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Le blog de Bertrand Ferrier, page 104

Fruits de la vigne – Château Peybonhomme-les-Tours 2020

Photo : Bertrand Ferrier

 

Boire un petit coup, c’est agréable ; mais est-ce possible pour plus ou moins dix euros à Paris ? Notre enquête sur les quilles tournant autour de cette barrière continue avec un Peybonhomme-les-Tours 2020. Il s’agit d’un Blaye-Côtes de Bordeaux (donc pas d’un Blaye mais presque, et inversement) affichant un double label bio voire biodynamique et, étrangeté devenue habituelle, « suitable for vegans ». L’étiquette ajoute d’autres attrape-couillons pour le moins dispensables comme « grand vin de Bordeaux », astuce marketing pataude laissant penser à un « grand cru », ou « cru de prestige », dont le clinquant niaiseux n’engage que celui qui s’y laisse prendre. Ce ne sont que des mots en plastique, certes, mais leur utilisation, ne reflétant pas de critère de qualité objectivable, est assez méprisante pour le consommateur – d’autres étiquettes plus classieuses d’un produit qui semble identique doivent être destinées à des circuits de distribution plus premium.
Le jus qui s’apprête à se glisser jusqu’à nos papilles titre 14°. Les mixologues autochtones l’ont ventilé entre une dominante merlot (75 %) et deux mineures : du cabernet-franc pour 15 % et du malbec pour 10 %.
La robe est claire , d’une luminosité qui saisit l’œil et donne du velouté au rougeoiement. Nulle obscurité, ici, mais une souplesse lumineuse et engageante qui fait litière des solennités sérieuses à même de plomber le plaisir de s’enjailler.
Le nez trahit peut-être un élevage en fût de chêne. En tout cas, il est intéressant et appétissant, avec ses émanations plus de sous-bois d’automne que de forêt policée.
La bouche séduit d’emblée. Malgré ses 14°, elle affiche une légèreté décomplexée dès l’attaque. Cependant, ce début fanfaron ne doit pas susciter d’attentes excessives. Le bouquet initial est aussi le bouquet final, nonobstant une certaine astringence persistante. Les caractéristiques de ce vin ne le préparent pas à ambitionner une persistance évolutive ou une rondeur que l’on prendrait plaisir à explorer. Ceux qui cherchent moins une quille primesautière qu’une bouteille solide et bien charnue passeront leur chemin. Les autres pourront se pencher sur l’affaire.
S’ils ne sont pas vegan, ils l’accompagneront évidemment d’un vrai plat car un rouge sans son mets est comme une rentrée scolaire sans polémique vestimentaire entre crop top et abaya. Nous avons quant à nous marié ce fruit de la vigne avec un filet de poulet à la crème, une poêlée de champignons et un joli écrasé de pommes de terre du jardin. Le combo solide-liquide s’est aimablement accordé, nous permettant de célébrer de plaisantes épousailles qui, comme d’autres unions, n’ont duré que le temps d’une chanson liquide – pas si mal, par ma foi !

 

« 225 000 » de Nicole Sigal (Théâtre de l’Essaïon, 31 août 2023)

Guillaume Vatan sur la scène de l’Essaïon, le 31 août 2023. Photo : Rozenn Douerin.

 

Sous ses allures de projet consensuel (une pièce pour dénoncer les violences faites aux femmes), Femmes Kleenex, renommé 225 000 par le metteur en scène Guillaume Vatan, du nombre annuel de femmes se plaignant de violences en France, cèle plusieurs projets. La pièce

  • s’offusque de ce qu’il est chic voire téléramique d’appeler « féminicides » ;
  • offre le spectacle d’une large palette de violences infligées par les mâles, qu’ils soient médecins, flics ou chômeurs ;
  • regrette la prédation de mâles accusés d’être des manipulateurs qui objectivisent leur poupée pour « les aimer de haine et non d’amour » ;
  • dénonce la mauvaise prise en charge des plaignantes par la police ; et
  • se révolte contre l’indifférence que, par-delà le consensus, ces violences finissent par susciter.

On regrette d’ailleurs que, dans cet exposé, l’auteur évite de dégenrer son propos et ne parle donc quasi pas de l’exploitation des pauvres et des faibles dans la société néolibérale, dont la dépendance économique des femmes est une illustration parmi d’autres qui gagnerait à être replacée dans la big picture d’un système avide de fric et d’asservissement.

