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Le blog de Bertrand Ferrier, page 165

L’Å“il de taupe

Safari de Groslay 1. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Oh, il peut se dissimuler ! Mais jamais le chat de passage n’Ă©chappera Ă  l’Å“il aguerri du rganiss professionnel et zzzzitinĂ©rant qui aime rien tant que grattouiller et/ou discuter avec les tites bestioles qui zont rinde mieux zafèr.
(Il est fou, lui. Moi, je suis normal, mais ce pikifa est foufou. VoilĂ  mon diagnostic, madame la Cour.)

 

Safari de Groslay 2. Photo : Bertrand Ferrier.

Le clair de l’embrouillĂ©

Photo : Bertrand Ferrier

 

BientĂ´t, le prochain concert sauvage oĂ¹, pour un public choisi et masquĂ©, je ploum-ploumerai tandis que fredonnera Jann Halexander. Après la phase travail perso, la phase mise en place du duo mĂ©rite souvent quelques graffiti pour que tout soit pimpant le jour oĂ¹.

Jean-Luc Thellin file Ă  l’allemande

Photo : Rozenn Douerin

 

Le charme discret de l’Ă©lĂ©gance musicale portĂ© par un clavecin somptueux – et pas que par son dĂ©cor : tel semble Ăªtre l’idĂ©al de Jean-Luc Thellin, Ă  en croire cette danse douce offerte au festival Komm, Bach!.

 

Christoph Lahme et Olivier Drechsel jouent Beethoven (VDE-Gallo)

 

Beethoven Ă©tant un supermarchĂ© comme les autres, son « anniversaire » a Ă©tĂ© l’occasion d’une frĂ©nĂ©sie d’enregistrements congrus et incongrus. Ă€ cĂ´tĂ© des parutions convenues et pas forcĂ©ment inintĂ©ressantes pour autant, ont poussĂ© des audaces comme « A chronological odyssey », le coffret gĂ©nial de Cyprien Katsaris (critique partielle çà et lĂ ), associant transcriptions et sonates originelles pour piano.
Plus raisonnables, Olivier Drechsel et un Steinway D sont revenus creuser la veine harmoniumiste de VDE-Gallo pour 1 h 16 de duo orgue et harmonium, en compagnie de Christoph Lahme, son complice habituel, muni d’un Alexandre de 1880.

 

 

L’affaire commence avec Coriolan, l’une des deux « Ouvertures » de LvB qui surnage dans sa vaste production, ici arrangĂ©e par Johannes Doebber. Pour ceux qui, comme moi, sont quand mĂªme pas très cultivĂ©s, rappelons que Coriolan est un Romain qui, après avoir Ă©crasĂ© les Volsques pour Rome, a choisi de rejoindre les Volsques pour niquer Rome mais, Ă©mu par les nanas – dont sa mère et sa femme – venues supplier qu’il n’en fasse rien, trahit les Volsques et se suicide (c’est ce passage que raconte l’Ouverture, disent certains sachants). L’heure est donc dramatique Ă  souhait. En tĂ©moignent

  • le mode mineur,
  • la tonicitĂ© du piano et
  • les contrastes volontiers abrupts entre les diffĂ©rents segments.

Selon les moments, l’harmonium

  • fait tapisserie,
  • donne le thème ou
  • dialogue avec le piano dans une remarquable synchronicitĂ©.

L’Ă©nergie protĂ©iforme d’Olivier Drechsel et la souplesse de  tempo entraĂ®nent l’orchestre Ă  pĂ©dales dans une fuite tonique oĂ¹ l’hĂ©sitation et la fragmentation claquĂ©es par les silences ont toute leur place. Les nuances et la prĂ©cision des partenaires sĂ©duisent ; et la prise de son ne masquant guère le cĂ´tĂ© vivant de l’interprĂ©tation ne déçoit point non plus.

 

 

