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Orgue page 8

Dans la forêt noire et ensoleillée

Forêt d’Écouen, le 4 juin 2023. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Quand vous concertez, il arrive que l’on vous vienne quérir en carrosse, décapotable, traîneau à chiens, dirigeable et autres vistemboires à réaction. Il arrive aussi que vous soyez amenés à mouvoir vos propres pattounettes comme un grand afin de gagner le lieu où vous devez donner la première de Soleil noir, récital pour orgue et contreténor fomenté et fermenté avec Michaël Koné. Par chance, en dépit de l’absence de canidé sauvage, le chemin ni la tribune n’étaient désagréables.
Comme quoi, même sans esclave, il est parfois loisible de se gouleyer d’être vivant.

 

Tribune de Saint-Acceul d’Écouen, juste avant le récital du 4 juin 2023. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Ténèbres éblouissantes

 

  • Tubes et florilèges,
  • Renaissance et classicisme,
  • semi-opéra et extraits d’un lied iconique du grunge américain,
  • précision baroque et liberté de l’improvisation :

c’est, avec fougue, la fugue à laquelle vous êtes invités ce dimanche sur l’orgue fraîchement ravivé de l’église Saint-Acceul d’Écouen. Oh, ce ne sera pas de tout repos ! Pour se réveiller de la sieste ou de la digestion du repas familial, il y aura, entre autres,

  • de la détresse et de la jouissance,
  • des pleurs et des furies,
  • des Enfers et de la banquise,
  • des tourments insondables et l’ombre bienfaisante d’un platane d’Orient.

Au cœur de ces secousses vitales, le soleil noir d’un contreténor tour à tour

  • vénéneux et enchanteur,
  • fulgurant et paisible,
  • divertissant et complice d’assassinat,
  • très, très humain et férocement mystique.

Partager ces fulgurances tonifiantes avec vous serait un plus positif.

 

 

Paolo Oreni improvise

Paolo Oreni, le 14 janvier 2023, à l’orgue Delmotte-Béasse de l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8). Photo : Rozenn Douerin.

 

Dotés de moyens superlatifs, Paolo Oreni pourrait n’être qu’un virtuose italien au pedigree clinquant et au savoir-faire néanmoins très sûr. Las, le musicien sait être

  • brillant sans être m’as-tu-vu,
  • puissant sans rouler des mécaniques,
  • sensible sans être niaiseux.

De passage à Paris, il a gratifié l’église Saint-André de l’Europe d’un concert décapant et décoiffant (sauf lui). Après

  • Bach (version Guillou),
  • Liszt (version Guillou) et
  • Widor,

le moment Oreni est venu. Crûtes-vous qu’il se contraignit à le célébrer par un crescendo benoîtement attendu par les « connaisseurs » (en anglais dans le texte) ? Que nenni !

  • Les ruptures d’intensité subsument la forme en arche ;
  • les choix de couleur perturbent l’ennui de la linéarité ; et
  • les secousses harmoniques démentent la fatalité d’une binarité opposant le tonal sensible au rugueux inaccessible.

Voilà, en vidéo, de quoi ça s’agit(e).

 

 

 

Paolo Oreni arriva a Parigi

 

De la grande musique, de la virtuosité pimpante, de la musicalité généreuse : le récital de Paolo Oreni mixera Vivaldi et Guillou en incluant le grand répertoire du dix-neuvième siècle et, évidemment, une improvisation. C’est ce samedi, à 20 h 30, au 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg, avec entrée libre et retransmission sur écran géant.
Avec vous, en prime, serait évidemment un plus positif car ça va zouker, et le zouk, ça se partage, celui-ci encore plus que l’autre. (Programme en pdf ici.)

 

 

 

C’estot tantôt la veille don’ Noé !