 

David Legras sur la scène de l’Essaïon, le 31 août 2023. Photo : Rozenn Douerin.

 

Dès l’incipit plongeant le spectateur in medias res (héhé ! on parle latin, aujourd’hui…), Guillaume Vatan annonce la couleur : sa mise en scène sera spéculaire et en abyme. Profitant d’un texte résolument premier degré, il lui donne du souffle et de la profondeur en envoyant Katia Miran jouer à la poupée devant le public qui s’installe. D’ordinaire, le sens de ce procédé éculé nous échappe. Ici, il résonne comme une volonté de tuilage entre le monde du dehors et le monde du théâtre. Ce sera la grande problématique de la mise en scène et sa grande réussite. En effet, l’actrice joue une enfant qui joue. Même si la trentenaire garde des allures juvéniles que la suite de la pièce exploitera, elle n’est pas crédible en enfant ; et cette non-crédibilité est précisément l’objectif de la saynète. Elle symbolise le moment où l’effet de réel est moins dans l’évidence de la représentation que dans l’effort du spectateur pour croire à ce qui se passe sur scène. Or, c’est l’aspect qui, ce soir de première, nous a semblé le plus intéressant : utiliser le théâtre, cet art du faire semblant, pour représenter un réel qui, lui, ne fait pas semblant.
C’est d’autant plus intéressant que Nicole Sigal convoque régulièrement le théâtre sur scène. Les femmes qu’elle décrit rêvent d’être actrices, de ne plus vivre « toujours le même film, le même scénario », de redevenir aussi sexy que Liz Taylor quand elles s’appellent Lisa et, par conséquent d’aller au bistro pour « faire une entrée de théâtre » (officiellement nue, mais laissons l’intimité de l’actrice aux hommes sans imagination). Les mâles feignent de se tromper dans leur texte pour appeler leur patiente « chérie », jouent la comédie devant les condés et démontent les portes de leur domicile pour arrêter de faire semblant, c’est-à-dire priver leur compagne d’intimité. Enfin, une belle scène proche de l’explicit confond le théâtre protecteur et la vie implacable. Une telle utilisation du théâtre en tant que motif littéraire et non seulement en tant que genre traduit la difficulté de représenter un réel qui se dérobe aux simplismes. Nicole Sigal veut dire

  • « la violence clean des hommes charmants » ;
  • cette femme qui, tous les deux jours, rejoint la liste – car c’en est une – des femmes assassinées par leur compagnon ;
  • cette vieille rengaine qui pousse un sale type à répondre, à la question « Pourquoi avez-vous fait ça à votre femme ? », simplement : « Mais… c’est ma femme ! »

 

Katia Miran sur la scène de l’Essaïon, le 31 août 2023. Photo : Rozenn Douerin.

 

Raison de plus pour rester chafouin devant une écriture pas toujours à la hauteur. Même si l’on accepte les longueurs pataudes et volontaires liées à l’énumération des prénoms des femmes mortes sous les coups d’un homme (on comprend que la longueur fait sens, mais elle banalise aussi autant qu’elle hommage, et hop), les tics censés caractériser un langage actuel (« grave » ou « relou », par exemple) tombent à plat. De même, la représentation de la police est à la ramasse : il est fort improbable

  • qu’une fliquette frappe régulièrement un suspect à peine interpelé,
  • qu’un « commissaire principal » auditionne une victime ou
  • qu’un gradé rate une promotion parce qu’il arrive en retard à la soirée censée la fêter.

La scène de fausse découpe à la tronçonneuse fonctionne assez mal, à moins qu’elle ne cherche justement à renvoyer le spectateur à son incapacité à doper son imaginaire, loué au cours de la pièce. Surtout, le cliché déconstruit et anticolonial si cher à la Culture d’État siphonne l’objectivité du propos en dénonçant la saloperie de deux personnages : un Blancoss qui profite de ce que sa nana ne parle pas français pour la martyriser, et un flic « très catho » qui doit être protégé dans un monastère à présent qu’il a tué son épouse. Pas sûr que les salauds soient exclusivement à chercher parmi ces portraits-robots racistes et cathophobes que la liste des défuntes ne reflète pas exactement.

 

Mathias Marty sur la scène de l’Essaïon, le 31 août 2023. Photo : Rozenn Douerin.