S’ensuit l’arrangement du Sextuor en Mi bĂ©mol op. 81b (pour deux cors et quatuor Ă  cordes) par Auguste Durand. L’Allegro con brio Ă©nonce le projet : en gros, les cors Ă  l’harmonium, le quatuor au piano. Le piano remplace l’harmonium quand ça doublecroche ou ça joue dans l’aigu ; l’harmonium octavie et double parfois son collègue. Bref, Auguste Durand a trouvĂ© le juste milieu entre fidĂ©litĂ© louable et adaptation Ă  l’instrumentarium exigĂ©. L’absence de reprise après le premier segment est judicieux, puisqu’il permet de donner plus d’ampleur au discours sans passer par une phase de ressassement, Ă©ventuellement utile ou rentable quand pas de possibilitĂ© de réécoute. Chemin faisant, les deux musiciens tĂ©moignent d’une Ă©coute mutuelle et d’une volontĂ© d’aller de l’avant qui ne souffrent pas contestation.
L’arrangeur confie au piano l’introduction de l’Adagio, et c’en est bien pensĂ©, comme chantait presque le grand Charles dĂ©crivant la tentative de fusillade de l’ours-maire de Paris or something. Bariolage au piano, cor 2 octaviĂ© Ă  l’harmonium avec le violoncelle dans les graves, tout cela est arrangĂ© avec autant de malice que les interprètes mettent de soin dans l’interprĂ©tation (ensemble et en solo : voir par ex. la dĂ©licieuse respiration du piano Ă  3’58 avant le la bĂ©mol).
Le Rondo allegro conclusif part sur les mĂªmes principes, adaptĂ©s pragmatiquement Ă  la partition – ses spĂ©cificitĂ©s, ses dialogues et son esprit. On flonflonne comme il sied pour swinguer la deuxième partie en 6/8 (Marie, remets-moi un muscadet pour le Robert, tu s’ras mignonne, ma jolie !). Et cependant, derrière cette Ă©vidence, marque le souci des musiciens de faire chanter, de concert, la partition, fĂ»t-elle remixĂ©e, sans rien cĂ©der sur l’intentionnalitĂ© et la qualitĂ© d’exĂ©cution – en tĂ©moignent les jolis choix de registration de Christoph Lahme dès que l’occasion de finasser un brin se prĂ©sente.

 

 

Le tube de la Septième symphonie de Beethoven, l’Allegretto, est prĂ©sentĂ© dans l’arrangement d’August Reinhard. Dès l’Ă©noncĂ© du thème, on entrevoit le soin mis dans les dĂ©tails (piano subito du sol Ă  0’39). De fait, les nuances sertissent joliment un arrangement profitant Ă  plein d’une pièce oĂ¹ la continuitĂ© orchestrale est confiĂ©e au souffle de l’harmonium tandis que le rythme martial est rĂ©servĂ© aux marteaux du piano. Le passage central laisse donc l’harmonium se mettre en avant sur les triolets de son complice sans nĂ©gliger les signes d’une ouvrage bien faite, tels que, par ex.,

  • les effets de decrescendo,
  • la synchronisation des unissons comme des intentions, et
  • les respirations communes.

Le retour du mineur initial s’accompagne des Ă©lĂ©gantes doubles croches prĂ©parant Ă  une fugue joliment tournĂ©e. Le rappel des triolets en majeur balance sans sensiblerie ; et les accents finaux sont portĂ©s comme il sied. Pour ne pas Ăªtre d’une virtuositĂ© Ă©chevelĂ©e, cette transcription « pour le salon » est excellemment troussĂ©e et valorisĂ©e par une interprĂ©tation raffinĂ©e. Cela vaut bien ceci, sans doute.

 

 

Gros morceau du disque, voici les presque 25′ autour du Trio sĂ©rĂ©nade op. 8 proposĂ©es sous la plume de l’harmoniumophile Sigfrid Karg-Elert – profitons-en pour regretter, en tant que non germanophone, l’absence de traduction du programme, comme ça, c’est fait (ajoutons que nous sommes itou déçus par la faible qualitĂ© du graphisme, ce qui nous surprend toujours tant le coĂ»t d’un bon graphiste contribuant Ă  justifier l’acquisition d’un disque physique pèse peu comparĂ© aux autres coĂ»ts, puis revenons Ă  la musique). La Marche liminaire claque fièrement : le piano fanfaronne, fait claquer ses appogiatures et trottiner triolets et doubles avec la lĂ©gèretĂ© nĂ©cessaire ; l’harmonium, Ă  son Ă©coute, donne du coffre Ă  ses rodomontades. L’Adagio prend son temps, ce qui se rĂ©vèle judicieux. Respectant l’esprit du trio liminaire, les partenaires changent rĂ©gulièrement de rĂ´le. Le lead passe de l’un Ă  l’autre, mais d’autres formes sont possibles :

  • unissons,
  • Ă©chos comme Ă  dix-huit mesures de la fin,
  • minisolo d’harmonium sur la dix-neuvième mesure,
  • solo de piano par ex. lors des quatre première mesures de la seconde partie, etc.