 

La joie de Noël pour tous, archicathos, chrétiens d’occasion, mécréants ordinaires et haters laïcards : c’est le projet du désormais traditionnel concert de la veille don’ Noé. En plein 24 décembre, ça va festoyer des esgourdes, des yeux, du cœur et du bidon en trois temps :

  • visite de l’orgue commentée pour ceux qui peuvent crapahuter deux étages et demi (nombre de visiteurs limités, pas d’accès PMR) ;
  • concert avec chants anciens de Noël, musique savante et improvisations ;
  • chocolat chaud pour les survivors.

Avec, au casting,

  • des chanteuses lyriques,
  • un musicien multicarte et
  • un chanteur « de cabaret » qui vient explorer le répertoire jadis valorisé par Jacques Douai, en invitant les volontaires à le partager de vive et joyeuse voix.

Noël, nous voilà ! Pour les curieux, le programme est dispo en cliquant, attention, c’est très technique, sur Concert de Noël – programme.

 

C’est presque demain la veille

 

Le mois de décembre est lancé. Avec lui se profile le trio visite de l’orgue – concert pour tous – chocolat chaud programmé pour « la veille don’ Noé ». Pour ne pas languir en chemin, chanterons quelques sornettes de moult sortes, parmi lesquelles

  • chants de Noël traditionnels by Jean Dubois en personne,
  • airs lyriques de circonstance avec la signora Laura Striolo et damoiselle Tanaquil Ollivier,
  • noëls pour orgue parce que, bon, quand même, ça va bien aller, maintenant, et
  • symphonie de Noël improvisée en « quatuor à deux » avec Laurent Valero au violon, à l’alto et à la flûte.

Une tradition dans la tradition, gratuite mais bien quand même, pour tous ceux qui veulent kiffer la vibe de Noël au-delà des repas, des emplettes et cependant pas de la famille puisque l’ensemble est dimensionné pour que l’on puisse venir en solo, entre amis et même en famille. À noter que, pour des raisons pratiques et de sécurité, la visite de l’orgue – non accessible aux personnes à mobilité réduite, contrairement au concert – sera réservée aux trente premiers curieux. Vivement la veille don’ Noé, et rendez-vous en l’église Saint-André de l’Europe (24 bis, rue de Saint-Pétersbourg | Paris 8) !

 

 

 

Jean-Luc Thellin joue Bach et Franck à La Madeleine, 13 novembre 2022

Jean-Luc Thellin et son assistante à la Madeleine (Paris 8), juste avant son récital, le 13 novembre 2022. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Ce devait être un récital dominical presque comme un autre, lançant sur Paris des tombereaux du coffret enregistré par Jean-Luc Thellin, incluant l’intégrale Franck + de sérieux bonus, le tout ayant été en sus interprété en une demi-journée à Liège récemment. Or, Olivier Périn, l’acolyte presque récemment nommé pour assister François-Henri Houbart, vénérable titulaire des grandes orgues de La Madeleine, a pimenté cette attente d’un scoupe en ouverture : le concertiste viendrait d’être nommé organiste de la cathédrale de Chartres, certes dépourvue pour quelques années de son mastodonte envoyé en restauration.
Détonant, mais rien d’étonnant : c’est la suite de la fameuse malédiction JLT. On peut le révéler, le musicien s’est vu d’abord privé de sa tribune de Notre-Dame de Vincennes pendant la réfection de l’intérieur de l’église. Ensuite, il s’est vu privé de la même tribune puisque des sagouins de bétépistes ont rendu la Bête, déjà mal en point, hors d’usage. Adieu, orgue Stolz façon petit Cavaillé-Coll ; bonjour, orgue-coffre Cattin (le premier du facteur !). Pour ajouter au soupçon de maraboutage qui pèse sur la tête de l’hurluberlu, signalons que le même JLT devait enregistrer l’essentiel de son coffret Franck à la Madeleine – in extremis, des travaux ont obligé le maudit à gagner Courbevoie. Il devait néanmoins donner ce récital dans cette bonne vieille Madeleine à la rentrée… mais l’orgue n’était pas en état, un sérieux accord devant être programmé au préalable. En dépit de ces précédents retentissants, le Landerneau des tuyaux ignore si le concertiste envisage de se faire exorciser chez l’un ou l’autre des docteurs spécialistes maliens de renommée internationale qui grenouillent à Montreuil ou à Paris 18 France Europe, lieux où, en attendant la clientèle liégeoise plus centrée sur l’organologie, ils  répar amour qui revi indra commune chienne dans les 24H et pc ou mac par téléfone même désespér et impuissance sexuel, sucé garanti (la promesse en vaut d’autres), péman pré résulta.
Avec la discrétion convenante chez ces autres gens-là, la nouvelle nomination a agité le public rassemblé pour l’événement, dans une église qui résiste paresseusement à la mode – devenue la norme – de l’écran plus ou moins géant sur lequel il est séant de retransmettre les prestations exécutées à l’abri des regards. Puis, l’émotion refluant en attendant le débrief d’après show, le récital du jour s’est avancé, articulé en trois actes ambitieux d’environ 15′ pièce.

