur l’orgue de l’église Saint-Saturnin de Nogent-sur-Marne.
  27. … sur l’orgue de Bécon-les-Bruyères.
  28. … sur l’orgue de Saint-Serge d’Angers.

 

Mater la mort

Sainte-Marie des Batignolles (Paris 17), le 20 mai 2022. Photo : Rozenn Douerin.

 

Il y a quelque chose de jouissif à accompagner un chœur dans un Requiem : après tout, c’est une façon de prouver que, malgré que l’on en ait, on est encore vivant. Ce n’est pas une bonne nouvelle si mince que cela, non mais.
Prochain concert pour rester en vie ? De la chanson au théâtre de l’île Saint-Louis. Rens. : ici.

 

Sainte-Marie des Batignolles (Paris 17), le 20 mai 2022. Photo : Rozenn Douerin.

 

 

J’ai un penchant pour Rheinberger…

Générale du concert du chœur des Batignolles, église Sainte-Marie (Paris 17), le 23 mai 2022. Photo : Bertrand Ferrier.

 

… quelque chose entre une inclination et une inclinaison, en somme.

 

Sidéral

Photo : Bertrand Ferrier

Tu sais que le jeune collègue que tu remplaces a déjà ébloui son nouvel auditoire quand, entres autres indices :

  • les mamans, même jolies, font poliment la moue en montant à la tribune avec leurs enfants pendant la messe quand elles découvrent que c’est toi ;
  • l’on t’applaudit après ton long morceau de sortie, et une dame chic t’attend en bas en t’expliquant « depuis quelque temps, moi qui n’aime plus venir à la messe, je viens à la sortie car je sais que c’est exceptionnel » ;
  • de jeunes fans portent visiblement aux nues la nouvelle idole, si l’on en croit les messages d’une totale liberté de pensée cosmique placardés sur la porte de la tribune…

Ensemble Sylène, Sainte-Marie des Batignolles, 24 novembre 2019

Laure Striolo et Blandine Bernard. Photo : Bertrand Ferrier.

À la base, j’étais venu écouter un concert de musique baroque donné par l’ensemble Sylène. Mais j’ai croisé l’organisateur et, de fil en aiguille, on a un peu discuté le coup. Si bien que ma chronique sera brève : c’était bien rempli et bien tout court.
En plus, c’est mieux comme ça, vu que j’ai pris des photos mais, à tous les coups, la soprano aurait pas aimé celle que j’aurai choisie pour l’article, ç’aurait fait des sketchs à n’en plus finir. Peut-être même certains visiteurs du site, grâces leur soient rendues, se seraient-ils sentis obligés de lire la notule, les pauvres. Non, je crois qu’il est plus raisonnable pour tous que nous brisions là pour aujourd’hui. Tant pis, on se rattrapera demain or something.

Bien accompagné 15

Photo : Bertrand Ferrier

Pour la première fois,un expert en granularité sonore organistique a été surpris avant son passage à l’acte. Très concentré, très précis, très serviette. Sur le fil de la technicité et de la représentation. L’objectif des Partners, chaque habitué de ce site en a notion, est de jauger la granularité sonore des instruments qui leur sont soumis. Leurs expertises ont suscité la demande d’intervention d’évêques, tant ces savants sont importants, mais ce ne fut point le cas ce jour.

Photo : Bertrand Ferrier

L’objectif restait de goûter la spécificité décibélistique de l’instrument ouvert aux délibérations. Le partner de Sleepy, aka le KanGourou, a souligné la spécificité des plans sonores, la richesse des possibles, la complémentarité des registres et – après, faute d’être un technicien accompli moi-même, je n’ai pas forcément saisi les propos sur la ductilité des mélismes legato, faut pas exagérer non plus, quelque part.

Photo : Bertrand Ferrier

L’étude de la vigourosité du clavier, l’examen de l’efficacité de la machine Barker, l’observation de l’élocution de la tonalité transversale (moi, je sais pas, hein, je suis juste le transcripteur de l’observation, je juge pas) structurent un proccessus observationnel – mais on en est là – strictement musicologique. In fine, le test le plus important restera toujours le tape-cul, et je n’aurai jamais copie du rapport signé par l’expert, alors bon.

Photo : Bertrand Ferrier

Restons à poils

Dernier jour dans son fief de Saint-André de l’Europe, pour Vaïka : son patron est muté à quelques centaines de mètres de là, direction Sainte-Marie des Batignolles. Ce qui a l’air de stresser intensément le monstre.

Mine, all mine

Orgue en lumière