Le Menuet profite des caractĂ©ristiques des deux complices pour sonner telle la danse qu’il est : tonicitĂ© du piano, capacitĂ© de l’harmonium Ă  rendre les deux en deux. Le trio enrichit cette rĂ©partition, avec un piano sautillant et un harmonium – son nom le laissait subodorer – le retenant sur la terre de l’harmonie ; et la coda, originellement en pizzicati, est logiquement confiĂ©e en exclusivitĂ© au plus lĂ©ger des deux.
CuriositĂ©, le zapping des deux mouvements suivants par Karg-Elert. Pas d’Allegro alla Polacca, morceau de choix du trio, mais des Variazoni, renommant l’Andante quasi Allegretto (avec variations !). L’Ă©noncĂ© du thème est – c’est malin – rĂ©servĂ© d’abord au piano puis Ă  l’harmonium. Dans les variations 1 et 2, l’harmonium rejoint le piano Ă  la reprise pour faire un fonds de sauce. La troisième variation – en mineur – montre que le contretemps n’est point interdit Ă  l’harmonium, le piano ponctuant simplement le discours en première partie avant d’animer la seconde. La quatrième rĂ©unit les zozos qu’un Allegro ternaire tend Ă  sĂ©parer, piano en avant, harmonium en fond. Le retour au tempo primo associe l’expressivitĂ© du piano aux diffĂ©rents registres de l’harmonium, dans une rĂ©partition tournante des rĂ´les faisant Ă©cho Ă  l’Ă©criture du trio originel. Le come-back de la Marche du dĂ©but – trahison de l’arrangeur assumĂ©e par les interprètes et sans doute justifiĂ©e, Ă  ce que l’on intuitionne, et hop, par l’idĂ©e de crĂ©er une unitĂ© entre les quatre mouvements – ne manquera pas de rĂ©veiller les auditeurs qui, Ă©tonnamment, se seraient assoupis. En rĂ©sumĂ©, la qualitĂ© de l’arrangement rendant raison du projet beethovĂ©nien et le souci manifestĂ© par les interprètes pour contraster ces 25′ de musique ne devraient point manquer de charmer le curieux attentif.

 

 

L’Andante cantabile (en Si bĂ©mol) du Quintette en Mi bĂ©mol op. 16 est prĂ©sentĂ© dans l’arrangement de Jean-AmĂ©dĂ©e Lefroid de MĂ©reaux, rĂ©putĂ© pour avoir Ă©tĂ© un pote (ou, au moins, un complice de concert) de FrĂ©dĂ©ric Chopin. Le principe est simple : au piano, la partie de piano ; Ă  l’harmonium, la rĂ©duction des quatre autres musiciens. Le tempo lent convient bien au pianiste qui en profite pour faire chanter son instrument et s’affranchir sporadiquement d’une mĂ©trique trop guindĂ©e. GrĂ¢ce une registration et une intensitĂ© pensĂ©es, l’Alexandre ne dĂ©pare point face au Steinway. Ces choses-lĂ  ne manquent ni de dĂ©licatesse ni de sĂ©duction. Comme sur les autres pistes, des respirations et de savoureux piano subito (6’45, par ex.) attestent que ce qui paraĂ®t simple et fluide l’est, en effet, par une extrĂªme attention Ă  ne jamais sombrer dans l’apparente routine des artisanats bien lĂ©chĂ©s.
Une tendre love song, le Ich liebe Dich de LvB, se faufile ici dans l’arrangement de Sigfrid Karg-Elert. Le texte du lied, Å“uvre romantique car fondĂ©e sur l’association entre un sentiment profond du poète et sa transposition mĂ©taphysique, raconte que, quand on se kiffe,

  • on vibre ensemble,
  • on chougne ensemble et
  • on sollicite la bĂ©nĂ©diction de Dieu sur l’autre et sur le couple,

ceci Ă©tant stipulĂ© au cas oĂ¹ des binĂ´mes maladroits ou mĂ©crĂ©ants nous liraient. Le chant est d’abord portĂ©, Ă  l’octave infĂ©rieure, par l’harmonium, avec çà une variante curieuse (sol-si et non sol-rĂ© sur le « noch » de la quatrième mesure) ; puis les rĂ´les s’entremĂªlent. Il est possible de voir ici un premier bis, car l’intĂ©rĂªt intrinsèque de la transcription oscille entre mignon et dispensable – mais la prochaine piste s’en inspire, dĂ©couvrira-t-on promptement.
Olivier Drechsel propose une de ses Å“uvres en deuxième bis. Dreaming of E, son opus 46, adaptĂ© pour le prĂ©sent duo, s’inspire des trois premières notes de la « Lettre Ă  Élise », et s’ouvre sur une ravissante mĂ©ditation sinon jazzy, du moins balancĂ©e et pourvue d’un bel accent piazzolien. Les deux instruments se rĂ©pondent en interrogeant ce motif, parmi les plus connus de la musique savante. Ă€ 1’25, le deuxième thème de la « Lettre » apparaĂ®t brièvement et s’enrichit de dĂ©clinaisons harmoniques subtiles quoique sans maniĂ©risme, mĂ©tissant la « Lettre » avec le lied entendu sur la piste prĂ©cĂ©dente. Le retour du premier thème construit la pièce en un ABA apaisĂ© et tout Ă  fait apprĂ©ciable.

 

 

… et l’histoire s’achève sur le premier mouvement, Allegro con brio, de la Cinquième symphonie, arrangĂ© par August Reinhard. L’heure est donc Ă  la pince Ă  linge, version exotique mais plutĂ´t fonctionnelle. La circulation du thème, les spĂ©cificitĂ©s du duo et le double souci de nuances comme d’Ă©nergie juste font de cette transcription mieux qu’une curiositĂ©. La capacitĂ© qu’a Olivier Drechsel de jouer puissant sans pour autant faire du bruit contribue aussi Ă  la rĂ©ussite de cette proposition permettant de terminer ce disque avec la banane et la pĂªche : pari fruitĂ© et rĂ©ussi !