 

Jean-Luc Thellin by Rozenn Douerin

 

En ouverture de bal, le triptyque BWV 564 de Johann Sebastian Bach, enregistré par l’artiste sur le troisième tome de son projet Bach. La toccata liminaire souffre évidemment de la confrontation entre le stylus phantasticus, virevoltant et impulsif, et l’énorme réverbération – écho – résonance de la Madeleine. Jean-Luc Thellin fait son possible, donc l’impossible, pour s’en dépatouiller. Dans son catalogue d’astuces malignes :

  • l’utilisation de silences opportuns,
  • le contraste des registres qui caractérise les changements de motifs,
  • la liberté d’énonciation qui prend en compte la bulle sonore
    • en détachant les séquences brèves et
    • en laissant la virtuosité roborative, j’ai jamais su ce que voulait dire ce mot mais je le trouve très sympa, tonifier les traits plus longs.

Résultat, le mouvement compense la folie vibrionnante qu’il ne peut avoir dans cette enceinte par une singularité qui oblige à l’écouter avec une attention renouvelée. Cette attitude auditive permet de se laisser impressionner par la franchise des forte, la précision des attaques et le soin apporté aux phrasés. Le son a beau être nimbé de flou, la fougue nous parvient et, avec elle, la satisfaction de découvrir que l’artiste ne retient pas ses doigts. En dépit de l’enjeu que constitue un Récital À La Madeleine, jamais négligeable, même pour un presque habitué, point de retenue timide : ça sonne, ça tonne, ça donne.
Dans l’adagio, les flûtes sont plus propices aux jeux de Jean-Luc Thellin. L’organiste est soucieux de dessiner la ligne mélodique sans sacrifier la pulsation obstinée de l’accompagnement. Respiration après le fourmillement du premier mouvement, la section centrale du triptyque est aussi l’occasion pour le coloriste de déployer un autre possible de l’instrument. La registration épurée plus qu’étique, efficiente plus que fonctionnelle fait que le joli est joli, pas gnangnan. La redoutable fugue est engagée sans crainte ; et, pourtant, elle n’a rien de mécanique. Jean-Luc Thellin y associe allant et souci de legato. Il en sourd un swing pour le moins piquant. Certains auraient-ils préféré une version plus scolaire, plus guindée, plus roide, dès lors plus vertigineuse ? Qu’ils aillent fureter ailleurs ; nous préférons cette exécution pensée qui privilégie la musique et renvoie à leurs chères études les purs effets wow, plus techniques que « phantastiques ». Cela n’empêche certes pas le frisson du wow de suinter du sentiment qui bat dans les veines de cette fugue : un sentiment

  • d’une évidence,
  • d’une fluidité et
  • d’une vitalité

curieusement naturelles… L’entrée des anches signale l’entame du grand crescendo qui mène à l’orgasme du tutti joué finaud. Le désir patent qu’a l’artiste d’avancer jusqu’à la coda, plus brillante que bruyante, n’est, lui, pas entamé le moins du monde. De longs applaudissements signalent que le public a bien kiffé.