 

Ces clichés chagrinent car la mise en scène, elle, si elle ne résiste pas au plaisir du brassard de flic peut-être superfétatoire dans un projet où la suggestion des postures et des décors dialogue en général habilement avec le caractère explicite du verbe, démontre une réelle maîtrise notamment grâce

  • à la fluidité de la circulation des quatre acteurs,
  • à l’investissement de l’espace incluant le fissurage du quatrième mur,
  • à quelques intuitions excitantes voire fulgurantes comme celle qui consiste à démonter un décor qui n’existe pas,
  • et au travail sur la forme en arche ouverte rappelant que, peut-être, dans les situations désespérées, tout n’est pas encore perdu.

Peut-être l’ajout d’un long topo lu et l’utilisation de la musique enregistrée, clairement moins fouillée que la mise en espace et en forme (Wagner mérite mieux !), alimenteront-ils quelques regrets ? Resteront trois évidences :

  • des gens qui se sont aimés se tuent lentement ou promptement chaque jour ;
  • il semblerait qu’il n’y ait guère que les oies sauvages qui ne divorcent pas ; et
  • une rédaction sur un dimanche en famille a toute latitude pour être encor plus triste que ledit dimanche en famille.

 

Aux saluts, Magali Bros sur la scène de l’Essaïon, le 31 août 2023, et, derrière elle, un aperçu de la frise égrenant les noms des femmes défuntes. Photo : Rozenn Douerin.

 

Le reste est à découvrir les jeudis, vendredis et samedis à l’Essaïon (Paris 1), à 19 h 15. Rens. ici.

 

Fruits de la vigne – Couvent des Jacobins 2019

Photo : Bertrand Ferrier

 

C’est l’histoire d’une marque bourguignonne qui ne manque pas de se faufiler habilement sur le marché. L’entreprise Louis Jadot claque ses produits avec, nous affirme-t-on, un certain succès tout en demeurant – qualité non négligeable – au-delà des modes qui consistent à renommer les vins en fonction des pulsions des marketteurs. Stipulons que, sur la quille que nous sirotâmes, la boîte n’est qu’entrepositaire. En d’autres termes, elle agit non comme un récoltant mais comme une cave qui fabrique son vin avec, eh bien, ce qu’elle a négocié – c’est moins classe et moins fiable que si tu es récoltant, évidemment, mais c’est pas illogique quand tu es, précisément, entrepositaire.
La robe qui résulte du mélange est claire. Son rouge framboise frisotte en surface et persiste en queue de verre. La dominante de pinot noir que l’on subodore explique une certaine clarté qui n’est certes pas sans charme dans un monde bourguignon parfois plus enclin à certaines ténèbres où le regard aime à s’encanailler.

Le nez ne va pas chercher mamie dans les orties ni midi à l’heure d’hiver. Il présente sans barguigner le charme affriolant des baies de bonne compagnie. Ceux qui, jadis, en cueillirent dans le jardin familial, capteront au gré de leurs naseaux le fruit du froissement d’une feuille de cassissier. C’est léger et pertinent, frugal et croquant, modeste et juste : la promesse est ténue, sera-t-elle tenue ?
La bouche capte d’emblée. Confrontée à nos papilles, elle renonce aux baies lisses pour basculer vers le versant framboisé du pinot. Immédiatement saisissante, cette piste s’estompe hélas trop vite à notre goût. La percussion séductrice du pinot noir se délite sans fard, et son dialogue avec une entrecôte aillée accompagnée de pommes de terre du jardin n’est pas en mesure de lui tailler un costume plus flatteur. Le produit est disponible pour 16,5 € aux Galeries Lafayette de Paris. C’est à la fois honnête et excessif, car la séduction est brève. Comme l’écrivait Dubravka Ugrešič,

nous ouvrons à nouveau nos bouches. C’est trop tard, il n’y a pas de retour possible.
(Karaoké culture, Galaade, « Auteur de vue », 2012, p. 126)

 

Bien accompagné 32 : église de la Madeleine (Paris 8)

Sleepy à l’orgue de chœur de la Madeleine (Paris 8), le 27 août 2023. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Ce dimanche, à l’occasion du concert du Duo éolien d’Aurélien Fillion et Mélanie Filipiak, Sleepy n’avait pas du boulot en perspective mais des boulots. En tant que fondateur, coordinateur, responsable pragmatique et prospective de la compagnie Sleepy & Partners, il lui incombait – voire il lui décombait – l’expertise des instruments de la Madeleine, « le grantogre et le rikiki ». Quand d’autres essayent de décrocher la Lune, le plus iconique des organologues a d’abord décidé de se pencher puis de marcher sur l’orgue de chœur.