Pour Ă©couter le disque en entier, c’est ici.
Pour l’acquĂ©rir, c’est par exemple lĂ .

Un coup de trompe pour la Vierge

Gustave Cuypers et Bruno Beaufils de GuĂ©rigny Ă  la tribune de Saint-AndrĂ© de l’Europe. Photo : Bertrand Ferrier.

 

L’Ave Maria que n’a sans doute pas Ă©crit Giulio Caccini est enfin disponible dans une Ă©tonnante version orgue et trompe de chasse, enregistrĂ©e dans les conditions du direct pour le festival Komm, Bach!.

 

 

Jean Guillou, « Confrontation », Augure (2/2 : Liszt)

 

Après la microconfrontation entre deux pièces plus ou moins de Bach (la chaconne busonienne et le diptyque BWV 582), Jean Guillou se proposait de gravir deux hĂ©naurmes montagnes au cours du mĂªme concert, cette fois du cĂ´tĂ© de Franz Liszt. Il s’agit de la Sonate en si mineur pour piano et de la Fantaisie et fugue sur Ad nos, ad salutarem undam. Ainsi s’articulait la seconde partie de ce rĂ©cital monstrueux en trois microconfrontations et une macroconfrontation :

  • entre deux pièces de Bach ;
  • entre deux pièces de Liszt ;
  • entre piano et orgue ; et
  • entre Bach et Liszt, forcĂ©ment.

Il n’est d’ailleurs point vain de rappeler les deux acceptions de la confrontation, qui peut Ăªtre comparaison ou dĂ©bat. Dans tous les cas, il s’agit d’une mise en prĂ©sence et non d’un affrontement – le contresens mĂ©rite d’Ăªtre Ă©cartĂ©, d’autant que le programme qui arrive n’a point besoin de sensationnalisme, Ă©tant bien assez sensationnel en lui-mĂªme.

 

Première sur le pupitre (du piano), la mystĂ©rieuse sonate d’une demi-heure, Ă©crite en un bloc compact mais composite, commence avec la gravitĂ© requise et la libertĂ© de tempo si guilloutique, l’esprit l’emportant volontiers sur le mĂ©tronome quand l’interprète le juge pertinent. La virtuositĂ© qui jaillit de ce prologue semble partagĂ©e entre

  • une volontĂ© de laisser planer l’inquiĂ©tante Ă©trangetĂ© de la claudication liminaire,
  • le dĂ©sir de rendre le texte dans ses moindres dĂ©tails (staccato sur les croches de la main droite) et
  • une patente jubilation de jouer les geysers de doubles croches sans mignardiser, et hop.

Le swing des octaves parallèles et la virulence des accords répétés ne grèvent pas le souci de musicalité dont témoignent notamment

  • les effets de crescendo / decrescendo,
  • la valorisation des caractĂ©ristiques rythmiques ou mĂ©lodiques des diffĂ©rentes voix,
  • la capacitĂ© Ă  faire sonner le piano dans son unitĂ© ou sur trois plans bien dĂ©coupĂ©s,
  • et la caractĂ©risation des diffĂ©rentes atmosphères, entre « grandioso » et « dolce con grazia ».

La malice dite de MĂ©phistophĂ©lès rendue par les notes rĂ©pĂ©tĂ©es avec leurs appogiatures cĂ´toie ainsi avec talent les passages « cantando espressivo » et les passages de pure digitalitĂ© (autour de 7′) que Jean Guillou s’approprie sans en occulter la lisibilitĂ© thĂ©matique. Ça joue vite et tonique ; ça sait faire du bruit et de la poĂ©sie, surprendre et conduire la ligne en dĂ©pit des mutations d’esprit et de tonalitĂ©. Bref, la narrativitĂ© Ă©nigmatique du colosse se dĂ©ploie avec une exigence et une gourmandise bienvenues.
Le bref Andante sostenuto en Si majeur offre une respiration  schumanienne (l’Å“uvre Ă©tait dĂ©diĂ©e Ă  Robert), que le Quasi adagio prolonge avant qu’une bouffĂ©e d’Ă©motions ne le dissolve en exploitant une large partie du piano, croisements de mains inclus. L’apaisement que constituent les guirlandes chromatiques donne Ă  entendre un musicien soucieux de faire vibrer la partition, mĂªme dans ses moments faciles… fĂ»t-ce au dĂ©triment de la lettre : ainsi, au « molto eguale » du texte, Jean Guillou prĂ©fère un « molto eguale mais bon pas que vu qu’un rubato, ça peut l’faire quand c’est bien mené » et, au ouĂ¯ du rĂ©sultat, on ne l’en peut blĂ¢mer.
Le retour du motif descendant entendu dans le prologue prĂ©cède un Allegro energico qui constitue, en rĂ©alitĂ©, la fugue annonçant la dernière partie du monument (restent dix minutes Ă  jouer tout de mĂªme !). Jean Guillou l’attaque bille en tĂªte, avec cette sorte de prĂ©cipitation provocatrice qu’il affectionnait et qui faisait frĂ©mir d’admiration ses nombreux adulateurs. C’est en effet impressionnant techniquement, et cela respecte l’esprit « energico » et « agitato » : après s’Ăªtre extasiĂ© sur les moyens spectaculaires de l’instrumentiste, l’on pourra, au choix voire simultanĂ©ment,