 

Jean-Luc Thellin en répétition aux grandes orgues de Notre-Dame. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Sans transition, Jean-Luc Thellin monte à l’assaut du Troisième choral de César Franck. Après une œuvre de jeunesse, la « dernière composition » du pater seraphicus. Pourtant, comme l’indique l’incipit pris bille en tête, point de séraphisme ici, plutôt

  • des doigts déliés,
  • une juste registration,
  • des cuts parfaits car habillant les silences de musique.

Voilà qui s’annonce sous les meilleurs auspices ! Les couleurs variées des registrations font miroiter les mâchonnements de motifs, triturés jusqu’à plus soif par le compositeur.  Les effets de boîte expressive sont maîtrisés. Ils donnent du souffle sans ripoliner les nuances. Il est patent que le zozo maîtrise l’orgue de François-Henri Houbart, qui a accepté d’être le directeur artistique de la partie « française » de l’enregistrement Franck by JLT. L’illustre son renoncement à rutiler – ce serait, présentement, hors de propos. D’extrêmes, nuls. Au point que certains changements de jeux paraissent moins fonctionnels que poétiques. Comme en remerciement, l’instrument répond avec cette majesté rêche qui le rend si précieux dans le répertoire franckiste.

  • L’harmonisation caractéristique,
  • l’agogique sous-tendue par l’écriture (qui implique souplesse mais surtout pas rubato) et
  • le sens du développement de César Franck

trouvent en Jean-Luc Thellin un porte-voix aussi roué que convaincu. Sa vision globale et de la pièce et de l’ensemble des pièces pour orgue lui permet de caractériser les différents passages sans morceler le discours. Les plans des trios sont ciselés. Les conversations entre claviers sont à la fois intelligibles et entremêlées. Nuances et respirations tombent tel un tissu bien coupé sur un joli cuissot, y en a, et l’assistante à la tribune fait son possible pour contribuer sans à-coups à la palette sonore. Les effets de crescendo – decrescendo sont exécutés avec scrupule, rendant perceptibles les diastoles et systoles qui permettent à la partition de battre et de palpiter. On salue un mélange particulièrement pertinent

  • de compacité / cohérence,
  • de malléabilité / contrastes et, presque étonnamment,
  • d’aérien.

Une performance aussi pénétrée de franckisme et emplie d’une virtuosité très musicale mérite, semble-t-il, une quête – il faut des sous, pour la paroisse, Johnny est loin…

 

Depuis les corridors de la Madeleine. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Avant de fuir le récital, l’évêque-curé de la Madeleine offre à l’assistance un petit discours fort pertinent, rappelant que « l’orgue fait intégralement partie de la liturgie catholique ». En effet, « non seulement il accompagne la liturgie et les chants mais il nous accompagne spirituellement ». Pas sûr cependant que ce soit le projet principal ou annexe des Variations symphoniques, ici présentées dans une redoutable transcription de Jörg Abbing. Le prologue profite du spectre

  • de jeux,
  • de dynamiques,
  • de phrasés et
  • de tenues

que permet l’orgue (y a pas que le piano !). La stratification sonore guide l’auditeur dans les méandres où se lovent orchestre et clavier. La partition est ardue ? Son interprétation en dénoue la complexité sans en celer la richesse. L’aisance jamais dégingandée de l’interprète lui donne une apparence de richesse évidente. La différenciation des nuances piano et mezzo forte contribue à l’intérêt vivifiant de l’écoute.