 

Sleepy à l’orgue de chœur de la Madeleine (Paris 8), le 27 août 2023. Photo : Bertrand Ferrier.

 

En théorie, son rôle est simple en dépit de sa complexité. Le connaisseur doit expertiser l’instrument d’un point de vue de la granularité sonore, ce puissant et mystérieux concept théorisé, développé et monétisé par sa start-up. Il s’agirait, si nous avons bien feint de comprendre, d’évaluer la spécificité de la couleur instrumentale en tant que ledit résultat de la proposition n’est pas seulement un espace mais aussi un temps, une texture, un devenir, un grain d’éphémère dans une bruiterie en extension, une symbiose vibratoire perçue en tant que tel par des singularités subjectives qu’il convient, évidemment, d’objectiver dans la limite où l’objectivation n’est pas la trahison de ce que la subjectivité a d’ontologiquement subjective (« et non subjectiviste ! », glisse-t-il en s’autorisant un petit rire). Dans cette perspective, le spécialiste expertologue a su une fois de plus, et c’est tout à son honneur, faire un pas de côté. Un élément en particulier a retenu son attention : le banc.

 

Sleepy à l’orgue de chœur de la Madeleine (Paris 8), le 27 août 2023. Photo : Bertrand Ferrier.

 

« L’orgue est l’un des rares instruments que l’on est obligé de jouer assis, nous a-t-il expliqué. C’est sa principale différence avec le piano, dont l’utilisateur est parfaitement habilité à jouer debout. S’il en joue assis, pardon de fracasser ce vieux mythe propre au petit monde de la musique savante, c’est essentiellement par flemme. Ce n’est pas du tout le cas pour l’organiste. D’où l’importance du banc. » L’expert spécialiste a donc fort apprécié la structure destinée au postérieur du musicien et, au premier chef, le petit trou qui permet de vérifier au centimètre près si la hauteur du siège est celle que souhaite l’artiste. Tout en prenant des notes, il a posé que « la musique, c’est comme la vie : on ne peut l’apprécier et donner le maximum de soi que lorsque l’on est bien installé. » Puis il a exigé de monter sur-le-champ au grand orgue. Il en avait vu et ouï assez.

 

Sleepy au grand orgue de la Madeleine (Paris 8), le 27 août 2023. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Arrivé au sommet de la vertigineuse tribune, l’expert spécialiste triomphe, exulte, éructe presque : « Voilà ce que je disais ! Voilà ce que je disais ! » En effet, il appert que, au grantogre si prestigieux, le banc exprime une fragilité qui n’est pas corrélée à la solennité de l’instrument. Toutefois, le petit ours refuse de s’en offusquer. Il n’est pas là pour juger, souligne-t-il, mais pour « jauger tout un certain nombre de caractéristiques permettant de cerner la proposition fomentée et/ou fermentée par les ondulations acoustiques de l’instrument, tant dans sa fermeté directement perceptible que dans ce que l’on pourrait synthétiser, d’un point de vue structurel, voire physiostructurel, comme une facture de l’aléatoire. »

 

Sleepy au grand orgue de la Madeleine (Paris 8), le 27 août 2023. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Aussi a-t-il particulièrement apprécié le troisième clavier, actuellement muet puisque ses tuyaux ont été ôtés le temps de travaux sur la façade. « Il s’agit d’une stratégie culottée – comme une pipe, ce qui est cohérent avec un pipe organ, hihihi – d’ouvrir l’espace de l’imaginaire, de confronter le possible au perçu, de rééchelonner les deux cosmos que sont l’inouï et l’accessible », s’est-il enthousiasmé. Avant de lâcher, épuisé par sa tâche colossale : « C’est bon, j’ai fini, vous pouvez commencer le concert. » Bien que nous redoutions son silence, nous avons posé la question qui aimante tous les esprits : « Alors, cette granularité sonore, que pouvez-vous nous en dire ? » Il a souri, hoché la tête et murmuré : « Oui, oui. » Hélas, nous n’en saurons pas plus pour le moment, confidentialité oblige. La compagnie Sleepy & Partners n’est pas prête à révéler tous ces petits rien qui font des petitd tout et s’appellent, délicatement, des secrets.