  • se laisser Ă©blouir par une volontĂ© d’aller au bout de la radicalitĂ© lisztienne en assumant tĂªte baissĂ©e la spĂ©cificitĂ© des caractères contrastĂ©s proposĂ©s dans cette sonate, ou,
  • par moments, s’interroger sur la pertinence d’une interprĂ©tation en apnĂ©e, que Liszt-le-showman n’aurait sans doute pas reniĂ©e mais qui, au disque, permet surtout d’entendre une des caractĂ©ristiques de Jean Guillou au mieux de sa forme – profiter de sa maĂ®trise instrumentale pour en faire, comme disaient les musicologues inconnus, « vachement beaucoup », voire, peut-Ăªtre, un peu trop au sens oĂ¹ la partition s’efface devant la performance et la musique devant le brio.

N’empĂªche, pour un live d’il y a cinquante ans, ça Ă©bouriffe, ça secoue, ça vertige pendant trois bonnes minutes, jusqu’au passage en Si, qui revient Ă  de plus tendres idĂ©es en reprenant le leitmotiv tendre proposĂ© plus tĂ´t. Cependant, les doubles croches ne tardent pas Ă  noircir la partition pour dĂ©barouler sur une Stretta quasi presto oĂ¹ l’heure n’est pas Ă  la mollesse. Un presto puis un prestissimo servent de bouquet final… ou presque. Une prime triple forte prĂ©pare la coda rĂ©capitulative, entre Andante et Lento assai. De quoi permettre Ă  Johannes Brahms de finir le somme qui lui servit de critique musicale lors de l’Ă©coute de l’Å“uvre. En conclusion, une interprĂ©tation techniquement impressionnante et musicalement très engagĂ©e.

 

 

Dernier volume de la tétralogie du concert, la Fantaisie et fugue sur le choral Ad nos, ad salutarem undam. Dans sa notice, Vincent Crosnier

  • admet que le thème ait pu provenir du Prophète de Meyerbeer,
  • postule que Liszt se fichait du contenu de l’opĂ©ra et
  • souligne que, l’intĂ©rĂªt musicologique, c’est de voir un titre aussi sage chapeauter une Å“uvre aussi Ă©chevelĂ©e.

Confrontation, toujours, mais incitation anabaptistique, c’est pas rien, au Salut, puisque le texte du choral de Scribe + Meyerbeer dit :

[one_half]Ad nos, ad salutarem undam
Iterum venite, miseri!
Ad nos venite, populi![/one_half]
[one_half last=last]Ă€ nous, aux eaux salutaires,
Venez Ă  nouveau, vous les ploucs !
Venez Ă  nous, les grouillots ![/one_half]