  • Les jeux cristallins,
  • les registrations tonifiées par les anches,
  • les variations d’intensité et
  • l’allant du tempo

rendent raison d’une partition dont

  • les couleurs,
  • les harmonies et
  • la pulsation

paraissent muter presque en continu. Faisant fi des vacheries que l’on croit deviner çà et là et re-çà aussi, Jean-Luc Thellin tire le meilleur d’une composition qui, ainsi arrangée, offre un voyage prenant dans l’orgue de la Madeleine – un concert d’orgue est d’abord un hommage à l’instrument particulier qui y est joué –  et dans l’imaginaire du spectateur. Pour l’un d’eux, des échos des fête foraine semblent dialoguer avec le rag-time et le rugissement d’une vieille locomotive à vapeur. La musicologie n’y peut mais. En général, c’est bon signe, parce que c’est signe que la musique a gagné, et on n’en connaît pas de meilleurs.

 

Bien accompagné 31 : temple du Saint-Esprit

Petit sabot de bois au temple du Saint-Esprit (Paris 8), le 6 novembre 2022. Photo : Bertrand Ferrier, avec l’aimable autorisation de Kurt Lueders.

 

Les incursions chez les collègues organistes d’obédiences autres que catholiques sont rares. Pour sûr, du temps où ça fricotait avec les synagogues ne reste qu’une kippa de mariage dans un tiroir. Pourtant, ce dimanche, à l’occasion des 95 ans de la communauté hongroise réformée de France, Kurt Lueders, sommité de l’orgue dont Hortus a publié quatre disques résolument singuliers, accueillait en connaissance de cause un expert de la firme Sleepy & Partners. Petit sabot de bois était mandaté pour tester la granularité sonore du Merklin devenu Cavaillé-Coll sis en ce lieu de culte.
L’exigence de la firme Sleepy est connue. Il s’agit de déterminer l’essence du son en tant qu’il est l’espace de lui-même dans sa dimension vibratoire – il va de soi que, pour une trente et unième approche seulement, je simplifie. L’ondulation de la proposition ne peut prendre sens que dans un corps architectural où l’interprète devient démiurge, et c’est, nul ne le contestera, cette capacité à être l’analyste de la potentialité démiurgique qui caractérise l’expert qui est, qui était et qui vient. Tel est, a minima, le propos du pointilleux Petit sabot de bois, assimilé à un taiseux de la montagne qui fait, constate, travaille beaucoup mais dit peu. (D’où le terme de taiseux, mais on va pas en faire une thèse, euh.)

 

Petit sabot de bois au temple du Saint-Esprit (Paris 8), le 6 novembre 2022. Photo : Bertrand Ferrier, avec l’aimable autorisation de Kurt Lueders.

 

Car, in fine, quelle est la problématique ? Ni plus ni moins celle du son juste, du son vrai, du son précis ou, a minima, du son signifiant. « Il existe une sémiotique intrinsèque, comme eût dit la si sollersienne Julia Kristeva, au son-sème semblable à celle que cèle le mot-sème », a benoîtement posé l’expert. « Le salicional est-il cor de nuit ou ondulants ? a-t-il poursuivi. Il est en tant qu’il sonne. Vibre. Se déploie. On pourrait dire qu’il est en tant que nous sommes, comme l’arbre qui choit dans la forêt choit en tant que nous l’entendons choir. Pour autant, bruit et son sont-ils comparables ? »
Malheureusement, cette question de l’expert semble une vraie question, et nous ne savons qu’y répondre, comme à chaque fois que quelqu’un nous pose une vraie question. Heureusement, c’est rare. Le sachant ultime balaye notre gêne d’un coup de patte et conclut : « Examiner la granularité sonore d’un orgue, ce n’est pas savoir, c’est méditer, donc rapprocher la nuit du jour. Comme le stipulait Luis Buñuel, l’heure où commence l’accouchement solitaire des étoiles est celle où quelqu’un appuie sur l’interrupteur des étoiles (vous trouverez la traduction bilingue dans Le Chien andalou et autres textes poétiques – dans une traduction de Jean-Marie Saint-Lu que j’ai pimpée – chez Gallimard, « Poésie », 2022, p. 129). À travers moi, Sleepy & Partners aimerait assurément être cet appuyeur d’interrupteur-là. J’espère que, pour autant, je ne vous ai pas soufflé, hahaha ! »

 

Petit sabot de bois au temple du Saint-Esprit (Paris 8), le 6 novembre 2022. Photo : Bertrand Ferrier, avec l’aimable autorisation de Kurt Lueders.