Retrouvez les aventures de Sleepy & Partners…

  1. … aux grandes orgues de la collégiale de Montmorency.
  2. … à l’église Saint-Marcel (Paris 13).
  3. … à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Domont.
  4. … à l’église Saint-Martin de Groslay.
  5. … à l’église Saint-Louis de Vincennes.
  6. … à l’église Saint-Joseph d’Enghien-les-Bains.
  7. … sur l’orgue provisoire loué par Notre-Dame de Vincennes.
  8. … aux grandes orgues de la cathédrale de Gap.
  9. … aux grandes orgues de Sainte-Julienne de Namur puis de la cathédrale de Namur.
  10. … à l’église Notre-Dame de Beauchamp.
  11. … sur l’harmonium du temple protestant du Saint-Esprit (Paris 8).
  12. … à l’église de Taverny et à l’église de Bessancourt.
  13. … à l’église du Raincy.
  14. … à l’église de Notre-Dame du Rosaire.
  15. … aux grandes orgues de l’église Sainte-Marie des Batignolles (Paris 17).
  16. … aux grandes orgues de la chapelle du Val-de-Grâce (Paris 5).
  17. … aux grandes orgues de la basilique d’Argenteuil.
  18. … sur l’orgue Cattin de Notre-Dame de Vincennes.
  19. … sur l’orgue Mutin-Cavaillé-Coll de Saint-Georges de la Villette (Paris 19).
  20. … sur l’orgue Merklin de Saint-Dominique (Paris 14), une fois ou deux.
  21. … sur l’orgue Delmotte de Saint-André de l’Europe (Paris 8).
  22. … aux grandes orgues de la collégiale Saint-Jean de Pézenas.
  23. … aux orgues de l’Immaculée Conception (Paris 12).
  24. … sur l’orgue de l’église Sainte-Claire (Paris 19).
  25. … sur l’orgue de l’église Saint-Denis de Gerstheim.
  26. … sur l’orgue de l’église Saint-Saturnin de Nogent-sur-Marne.
  27. … sur l’orgue de Bécon-les-Bruyères.
  28. … sur l’orgue de Saint-Serge d’Angers.
  29. … sur l’orgue de la chapelle Ozanam (Paris 17).
  30. … sur l’orgue de la collégiale Notre-Dame de Vernon.
  31. … sur l’orgue du temple du Saint-Esprit (Paris 8).

 

La mort, modes d’emploi

 

1 pdf.
340 pages.
900 000 signes.
Et toujours ces questions du type :

  • « Qu’est-ce que mourir ? »
  • « Pourquoi y penser tant qu’il est temps ? »
  • « La mort est-elle la fin de tout ? »
  • « Comment et pourquoi vivre alors que je sais que je vais mourir ? »

Huit ans après L’Homme qui jouait de l’orgue, le nouveau livre digital du même auteur enfin disponible exclusivement ici.

 

Utopie, 21 août 2023

Utopie en l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8), le 20 août 2023. Photo : Bertrand Ferrier.

 

La rentrée s’approche. Faut reprendre le boulot, même quand on n’a pas de collier. Première messe, donc, pour Utopie, avec le plus beau compliment à la sortie : « Bah… elle était où pendant la messe ? » Toutefois, le sérieux ne saurait omettre l’absolue nécessité du défouloir…

 

Utopie du Paradis des edelweiss, le 21 août 2023. Photo : Rozenn Douerin.

 

… et l’altercation bien de chez nous , où même les goldens aimeuhnt la castagneuh…

 

Utopie du Paradis des edelweiss & friend, le 21 août 2023. Photo : Rozenn Douerin.

 

D’où l’absolue nécessité du repos, même si cette activité ô combien bénéfique quand elle n’est pas pratiquée 7/24 peut, parfois, s’accompagner de pratiques dévoilant, sans doute, un petit problème dans l’organisation neuronale de certaines personnes au point de juger la longueur trop courte et la largueur inutilement généreuse.

 

Utopie du Paradis des edelweiss, le 21 août 2023. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Bientôt en téléchargement !