En dĂ©pit de vibrations gĂ¢chant un brin le plaisir, l‘introduction, solennelle et d’un tempo plus libre que strictement mĂ©trĂ©, se nourrit d’un crescendo – decrescendo efficace. La partie manualiter semble partiellement renforcĂ©e Ă  la pĂ©dale, ce qui n’est pas du plus heureux effet. De mĂªme, l’irrĂ©gularitĂ© du trait de pĂ©dale (mesures 66 sqq) relève de la foucade de l’interprète, dont on pourra apprĂ©cier l’inventivitĂ© libre ou regretter la curieuse fantaisie.
Un passage plus emportĂ© et registrĂ© avec audace et variĂ©tĂ© conduit Ă  un tutti sur trilles de pĂ©dale puis Ă  une accĂ©lĂ©ration dĂ©ployant la dextĂ©ritĂ© d’un interprète Ă  son aise dans ce grand souffle irrĂ©gulier. Entre manualiter et double pĂ©dale, la partition s’enfonce dans les profondeurs chromatiques. Puis un rĂ©citatif sur les anches (avec tremblant pour partie) ne cache rien de la mĂ©ditation curieuse se jouant ici – rĂ©citatif dont les fragmentations paraissent permettre des patchs plus ou moins discrets (8’45).
C’est alors qu’un adagio Ă©nonce derechef le thème, bousculĂ© par l’arythmie choisie par l’interprète. La registration soigneuse et volontaire habille le discours avec, peut-Ăªtre, un excès de falbalas mais, c’est patent, avec itou une volontĂ© joyeuse de profiter des possibilitĂ©s gĂ©nĂ©reuses de l’orgue de Saint-Eustache, sans nĂ©gliger fonds et jeux de dĂ©tail feat. les cromornes. On mentirait en prĂ©tendant avoir trouvĂ© cette exĂ©cution particulièrement sĂ©duisante, toute brillante dans l’esprit et dans la technique qu’elle soit. Trouve nĂ©anmoins grĂ¢ce Ă  nos esgourdes snob le soin portĂ© au choix des jeux – fussent-ils Ă©trangement rĂ©partis (nous sommes Ă  nouveau perplexe quant au rĂ´le envahissant de la pĂ©dale autour des mesures 441 sqq).
Puissant, l’Allegro deciso surgit en tutti – trop pour la capacitĂ© de prise de son de l’Ă©poque, mais on subodore l’esprit sous-jacent. S’enquille la fugue, que Jean Guillou prend Ă  son habitude Ă  fond de train dès le redoutable Ă©pisode manualiter – pardon, allegro con moto. Il y a du brio et plus que de l’audace dans cet allant live, mĂªme si une chatte peinerait parfois Ă  y retrouver ses petits – quelle idĂ©e de les y perdre, aussi ! Le Vivace molto, d’manualiter puis investi par la pĂ©dale, est extraverti comme il sied Ă  l’interprète. Certes, la registration Ă©grillarde et la prise de son sans finesse peuvent dĂ©sarçonner ; les coups de grisou d’un Jean Guillou possĂ©dĂ© peuvent itou dĂ©contenancer jusqu’au bout de ce passage extraterrestre, mais c’est le lot d’un disque du maestro en feu :

  • les passionnĂ©s seront sur le flanc ;
  • les mĂ©lomanes et amateurs se demanderont comment le monsieur fait pour jouer ainsi ; et
  • les sceptiques auront de fortes chances de rester sceptiques tant l’interprète semble parfois profiter de sa maĂ®trise technique et de son statut de vedette pour surinterprĂ©ter, jusque dans les accĂ©lĂ©rations bizarres de l’adagio final.

En conclusion, ce disque hors norme

  • tĂ©moigne d’un musicien bigame, entre orgue et piano, auquel personne sans doute ne tenait le menton ;
  • contient des pĂ©pites comme l’inattendue Sonate pour piano de Liszt ; et
  • inclut des pistes qui permettent d’interroger la notion subjective d’interprĂ©tation, ses sĂ©ductions et ses limites, comme ce baroque Ad nos qui, Ă  dĂ©faut de nous convaincre, dans notre fatuitĂ© honnĂªte, n’a pas manquĂ© de nous secouer.

On a connu pire critique Ă  l’endroit d’un disque d’hommage !

Jean Guillou, « Confrontation », Augure (1/2 : Bach)

 

Les connaisseurs le savent, les ironistes s’en amusent : sans le piano, il n’y aurait point eu de Jean-Guillou-organiste-iconique-de-Saint-Eustache, ainsi que l’interprète le rappelait en 2013. Du reste, la tradition est bien ancrĂ©e : si, jadis, Jacques Taddei donnait concert orgue et piano, nombre d’organistes continuent de taquiner plusieurs claviers avec une mĂªme maestria – les habituĂ©s du festival Komm, Bach! pourront ainsi citer, Ă  la volĂ©e et parmi d’autres, Esther Assuied, Vincent Rigot, Jean-Luc Thellin ou Vincent Crosnier, maĂ®tre ès guillouteries. Le label Augure, qui cĂ©lèbre la mĂ©moire de Jean Guillou et dont nous avons souventes fois comptĂ© les exploits, a dĂ©jĂ  exposĂ© la polygamie digitale de son hĂ©ros sous trois formes :

  • son nom – bien que la collection s’intĂ©resse au premier chef Ă  l’orgue, Augure est le nom d’une composition pour piano (1999, publication 2005) ;
  • la publication d’un enregistrement des sonates de Reubke (une pour orgue, une pour piano) ;
  • la diffusion de l’Å“uvre pianistique intĂ©grale, mise en valeur par Davide Macaluso dans un double disque formidable dont il fut question çà et lĂ .