 

Ha.
Parfois, les experts, c’est moi ou c’est vraiment bizarre
?


Retrouver les aventures de Sleepy & Partners…

  1. … aux grandes orgues de la collégiale de Montmorency.
  2. … à l’église Saint-Marcel (Paris 13).
  3. … à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Domont.
  4. … à l’église Saint-Martin de Groslay.
  5. … à l’église Saint-Louis de Vincennes.
  6. … à l’église Saint-Joseph d’Enghien-les-Bains.
  7. … sur l’orgue provisoire loué par Notre-Dame de Vincennes.
  8. … aux grandes orgues de la cathédrale de Gap.
  9. … aux grandes orgues de Sainte-Julienne de Namur puis de la cathédrale de Namur.
  10. … à l’église Notre-Dame de Beauchamp.
  11. … sur l’harmonium du temple protestant du Saint-Esprit (Paris 8).
  12. … à l’église de Taverny et à l’église de Bessancourt.
  13. … à l’église du Raincy.
  14. … à l’église de Notre-Dame du Rosaire.
  15. … aux grandes orgues de l’église Sainte-Marie des Batignolles (Paris 17).
  16. … aux grandes orgues de la chapelle du Val-de-Grâce (Paris 5).
  17. … aux grandes orgues de la basilique d’Argenteuil.
  18. … sur l’orgue Cattin de Notre-Dame de Vincennes.
  19. … sur l’orgue Mutin-Cavaillé-Coll de Saint-Georges de la Villette (Paris 19).
  20. … sur l’orgue Merklin de Saint-Dominique (Paris 14), une fois ou deux.
  21. … sur l’orgue Delmotte de Saint-André de l’Europe (Paris 8).
  22. … aux grandes orgues de la collégiale Saint-Jean de Pézenas.
  23. … aux orgues de l’Immaculée Conception (Paris 12).
  24. … sur l’orgue de l’église Sainte-Claire (Paris 19).
  25. … sur l’orgue de l’église Saint-Denis de Gerstheim.
  26. … sur l’orgue de l’église Saint-Saturnin de Nogent-sur-Marne.
  27. … sur l’orgue de Bécon-les-Bruyères.
  28. … sur l’orgue de Saint-Serge d’Angers.
  29. … sur l’orgue de la chapelle Ozanam (Paris 17).
  30. … sur l’orgue de la collégiale Notre-Dame de Vernon.

 

Yapuka

Pat Metheny à Saint-André de l’Europe, le 22 octobre 2022. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Le succès de la vidéo de « Travels » avait entraîné un pari : « Si on atteint les mille vues, on invente un concert orgue et sax autour du répertoire de Pat Metheny et Lyle Mays. » Les mille vues ayant été dépassées, nous allons passer des « Travels » au travail !

 

 

 

Ce soir, on improvisait

Improvisation partagée en l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8) le 17 septembre 2022. Photo : Rozenn Douerin.

 

C’était le finale. Pendant une belle heure, on avait

  • joué,
  • soufflé et
  • chanté.

Alors, on a terminé ensemble ce récital du jubilé en improvisant. Une quinzaine d’artistes instrumentaux et lyriques ont joint

  • leur créativité,
  • leur sens de l’écoute et du collectif,
  • leur feeling

pour fomenter en direct cette œuvre collective

  • aussi impromptue
  • qu’improbable
  • car improvisée.

Il en reste cette vidéo où semble se mettre en musique quelque chose

  • de rare,
  • de rugueux,
  • de convivial

qui pourrait bien ressembler à un mélange

  • d’amitié,
  • de respect mutuel et
  • de joie.

Un bon souvenir qu’il est pétillant de partager aujourd’hui en vidéo.