Dernière relecture avant mise en ligne. Projet d’illustration de Laura Acquaviva (https://www.lauraacquaviva.com/) conçu pour les éditions Max Milo (l’image ne figurera donc pas sur le pdf téléchargeable). Photo : Bertrand Ferrier.

 

670 000 personnes meurent chaque année en France. 100 fois plus, vivantes aujourd’hui, finiront par mourir aussi. Mais de quoi mourir est-il le verbe ? Vaut-il mieux y penser (pour anticiper) ou ne pas y penser (pour ne pas s’attirer le mauvais œil) ? À l’heure où se peaufine plus que ne se profile la légalisation de l’euthanasie dans l’Hexagone, ce texte ambitieux examine comment la mort est définie, représentée, imaginée, accommodée, crainte, désamorcée – bref, comment la mort est vécue.
Les 333 pages de La Mort, modes d’emploi seront téléchargeables en pdf ici ce jeudi (plus de détails là).

 

Une brève encyclopédie

Avec Pierre-Marie Bonafos, en 2021. Photo : Jacques Bon.

 

Ce serait le swing tranquille d’un monde où, à chaque question (intéressante), ferait écho une réponse (satisfaisante). Une sorte de berceuse apaisée où résonneraient encore les chamades de nos étés les plus savoureux. En attendant, c’est un thème de Pat Metheny que déploie le sax inventif de Pierre-Marie Bonafos. Un apéritif tonique avant la sérénité bourgeoise, en somme.

 

 

La mort est en approche !

Photo : Rozenn Douerin

 

Jeudi 24 août, je publierai directement sur la boutique du présent site mon nouveau livre. Ce sera un essai sur la mort (si, si) intitulé La Mort, modes d’emploi.

 

Le résumé

Chaque année, en France, 670 000 personnes décèdent, et 67 millions essayent de ne pas penser que, tôt ou tard, elles vont les imiter. Pourtant, insidieusement ou au grand jour, le dernier tabou de notre société revient à la mode. Les débats sur la légalisation imminente de l’euthanasie en France réactivent notre vieux rêve de domestiquer l’inéluctable, de maîtriser l’imprévisible et d’apprivoiser l’effrayant – bref, de vaincre la mort.
La Mort, modes d’emploi propose de faire un pas de côté pour examiner comment se vit la mort aujourd’hui et ce que ces modes d’emploi révèlent de nous. Cette enquête fouillée et tonique s’appuie sur

  • des dizaines d’études anthropologiques, sociologiques, historiques et médicales,
  • des centaines d’articles d’actualités,
  • de très nombreux témoignages de médecins, et
  • de grands entretiens avec un religieux, une représentante d’une association pro-euthanasie et un théologien.

Se déploie ainsi une analyse de la lumière noire – mais pas uniquement ! – que projette notre finitude sur nos existences. L’essai suggère des pistes,

  • tant concrètes que philosophiques,
  • tant intellectuelles que politiques,
  • tant pragmatiques qu’artistiques

pour nous réapproprier, en conscience, notre mort donc notre vie. Dans cette perspective, à la fois ancrée dans l’actualité la plus brûlante et dans la pérennité d’une interrogation sans réponse, La Mort, modes d’emploi est un livre qui peut aider à mieux comprendre LE tabou par excellence et, éventuellement, à en avoir moins peur.

 

Le making of

Au moment où le gouvernement s’apprête à faire voter un projet de loi autorisant « l’aide active à mourir », se posent avec acuité les questions à mille francs, du type : « Qu’est-ce que mourir ? » « La mort est-elle la fin de tout ? » « En quoi la conscience de ma mort impacte-t-elle ma vie ? » « Comment vivre avec l’idée que je vais mourir, sans savoir ni quand ni comment ? » Beaucoup de livres apportent des réponses. Celui-ci veut nourrir des questions. Voici pourquoi.