On attend que les Colloques pour piano et orgue (voire plus) – les 2, 4, 5 et 7, le septième semblant inĂ©dit au disque – fassent l’objet d’un nouveau numĂ©ro de cette collection ! Pour permettre aux fans de patienter, sans doute, la maison chapeautĂ©e par Giampiero del Nero claque un concert donnĂ© par Jean Guillou le 4 mai 1972 dans son domaine de Saint-Eustache, et conservĂ© par l’Ina depuis sa diffusion sur France Musique durant l’Ă©tĂ© qui a suivi. Le minutage est gĂ©nĂ©reux, comme Ă  l’accoutumĂ©e, et pour cause : il faut bien une heure vingt pour dĂ©baller la chaconne BWV 1004, dans la transcription de Ferrucio Busoni, la Passacaille et fugue BWV 582 puis, de Franz Liszt, la Sonate en si mineur avant la Fantaisie et fugue sur « Ad nos, ad salutarem undam ». Un programme pantagruĂ©lique qui dut laisser, selon le mot de Vincent Crosnier dans le livret, des « souvenirs immarcescibles » aux auditeurs de l’Ă©poque, et qui part donc Ă  l’assaut des auditeurs actuels et futurs.
Le premier Ă©pisode de la tĂ©tralogie se passe au piano. Il s’agit de la chaconne BWV 1004, extraite d’une partita pour violon, qui a curieusement passionnĂ© les transcripteurs claviĂ©ristes : si la version de Busoni est la rĂ©fĂ©rence, d’autres grands noms s’y sont frottĂ©s, parmi lesquels Raff – il existe bien sĂ»r des versions pour orgue itou. L’Andante maestoso « ma non troppo lento » respecte le concept de chaconne (un thème syncopĂ© en trois temps que le morceau va mĂ¢chonner sans trĂªve) tout en la pianisant, ce qui est Ă©videmment heureux. EnveloppĂ© par un lĂ©ger brouhaha de fond, qui donne son charme craquelĂ© au disque, l’interprète travaille la matière sonore en s’appuyant sur

  • des accents parfois inattendus,
  • des minilibertĂ©s de tempo bienvenues et
  • des respirations permettant Ă  la mĂ©lodie de se dĂ©velopper sur une harmonisation d’abord discrète.

Un passage « marcato » refuse toute finesse pour s’en tenir Ă  l’esprit indiquĂ© par le transcripteur. De mĂªme, la « bravoure » exigĂ©e rĂ©veillerait un paroissien profondĂ©ment endormi devant une icĂ´ne, en termes de dĂ©cibel et d’accĂ©lĂ©ration. La vitesse Ă©tant trouvĂ©e, Jean Guillou peut jouer en veillant Ă  ne « non affrettare » comme l’exige la partition pour le segment staccatissimo. Quelques roulades lisztiennes plus tard, la modĂ©ration revient, Ă  mains inversĂ©es dans un premier temps. Le pianiste utilise alors Ă  plein les ressources du rubato et de la suspension, histoire sans doute de mieux contraster avec le moment « con fuoco animato » qui l’attend.
De spectaculaires triples croches lancent leurs tentacules piĂ©geux au-devant de l’exĂ©cutant, tandis que le grave tisse sa toile jusqu’Ă  imposer une Ă©criture Ă  trois portĂ©es (thème Ă  l’unisson dans le grave et l’aigu, bariolage virtuose dans le mĂ©dium et l’aigu). Une once de solennitĂ©, semĂ©e d’un trille final oĂ¹ Jean Guillou met sa patte, prĂ©pare le passage en majeur. Le second thème, « quasi Tromboni » commence dans les profondeurs du piano. Un Allegro moderato ma deciso secoue le clavier, puis la senestre s’approprie le nouveau motif, accompagnĂ©e par sa comparse commentant dans les hauteurs. Crescendo et accĂ©lĂ©ration, rythmĂ©s par des octaves et des accords rĂ©pĂ©tĂ©s, inventent un chemin de retour vers le thème grave soutenu par des octaves en triolet dans les trĂ©fonds. Une respiration faurĂ©enne (Gabriel et Ferrucio sont morts tous deux en 1924) ne fait que retarder un dernier passage virtuose en majeur, point d’entrĂ©e vers le retour posĂ© en mode mineur.
Après l’excitation des triples croches et la rĂ©sonance organistique des accords tenus, Jean Guillou dĂ©ploie alors son savoir-faire de dentelier, ce qui rend d’autant plus savoureux l’attente du moment oĂ¹, Ă  dĂ©faut de chevaux, il lĂ¢che les triolets de doubles croches. PrivilĂ©giant parfois l’Ă©nergie sur la prĂ©cision (12’50, par ex.), ce qui est quasi toujours une option judicieuse en concert, il offre Ă  la partition la pompe exigĂ©e pour le rappel final du thème.