*

Il y a quelque cinq années de cela, j’avais écrit un livre sur les grandeurs et les vices plus ou moins cachés des médecines allopathiques et des autres formes de soins pratiqués en France. J’avais réuni un joli casting pour m’entourer (une « vraie médecin » spécialiste de l’homéopathie participait activement au projet), réalisé un gros travail d’enquête et d’entretiens, et équilibré des analyses associant une vue d’ensemble et des cas pratiques. Le texte avait suscité le vif intérêt de la directrice littéraire d’un des plus importants éditeurs parisiens. Au soir du comité chargé de valider sa prochaine publication (une formalité), la dame m’appelle, gênée, et m’apprend qu’un éminent membre du comité avait mis in extremis son veto à la publication. Éberlué, j’ai laissé filer le temps, et ce gros travail a fini par se perdre dans les limbes des disques durs et des actualisations nécessaires. Puisque, d’une part, ce qui me semblait solide et validé ne valait finalement rien, et puisque, d’autre part, je n’éprouve aucun intérêt à écrire pour mon écran d’ordinateur exclusivement, j’ai décidé de ne plus écrire de livre qui ne soit dûment signé et payé à l’avance.
De ne plus écrire, donc.
Cependant, en 2022, un éditeur pour qui je travaille régulièrement m’a proposé d’écrire un livre sur la mort. Je lui ai raconté ma petite anecdote ; nous avons donc signé un contrat, et une partie de l’à-valoir m’a été versée au fil des mois pour concrétiser l’enthousiasme nourri par les éléments envoyés en cours de conception

  • (problématique,
  • architecture,
  • bibliographie,
  • contenu).

La désirabilité du projet était telle que l’éditeur a accepté de renouer avec une graphiste en froid avec lui parce que je souhaitais que cette artiste réalisât la couverture – elle l’a, en effet, réalisée et de fort belle manière. Puis, lors de la remise définitive du texte, peut-être sous la pression de diffuseurs guère enthousiasmés par le sujet, euphémisme, alors que le livre  devait paraître un mois plus tard, le ton a changé du tout au tout. Le texte super est devenu nul. Autrement dit, après qu’il a été validé à chaque étape de sa conception et de sa réalisation, il était accepté sous des conditions précisément inacceptables

  • (couper les deux tiers parce que ça va être trop cher,
  • changer complètement de perspective,
  • modifier le plan du tout au tout, etc.).

J’ai donc récupéré les droits de mon travail, et j’ai proposé le projet à une vingtaine d’éditeurs de tout type (gros machins, petites boîtes, publieurs engagés…). Trois ont eu la politesse de décliner.
Aujourd’hui, à l’instar du représentant de commerce se demandant que faire de son trop grand sourire après que Mafalda lui a claqué la porte au nez, je me retrouve avec un texte sous le bras voire sur les bras. Je ne le vis ni comme une humiliation, ni comme une ode à mon indépendance, ni comme un scandale attentant à mon génie. J’ai trop connu d’auteurs geignant que leur talent n’était pas reconnu – j’ai souvent été du côté des incompreneurs… – ou que les éditeurs sont des salauds – j’ai souvent été du côté des pis-que-pendre – pour verser dans la moindre geignerie grotesque. Avec mes projets, je me sens comme Georges Brassens (avec un soupçon de différence de succès toutefois) : si l’éditeur en veut, je les sors dare-dare ; s’il n’en veut pas, je les remets dans ma guitare… du moins en théorie. En réalité, le post de ce jour est un intermédiaire entre le tréfonds de ma guitare et les feux de la scène.

*

Ce 24 août 2023,

sans fard, sans cri, sans rage,
sans cracher dans l’potage,

comme le chantait François Corbier, le pdf du texte, libéré des contraintes de publication mais tenu par une exigence universitaire et, malgré tout, éditoriale, sera disponible sur la boutique de mon site. Si, parmi le million de signes que contient l’essai, certains d’entre eux peuvent

  • intéresser les curieux,
  • alimenter leur réflexion, et
  • contribuer à faire raisonner,

par ma foi, tant mieux. C’était le but de l’écriture de La Mort, modes d’emploi. Malgré les rebuffades, explicites ou silencieuses, ça le demeure. Rendez-vous jeudi prochain ! En attendant, un échantillon est disponible gratuitement en cliquant sur La Mort, modes d’emploi – Blad. Bonne curiosité aux, eh bien, précisément, curieux !

 

L’ère de la chanson non-binaire

 

Photobombing devant « Après le déluge » (détail, 1864) de Filippo Palizzi. Photo : Rozenn Douerin.

 

Nouvelle chanson à franchir le seuil des 20 000 écoutes sur Spotify, « Entre chien et loup » faseye de parophonies en lisières et de frôleries en suspensions. Merci aux curieux et aux aficionados !