 

 

Tout aussi obsessionnelle qu’une chaconne (encore plus, en fait), la sublimissime passacaille BWV 582 et sa fugue qui va bien viennent fricoter sur l’orgue Gonzalez de Saint-Eustache. L’Ă©noncĂ© sans peur ni reproche amorce cette pompe exceptionnellement registrĂ©e sur les riches fonds de l’instrument local – l’assistant ne dĂ©mĂ©rite pas dès le sol de la mesure 24. Pas très bachiens, les choix de sonoritĂ© ? Pas bachiens du tout, sans doute, mais combien inventifs et narratifs – ainsi du plein jeu pointant le bout de ses museaux Ă  4′ ! Se dessine une conception organique, au sens quasi biologique du terme, de ce mastodonte, oĂ¹ l’orgue est explorĂ© par la musique de façon sinon exhaustive du moins optimisĂ©e au regard de la partition. Après tout, il n’y a pas un orgue identique Ă  un autre : Ă©crire pour orgue, c’est aussi mettre un texte au dĂ©fi d’un rĂ©citant protĂ©iforme.
L’interprĂ©tation de Jean Guillou est donc, avant tout, recolorisation d’une base en noir et blanc. PlutĂ´t que d’opter pour une vision en flux continu, l’interprète malaxe le son, de sa texture Ă  sa rĂ©ception, id est du jeu choisi Ă  l’Ă©locution utilisĂ©e pour telle ou telle variation – ainsi du staccato entamĂ© Ă  5’30. En dĂ©pit de (ou Ă  cause de) l’aisance technique d’un organiste rompu Ă  cette partition, cette spĂ©cificitĂ© kalĂ©idoscopique agacera les tenants d’une partition unitaire. D’autres, encouragĂ©s par les facilitĂ©s techniques du musicien dans les passages les plus virtuoses, jugeront revigorante cette vision hachĂ©e, dès lors qu’elle permet de profiter pleinement de la richesse d’un instrument et d’une vision de la partition.
Objectivement, la redoutable fin de la passacaille, le dĂ©but de la fugue et les passages techniques oĂ¹ l’on attend tout interprète – tels les rebonds de la pĂ©dale quand la main gauche prend le thème – sont tenus avec une maestria et un dynamisme remarquables, surtout pour un live, s’il s’agit bien d’un concert unique sans patch. Bien sĂ»r, si l’on scrute la partition, l’on repère que certains traits bĂ©nins sont escamotĂ©s (ainsi, celui qui entend le mi – rĂ© – mi Ă  la pĂ©dale et Ă  11’27 est un menteur) ; reste le reste, incroyable de dextĂ©ritĂ© pour un concert. En dĂ©finitive, l’on subodore une volontĂ© de pimper la passacaille et le souci de claquer la fugue comme un tout, l’ensemble formant deux mouvements contrastĂ©s et complĂ©mentaires (en « confrontation », donc), ce qui fait presque passer sous le tapis la performance technique au profit d’une conception des Å“uvres qui stimule l’Ă©coute et transforme le musicien en vĂ©ritable interprète plus qu’en exĂ©cutant rouĂ©. MĂªme si la restitution seventies des tutti et le goĂ»t pour les changements systĂ©matiques de combinaisons ne convainquent pas toujours, la dextĂ©ritĂ© et la singularitĂ© du musicien, notamment Ă  l’orgue, ne manquent ni d’intĂ©rĂªt, ni de piquant, ni de brio.
Vivement les Liszt, qui seront l’objet d’une prochaine chronique.


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Après ou avant, son

Photo : Rozenn Douerin

 

C’est toute la morale de l’histoire.
Quand les prĂ©fets autorisent des carnavals « faits main » (pour ceux qui n’ont pas les codes, bien sĂ»r), les gouvernants des dĂ©placements en groupes assis sur de longues pĂ©riodes, alors que la culture est interdite et ses acteurs sont assassinĂ©s Ă©conomiquement par le pouvoir, tentons encore d’avancer – comme on peut, avec les moyens du bord, dans les conditions envisageables, mais avancer. Ne serait-ce que pour faire bisquer les hauts merdeux qui nous dĂ©truisent pendant que nous les payons plus de 10 000 € le mois, comme leurs conseillers et sans que ça leur suggère de faire bravo des fesses – c’est bien la moindre des causes.
Penser que l’inepte Pharmacienne est toujours lĂ  Ă  se faire dorer les tailleurs avec ses p’tits copains pour nous dĂ©truire n’est pas sans m’escagasser, je l’admets. Alors voilĂ , quoi, on fait c’qu’on peut dans les parkings, c’est notre d(r)oigt d’honneur Ă  nous, voilĂ  tout.

 

 

Que, pour un instant, l’on oublie…

Photo : Rozenn Douerin

 

… chante Claudio Zaretti Ă  l’occasion du concert « Le futur est en flammes », Ă  l’invitation du festival Komm, Bach!, festival d’orgue-et-pas-que qui a pris plaisir Ă  intĂ©grer sporadiquement des chansons au long de ses concerts YouTube. Dont, donc, « Manouche ».

 

 

Un problème à la foi

Jann Halexander au thĂ©Ă¢tre du Gouvernail (Paris 19). Photo : Rozenn Douerin.

 

D’accord, d’accord : ce ne sont pas les conditions les plus chicosses-chicosses pour chanter et ploum-ploumer.
Mais c’est dĂ©jĂ  l’occasion de partager quelques sons devant de vrais gens, donc, in a way, de garder la foi !